Hommage à Jean Pierre Humblot

Comme chaque année, la Ville de Nancy rend hommage à Jean-Pierre Humblot, victime d’un crime homophobe en 2003. Ce vendredi 1er août à 19 heures devant la stèle érigée à sa mémoire, aux côtés des associations LGBT partenaires. Un dépôt de gerbes a été fait par la Ville de Nancy, La Communauté Urbaine du Grand Nancy, Le Conseil Général de Meurthe et Moselle et les associations.

J’étais présent comme chaque année, bien qu’ayant quitté le milieu associatif. Certains étaient surpris de ma présence… comme si… il suffisait d’être adhérent associatif pour trouver un intérêt à porter la mémoire de Jeannot !

La mémoire est un engagement de chaque instant, du quotidien !

Depuis ce crime homophobe, la ville de Nancy rend hommage chaque année à Jean-Pierre Humblot lors d’une cérémonie solennelle. L’occasion pour les représentants politiques de tous bords de rappeler leur lutte contre l’homophobie. Mais les associations aussi mettent en avant leur travail à cette occasion comme nous avons pu le voir cette année encore avec la création du Kreuji, Maison LGBT de Nancy. Une création qui intervient après 11 années suite à une demande de l’association Alter Égaux (aujourd’hui disparue) qui en 2003 avait contacté les autres associations pour porter un tel projet (auxquelles les autres associations n’avaient pas répondu à l’époque). Il faudra attendre 2011 pour que ce projet fasse enfin l’objet d’un travail collectif sous l’autorité de André Rossinot, Maire de Nancy. L’ouverture au public de cette maison devrait avoir lieu très prochainement.

Retour en Images sur la cérémonie

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L’identité en Question de Hervé Marchal

L'identité en QuestionMARCHAL Hervé
L’IDENTITE EN QUESTION

168 pages
Date de parution : 14/09/2011
Editeur d’origine: Ellipse
EAN / ISBN: 9782729874551
Prix : 9.69 €

Cette seconde édition augmentée de « L’identité en question  » vient de sortir en librairie. L’identité s’est imposée depuis une vingtaine d’années dans nos manières de penser. Notion floue et piégeuse, elle demande à être mise à distance. Dans son acception culturelle, d’une part, étant donné que l’identité est trop souvent confondue avec l’idée d’un terreau primordial dans lequel nous prendrions collectivement racine. Dans son acception individuelle, d’autre part, dans la mesure où l’identité est presque toujours associée à l’idée d’un  « Moi  » comparé à une sorte de disque dur sur lequel les données de notre existence seraient gravées une fois pour toutes. Le présent ouvrage tente, à partir d’une perspective constructiviste, de dépasser ces façons de penser. Si les étudiants inscrits en sociologie, en philosophie, en psychologie, en anthropologie et en sciences politiques sont tout particulièrement concernés par cet ouvrage, il s’adresse plus largement à toutes celles et à tous ceux qui veulent comprendre les implicites que contient la notion d’identité.

Si les hommes sont depuis toujours confrontés à la question du sens et donc à la question identitaire au sens large, il n’en reste pas moins que l’identité s’est imposée, depuis une vingtaine d’années, comme une notion quasiment incontournable dans nos manières de penser et de vivre. Pourtant, cette notion est floue et piégeuse, et ce, aussi bien dans son acception culturelle, où l’identité est trop souvent confondue avec l’idée d’un terreau primordial dans lequel nous prendrions « racine », que dans son acception individuelle, où l’identité est presque toujours associée à l’idée d’un « Moi » profond comparé à un disque dur sur lequel seraient gravées les données de notre existence.

Comment se construit l’identité ? Qu’est-ce qui la définie ? Faut-il y voir un « choc des cultures » ou une « origine première » ? Quelle est la part des racines et des traditions ? Quelle part revient à la « construction sociale » ?

Entre philosophie, sociologie, science politique, anthropologie et psychanalyse, s’opposent la « nature identitaire absolue » et la « construction identitaire » au travers des diverses formes de la vie sociale et des codes culturels identifiés. En somme, comment construire son identité entre aspiration personnelles et obligations collectives ?

Hervé Marchal résume en somme le paradoxe de l’identité personnelle au travers du raisonnement phénoménologique qu’il synthétise en trois temps : 1/ La conscience de soi se construit dans le regard de l’autre 2/ l’autre est inaccessible dans son entièreté, nous ne sommes donc pas en mesure d’adhérer parfaitement à ce qu’il alloue comme identité 3/ Il n’y a donc jamais d’isomorphisme parfais entre identité sociale – l’identité pour autrui – et l’identité personnelle – l’identité pour soi-.

L’autre se juge lui même à la lumière de la façon dont les autres le juge par comparaison à lui même. Face à la socialisation du « moi », quelle part de notre identité résulte de l’intériorisation de normes et de règles ? Il n’existe pas réellement de dualité Individu/Société car nous somme, en tant qu’individu, engagé dans le monde, comme chacun de nos congénères, que nous le voulions ou non. Mais l’individu agit aussi comme acteur conscient de ses engagements. L’opposition est donc absurde vu que cette dualité n’est en fait qu’une complémentarité. L’identité personnelle est éminemment pragmatique dans la mesure où elle est imbriquée à la réalité sociale. La sociologie des supports identitaire est multiple (catégorielle, commune, biographique, historique…), légitime ou non, plus ou moins accessible, émanent d’un individu autosuffisant ou incapable de se maîtriser, au travers d’une communauté qui dicte le sens de la voie (traditions, principes religieux, ethnicité, orientation sexuelle…). L’identité est multiple tout en étant ce que nous en faisons.

Ce livre est superbe, il apprend plein de chose sur la façon dont nous façonnons notre identité et, nous apprends des notions qui à notre époque actuel, est pleinement nécessaire. pour avoir participé à un débat a ses cotés, Hervé Marchal prouve par écrit ce que je lui connaissait à l’oral, ce don de pouvoir vous faire comprendre les notions les plus complexe en sociologie avec une facilité déconcertante!

Manifeste pour l’égalité de Lilian Thuram

CP-Manifeste-pour-l-egaliteUn livre édité par un footballeur, mais quelle idée me disais-je… La curiosité aidant, car je voulais voir si tous les footballeur sont les rois de l’inculture (comme le démontre au quotidien Ribéry… se mec marié qui couche avec des prostituées mineures, qui reste dans l’équipe de France… l’affaire Zaïa semble vite oubliée, moi si j’étais sélectionneur il serait viré à vie !), mais bon vu qu’il s’agit là des Bleu de 98 (seule équipe de France que j’ai suivi, moi qui déteste le foot), je me suis dit pourquoi pas… On va voir s’il y a du fond !

Mais bon avec un investissement à 15 euros (investissement plutôt faible) qui offrirai une publication sur toutes les formes de racisme à la bibliothèque d’Alter Egaux, j’ai dit banco.

Pour ce qui est du fond, ce manifeste est plus que complet, tout y passe : racisme, sexisme, homophobie, xénophobie, esclavage, immigration… le tout introduit par Lilian Thuram et précisé par des invités aux fonctions et connaissances multiples : juristes, sociologues, anthropologues, artistes…

Plus qu’un manifeste, c’est une véritable encyclopédie qui offre un éclairage complet sur toutes les formes d’inégalités. Lilian Thuram y développe tout au long du livre sa prise de conscience sur l’ensemble des discriminations, lui qui débarque de Guadeloupe en France en 1981 à l’âge de 9 ans, ce fut un choc culturel qui bouleversa sa vie. En Guadeloupe, les pères sont absents de l’éducation des enfants et la société est matriarcale. Cet héritage culturel correspond au code noir de 1685 où les hommes noirs étaient utilisés à des fins de reproduction d’esclaves… La société n’a pas changé, nous raconte l’auteur.

Du coup il explique la découverte d’un société multiculturelle, métissée, telle qu’il la perçoit depuis les quartiers populaires. Il raconte au fil des pages et des invités comment il a abordé chaque thématiques au fil de sa vie et de ces rencontres. des cités au plus haut niveau du football professionnel.

Pour conclure, je dirais simplement que cette lecture est non seulement une bonne surprise qui brisa nombre de préjugés (car j’ai beau lutter contre toutes formes d’inégalités, j’ai comme tout le monde des aprioris hérités de mon éducation), et que cet ouvrage se révélera sans doute dans un avenir plus ou moins proche, comme une base riche d’argumentaires que je ne manquerai pas d’utiliser pour argumenter de futurs tracts, articles et interventions. Je vous le recommande !