Le Malus-Bonus de l’énergie pose nombre de questions

bonus malus energetiqueVoilà que le texte de loi sur bonus-malus dont l’objectif est d’inciter les consommateurs domestiques à réduire leur consommation d’énergies de réseau fait son retour à l’assemblée après une opposition UMP-Front de Gauche qui avait retoqué le texte en Septembre, pas moins de deux fois au Sénat. Résultat c’est un texte fortement amendé qui viens d’être voté le 11 Mars 2013. Mais les problèmes principaux ne sont toujours pas réglés et nombre de questions restent en suspend.

Au delà de la complexité du système qui se mettrait en place à partir de 2016, ce texte bien que voté sera certainement envoyé par l’opposition devant le Conseil Constitutionnel qui risque grandement de le censurer, ce dispositif remettant en cause le « dogme » de l’égalité des prix de l’énergie pour tous : la fameuse « péréquation tarifaire » garantissant en principe un prix du kilowattheure (kWh) identique sur tout le territoire. Une mesure qui risque, dans bon nombre de cas, de pénaliser financièrement de nombreux usagers.

Les plus pauvres seront-ils pénalisés ?

C’était l’une des grandes inquiétudes des opposants aux textes, des communistes à l’UMP en passant même par certains sénateurs PS. Car le problème principal réside dans le fait qu’une immense majorité des ménages qui gaspillent ne peuvent pas faire autrement. Je pense aux familles modestes qui bien que propriétaires n’ont pas toujours les moyens de procéder aux travaux d’isolation de leur habitation, mais aussi aux familles nombreuses dans un petit appartement, aux nounous qui gardent beaucoup d’enfants ou encore aux handicapés et aux personnes âgées qui ont besoin de faire fonctionner leurs équipements. Mais les premiers a être pénalisés seront les jeunes qui sont les premières victimes d’un emploi précaire sur une longue durée (les entreprises ne remplaçant pas les départs à la retraite où ne proposant que des CDD à cause de carnets de commandes n’offrant pas de perspectives à long terme), de même à quoi s’ajoute le fait de vivre et d’entretenir seul un logement en location, que ces jeunes à cause de la précarité de l’emploi cherchent parmi les moins chers possibles. Et tant que les propriétaires ne seront pas contrains de faire les travaux pour isoler les logements locatifs, leurs locataires mettront l’argent par les fenêtres pour se chauffer et seront donc malgré eux les premiers touchés par un malus pour consommation énergétique excessive.

La loi prévoit d’étendre les tarifs sociaux mais…

Si la loi prévoit effectivement une extension des tarifs sociaux de l’énergie à 4 millions de foyers, 75% des ménages devant voir leur facture baisser selon le gouvernement, qui ajoute que pour les autres, le malus entraînera un surcoût de quelques dizaines d’euros, pour les gros consommateurs. ce n’est pas suffisant pour régler les questions qui touchent les gros consommateurs énergétique qui n’ont pas d’autre choix… Les locataires ! Ce texte serait effectivement utile dans un dispositif élargi qui pousserait à l’amélioration de l’habitat en obligeant par incitation fiscale (TVA remise à 5% pour les travaux d’isolation annoncée ce 1er Mars), auquel il faudrait ajouter une taxation fiscale des propriétaires mettant en location des logements mal isolés pour les inciter à faire les travaux, le tout en renforcement les moyens financiers de l’Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat (ANAH) pour que l’état aide les propriétaires les plus modestes en aidant par subvention des travaux d’isolation (Isolation, Plâtrerie, Menuiseries Extérieures, Changement des systèmes de chauffage pour réduire la consommation énergétique) à hauteur minimum de 60%. Hors on voit bien que le dispositif qui est proposé ne couvre que partiellement les problèmes soulevés. Inciter à consommer moins, pourquoi pas ! Mais dans ce cas il faut inciter à rénover les logements par tous les moyens possibles pour que les plus exposée à la haute dépense énergétique ne soient pas les victimes… Et c’est bien ce que ce projet de loi ne tiens pas en compte.

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L’épouvantail du gaz de schiste

Exploitation du gaz de schisteIl est des dossiers qui font couler beaucoup d’encre mais qui sont loin d’être aussi simple qu’il y paraît… Et de toute façon, comme à mon habitude, quand tout le monde se positionne sur la même ligne en même temps, je me pose la question du pourquoi ? Je l’étudie en toute indépendance et je me fais mon avis personnel… Et là encore je ne vais pas faire exception à la règle.

La vérité sur les forages

Principale opposition aux forages : la contamination des nappes phréatiques, l’utilisation de produits chimiques, l’utilisation excessive d’eau et la pollution visuelle.
La vérité :

Les forages sont bien au dessous des nappes phréatiques (entre 1500 et 3000 mètres, quand les nappes elles sont rarement sous les 100 mètres) alors pourquoi les contaminations de l’eau me dirais-vous ? C’est simplement parce que les premiers forages aux États Unis (au début des années 90) ne disposaient d’un tube cimenté qui descendait à peine plus bas que les nappes (entre 5 à 10 mètres) quand aujourd’hui, et suite aux incidents, la norme a été revu bien à la hausse (supérieur à 20 mètres), de fait les contaminations ont été le résultat d’une gaine cimenté trop courte. Problème résolu depuis 2005, vu que désormais le puit de forage dispose d’une double couche d’étanchéité entre le niveau de la nappe phréatique et l’air libre. Et n’oublions pas que la France, championne toute catégorie pourrait assurer le coup avec des gaines de forages 

supérieures à 30 mètres !

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Les produits chimiques sont eux aussi mis en cause. Le problème c’est que là encore les écologistes nous parlent de produits chimiques (en se référent une fois de plus aux produits utilisées aux USA début 90), alors que depuis 2005 (là encore suite aux incidents de contamination des nappes), ces produits aidant à la fracturation ont été remplacés par des produits issus de l’agriculture biologique (obligatoires depuis début 2010). Or si l’on trouve des centaines de pages, de tracts et de résultats sur les moteurs de recherche sur les produits chimiques, rien n’existe (ou presque) sur les produits garanti BIO. Or nombre d’écologistes accusent les exploitants d’utiliser des faux produits bio, pourtant garanti par les autorités compétentes, sans prouver le moins du monde leurs propos.

Pour l’eau, même s’il est véridiques que l’utilisation a été excessive (99.5% du liquide de forage étant composé d’eau et de silice) On utilise aujourd’hui 10.000 à 20.000 m3 d’eau pour un forage classique (contre 50.000 début 90) et jusqu’à 80% de l’eau injecté ressort dans les 2 premières années d’exploitation, en sachant que 90% de cet eau et retraitée et réutilisée pour d’autres forages, ce qui n’existait pas lors des premiers forages.

Enfin en ce qui concerne la pollution visuelle, lors des premiers forages on était à 1 puit pour 1 forage. 20 ans plus tard on est à 1 puit pouvant accueillir jusque 10 forages.

http://ecolomaisjetemmerde.files.wordpress.com/2012/07/propagande_gazschiste.jpg?w=640On estime que la France dispose dans son sous sol de l’équivalent de 29% des réserves Européennes de gaz de schiste. C’est tout bonnement impressionnant. Il faut rappeler que depuis l’exploitation du gaz de schiste aux USA le prix du gaz a baissé de 80% entre 2005 et 2012, compte tenu de la part grandissante de la part du gaz de schiste dans la consommation totale de gaz aux USA.

Ainsi reporté à la consommation annuelle de gaz en France, un consommateur qui dépense 80 € par mois de gaz pourrait grâce à l’indépendance énergétique gagnée par à l’extraction du gaz de schiste français voir sa facture baisser entre 25 et 30 € par mois d’ici à 5 années au grand maximum.

La question des permis d’exploitation

Alors là on arrive on comble de l’hypocrisie des écologistes sur cette question. De quoi parle t-on réellement ? De l’attribution de permis de recherches d’hydrocarbures et comme chacun le sais les écologistes sont contre les ressources fossiles. de fait, sous couvert de blocage de l’exploitation possible de gaz de schistes, ils ont tout simplement profité de l’occasion pour bloquer tout nouveaux permis de recherche d’hydrocarbures. Ce faisant, la porte s’est refermée sur une meilleure évaluation des réserves de pétrole et de gaz naturel du sous-sol français, simplement parce que dans l’ensemble des recherches possible au travers de ces nouveaux permis de recherche incluait la possibilité de découverte de gaz de schiste en plus de gaz naturel ou de pétrole. Le permis de Montélimar renfermait, disait-on en début d’année, l’équivalent de vingt, voire de cinquante ans, de consommation de gaz de la France. Un calcul tout théorique que l’exploration cherchait précisément à affiner in situ, fait valoir Total.

Au final à cause de leur blocage permanent de tout nouveau forages, les écologistes se rendent directement coupable de le hausse de nos factures de gaz naturel, du prix de l’essence comme du fioul. C’est tout de même aberrant qu’au moment ou le gaz et le pétrole n’ont jamais été aussi élevés que l’ont s’empêche de trouver de nouvelles réserves !

carte-permis-fr-janv2012

Car si l’on exploite du Gaz Natuel en Aquitaine, en Alsace, en champagne, en Ile de France et dans le Nord auxquels s’ajoute l’exploitation de pétrole en Aquitaine, en Ile de France, en Lorraine et en PACA. Il n’en demeure pas moins que nous extrayons moins de 2% de notre consommation de Gaz auxquels s’ajoutent à peine moins de 5.700.000 barils de pétrole soit 1% de notre consommation annuelle. On estime avoir des réserves plus importantes ou nouvelles en Aquitaine, en Alsace, en Champagne, en Ile de France, en Lorraine, dans le Nord et en Rhône Alpes, sans oublier les réserves potentielles dans l’océan Atlantique et en Mer Méditerranée… mais voilà, à cause des opposants aux gaz de schiste, on en saura rien !

Il faut savoir que l’on estime grâce à une étude de la compagnie australienne Elixir Petroleum, détentrice d’un vaste permis d’exploration en Lorraine (5360 km2), la découverte possible de 2 milliards de barils de pétrole conventionnel, voire 165 milliards de barils non conventionnels. Soit à peine moins que les gigantesques réserves canadiennes. Ce qui serait une aubaine économique pour l’une des Régions les plus sinistrée en terme d’emplois, tout en garantissant la possibilité d’extraire l’équivalent supplémentaire de 27% de notre consommation annuelle grâce à cette réserve Lorraine (ce sans compter sur les 1 milliards de barils conventionnels à Montélimar en Rhône Alpes, estimés par Total, ajoutant environ 12 % complémentaires. De fait si ces deux réserves étaient véritablement estimée on pourrait potentiellement extraire 40% de notre consommation annuelle, tout en réduisant notre dépendance énergétique. Mais bon on peut se rassurer car l’énorme gigement découvert en Guyane en cours d’exploitation va nous permettre de réduire notre dépendance aux prix des marchés.

En conclusion

https://i2.wp.com/www.captaineconomics.fr/images/aout2012/Decomposition-Prix-Essence.JPGAttention à tout ce que l’on entend ou lit dans les différents médias et surtout posez-vous les bonnes questions quand vous voyez tout le monde partir dans la même direction. Pour ma part, même si je juge opportun de découvrir de nouvelles sources énergétique dans la mesure où elles soient aussi économiques qu’écologiques, il est une réalité du moment (tant que l’on est pas arrivé à développer les énergies alternatives de manière suffisantes pour garantir notre indépendance énergétique) qui fait que l’énergie dont on a besoin est de plus en plus coûteuse, que les prix du gaz comme du pétrole ne risquent pas de baisser et que compte des réserves dont nous disposons et celles que l’on exploitera jamais si les permis de recherches d’hydrocarbures ne sont pas débloqués, font que nous nous privons non seulement de centaines de milliers d’emplois mais que nous laissons passer la possibilité de baisser le prix de notre consommation énergétique (offrant de fait du pouvoir d’achat supplémentaire) tout en nous offrant d’avantage d’indépendance énergétique qui nous permettrait de disposer de gaz et de pétrole bien moins cher, tout en permettant de baisser le prix du Brent Hors Taxes ainsi que la part revenant à la distribution (notamment en réduisant les coûts de transport).

Bref il y a des choix à faire entre idéologies et réalités économiques ! Pour ma part je n’exclu pas une évolution écologique, mais à condition que l’on ne se ferme pas la porte à des solutions réalistes qui permettent en attendant de faire face à la réalité économique. Car je refuse de voir ma consommation énergétique continuer à grimper sans cesse à cause de l’idéologie écologiste qui refuse de prendre en compte la réalité économique du marché énergetique.