Du débat sur le vieillissement de la population.

Cela fait bien longtemps que je n’ai pas pris la plume pour analyser l’actualité politique (pause estivale oblige) et vais donc faire ma rentrée politique sur le débat en cours à l’Assemblée que je suis en direct sur LCP : Le « Projet de loi relatif à l’adaptation de la société au vieillissement« .

Combien de promesses et combien d’années écoulées à ne rien faire (ou si peu) depuis l’évocation de la création d’une nouvelle branche de la sécurité sociale en charge du vieillissement de la population ! (On pourrait y ajouter la branche chômage qui devait à l’origine être attaché à la sécu…). Bref je ne vais pas entrer dans les vieux débats jamais réglés (qui ne le seront jamais à cause des idéologies qui pourrissent le débat et empêchent que nos politiques pensent pour une fois à l’intérêt général!) et me concentrer sur le projet de loi en cours !

dependance

Que propose la loi, offrir une protection plus efficace de nos ainés face au vieillissement de la population, offrir de meilleurs protections pour le maintien à domicile. Rien à redire sur l’objectif… Mais que prévoit la loi ?

A la lecture du projet de loi je constate déjà dans le projet organisationnel une incohérence avec la volonté d’évolution organisationnelle de l’état. On nous parle de suppression des départements et la fusion des régions ! Or, dans le projet de loi on propose à l’article L. 233-1. – « Il est institué dans chaque département une conférence des financeurs de la prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées chargée d’établir, pour le territoire départemental, un programme coordonné des financements des actions individuelles et collectives de prévention en complément des prestations légales ou règlementaires. » Pourquoi l’échelle départementale ? Il n’y a pas de pôle social dans les Régions ? Je cherche une cohérence dans les choix politiques et n’en trouve pas ! Ce texte prévoit que cette conférence soit présidée par le président du conseil général (Art. L. 233-3.), hors on prévoit la suppression des conseils généraux et des départements dans 6 ans !!! Allez comprendre !?

Ce que prévoit le texte de loi est un renforcement des aides au maintien à domicile qui est présenté comme une nécessité de maintien des personnes âgées dans leur environnement et évite ainsi l’isolement que nos ainés connaissent vis à vis de leurs proches en maison de retraite et propose la « modernisation des services qui apportent au domicile des personnes âgées en perte d’autonomie ». Projet que l’on ne peut que soutenir car après tout on doit offrir la possibilité à ceux qui veulent vieillir chez eux en leur donnant les moyens de le faire ! Mais jouons le cynique face aux belles paroles : Le coût en maison de retraite par mois est de (A titre indicatif) : A Paris :  de 2 745 à 4 575 euros / En banlieue : de 1 830 à 2 740 euros / En province : de 1 525 à 1 830 euros ! Alors que le coût d’un maintien à domicile pour les l’aide ménagère, l’aide à domicile et le garde malade est de 15 €/h en horaire normal (heure de travail au SMIC + 5,50 % de charges sociales). A quoi il faut ajouter les moyens technologiques comme le matériel maintien à domicile et le matériel d’hospitalisation à domicile. Le prix varie considérablement d’un prestataire à un autre et selon le type d’équipement : En location, entre 16 et 20 € par mois pour un fauteuil roulant, 2 € par mois pour un déambulateur / À l’achat : les prix varient de 20 € pour une canne à 900 à 6 000 € pour un fauteuil roulant. sans oublier le matériel de téléassistance est généralement loué et son prix varie selon le prestataire et le module choisi : téléassistance à domicile : environ 30 €/mois ; téléassistance mobile : entre 50 et 70 €/mois ou téléassistance médicalisée : entre 30 à 40 €/mois, auquel il faut rajouter les frais de mise en service entre : 20 et 60 €. Les dispositifs de géolocalisation (traceur, balise) entre : 200 € et 350 €. Si on ajoute les visites médicales ou d’infirmiers à domiciles dans le cadre de suivi des traitement médicaux… On constate vite qu’il y a là clairement un paquet d’économies à la clé ! Un peu d’honnêteté en le reconnaissant ne ferait pas de mal !

Que l’on créé une attestation de tutorat délivrée (Article 9), va dans le bon sens car cela évite les problèmes ultérieurs en cas maladie dégénératives comme Alzheimer, la personne ayant choisit en toute conscience la personne de son entourage qui l’aidera et l’accompagnera. (ce qui règlera les guerres fratricides que ce genre de situation peu engendrer). On saluera aussi le développement du « volontariat civique senior » (Article 10) permet de lutter contre l’isolement de nos ainés.

L’article 37 qui instaure la volonté de « Recourir à leurs salariés volontaires » pose la question de la formation de ces derniers et d’une concurrence aux aides à domiciles déjà existantes. Elle est subordonnée à la délivrance d’une autorisation de service d’aide et d’accompagnement à domicile ou d’un agrément prévu au 2° de l’article L. 7232-1 du code du travail, mais est-ce suffisant pour rassurer ? Même si cette mesure sera à l’évidence utile dans les zones où le personnel manque dans les sociétés d’aides à domicile.

Mais là où je suis certain que le débat va déraper c’est avec L’article 28 bis qui insère à la première phrase du premier alinéa de l’article 26 du code civil, après le mot : « français », les mots : « ou par un étranger ascendant de Français et présent sur le territoire depuis vingt-cinq ans au moins ». En d’autres termes les immigrés âgés pourront bénéficier d’une avancée importante : l’acquisition de la nationalité française par déclaration, conformément à l’article 26 du Code civil, dès lors qu’ils seront âgés de plus de soixante-cinq ans et seront ascendants de citoyens français. Il y a en France 350 000 immigrés âgés de plus de 65 ans, dont un tiers seulement possède déjà la nationalité française. Les deux tiers ne l’ont pas. Ils pourront l’acquérir de manière rapide et simplifiée. Si on voit d’avance le FN et la « droite forte » arriver en force sur ce sujet en s’insurgeant (je les vois d’ici hurler à la lâcheté institutionnelle, car on le sait parfaitement que le projet de droit de vote des étrangers aux élections locales ne passera jamais en congrès, et certains y verront là une manière détourné des socialistes d’agrandir leur prisme électoral à défaut d’arriver à convaincre les électeurs!) ; pour ma part cette avancée ne me dérange pas dans la mesure où elle demande de la part des immigrés concernés une démarche citoyenne et volontaire pour acquérir la nationalité française (dont l’acquisition serait simplifiée), là où le droit de vote aux étrangers instaurait une automaticité insupportable car elle déliait le droit de vote à la nationalité française. Pour ma part j’ai toujours considéré que pour voter il faut avoir la nationalité française, être ressortissant de l’union européenne (qui offre la réciprocité) ou une avoir la double nationalité ! Je suis de ceux qui refusent que l’on abroge l’article 3 de la Constitution qui défini que, « sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques ». Car ce à ce rythme là, comment accepter que des citoyens français qui ont le droit de vote ne puisse pas l’exercer car ils ne sont pas inscrit sur les listes électorales ? (car oui, il faut être inscrit sur la liste électorale pour pouvoir voter) On exige bien des citoyens français une démarche citoyenne de leur part pour exercer le droit de vote et on l’offrirait gracieusement sans contrepartie à des ressortissants étrangers !? Encore une fois, où est la logique ? Par contre que l’on simplifie les démarches pour acquérir la nationalité française me semble des plus normal ! On réside en France, on a l’intention d’y rester, on doit pouvoir devenir citoyen ! La citoyenneté ne doit pas se donner, ni se brader, c’est une démarche volontaire qui engage dans la collectivité nationale, qui responsabilise vis à vis de ces concitoyens.

Bref, on verra l’évolution des débats dans les prochains jours, mais cette loi (bien que présentant un certains nombre d’avancées, que l’on peut saluer), manque d’ambition et de cohérence organisationnelle. On aurait aimé que ce projet de loi soit l’occasion de la remise à plat de la fiscalité et des systèmes d’aides aux personnes âgées, mais une fois encore on a à faire à une loi qui corrige à la marge, qui ajoute de nouveaux articles de lois, sans supprimer les systèmes reconnus comme couteux et inefficaces, sans améliorer ceux qui pourraient faire mieux, sans coup de pousse fiscal sur ce secteur d’activité particulier (avec une baisse de la TVA à 2,1% – comme cela se pratique sur les médicaments – par exemple sur toutes les prestations) qui permettrait de soutenir son nécessaire développement et les créations d’emplois à la clé. On est sur de bons rails, on ne va juste pas assez loin.

Nancy en Mouvement, les états Généraux de Nancy

Etats Généraux de Nancy 1 Solidaire - Photo

Après un premier débat riche en échanges (dont vous retrouverez l’intégralité en photos et en MP3 ici), la Journée d’échanges N°2 sera consacrée au thème « Éducation et épanouissement »

Etats Généraux de Nancy 2 Education

Il aura lieu mercredi 2 juillet à 18h30 à l’École Nationale Supérieure d’Architecture, 2 rue Bastien Lepage (accès par le parvis de l’école, côté canal).

Trois tables rondes seront consacrées aux écoles de quartier (rénovées, accessibles, numériques), à la réussite pour tous et à l’égalité des chances.

Rappelons que ces débats sont faits pour vous donner la parole. Vous pouvez dialoguer en direct avec les élus ! Entrée libre !

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Pour plus d’informations un site internet a été mis en ligne : http://www.nancyenmouvement.fr

Tensions de plus en plus inquiétantes en Ukraine !

Quand je vois à quel niveau augmente les violences on ne peut que s’inquiéter des suites à venir dans les prochains jours. Cela fais déjà deux mois que les violences opposent le gouvernement « pro-Russe » à l’opposition « pro-Européenne ». Les uns veulent renforcer les alliances stratégiques avec la Russie, niant la séparation douloureuse du pays avec la mère patrie qui a eu lieu au moment de l’effondrement de l’ex-URSS ; tandis que les autres veulent suivre le chemin des autres pays de l’Est qui ont rejoint massivement l’Union Européenne durant les élargissements de 2004 et 2007.

Les violents affrontements entre manifestants pro-européens et forces de l’ordre ont fait cinq morts et 300 autres blessés à Kiev, (L’opposition a fait état de son côté de 1.700 blessés au total ces derniers jours, sans qu’il soit possible de vérifier ce chiffre. Lors d’une confrontation qui tourne à la guérilla urbaine et a provoqué mercredi de vives réactions de l’Union européenne et des Etats-Unis, le tout non loin du Parlement ukrainien. Cocktails Molotov d’un côté, contre grenades lacrymogènes de l’autre, c’est à cet endroit que les premiers échanges entre les deux camps se sont déroulés.

Deux mois pour réagir, alors que les élections Européennes approchent !

L’Union Européenne a tardé à réagir, c’est le moins que l’on puisse dire. Alors que de notre coté l’Europe ne fait plus rêver, que la campagne électorale tarde franchement à débuter, que les mouvements fascistes et extrémistes sont annoncés gagnants de l’élection dans la quasi-totalité des 28 pays et que l’on s’attend à une abstenions record… du coté Ukrainien on se bat dans les rues, il y a des centaines de blessés, même des morts, juste pour avoir le droit démocratique de choisir de voir son pays être simplement candidat à l’adhésion à l’Union Européenne. D’un coté on refuse d’aller voter… de l’autre des manifestants isolés ou tombés étaient battus sans ménagement à coup de pieds et de matraque, selon les journalistes sur place.

Extrémistes ou non ?

D’un coté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a averti Kiev de «possibles actions» et de «conséquences pour les relations» avec l’Ukraine, tandis que les États-Unis ont annoncé de premières sanctions en révoquant les visas de responsables ukrainiens impliqués dans les violences. De l’autre, Moscou a pour sa part dénoncé «l’ingérence étrangère» dans les affaires intérieures de l’Ukraine, tout en estimant de son côté que l’opposition «extrémiste» en violait «outrageusement la Constitution» et le président Ianoukovitch a appelé dans la matinée les Ukrainiens à ne pas suivre «les extrémistes». Certains diront que dès qu’il y a manifestations dans les rues, il y a forcément des extrémistes qui en profitent pour s’adonner joyeusement à leur passe temps préféré se résumant à la violence… d’autres diront que la démocratie on peut toujours l’invoquer pour lutter contre les violences, mais comment sans calmer quand la seule réponse du gouvernement en place se résume aux bombes lacrymogènes, aux coups de matraque et au vote de lois liberticides vont entrer aujourd’hui. Une raison de plus de voir les violences redoublées quand tout dialogue est rompu et que la liberté de manifester et tout simplement rendue illégale ! Ces nouvelles lois vont interdire pratiquement toutes les formes de manifestations dans toute l’Ukraine et durcir les peines de prison, allant jusqu’à 5 ans.

Le tout étant de justifier ces mesures qui, selon le président Ukrainien Viktor Ianoukovitch, sont le seul moyen d’endiguer les manifestations qui menacent de faire tomber tout le pays. Une position partagée par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a estimé que la situation était en train « d’échapper à tout contrôle ». Réaction peut surprenante quand on sait que ces nouvelles lois ukrainiennes ont comme modèles des lois… russes.

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Un manifestant tient un bouclier anti-émeute de la police, devant une barricade située devant le Parlement européen, dans le centre de Kiev, mardi 21 janvier. AFP PHOTO / GENYA SAVILOV

L’opposition a d’ores et déjà prévenue que contre ces lois ils se mobiliseront d’avantage ! Ce scénario redouté pourrait faire dégénérer la crise politique en Ukraine en un déchaînement de violences. Ironiquement, il se dessine mercredi 22 janvier, le jour de l’unité nationale en Ukraine, censée célébrer l’unification de l’Est et de l’Ouest. Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a rencontré trois dirigeants de l’opposition pour tenter d’obtenir une sortie de crise. La réunion a duré trois heures, et n’a visiblement pas abouti. Les trois opposants, dont l’ex-boxeur Vitali Klitschko, sont revenus sur la place, et ont menacé de passer « à l’offensive » si « Ianoukovitch ne fait pas de concessions ». « On résistera, et si nécessaire, on attaquera », a-t-il lancé devant la foule, avant d’ajouter que « la police se prépare à nous chasser ». Bref le pire est à craindre !

L’identité en Question de Hervé Marchal

L'identité en QuestionMARCHAL Hervé
L’IDENTITE EN QUESTION

168 pages
Date de parution : 14/09/2011
Editeur d’origine: Ellipse
EAN / ISBN: 9782729874551
Prix : 9.69 €

Cette seconde édition augmentée de « L’identité en question  » vient de sortir en librairie. L’identité s’est imposée depuis une vingtaine d’années dans nos manières de penser. Notion floue et piégeuse, elle demande à être mise à distance. Dans son acception culturelle, d’une part, étant donné que l’identité est trop souvent confondue avec l’idée d’un terreau primordial dans lequel nous prendrions collectivement racine. Dans son acception individuelle, d’autre part, dans la mesure où l’identité est presque toujours associée à l’idée d’un  « Moi  » comparé à une sorte de disque dur sur lequel les données de notre existence seraient gravées une fois pour toutes. Le présent ouvrage tente, à partir d’une perspective constructiviste, de dépasser ces façons de penser. Si les étudiants inscrits en sociologie, en philosophie, en psychologie, en anthropologie et en sciences politiques sont tout particulièrement concernés par cet ouvrage, il s’adresse plus largement à toutes celles et à tous ceux qui veulent comprendre les implicites que contient la notion d’identité.

Si les hommes sont depuis toujours confrontés à la question du sens et donc à la question identitaire au sens large, il n’en reste pas moins que l’identité s’est imposée, depuis une vingtaine d’années, comme une notion quasiment incontournable dans nos manières de penser et de vivre. Pourtant, cette notion est floue et piégeuse, et ce, aussi bien dans son acception culturelle, où l’identité est trop souvent confondue avec l’idée d’un terreau primordial dans lequel nous prendrions « racine », que dans son acception individuelle, où l’identité est presque toujours associée à l’idée d’un « Moi » profond comparé à un disque dur sur lequel seraient gravées les données de notre existence.

Comment se construit l’identité ? Qu’est-ce qui la définie ? Faut-il y voir un « choc des cultures » ou une « origine première » ? Quelle est la part des racines et des traditions ? Quelle part revient à la « construction sociale » ?

Entre philosophie, sociologie, science politique, anthropologie et psychanalyse, s’opposent la « nature identitaire absolue » et la « construction identitaire » au travers des diverses formes de la vie sociale et des codes culturels identifiés. En somme, comment construire son identité entre aspiration personnelles et obligations collectives ?

Hervé Marchal résume en somme le paradoxe de l’identité personnelle au travers du raisonnement phénoménologique qu’il synthétise en trois temps : 1/ La conscience de soi se construit dans le regard de l’autre 2/ l’autre est inaccessible dans son entièreté, nous ne sommes donc pas en mesure d’adhérer parfaitement à ce qu’il alloue comme identité 3/ Il n’y a donc jamais d’isomorphisme parfais entre identité sociale – l’identité pour autrui – et l’identité personnelle – l’identité pour soi-.

L’autre se juge lui même à la lumière de la façon dont les autres le juge par comparaison à lui même. Face à la socialisation du « moi », quelle part de notre identité résulte de l’intériorisation de normes et de règles ? Il n’existe pas réellement de dualité Individu/Société car nous somme, en tant qu’individu, engagé dans le monde, comme chacun de nos congénères, que nous le voulions ou non. Mais l’individu agit aussi comme acteur conscient de ses engagements. L’opposition est donc absurde vu que cette dualité n’est en fait qu’une complémentarité. L’identité personnelle est éminemment pragmatique dans la mesure où elle est imbriquée à la réalité sociale. La sociologie des supports identitaire est multiple (catégorielle, commune, biographique, historique…), légitime ou non, plus ou moins accessible, émanent d’un individu autosuffisant ou incapable de se maîtriser, au travers d’une communauté qui dicte le sens de la voie (traditions, principes religieux, ethnicité, orientation sexuelle…). L’identité est multiple tout en étant ce que nous en faisons.

Ce livre est superbe, il apprend plein de chose sur la façon dont nous façonnons notre identité et, nous apprends des notions qui à notre époque actuel, est pleinement nécessaire. pour avoir participé à un débat a ses cotés, Hervé Marchal prouve par écrit ce que je lui connaissait à l’oral, ce don de pouvoir vous faire comprendre les notions les plus complexe en sociologie avec une facilité déconcertante!

Le non cumul des mandats se précise…

Le cumul des mandats

Sujet politicien par excellence, de débats et d’empoignades majestueuses… entre vieux briscards accrochés au vieux rafiot en naufrage d’une démocratie en perdition bien cramponnés à leur siège… et une nouvelle génération de loups aux dents longues qui rayent le parquet prêt à dévorer le cadavre des vieux lions pour prendre leur place au nom d’une nécessite absolue de dépoussiérer les palais de la République par jeunisme absolu, ce qui ne garanti en rien la qualité des nouveaux élus… car comme je l’ai dénoncé dans l’article  « Député à 18 ans : l’idée fait son chemin au Parlement » en décembre 2010 : « Sans être totalement opposé ou dire que cette mesure est ridicule, elle pose bien des questions. Quand on sort du lycée et qu’on n’a pas l’expérience ? Comme expérience de la vie professionnelle ? Déjà être élu municipal, c’est un bon début pour apprendre. Regardons la réalité en face, avec un âge fixé à 23 ans, les jeunes députés ont minimum 27 ans et justifient souvent de 10 ans dans le parti qui les investi (mouvement de jeunesse politique inclus)… Tout au plus une telle mesure ramènera l’âge à 25 ou 24 ans minimum, respectant de fait la limite à 23 ans actuellement en vigueur… Mais n’oublions pas que les plus jeunes présentés pour renouveler l’Assemblée, ont en moyenne 33 ans (l’âge des nouveaux candidats investit vacillant entre 27 et 39 ans) ! Mais est-ce là l’essentiel… Il faut se poser les bonnes questions : les électeurs sont-ils prêts à faire confiance à la jeunesse politique ? Les partis sont-ils prêts à risquer de perdre une élection législative en nommant un jeune de 18 ans comme candidat ? je ne le pense pas… Cette mesure sera tout au plus symbolique ! »

Mais revenons au sujet du jour, la future loi se précise !

L’Assemblée Nationale a commencé l’examen du projet de loi interdisant le cumul entre un mandat parlementaire et une fonction exécutive locale. Le texte n’entrerait en vigueur qu’après les législatives de 2017.

Quels sont donc les changements en débat ? Il s’agît là avant tout qu’un élu se consacre à son mandat en interdisant le cumul des responsabilités et non d’interdire la présence d’élu nationaux sur des listes locales (comme le souhaiterait certain) dans le but de leur permettre de garder un pied sur le terrain (pour garder un lien en élus nationaux et débats locaux, la présence simple sur une circonscription n’étant pas jugée suffisante),  car un député restant simple conseiller municipal, conseiller général ou conseiller régional, garde le moyen de savoir le contenu intégral des débats de sa commune, de son département ou de sa région, ce qui ne serait plus le cas si on interdisait à ce dernier de siéger en interdisant toute forme de cumul, proposition avec laquelle je suis en total accord ! Ce texte n’exclut aucune fonction exécutive locale, il interdit juste la prise de responsabilité importante (comme adjoint au maire, vice président de communauté de commune…).

Point avec lequel je suis moins en accord, c’est l’application de cette interdiction de cumul qui s’appliquera quelle que soit la taille de la collectivité locale car « il n’est pas rare que le maire d’une petite commune doive, pour l’essentiel, se débrouiller seul », et doive supporter une charge de travail, selon Manuel Valls. A mon avis, le maire d’une commune de moins de 500 habitants pourrait cumuler, car dans un village, on ne peut pas dire que la charge de travail nécessite d’être présent 7j/7 dans la commune, même si il est vrai que la charge reste importante car le conseil municipal en est d’avantage réduit que sur les communes plus importantes.

Autre point du débat

Certains souhaiteraient que cette loi aille plus loin, en interdisant le cumul dans le temps. Quand certains dans mon entourage voudraient que tous les mandats soient limités à 2 de suite à la même fonction, comme c’est le cas pour le Président de la République (ce qui n’empêche en rien de revenir au même poste après avoir laissé la main à quelqu’un d’autre sur le temps d’un mandat… comme Poutine en Russie !); j’ai toujours pensé que le premier mandat on observe et apprend ; le deuxième on avance idées et projets ; le troisième on récolte les premiers fruits de son expérience… Pour le coup, je suis en parfait accord avec Manuel Valls qui affirme ce matin sur BFMTV qu’il est contre la limite dans le temps car dans un système démocratique ce son les électeurs qui choisissent, ce qui va dans le sens de ce que j’ai toujours défendu en affirmant que tant que les électeurs jugent leur élu compétent et q’ils lui renouvèle leur confiance, au nom de quoi on priverait les électeurs d’un élu qu’ils affectionnent ?

Bref, une loi qui va dans le bon sens et permettra d’accélérer le renouvellement des élus (aussi bien en âge, féminisation, diversité sociale…) sans pour autant entrer dans les travers du jeunisme, de la discrimination positive et de cette tendance au tous pourris.