De la nécessite de convergence en Europe

Il est des sujets qui trainent sur la table depuis tellement d’années…

Qui sont une horreur absolue pour les nationalistes et extrémistes en tout genre de gauche comme de droite, de Mélenchon à Le Pen (Blanc bonnet et bonnet blanc) qui prônent de concert la Nation comme seul rempart contre la mondialisation, portant sur un piédestal le repli sur soi comme la panacée ultime et le seul rempart viable. Peut-être est-ce par peur du monde qui les entoure ? Par facilité électoral ? Par lâcheté intellectuelle ? Ou par œillères idéologiques qui rend tellement plus intelligible le « c’était mieux avant » plutôt que de regarder le monde tel qu’il est…

Qui sont le seul horizon dans la mesure où on ouvre tout et tout le temps à la concurrence déloyale, comme ce fut le cas par le passé pour faire plaisir aux Britanniques qui n’y voyaient là qu’une première condition à plus d’adhésion de leur ile à l’Union Européenne, tout ceci pour intégrer que de loin l’espace économique Européen, refuser l’intégration à Schengen et finalement le 23 Juin 2016 voter le Brexit en enclencher un processus de sortie de l’Europe.

Evénement majeur dans l’histoire Européenne qui pour la première fois, vois un pays quitter ce beau projet de paix entre les peuples… L’Europe perd là l’un de ces pays fondateur, l’Europe est sonnée mais pas KO.

Dans son discours « Initiative pour l’Europe – Discours d’Emmanuel Macron pour une Europe souveraine, unie, démocratique. », le Président de la République, Emmanuel Macron, prend acte de la gravité de la situation et de l’état de délitement dans lequel l’Union Européenne se trouve… les idiots utiles du replis sur soi se frottent les mains en promettant tous leur référendum sur la sortie de l’Europe comme on a pu le voir lors de l’élection présidentielle… mais d’autres plus éclairés, moins terrifiés par le monde… cette génération pleine d’espoir qui veut porter la « Révolution » dans les pratiques politiques, qui n’a pas peur de dire qu’au lieu du repli il faut embrasser la mondialisation, entrer de plein pied dans la concurrence mondiale au lieu de promettre la « démondialisation », car la France est forte, la France ne manque pas d’atouts, de compétences, de savoir-faire qui s’exportent partout dans le monde…

Oui il existe une génération qui n’a pas peur de demain, car la France doit prendre sa place dans le monde car l’inaction des dernières décennies n’a mené qu’à un déclassement progressif car c’est toujours le discours de la méfiance et de la peur qui a gouverné son paroxysme étant porté par les extrêmes… Le nationalisme et le repli sur soi son le contraire de ce qu’il convient de faire. La France c’est 0.8% de la population mondiale (contre 10% pour l’Europe), c’est une chute de la 6ème à la 9ème place en terme économique car la France continue de se recroqueviller et les nationalistes prétendent qu’en fermant les frontières on ferait mieux… alors que des pays qui se sont ouverts sr le monde comme l’Inde et le Brésil viennent de nous dépasser et que le Mexique ne tardera plus, tandis que l’Allemagne continue de creuser l’écart…

La France est aux cotés de l’Allemagne le seul moteur de l’Europe… et pour reprendre la maîtrise de notre destin, nous avons besoin d’Europe.

Depuis tant d’années nos dirigeants politiques nous font croire que l’Europe est le problème alors que c’est à cette échelle que se trouvent les solutions.

Ils ont passé leur temps à tout voter à Bruxelles en disant à Paris que tous les maux viennent de Bruxelles… est-il utile de préciser qu’aucune circulaire ne voit le jour sans être validée d’abord dans sa forme par le Conseil Européen puis voté par le Parlement Européen et qu’une circulaire ne voit le jour qu’à condition d’avoir été ratifiée par les ministres dans chaque domaines des 27 pays qui composent l’Union Européenne… donc par nos dirigeants… hélas oui !

L’Europe n’est pas opaque, elle n’est donc pas se monstre administratif qui agît contre les peuples, puisque ce sont nos dirigeants élus qui valident la politique européenne, donc l’action européenne.

Si en ces temps troubles où l’Europe n’a plus de perspectives car brisée par le divorce Britannique, nous ne sommes pas capables de penser l’avenir en commun, l’Europe est morte ! C’est l’ensemble des pays qui sombreraient dans économique et sociale qui s’en suivrait à échelle mondiale. L’Europe est forte dans le monde et la France ne pourra redevenir forte dans le monde qu’à condition de reprendre sa place motrice aux cotés de l’Allemagne pour dessiner le nouvel horizon commun à 27… mais si c’est contraint et forcé par les événements récents. Mais si on ne le fait pas maintenant… quand alors ?

L’Union Européenne à progressivement oublié la vision du bien commun pour des procédures… qui plus est pour des intérêts privés plutôt que collectifs… Il est enfin venu le temps des procédures qui redonneront de la vision… et cela passe par la convergence.

« L’enjeu vital est toujours là. Mais les digues derrières lesquelles l’Europe pouvait s’épanouir ont disparu. La voici aujourd’hui plus fragile, exposée aux bourrasques de la mondialisation telle qu’elle va, et même ce qui sans doute est pire, à des idées qui se présentent comme des solutions préférables.

Ces idées ont un nom : nationalisme, identitarisme, protectionnisme, souverainisme de repli. Ces idées qui, tant de fois, ont allumé les brasiers où l’Europe aurait pu périr, les revoici sous des habits neufs encore ces derniers jours. Elles se disent légitimes parce qu’elles exploitent avec cynisme la peur des peuples. Trop longtemps, nous avons ignoré leur puissance. Trop longtemps, nous avons cru avec certitude que le passé ne reviendrait pas, nous avons pensé que la leçon était retenue, nous avons pensé que nous pouvions nous installer dans la langueur, l’habitude, abandonner un peu de cette ambition, de cet espoir que l’Europe devait porter puisqu’elle devenait comme une évidence dont nous aurions perdu le fil.

Mais les passions tristes de l’Europe sont bien là, qui se rappellent à nous, et elles fascinent. Elles savent faire oublier la cohorte de malheurs qui, dans l’Histoire, les a toujours suivies. Elles rassurent, et j’ose le dire, elles peuvent demain l’emporter, non parce que les peuples sont crédules ! Non parce que l’idée européenne est morte ! Mais parce que nous avons, par inconscience, faiblesse ou aveuglement, créé les conditions de leur victoire. Parce que nous avons oublié de vouloir le fil de cette ambition ! Parce que nous avons oublié de défendre l’Europe ! Parce que nous avons oublié de proposer pour l’Europe ! Parce que nous avons laissé s’installer le doute. »[1]

 

Cette nécessité de convergence est le résultat de trois actions, l’un mondiale, l’autre Européenne et la troisième d’espoir.

  1. La nécessité de convergence bousculée par le terrorisme.

Nul besoin de le rappeler tant cela fait la une des journaux, en permanence, depuis le 11 Septembre 2001. Le terrorisme s’est exporté du Moyen-Orient jusqu’à notre porte.

L’Europe sur ce terrain est totalement affaiblie car parlant de plusieurs voix et ne montre pour l’heure aucune volonté de politique de coordination entre les pays au point où on se demande si le réveil se fera qu’au moment où au moins chaque pays d’Europe aura connu au moins un attentat !

Les extrêmes se sont engouffrés dans la brèche en dénonçant Schengen… et l’ensemble de l’Europe s’avère d’un silence coupable… limite meurtrier… tant que cette non-volonté de convergence des services de renseignements entre les pays et le maillon faible qu’utilise à bon escient les terroristes.

L’idée avancée que la vraie protection serait assurée par un retour aux frontières nationales est un mensonge d’autant plus que la majorité des terroristes ayant agi sur notre sol sont français et résident en France.

Ce qu’il faut :

  • Plus de Shengen au travers de la création de garde-côtes et garde-frontières européens… La libre circulation ne doit plus signifier absence de contrôle aux frontières, en particuliers extérieures à l’espace Schengen avec un contrôle systématique de tous les vols internationaux, mais aussi des trains extra-Schengen.
  • Un ministère des affaires migratoires européennes qui mènera une politique unique en Europe, avec délivrance d’une carte verte ouvrant aux même droits dans l’ensemble de Schengen, ce qui suppose une convergence des différentes politiques migratoires en Europe. Mais aussi une politique d’accueil mieux encadrée et généreuse pour les démarches officielles, tout en étant intransigeante contre l’immigration illégale.
  • Un ministère de l’Intérieur Européen qui mènera une politique unique en Europe, avec convergence des différents modes de collecte de renseignements pour lutter plus efficacement contre le terrorisme. Cela permettra la mise en place de logiciel Européen des forces de police et de gendarmerie pour mieux traquer les réseaux de délinquances (cambriolage, mendicité, drogue, prostitution, esclavagisme, passeurs d’immigrant illégaux…)
  • Un ministère de la justice Européen qui assurera des peines similaires en Europe pour un même niveau de crime.
  • Une armée Européenne qui assurera un déploiement commun sur les théâtres extérieurs et un investissement à grande échelle dans le renouvellement des matériels des armées.
  1. La nécessité de convergence économique suite au Brexit.

Aujourd’hui l’Union Européenne et particulièrement la zone Euro s’affaibli par manque d’ambition. Toutefois on constate à quel point nos voisins Européens des pays Nordiques ou de l’Allemagne s’en sortent très bien avec le même Euro que nous… l’Euro n’est donc pas un frein quand on est prêt à s’en servir comme il convient pour prendre à bras le corps notre place dans la mondialisation économique à laquelle nul ne peut échapper.

Plus que jamais nous avons besoin d’une ambition nouvelle, une ambition commune de relance au travers de projets européens.

La France est aujourd’hui le 17ème pays le plus endetté au monde… la relance économique est plus que jamais une nécessité (seuls l’Espagne, Le Portugal, La Grèce, l’Italie et la Belgique sont en plus mauvaise posture que nous).

Face aux enjeux du monde il faut créer les synergies industrielles pour sauver les entreprises existantes tout en investissant dans l’enseignement et la recherche pour créer les emplois de demain et les leaders européens qui les composeront.

Ce qu’il faut :

  • Plus de groupes Européens qui à l’image du mariage Siemens-Alstom vont pouvoir demain rivaliser face aux géant mondiaux… Que ce soit dans l’industrie, la métallurgie, l’énergie, l’automobile, l’aviation, l’agro-alimentaire, les télécommunications, le bâtiment, les chantiers navals, l’armement… il y a tant à faire.
  • Continuer à penser demain au travers d’autres grands projets européens qui à l’exemple de Galileo (le GPS européen), l’ESA (la NASA Européenne) car nous avons l’intelligence et le savoir-faire pour ne pas tout laisser aux mains de Google, Apple ou Facebook… la Silicon Valley européenne doit voir le jour pour penser maintenant le vivre ensemble technologique de demain.
  1. La nécessité de convergence pour un horizon commun.

La seule voie qui assure notre avenir, celle dont je veux vous parler aujourd’hui, c’est à nous, à vous de la tracer. C’est la refondation d’une Europe souveraine, unie et démocratique. Ayons ensemble l’audace de frayer ce chemin.

Je le dis aujourd’hui avec une conviction intacte : l’Europe que nous connaissons est trop faible, trop lente, trop inefficace, mais l’Europe seule peut nous donner une capacité d’action dans le monde, face aux grands défis contemporains. Et c’est cet horizon que nous devons dessiner maintenant pour porter l’espoir demain.

« L’Europe des Vingt-huit ne peut fonctionner comme l’Europe des Six et notre projet, l’avenir de nos peuples ne peut consister à rechercher le plus grand dénominateur commun. C’est en articulant constamment l’ambition motrice de quelques-uns et le respect du rythme de chacun que nous créerons le désir d’avancer et que l’Europe progressera au bénéfice de tous. »[2]

Cette convergence pour un horizon commun doit être à tous les niveaux et sur un calendrier pluriannuel défini à l’avance.

Ce qu’il faut :

  • C’est continuer l’alignement de l’impôt sur les sociétés : nous avons commencé, mais nous devons accélérer l’harmonisation des bases de cet impôt ; et entre la France et l’Allemagne les quatre prochaines années doivent permettre de la finaliser (Comme le souhaite EM). Dans l’Union européenne, nous ne pouvons plus avoir une telle divergence des taux d’impôt sur les sociétés. Cette divergence fiscale elle aussi nourrit une forme de désunion, désagrège nos propres modèles et fragilise toute l’Europe.
  • Définir une vraie convergence sociale et rapprocher progressivement nos modèles sociaux, c’est profondément compatible avec notre compétitivité mondiale. Car là aussi c’est un moyen de créer un mieux vivre ensemble. Cela doit passer par différentes zones géographiques qui s’aligneront ensuite les unes aux autres progressivement.
  • Créer des modèles d’enseignements et de diplômes Européens car l’échange Européen ne doit plus être seulement Erasmus… et pour demain travailler chez les leaders européens il est important de créer aujourd’hui les diplômes qui donneront la connaissance et les savoir-faire techniques et culturelle dispensée de manière homogène aux quatre coins de l’Europe
  • Redonner tout son sens à la démocratie Européenne car comment rendre légitime la création de ministères supranationaux sans avoir redonné la parole au peuple… Il faut aller vers la convergence électorale de l’ensemble des 27 pays européens pour qu’ils votent en même temps leurs exécutifs nationaux et européens par un mandat similaire pour tous les états… Cela permettra de coupler systématiquement la question Européennes aux élections nationale, tout en donnant un exécutif clair à échelle Européenne sans avoir à faire face, comme c’est le cas actuellement, à un changement permanent des interlocuteurs, résultant d’un manque de synchronisation des échéances électorales.
  • Avoir des élus Européens, comme le propose EM, c’est aussi pour construire cet espace démocratique inachevé avec des listes transnationales qui permettront aux Européens de voter pour un projet cohérent et commun. En utilisant les 73 postes de députés européens libérés par les Britanniques. C’est la meilleure réponse européenne au Brexit. Ce sera une liste transnationale où l’on vote pour les mêmes parlementaires européens partout en Europe.Et même pourquoi ne pas utiliser à cet effet le découpage déjà existant des Euro-régions…

Cette ambition, nous devons la porter maintenant. Maintenant, parce que c’est ce temps-là qui est venu, mais parce que c’est surtout notre responsabilité.

« Cette refondation ne se fera pas en un jour. Elle prendra des années. Il faut retrouver le sens du très long et tracer une vision. Mais quand les choses demandent du temps, il est encore plus urgent de les entreprendre. »[3]

[1] Initiative pour l’Europe – Discours d’Emmanuel Macron pour une Europe souveraine, unie, démocratique. –Paris le 26 Septembre 2017

[2] Initiative pour l’Europe – Discours d’Emmanuel Macron pour une Europe souveraine, unie, démocratique. –Paris le 26 Septembre 2017

[3] Emmanuel Macron – Révolution – XO Editions – page241

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François Bayrou, invité de Questions d’Info sur LCP

http://dai.ly/x266zrb

Aujourd’hui invité de Question d’info sur LCP, François Bayrou a livré son analyse sur l’actualité : vote de confiance, compétitivité, Europe, affrontements et alliances politiques… Le maire de Pau a choisi le discours de vérité, privilégiant le long-terme aux postures politiciennes.

Bienvenue à Questions d’Info. À gauche les frondeurs continuent de défier le gouvernement et à droite l’impatience gagne et accentue les rivalités dans l’attente du retour de Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, le centre devient-il désirable ? Invité de Questions d’Info aujourd’hui : François Bayrou, président du MoDem. Et à mes côtés pour vous interroger monsieur Bayrou, Françoise Fressoz du Monde, Frédéric Dumoulin de l’AFP et Marie-Eve Malouines de France Info.

Manuel Valls a obtenu la confiance de sa majorité, avec des exceptions, des abstentions du côté des socialistes, une trentaine, et des écologistes. Il dit que c’est une clarification finalement. Est-ce que c’est votre avis aussi ?

Ce n’est absolument pas le principal enseignement de ce vote. Le principal enseignement de ce vote s’exprime en deux chiffres : la majorité absolue de l’Assemblée nationale, c’est 289 voix, et le gouvernement a obtenu 269 voix. Donc il y a 20 voix de moins que la majorité. Ça n’est pas une confiance, c’est une défiance. C’est l’expression d’un doute, d’un désaccord profond au sein de la majorité, avec en fait la signature d’un affrontement de longue durée entre deux visions de la politique et que j’ai appelé la guerre des deux gauches.

Vous les comprenez les frondeurs socialistes, ou vous dites qu’ils jouent avec le feu dans la période actuelle ?

Quand on a des idées, on doit les défendre, et ce n’est pas moi qui vais dire le contraire. Simplement, ce que je ne comprends pas, c’est cette vision qui tend à laisser croire qu’il serait facile d’obtenir une autre politique, qu’au fond il suffit de dépenser, que le déficit et la dette n’ont aucune importance, toutes choses qui sont tous les jours contredites par le réel.
Le réel aujourd’hui, c’est qu’un pays qui a 2000 milliards d’euros de dette, et vous savez à quel point je me suis battu sur ce sujet depuis des années en annonçant ce qu’il allait se produire. Un pays a 2000 milliards de dette, s’il s’enfonce dans le laisser-faire et dans le laxisme, il voit tout d’un coup la charge de sa dette exploser. Et la charge de la dette, ce n’est pas les banques qui la paieront, ce n’est pas nos voisins européens : c’est le peuple français. Et  précisément les plus jeunes. Pour moi, il y a donc là une impasse qui est un aveuglement. Mais il n’y a pas seulement à gauche qu’on dit ça, parce que si vous regardez les thèses de nombreux intervenants à droite et…

Henri Guaino par exemple ?

Et à l’extrême droite, ils disent la même chose.

On va en parler, mais on va terminer sur Manuel Valls.
Certains disent que la magie Valls est totalement étiolée et qu’il ne reste plus grand-chose de son style dynamique. Lui dit qu’il se battra jusqu’au bout. Est-ce que vous y êtes sensible… ?

Quand on vous dit qu’on se battra jusqu’au bout, c’est que le bout…

Est proche ?

N’est pas si éloigné que ça.

Donc vous pensez que c’est terminé ?

Non, je ne dis sûrement pas des choses comme ça, parce qu’il faut avoir un tout petit peu de nuance quand on s’exprime. Il faut essayer de mettre un peu de bon sens dans toutes ces choses, et un peu de retenue et de distance avec les événements. J’ai regardé le discours de Manuel Valls. Il paraît que les réponses aux questions étaient meilleures, mais le discours de Manuel Valls, était le même discours qu’il avait déjà fait en plus fatigué. Il y avait quelque chose d’un peu usé et c’est normal, parce que c’est au fond la troisième fois qu’il refait le même discours, le même appel. Et, en effet, le caractère inédit a disparu, d’où cette lassitude.
Mais le fond du fond, parce qu’on s’arrête toujours aux événements de la vie de tous les jours, ce n’est pas l’important. L’important, c’est ce que concernant la politique de Manuel Valls, il y a deux questions. La première : est-ce la bonne ? Je vous propose qu’on y réponde : pas vraiment.

Pas vraiment, ça ne veut pas dire « non » non plus.

Ça veut dire qu’il est vrai qu’il faut lutter contre les déficits, mais ce qu’il a annoncé hier, c’est beaucoup de dépenses et assez peu de diminutions.

La gauche lui dit : « 40 euros pour les petites retraites, ce n’est rien du tout ».

Mais ils ont raison, tout cela, c’est des toutes petites choses. 40 euros pour une année, c’est…

Vous auriez fait quoi, vous ?

Je n’aurais pas pris les choses de cette manière, mais je vais vous dire comment je les aurais prises. Donc, est-ce que c’est la bonne ? On comprend les grands axes, mais pas vraiment dans la réalité. Et la deuxième question c’est : est-ce qu’il a le soutien nécessaire pour conduire une politique comme celle-là ? Et là, la réponse est franchement non. Et donc cet exercice a montré hier la fragilité du pouvoir en place, et les limites de cette opération de clarification.

Pour vous, c’est la chronique d’un désastre annoncé ?

Vous savez bien que je dis ça depuis suffisamment longtemps pour avoir analysé aussi précisément que possible les causes de cette affaire-là. Il y a dans l’accession au pouvoir du parti socialiste une… si on est gentil, on dit « une extrême ambigüité », et sinon « une illusion » où les Français se sont perdus. La politique qu’on nous annonce comme devant être la reconstruction, l’autre politique, la reconstruction de la dépense publique…Cette politique-là est intenable et François Hollande s’est malheureusement fait élire sur cette ligne.

François Hollande était sur une ligne de réduction des déficits. Il avait dit que…

Quand vous dites en même temps : « Je suis sur une ligne de réduction des déficits, mais je vais recruter 60 000 enseignants, et je vais recruter des magistrats, et je vais recruter des policiers, et je vais… », ce que Manuel Valls a répété hier. Dans la litanie de Manuel Valls qui dit : « Ce n’est pas l’austérité parce que nous recrutons, parce que nous créons, parce que nous donnons des allocations », il y a la même ambigüité.

C’est un discours en direction de sa majorité frondeuse, justement.

Hé bien l’existence de ce que vous appelez sa majorité frondeuse explique l’impasse dans laquelle Manuel Valls et François Hollande sont aujourd’hui enfermés.

Avant l’été vous avez dit…

Permettez-moi de dire une chose : je suis frappé de voir qu’il y a dans le gouvernement, dans la pratique du gouvernement une improvisation absolument incroyable et inimaginable.

Par rapport à quoi par exemple ?

Manuel Valls a fait hier un discours de politique générale à l’Assemblée nationale et devant les Français. Il est allé à TF1, à 20h, hier soir. François Hollande va s’exprimer demain pour une conférence de presse. Et c’est aujourd’hui, sans en avoir dit un mot hier, ni à l’Assemblée nationale ni dans un journal télévisé…

Qu’il annonce…

Que Manuel Valls annonce la « suppression » de la première tranche d’impôt sur le revenu. Est-ce que ce n’est pas une décision…

C’est une discussion, il envisage.

Vous savez bien la vérité, ne faites pas comme si vous ne connaissiez pas la politique.

Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que c’est de l’improvisation.

C’est de l’improvisation ?

C’est au jour le jour, et même à la minute la minute, où pour corriger les insuffisances dans les enquêtes d’opinion du discours d’hier, on improvise aujourd’hui une mesure, et François Hollande demain, on ne sait pas ce qu’il va en dire. Vous voyez bien que tout ça, sans être excessif, on peut dire que ce n’est pas construit. Que derrière tout ça il n’y a pas la solidité d’axes forts que tout le monde respectera et, à mon avis, ça va fragiliser la position du gouvernement.

Est-ce que ça va dans le bon sens la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu ?

Non.

Pourquoi ?

Parce que dans la vision que je défends, et qui n’est naturellement pas une vision démagogique, dans cette vision-là on devrait avoir des minimas sociaux, et un salaire minimum tel que tous les Français devraient payer même un petit impôt sur leur revenu.

C’est ce que disait jadis François Hollande.

C’est ce que disait… En tout cas, c’est ce que je disais moi, c’est ce que Raymond Barre disait.

C’est quoi ? Le concept d’impôt citoyen ?

Disons cinq euros par mois, et je dis « augmentons »… Je n’hésiterais pas à approuver une augmentation des minimas sociaux et une augmentation du salaire minimum pour que tout le monde participe à l’effort de l’impôt.

C’est une question de responsabilité ?

Alors, je sais bien que je ne suis pas populaire en disant cela. Mais ça changerait le fait que tous les citoyens français seraient d’une égale responsabilité, et même d’une égale dignité devant la dépense publique, devant l’action publique, devant l’éducation. Alors, on dira : il y a l’impôt indirect, la TVA tout le monde la paie, c’est vrai. Mais vous voyez bien que si on était dans un pays normal, et il y en a plusieurs pays de cet ordre, il y aurait un impôt auquel tous les citoyens participeraient et pas ces annonces multipliées qui font que tous les mois on vous dit qu’il y a 100.000, 200.000, 300.000 foyers qui vont, dit-on, « échapper à l’impôt ». Mais ça veut dire que cette charge-là, c’est d’autres qui vont la prendre.

Fin août vous évoquiez la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée pour sortir de la crise. Est-ce que vous le dites toujours vu les critiques que vous faites à Manuel Valls ?

Je dis une chose très simple, c’est que le jour où vous êtes en situation de blocage, le jour où la crise fait que ça ne peut pas continuer comme ça, cette issue institutionnelle prévue par la constitution qui est la dissolution de l’Assemblée est une manière de sortir de la crise. Je vais le dire autrement : il n’est qu’une manière de sortir des crises, c’est de rendre la parole au peuple, c’est la seule manière.

Est-ce que nous sommes dans cette situation de blocage après le vote de la confiance hier ?

Je crois… On a gagné un peu de temps, mais je ne crois pas que la confiance soit rétablie. S’il est un enseignement du vote de « confiance » que nous avons eu hier, c’est que la confiance n’existe pas.

Et en même temps Manuel Valls a fait un discours assez solennel en disant : « Attention au spectacle qu’on donne en politique politicienne, nous devons nous hisser à la hauteur des événements ». Il appelle à la responsabilité de la majorité, de l’opposition, de l’Allemagne. Cet appel à la responsabilité, vous l’entendez ou pas ?

Je l’entends très bien, mais la responsabilité première du gouvernement français c’est la France. Croire que l’Allemagne est responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons, pour moi c’est un leurre. C’est faire croire qu’il existerait un moyen d’échapper, un moyen d’échapper à nos responsabilités par un coup de baguette magique qui transformerait les choses. L’Allemagne a réalisé en plusieurs années une opération de reconstruction de sa force qui est, j’allais dire admirable, qui en tout cas devrait susciter chez tous les responsables français une réflexion. Je ne dis pas que la voie suivie par l’Allemagne soit exactement la bonne voie, mais je sais que l’Allemagne a prouvé que ceux qui ont la charge du destin de l’Allemagne, c’est les Allemands, et eux ne sont pas gênés par l’Europe, ne sont pas gênés par l’euro, ils ont au contraire construit un pays digne, dynamique, dans lequel le chômage est très bas, et qui est exportateur, c’est-à-dire qui est un pays équilibré, y compris dans son budget.

Justement, l’Europe. François Hollande compte beaucoup sur l’Europe, Matteo Renzi aussi. Ils avaient prévu un sommet sur l’emploi, il est repoussé sine die. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Selon un diplomate européen, c’est une source qui vient de tomber.

C’est que l’idée qu’une autre politique existe est une idée qui a du plomb dans l’aile.

Précisément ?

Vous voyez bien, l’idée qu’on allait pouvoir par un bras de fer échapper aux responsabilités qui sont les nôtres, c’est une idée qui peut séduire des esprits légers, mais qui ne répond pas à l’exigence de la réalité. Nous sommes dans la situation d’un pays qui a, au travers du temps, accumulé les faiblesses, et c’est à nous de réparer, corriger les faiblesses qui sont les nôtres. Si nous ne le faisons pas, il n’existe aucune chance que nous nous en sortions. Et s’il y a une chose qu’on doit aux citoyens français, et particulièrement aux plus jeunes, s’il y a une chose qu’on doit, c’est de regarder avec eux la réalité de la situation en face. Alors, je reprends : est-ce que nous pouvons nous en sortir ? Bien sûr que nous pouvons nous en sortir. Est-ce qu’il existe un chemin ? Bien sûr qu’il existe un chemin. Mais ce chemin n’est pas emprunté aujourd’hui par les principaux intervenants politiques.

Quand Manuel Valls invoque le risque de déflation en Europe, quand il dit « La croissance marque le pas, y compris en Allemagne », est-ce que c’est un discours que vous entendez ? Est-ce qu’il faut quand même assouplir la marche vers la réduction des déficits ?

Alors, premièrement, si les déficits étaient la clé de la prospérité d’un pays, qu’est-ce qu’on serait prospère ! Et qu’est-ce que l’Italie irait bien ! Et la Grèce serait le paradis sur terre !

Tout le monde dit la même chose.

Si les déficits étaient bons pour un pays, on n’aurait pas arrêté depuis 40 ans de connaître des assauts de croissance. Or, c’est le contraire qui est vrai. Les déficits signent la faiblesse d’un pays, c’est parce qu’il ne peut pas, ce pays, assumer son train de vie qu’il est obligé d’emprunter perpétuellement. Deuxièmement, l’assouplissement est en cours, l’euro a baissé face au dollar de, je ne sais pas, dix centimes, peut-être plus. Donc on se rapproche du taux d’introduction. Vous savez, il y a longtemps, quand l’euro a été créé, il était à 1,21 ou 1,22, quelque chose comme ça, et on est à 1,27, 1,28. Donc est-ce que ça change la situation du pays ? Non.

Donc il faut continuer à réduire les déficits, selon vous.

Non, il faut penser ce que doit être la remise en bonne santé du pays. Et ce n’est pas uniquement par les déficits qu’on y arrivera, c’est pourquoi je disais « pas vraiment ». Qu’est-ce qui explique la mauvaise santé du pays ? Je vais vous le dire en quelques mots.
Premièrement, une éducation nationale dans un état catastrophique, c’est-à-dire que les jeunes français qui n’ont pas à la maison la culture, la transmission de la langue, l’écrit, l’amour du livre, il y a très peu de chances qu’ils le trouvent à l’école. Et ceci affaiblit le niveau général du pays, et rend plus difficile la création d’emploi. Donc premièrement, éducation nationale.
Deuxièmement, la formation professionnelle. On dépense des dizaines de milliards pour la formation professionnelle. Est-ce qu’elle va vers ceux qui en ont le plus besoin ? C’est-à-dire ceux qui sont ou devraient être en reconversion ? Non, il n’y a pas le travail nécessaire.
Troisièmement, ce qui rend insécurisante la situation, et qui fait que ceux qui devraient investir n’investissent pas, ceux qui devraient créer ne créent pas, et que les chercheurs ne trouvent pas le bon chemin, et les inventeurs, et les créateurs d’entreprise… Quelle est la raison ? Une forêt, une jungle de règles incompréhensibles par qui que ce soit et instables dans le temps. Et donc la simplification…
Et quatrièmement, enfin, des institutions politiques qui rendent impossibles le courage et la prise de décision.

On va parler de ça. Est-ce que vous dites…

Attendez, quatre affirmations qui ne sont aujourd’hui pas prises en compte par le pouvoir exécutif, d’ailleurs pas prises davantage en compte par l’opposition, et qui forment un plan et un chemin pour en sortir. Il faut une prise de conscience, et la possibilité…

Est-ce que vous dites les mois passant que décidément François Hollande a raté complètement le coche en 2012 en n’élargissant pas sa majorité, en faisant appel à des gens comme vous ?

Que François Hollande ait raté le début de son quinquennat, il n’y a de ce point de vue aucun doute…

Mais au niveau politique, au niveau de la recomposition politique ?

Le niveau politique, comme vous dites, ce n’est que l’expression du fond, il n’y a pas de différence entre la politique et le fond de la politique, entre les jeux politiques et le fond de la politique. François Hollande a choisi de se maintenir dans le modèle qui était le sien du premier secrétaire du Parti socialiste, et des jeux qui étaient habituels au sein de sa majorité. Et c’est cela qui l’a coulé. C’est pour n’avoir pas pris en face, et les yeux dans les yeux les nécessités du temps et la réalité… Le saut historique qu’il fallait faire, j’avais employé une formule à l’époque, c’est : on a besoin d’un président qui prenne une dimension historique, et il a pris une dimension politique.

Est-ce qu’éventuellement vous pourriez l’aider ?
Est-ce que François Hollande peut prendre encore cette dimension historique ? Ou est-ce que c’est trop tard ? Et qu’attendez-vous de sa conférence de presse ?

Je crains beaucoup que ça ne soit trop tard.

Ça veut dire que vous n’êtes pas prêt à l’aider si jamais il vous tendait la main ?

Il y a des moments… Comprenez bien, ce que je suis en train d’expliquer devant vous, c’est qu’on a besoin d’une reconstruction en profondeur de notre pays à partir de fondations clairement définies, déterminées, et d’un courage politique. Ça ne se fait pas avec des rustines.

Donc ça ne sera pas possible avec lui, avec François Hollande ?

Non, ça ne sera pas possible sans prise de conscience du pays exprimée par une détermination et par les urnes.

Depuis 2002, c’est ce que vous dites entre deux élections présidentielles. Ça ne se fait jamais. Vous attendez 2017, ou ça peut se faire avant ?

Je ne sais pas ce que vous voulez dire « depuis 2002 je le dis entre deux élections ».

Vous dites : « il faut reconstruire le pays, il faut réformer ».

Je le dis parce que c’est nécessaire, mais vous ne voyez pas que tout crie, dans la réalité française, dans la vie des Français, tout crie qu’il faut qu’on reconstruise sur des bases sérieuses.

Mais est-ce qu’on peut attendre deux ans ou est-ce qu’il faut le faire maintenant ? Est-ce qu’on peut le faire ? Est-ce que François Hollande doit se démettre ?

Non, je n’ai jamais dit une chose pareille, parce que pour moi parmi les choses qui doivent tenir bon, il y a les institutions, parce que sans ça vous entrez dans un cycle de déstabilisation institutionnelle qui fait qu’à chaque élection vous aurez une crise et c’est donc impossible.

Mais s’il n’y a pas une dissolution, qu’est-ce qu’on peut faire ? Quelle est la solution d’ici 2017 s’il n’y a pas de dissolution ?

Un processus est en cours qui révèle en profondeur les faiblesses de la situation actuelle.

Mais concrètement, quelle est la solution s’il n’y a pas de dissolution ?

Concrètement, il faut préparer quelque chose d’autre.

Ça veut dire que vous laissez la situation, et vous vous préparez pour la prochaine élection présidentielle, c’est ça ?

Je ne dis même pas ça, parce qu’on ne sait pas les événements qui vont intervenir.

Mais vous êtes inquiet ? Vous pensez qu’il peut se passer des choses graves ou pas ?

Oui, je pense que… Non, je pense que d’abord la situation est grave. Ce n’est pas qu’il puisse se passer des choses graves, la situation est grave, sous nos yeux.

Non, mais qu’il puisse se passer des choses graves, ça veut dire : est-ce que la rue peut intervenir dans le débat ?

Je ne dis pas ces choses-là, parce que ça ne prend jamais une forme attendue. Mais il y a une telle insatisfaction sociale, et une telle insatisfaction civique, quand vous avez des ministres qui manquent aux règles élémentaires tous les jours, qui sont celles que les citoyens respectent et qu’ils attendent évidemment de leurs élus, quand tout le système est fondé sur des mensonges, quand aucune parole publique forte ne peut s’exprimer, quand aucune entente réelle ne peut se nouer entre les courants différents du pays, alors on ne peut pas, ou il n’est pas facile de s’en sortir. Et pour le reste, attendons. J’entendais hier des députés socialistes dire : « J’ai voté la confiance parce que je suis dans la majorité, mais je ne voterai pas le budget ». Vous voyez bien à quel degré de décomposition on en arrive, de délitement.

Ça veut dire que François Hollande doit rester en place, mais pour ne pas agir, il ne peut plus rien faire ?

Que François Hollande prenne ses responsabilités, qu’il exprime clairement les choses, qu’on y voie clair dans les rapports entre le président et le premier ministre, qu’on ne nous annonce pas des mesures nouvelles tous les jours alors qu’il n’y a pas le premier sou pour les financer, qu’on nous dise clairement…

Quand le Medef dit que le modèle social français a vécu, il a raison ou pas ?

Ce n’est pas le modèle social français qui a vécu, parce que le modèle social, l’aspiration du modèle social, tout le monde voit bien qu’elle est intimement liée à notre pays et au projet de notre pays. Mais je ne suis pas d’abord sûr que ce soit le Medef qui soit le mieux placé pour dire ce genre de choses, parce que c’est ressenti comme une agression par des tas de gens parce que le Medef est un syndicat, une organisation.

Il fait de la politique le Medef, à votre avis ?

Oui, peut-être. Mais ce serait mieux si les choses étaient mieux maîtrisées. Là, tout le monde ressent ça comme une agression. Si vous m’interrogez précisément sur ce que le Medef a dit, pas le Medef, ce que beaucoup de responsables disent dont ceux-là, je vais vous dire une chose précise.

Quelles réformes faut-il faire, faut-il mettre en œuvre ?

Une des seules marges de manœuvre que nous ayons, c’est le temps de travail. Les 35 heures ont été pour notre pays, je crois, une profonde erreur et je n’ai cessé de le dire et de le manifester par mes votes et mes déclarations depuis le jour où elles ont été créées. J’ai d’ailleurs été extrêmement frappé, dans le discours de Manuel Valls hier, il a dit une chose qui est passée inaperçue, mais qui moi a accroché mon oreille. Il a dit : « on n’a pas créé un emploi en France depuis 2001 ».

Depuis les 35 heures.

2001, qu’est-ce que c’est ? C’est ce changement profond qui n’est pas seulement…

Dans l’industrie.

C’est exactement ce dont on parle, qui n’est pas seulement social, qui est sociétal, l’idée qu’au fond le travail est appelé à être remplacé par du temps libre, et que c’est cela l’épanouissement des personnes, que c’est cela l’émancipation, autrement dit que le travail est une contrainte subie, subie par un certain nombre parce que les autres le cherchent. Cette vision-là, je considère moi qu’elle est fausse.

Qu’est-ce qu’il faut faire alors pour les 35 heures ? Il aurait peut-être fallu que la droite au pouvoir, qui tenait le même discours, les supprime ?

Vous avez dit exactement ce que je pense. Je pense qu’il y a quinze ans qu’on s’enfonce dans une incapacité à prendre des décisions simples, compréhensibles par tous qui peuvent permettre qu’un nouvel élan du pays se manifeste.

Et apparemment Nicolas Sarkozy n’est absolument pas déterminé à bouger là-dessus, parce qu’il l’a reproché à François Fillon.

Je n’ai pas les confidences de Nicolas Sarkozy.

Est-ce qu’il faut supprimer les jours fériés, comme le dit le Medef ? Deux jours fériés ?

Tout ça, ça peut se discuter, ce n’est pas la question principale. La question principale c’est : est-ce que dans notre pays le travail est considéré comme émancipateur ou comme au contraire une atteinte à la vraie vie ?

Déjà, il faut avoir du travail.

C’est évident. Le travail dans l’histoire des sociétés, il y a quelques siècles, le travail était considéré comme déchoir. Travailler c’était déchoir. Ceux qui avaient le statut le plus élevé dans la société ne travaillaient pas. Et avec le temps, les choses ont changé, aujourd’hui le travail c’est l’émancipation. Mais présenter le travail comme le contraire de l’émancipation, c’est se tromper de projet.

Autre sujet d’actualité, la Cour des comptes dit que la fraude aux cotisations sociales a coûté 20 à 25 milliards d’euros en 2012. Il faut faire la chasse aux fraudes ? Comment ? De quelle manière ? Quand ?

Il faut avoir des règles simples, des charges sociales suffisamment légères pour que tout le monde les assume sans avoir envie de les éviter. Mais la complexité de nos règles est une manière de nous enfoncer dans la crise, le fait que plus personne n’y comprenne rien, le fait que le fantasme, y compris de la Cour des comptes, ce soit de multiplier les contrôles et les contrôleurs, c’est ça ce que dit la Cour des comptes semble-t-il, je pense que ce n’est pas la bonne orientation.

Les contrôles ou la réforme des professions réglementées, Emmanuel Macron disait ce matin : « ça ne rapportera pas 6 milliards de pouvoir d’achat en plus ». Est-ce qu’il faut quand même réformer ou pas ? Contrairement à ce que disait Arnaud Montebourg.

Il a absolument raison, et en tout cas tous ceux qui mettent en doute cette réforme, selon moi, ont raison. J’ai vu d’ailleurs que Jacques Attali qui l’avait présentée dit maintenant : « ce n’est pas du tout la clé de la situation ».

Ça veut dire qu’il ne faut plus la faire ?

Non, disons les choses. Des assouplissements sont nécessaires, des mises au point sont nécessaires, des allègements sont nécessaires, tout le monde en est d’accord. Mais croire que la crise de la société française ce soit qu’il existe des notaires qui jouent le rôle de notaires et des pharmaciens qui jouent le rôle de pharmaciens, c’est se tromper sur la crise de la société française. Au contraire, pour moi qui suis un élu provincial d’une ville de province et qui connaît bien y compris le milieu rural français, je puis vous dire, ce que je ressens c’est que ces responsabilités-là, celles du notaire, et notamment du notaire de famille, celles du pharmacien, quand vous êtes une vieille dame et que vous avez besoin d’avoir un conseil, c’est bien de pouvoir avoir un pharmacien au coin de la rue. Tout cela, c’est du lien social et c’est de la stabilité de la société française. Et ceux qui veulent le détruire, à mon sens, entrent dans une œuvre de dissolution qui en période de crise est…

Donc il faut enterrer cette réforme, ne pas toucher aux professions réglementées ?

Non, il faut profession par profession, toutes, regarder ce qu’on peut faire pour que les choses aillent au mieux, et en discuter.

On va avancer. Autre réforme, la réforme territoriale avec du changement en ce qui concerne les départements.
On a compris hier après le discours de Manuel Valls que dans les régions, dans les zones rurales, le département sans doute resterait. Alors qu’il était question de supprimer…

On a compris quelque chose de très simple, on voulait une simplification par la suppression des Conseils généraux et la répartition de leurs compétences entre les communautés de communes ou d’agglomérations et les régions, et on a appris hier que non seulement les Conseils généraux resteraient, mais qu’il y en aurait trois sortes différentes, et donc tout ça c’est n’importe quoi.

Est-ce que ce n’est pas du pragmatisme, et de se dire : « finalement le territoire n’est pas unique » ? Est-ce que dans les zones rurales il ne faut pas garder le département ? C’était votre credo justement, le fait d’adapter, la proximité…

L’idée qu’en complexifiant perpétuellement on apporte des réponses aux situations est une idée qui est la pire qu’on puisse avoir. J’admire beaucoup Napoléon parce que ce qu’il disait, pas le Napoléon du temps de guerre, mais le Napoléon du temps de paix, j’admire beaucoup Napoléon parce que ce qu’il disait était compréhensible par tout le monde. On avait une organisation, qui a duré d’ailleurs 200 ans, dans laquelle les Français pouvaient se retrouver. Là, la pression des élus locaux aboutit au maintien de la situation antérieure encore compliquée, et donc encore plus chère, et donc encore moins compréhensible, et donc c’est…

Pour le calendrier, c’est compréhensible ou pas ? Le fait d’avoir les cantonales en mars, les régionales en décembre ?

La règle du mois de mars est dans la loi, elle est constitutionnelle, ils ne pouvaient pas s’en extraire. On aurait pu faire les deux en même temps, il paraît que François Hollande a dit : « comme ça, on va avoir deux claques au lieu d’une ». J’ai trouvé que pour une fois il y avait un peu de bon sens.

Un peu de bon sens, peut-être, je ne sais pas. On parle de réformes, on parle d’actualité politique. À la fin de la semaine, Nicolas Sarkozy annonce son retour. C’est qui Nicolas Sarkozy ? Vous parliez de Napoléon. C’est le nouveau Napoléon ? Le nouveau de Gaulle ? Ou le nouveau Monte-Cristo ?

D’abord je ne sais pas où en est Nicolas Sarkozy de ses réflexions.

A priori, on le sait, il va revenir, il veut être président de l’UMP.

J’ai toujours pensé qu’il reviendrait, et qu’il voudrait être président de l’UMP, vous êtes plusieurs autour de la table à pouvoir l’attester. Toujours pensé ça. Alors, simplement quelle est la ligne politique qu’il va choisir ? Et à quoi va nous conduire cette ligne politique-là ? Pour l’instant, je n’ai pas de réponse à cette question. J’ai dit, moi, dans votre émission, ce qui me paraissait les grands axes. Après, la situation dans laquelle on va se retrouver c’est d’avoir pour le pays trois solutions : Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et le candidat du PS. Il y a des millions de Français qui considèrent que ces trois solutions ne portent pas en elles ce dont le pays a besoin.

Alors pourquoi ?

Et donc ce triangle-là, triangle des Bermudes, ce triangle-là c’est le triangle qui représente ou qui figure trois impasses.

Pourquoi ?

Jusqu’à maintenant. Alors, peut-être peut-il changer…

Ça a mal fini le triangle des Bermudes.

Oui, le triangle des Bermudes, c’est là où on se perd.

Donc Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, le candidat du PS, c’est ça le triangle des Bermudes ?

C’est le triangle des Bermudes qu’on nous propose aujourd’hui.

Ça veut dire qu’on va à la catastrophe ?

Essayez d’entendre ce que je veux dire. Il y a aujourd’hui des millions, peut-être plus, peut-être des dizaines de millions de Français qui ne se reconnaissent dans aucune de ces trois propositions, et qui attendent, et peut-être même qui rêvent, que des hommes courageux, et des femmes, des femmes et des hommes courageux puissent ensemble tracer les lignes directrices d’une politique de fond qui sera maintenue suffisamment longtemps pour pouvoir apporter des succès, qui ait une majorité large de soutiens dans le pays. Et ma responsabilité à moi, pas seulement moi, mais en tout cas c’est la mienne, et j’espère la partager avec d’autres, c’est de construire cette solution qui permettra d’échapper à la fatalité de ces trois solutions.

Concrètement, vous pensez à Alain Juppé ?

Je pense qu’Alain Juppé peut jouer un rôle, et doit jouer un rôle, mais il n’est pas seul, il y en a sûrement d’autres.

Et en même temps ce qu’on voit actuellement, c’est que Nicolas Sarkozy n’est pas encore déclaré candidat, mais il y a déjà une dynamique qui s’opère en sa faveur avec François Baroin, Jean-Pierre Raffarin…

Ça ne m’avait pas tout à fait échappé.

Et qu’en dites-vous ?

Je pense que Nicolas Sarkozy est fort dans son camp. La question est de savoir si cette force apporte des réponses aux problèmes du pays, c’est-à-dire si elle est capable de rassembler des sensibilités différentes du pays, et d’avoir une vision claire et soutenable de l’avenir. Pour l’instant, ça n’a pas été le cas.

Vous parliez du triangle des Bermudes. C’est dangereux le triangle des Bermudes, est-ce qu’Alain Juppé peut tenir dans ce triangle des Bermudes ?

C’est ce qu’on va voir dans les mois qui viennent. Vous entendez l’appel qui au fond sous-tend cette affirmation. Il y a des millions de Français qui ont besoin qu’on leur propose autre chose que la fatalité de se retrouver dans ces impasses conjuguées, des millions de Français. Et les responsables politiques, eux, ont le devoir de répondre à cette attente. S’ils trouvent insatisfaisante la situation qui va être ainsi créée, ils ont le devoir d’en proposer une autre.

Le problème, vous dites, c’est qu’on ne sait pas encore sur quelle ligne va revenir Nicolas Sarkozy. Donc comment est-ce que vous pouvez dire qu’il y a un triangle des Bermudes qui ne répond à aucune… Tout le monde a dit : « il a changé ». Est-ce que c’est son caractère, est-ce que c’est ce qu’il a fait avant qui vous rend dubitatif ?

J’ai écouté un certain nombre de déclarations, de cartes postales, mais je ne veux en aucune manière me spécialiser dans une confrontation avec Nicolas Sarkozy.

Il change selon vous ?

Permettez-moi de rappeler que cette confrontation avec Nicolas Sarkozy, je l’ai eue quand il était au plus haut, quand il était au pouvoir, parce que sur les affaires, et on vient encore d’avoir dans une des plus célèbres affaires dans votre journal des informations extrêmement précieuses et qui permettent de voir que l’affaire Tapie reposait sur une, comment dirais-je, une manœuvre dans laquelle l’intérêt général n’était pas pris en compte.

C’était vous qui en aviez parlé au départ. Vous considérez que Nicolas Sarkozy peut être rattrapé par les affaires ?

J’ai presque fini. Donc je l’ai affronté, ou j’ai eu une confrontation avec lui sur le fond alors qu’il était au plus haut. Je ne suis pas spécialisé dans l’affrontement avec Nicolas Sarkozy, et je n’ai pas l’intention de l’être. Mais je voudrais, je veux, si je peux employer un terme aussi direct, que la France ait une autre solution que celle qu’elle a eue depuis des années, que la succession de manque de volonté qui s’est manifestée depuis des années. Nicolas Sarkozy a de l’énergie, et c’est bien qu’on le reconnaisse, mais ces dernières années on ne peut pas dire que cette énergie ait été mise au service de ce que pour ma part je considère bon pour le pays.

S’il gagnait en 2017, pour vous, c’est une catastrophe pour la France ?

Vous ne m’avez pas écouté, je sais bien que vous n’êtes pas obligé de m’écouter, mais je réponds. Je ne sais pas sur quelle ligne Nicolas Sarkozy va revenir, mais je vois très bien qu’un grand nombre de Français redoutent d’être enfermés dans des choix impossibles. Il revient aux responsables que nous sommes de proposer d’autres choix. Et on va voir dans les deux ans qui viennent de quelle manière les choses s’organiseront. Mais en tout cas pour moi, c’est ça qui est le plus important.

Vous savez ce qu’on va vous répondre du côté de l’UMP ? C’est que vous proposez finalement un renouvellement avec Alain Juppé qui a plus de 70 ans, vous-même qui avez déjà été ministre, et que ce n’est pas très neuf.

Et déjà candidat à l’Élysée.

J’ai été ministre, et heureusement. Peut-être si François Hollande avait eu une expérience de cet ordre, peut-être un certain nombre d’erreurs auraient-elles été évitées. Les attaques contre Alain Juppé que je lis sur son âge me paraissent alors vraiment indignes de la situation dans laquelle nous sommes dans le pays. Il s’en arrangera parce qu’il est fort et que la compétition dans laquelle il s’engage est une compétition qui exige d’avoir ténacité et cuir épais.

Puisque vous parlez d’Alain Juppé, on lit aussi que si Alain Juppé est candidat, vous seriez derrière lui, s’il n’est pas candidat, c’est vous qui irez à la présidentielle.

Je sais bien qu’on dit ça, et je voudrais simplement qu’on réfléchisse à la gravité des choses. L’élection présidentielle, c’est une élection décisive, et elle est en effet portée par des hommes ou des femmes. Élection décisive. Mais regarder la situation du pays en se disant qu’on va y trouver une occasion de carrière, d’avantages personnels, c’est le contraire…

Parce que tout à l’heure vous avez dit : « La France a besoin d’hommes courageux », quand vous dites ça…

D’hommes courageux qui sachent travailler ensemble.

Justement, quand vous dites ça, on se dit : « François Bayrou il se dit : peut-être que je suis courageux, que je peux apporter quelque chose à la France ».

À la question du courage, je répondrais volontiers, mais comprenez bien, je ne parle pas à la première personne quand je parle de cette nécessité dans laquelle nous sommes. Il faut bien prendre ses responsabilités, je n’ai jamais fui les miennes, mais vous voyez bien qu’aujourd’hui on n’a pas besoin de compétition entre les personnes, on a besoin d’une volonté partagée.

Volonté partagée, est-ce que ça veut dire qu’il faut de nouvelles structures ? On voit que tous les partis sont dans un état lamentable, est-ce qu’un rassemblement Bayrou Juppé c’est une nouvelle structure automatique ou pas ?

Je n’en ai pas la moindre idée, je suis très sévère à l’égard de la partitocratie comme on dit, c’est-à-dire de l’organisation de la démocratie française autour de partis qui entraînent à la manœuvre et à l’absence de courage, et même à l’absence de réflexion. J’ai été très frappé par la dernière alternance. Vous vous souvenez qu’on nous disait que Laurent Fabius avait préparé le programme des trois premiers mois avec des centaines d’experts, et qu’il ne manquait pas un bouton de guêtre, et que chacune des décisions avait été élaborée, et on est arrivé à l’élection, et ils sont arrivés au pouvoir, et qu’est-ce qu’on a vu ? Rien n’était prêt. Pourquoi rien n’était prêt ? C’est ça la bonne question. Parce qu’ils attendaient que l’ortolan leur tombe tout cuit dans le bec.

Vous aimez les ortolans ?

Vous savez que c’est interdit d’en manger. Il paraît que François Mitterrand s’exonérait de cette interdiction, mais je connais deux ou trois personnes qui s’en sont exonérées dans leur vie. Mais vous voyez bien de quoi il s’agit. Quand vous êtes avec deux partis seulement et que le parti au pouvoir est impopulaire, le coup de balancier vous assure de recevoir le pouvoir.

… dont parlait Valéry Giscard d’Estaing en 78…

Il faut une organisation différente parce que les hommes et les responsables qui sont sélectionnés par ce mode de fonctionnement sont habitués aux manœuvres de partis, mais pas au courage politique devant le pays. Or c’est le courage politique devant le pays qui est important.

Dernière question. On parle beaucoup de votre entente avec Alain Juppé, mais il y a aussi au centre une formation politique, l’UDI, qui va désigner un président. Quel regard vous portez là-dessus ? Vous êtes plutôt Morin, Jégo ?

Mon regard est très simple : je souhaite que celui qui sera élu à la tête de cette confédération soit habité par l’idée que s’il y a un centre en France, il faut que ce centre soit uni. Et donc le mouvement unitaire que nous avons initié il y a quelques mois avec Jean-Louis Borloo je souhaite qu’il se poursuive, qu’il se renforce et qu’il s’approfondisse.

Vous avez des nouvelles de Jean-Louis Borloo ?

Et c’est ce que j’ai dit, et c’est ce que je dis à tous ceux que je rencontre, et j’ai rencontré un certain nombre de ceux qui se présentent à cette élection.

Et vous ne choisissez pas entre eux ?

Je n’appartiens pas à cette formation politique, je n’ai pas du tout envie de m’engager dans cette affaire. Mais plus ils seront unitaires, et mieux ce sera pour l’avenir du pays.

Merci François Bayrou, c’est la fin de Questions d’Info, merci d’avoir répondu à nos questions.

C’est une situation intolérable pour les citoyens

François Bayrou, l’invité de Ruth Elkrief sur… par mouvementdemocrate

Hier invité de Ruth Elkrief sur BFMTV, François Bayrou a abordé l’actualité politique et sociale de la France. Le constat, amer, appelle au renouvellement alors même que le PS et l’UMP poursuivent leur « effondrement ».

Bonsoir François Bayrou.

Bonsoir.

Merci d’être l’invité de BFM TV. Vous présidez le MoDem et vous êtes bien sûr maire de Pau. Manuel Valls a dit aujourd’hui qu’il ne voulait pas de la voix de Thomas Thévenoud dans le vote de confiance. Il souhaite qu’il démissionne, et même s’il vote pour lui, il n’en veux pas. Est-ce clair pour les Français ?

C’est une situation insupportable, tout le monde le sait bien. Il y a une forme de dérive personnelle dans tout cela qui est une disqualification.

Mais la position du Premier ministre qui dit aujourd’hui « je ne veux pas, il faudrait qu’il démissionne », c’est une manière de démentir des arrangements et c’était l’accusation de l’UMP notamment ?

C’est une situation intolérable pour les citoyens avec laquelle le monde politique s’arrange plus ou moins.

François Hollande affirme dans Le Nouvel Observateur dans sa conversation avec Serge Raffy : « Aucun sondage, aucun remous ne me fera partir ». Avant même les tempêtes de ces dernières semaines, vous aviez dit qu’il y avait plusieurs solutions : referendum, démission ou dissolution de l’Assemblée nationale. « Aucun remous ne me fera partir… », vous y croyez ?

Ce que François Hollande dit entre les lignes c’est que le choix qu’il fera en cas de crise politique, c’est la dissolution. Et c’est le choix que les institutions prescrivent. Pour moi, ce n’est pas une surprise. On ne peut pas faire partir un Président de la République parce que ce serait un putsch. Tout le monde le sait, on l’a vérifié avec François Mitterrand, on l’a vérifié avec Jacques Chirac, c’est cela la logique institutionnelle. Mais il faut mesurer la profondeur de la crise, il faut mesurer la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. On vient d’annoncer aujourd’hui que naturellement, aucun des objectifs – non seulement que nous avions fixés – mais auxquels nous nous étions solennellement engagés – ne sera respecté. D’autre part, cela se passe dans un trouble profond de la société française, caractérisé par le fait que les revenus de chaque famille baisse. Cette année une fois de plus. Cela veut dire quelque chose de très important, de très grave, et le climat de confiance en est profondément atteint. C’est cela que les politiques doivent avoir en tête. Et j’imagine que c’est autour de ce désarroi que la crise politique est nouée.

D’une certaine façon, qu’est-ce que vous feriez si vous étiez à la place de François Hollande aujourd’hui ? 

A la place de François Hollande, j’aurais pris les décisions qui s’imposaient dans les premières semaines de son élection. Et je ne dis pas ça en l’air parce que j’ai eu des échanges et des dialogues extrêmement argumentés avec lui, pour essayer de lui faire comprendre que ces décisions s’imposaient, que son programme n’était pas un programme soutenable et qu’il fallait qu’il s’adresse au pays les yeux dans les yeux pour changer ce qui devait l’être au niveau économique, au niveau de la société et au niveau institutionnel. Il ne l’a pas fait et je crains que cela ne soit trop tard.

Vous avez témoigné, en quelque sorte, en sa faveur, après le livre de Valérie Trierweiler, vous avez dit : « J’ai beaucoup parlé dans ma vie avec François Hollande avant qu’il ne soit président et je n’ai jamais vu le moindre indice de cette méchanceté, de cette condescendance, de cette manière de regarder avec mépris qui que ce soit ». Il vous en a été reconnaissant ? Il vous a appelé ? Il vous a remercié ?

Je ne cherche pas de reconnaissance. J’essaie d’être honnête dans les débats, les heurts politiques. Quand vous fréquentez quelqu’un, même si vous n’êtes pas de son parti, si vous avez des désaccords profonds avec lui, vous sentez quel homme, quelle femme vous avez en face de vous. Parce que c’était honnête pour moi de le dire – alors qu’il y avait beaucoup d’exploitation autour de cette phrase des « sans-dents » – j’ai dit que je n’ai jamais vu ni dans sa bouche ni dans ses attitudes ni dans sa manière d’être, ces signes de mépris à l’égard des faibles, qui peuvent exister dans le monde politique mais que je n’ai jamais vu chez lui.  Comme il était attaqué, vilipendé, il m’a semblé qu’il était honnête de le dire.

Vous n’attendiez rien de cela ?

Rien, d’aucune sorte. Mais dans l’engagement qui est le nôtre on doit faire les choses sans en attendre quelque chose, parce que, autrement, on n’est pas digne du travail que l’on fait. Un des plus beaux adjectifs pour moi c’est « civique ». Le civisme est pour moi ce qu’il y a de plus important, c’est à dire qu’on considère tous que l’on est là pour apporter sa pierre à l’intérêt général. Alors il faut le dire sans emphase, sans faire de grands mots, sans grandes phrases mais je trouve que c’est mieux quand on a cela à l’esprit que lorsque l’on croit que l’on est là uniquement pour soi-même.

François Hollande va en Irak dès vendredi et annonce une conférence internationale, Laurent Fabius, lui, annonce ce soir que la France participera aux attaque aériennes contre l’EIL Cela devrait se dérouler sur l’Irak et peut-être sur la Syrie. Est-ce que vous approuvez ?

J’approuve la participation de la France à la lutte contre cette barbarie. Ce qui est en jeu là, c’est à dire des mouvements structurés, organisés pour anéantir le droit élémentaire des êtres humains de croire ou de ne pas croire. Pour moi, ce droit est un droit de l’Homme. Il y a une organisation internationale qui a décidé, pour imposer sa loi religieuse, d’anéantir ce droit. Toutes les sociétés civilisées, au sens humaniste du terme, doivent unir leurs forces pour mettre un terme à cette barbarie. C’est la raison pour laquelle je m’étais opposé aux bombardements prévus en Syrie.

C’est pourquoi je vous en parle, parce qu’il y en aura peut-être des bombardements sur la Syrie mais pas contre Bachar al-Assad, là contre l’EIL, et là vous approuvez ?

Dieu sait que je n’ai aucune indulgence à l’égard de Bachar al-Assad, mais je dis avec la gravité qui s’impose que l’Occident, les États-Unis pour leur compte, la France pour le sien, ont une responsabilité dans la guerre d’Irak, dans ce qui s’est passé en Libye sur le déchainement de ces forces et le chaos sur lequel elles se développent. Nous avons commis un grand nombre d’erreurs. J’avais soutenu Jacques Chirac, à l’époque où il a décidé de s’opposer à la guerre en Irak, et je me suis moi-même opposé à ce qui s’est passé en Syrie et j’ai soutenu François Hollande sur le Mali. Tout cela, c’est une cohérence au travers du temps, on est en train de vivre un déchainement de forces qui sont une menace de premier plan contre ce que nous avons de plus profond c’est à dire le droit élémentaire qui est celui de chacun de nous.

Est-ce que Manuel Valls obtiendra la confiance et est-ce qu’il pourra faire voter son budget avec des résultats comme cela ?

Arithmétiquement, il obtiendra la confiance, il n’y a aucun doute de ce point de vue là. Je pense qu’il y aura des mouvements sur le budget, on ne connaît pas encore le budget donc je ne peux pas le dire. Mais, que nous ne connaissions pas encore le budget, c’est un indice de la difficulté puisque l’on a repoussé de quelques dix jours la présentation du budget. Et donc il ne sera présenté que le 1er octobre, ce qui n’est pas le calendrier qui avait été choisi.

Bruxelles rappelle Paris à l’ordre aujourd’hui.

Mais cela n’est qu’un début. Tous les pays européens ont fait des efforts considérables pour essayer de rapprocher les déficits d’un montant soutenable, la France aussi, on a même été en première ligne. Et puis cela fait combien d’années ? 6 ans ? 7 ans que nous ne respectons aucun des engagements que nous avons pris

Ceux qui viendront au pouvoir plus tard le feront, on en reparlera. Maintenant, Pierre Moscovici osera-t-il mettre à l’amende la France ? C’est le nouveau commissaire européen aux Affaires économiques.

Mais ce n’est pas Pierre Moscovici qui décide. Il y a dans la Commission européenne une démarche communautaire, commune. C’est un collège, chacun n’est pas maitre chez lui et donc je pense qu’il va y avoir une tension entre les instances européennes et la France parce que nous n’avons pas respecté nos engagements. Ce n’est pas à l’égard de Bruxelles que nous avons ou que nous devons avoir des engagements, c’est à l’égard de nos enfants, de notre peuple. Ce que nous sommes en train d’accumuler comme faiblesses, comme fragilités comme incapacités, ce ne sont pas les Européens qui le paieront. C’est nous. Ce sont les générations qui sont là et les générations qui viennent, et cela va peser comme un boulet sur notre avenir national. Quand vous faites des dettes, ce n’est pas le voisin qui les paie, c’est vous-même.

Nicolas Sarkozy va revenir, plus de doutes là-dessus.

Il n’y en a jamais eu, pour moi.

Oui, vous n’en avez jamais eu. Le 24 août dernier, vous aviez l’impression qu’il n’avait pas beaucoup changé. Vous l’attendez ce retour ou vous le redoutez ?

Je ne suis pas membre de l’UMP et j’ai, depuis très longtemps, exprimé une analyse différente de celle d’un parti unique à l’intérieur duquel tout le monde se retrouverait. Depuis longtemps, j’ai vu venir le double effondrement du Parti socialiste et de l’UMP qui fait le cadre de ce que tous les Français pensent aujourd’hui.

Mais il promet qu’il va tout changer, du plancher au plafond.

Sans doute, on verra ce qu’il promet, on verra ce qu’il tient. Mais moi je sais en tout cas ce dont la France a besoin : une puissante force de renouvellement. Pas de réédition ou de restauration de ce qu’il y avait avant. De cela on en a fait le tour.

Le risque est que ce sera une réédition ?

Si vous êtes une observatrice attentive et tous ceux qui nous regardent savent de quoi il s’agit, c’est à dire de reprendre le pouvoir. Mais je suis, pour ma part, absolument certain que cela ne suffit pas de reprendre le pouvoir par un coup de balancier électoral. On a déjà essayé 5 fois, 8 fois, 10 fois. Ce qu’il faut c’est une démarche humaine, intellectuelle, une compréhension des choses et une volonté, un courage qui pour l’instant a fait défaut, en raison de ces institutions qui monopolisent autour de 2 partis le pouvoir en France depuis très longtemps.

C’est Alain Juppé qui pourrait être l’homme de ce renouvellement ? Vous êtes très proche de lui, vous l’avez souvent dit ; il a dit aujourd’hui dans Valeurs actuelles que « Nicolas Sarkozy est mon principal concurrent ». C’est lui le véritable candidat du centre-droit ?

Je ne veux pas dire les choses de cette manière. Dans le renouvellement que je plaide devant vous, dans le besoin de reconstruction que la France éprouve, il faut changer une attitude politique qui est le chacun pour soi. Il faut que l’on soit capable de s’allier et de se retrouver quand on a les mêmes idées et plus encore les mêmes valeurs. Au fond, quand on voit l’avenir, les rapports humains et de société de la même manière, il faut que l’on soit capable de se rencontrer même quand on a été séparé dans le passé ; et cela sera un facteur considérable pour que la confiance se retrouve.

Je voudrais vous citer Laurent Wauquiez, dans Le Monde, qui dit « Une alliance avec le MoDem n’est pas la bonne réponse contre le Front national, ce serait une lourde erreur, les Français balaieront ces stratégies d’État-major et veulent qu’on réponde aux questions de la vie quotidienne. Nicolas Sarkozy, lui, secoue les tabous ».

S’il y a une chose dont je suis certain, c’est que cette vision que je défends devant vous et que vous évoquez, ce ne sont pas des stratégies d’État-major. Ce sont des responsables politiques qui sont conscients, je crois, profondément de ce qui se passe.

C’est un ticket alors ? C’est une alliance de fond ? Vous voulez allez à Matignon avec lui ? Qu’est-ce que c’est ?

Non. Tout le monde flingue tout le monde dans la vie politique française. Pour une fois, qu’il y a des responsables politiques – et pas seulement deux, j’espère beaucoup plus – qui sont capables de penser l’avenir ensemble au lieu de le penser les uns contre les autres, au moins faisons crédit que quelque chose de ce point de vue là change. Et moi, j’essaierai de faire en sorte que la vision de ce travail, de cette équipe – si elle se constituait – prenne pour une fois en charge ce qu’il y a de plus profond dans la crise que nous vivons.

Merci beaucoup François Bayrou.

« Je mets toutes mes forces à concevoir un projet de reconstruction pour notre pays »

FB Bureau

Mise au point sur l’interview publiée hier par Paris Match : retrouvez ici l’intégralité de l’entretien effectivement validé et approuvé par le président du MoDem pour l’édition papier du magazine.

Que pensez vous du  discours de Manuel Valls à La Rochelle et de son spectaculaire changement de cap ?

Manuel Valls fait preuve de détermination. Je lui donne acte d’avoir affronté sans faiblir la guerre des gauches qui pourrissait depuis deux ans la cohésion du gouvernement. La ligne politique qu’il affirme est cohérente dans son expression. Mais encore faut-il que les actes suivent, et là on n’y est pas. Les mots sont justes mais la réalité ne change guère. C’est là son vrai rendez-vous.

Cette inflexion économique se rapproche de celle que vous prônez …

Regarder en face les blocages qui affectent l’économie française, c’est aller dans le bon sens. Supprimer ces obstacles, c’est mieux encore. Mais il faut aller jusqu’aux causes de ces blocages ! La société est comme le sol pour une plante. Si la plante est en mauvaise santé, c’est que le sol est malade. C’est le sol qu’il faut soigner ! L’état de délabrement de notre pays exige des réformes profondes. Je prendrais deux exemples : Nous vivons avec une Éducation Nationale sinistrée et ce ne sont pas les rythmes scolaires qui vont résoudre le problème de la transmission des acquis, le climat à l’intérieur de l’école et le désarroi des enseignants. Ce ne sont pas ces changements mineurs qui vont convaincre les étudiants qui fuient l’enseignement, et les enseignants débutants qui se découragent. Il faut une réponse plus exigeante qui touche à la classe et pas seulement à ce qui l’entoure. Autre question lourde : nous avons des populations entières qui vivent parmi nous, dans nos quartiers, et dont l’intégration a été manquée. Cela exige qu’on ait une politique en profondeur qui touche à l’entrée dans le travail, l’apprentissage, l’alternance et la formation professionnelle.

Appelez-vous toujours de vos vœux une alliance réformatrice qui transcenderait les clivages traditionnels ?

Quand on voudra faire quelque chose de sérieux, ce sera le seul chemin crédible. L’heure n’est pas encore venue. La crise politique profonde née de la division de la gauche n’a pas encore produit tous ses effets. Et les affrontements internes à l’UMP non plus. Je crains que nous n’assistions à d’autres secousses dans les semaines et les mois à venir. De surcroît, nous n’avons pas les institutions qui permettent de vraies alliances au service d’un projet. Pourtant, je suis persuadé qu’une majorité réformatrice existe. On y viendra nécessairement quand on prendra la mesure des échecs provoqués par des années d’affrontements stériles. Alors sonnera l’heure des reconstructeurs.

Faudrait-il provoquer une dissolution ?

En cas de crise politique prolongée, il n’est pas d’autre issue que de rendre la parole au peuple. La dissolution de l’Assemblée nationale est donc dans ce cas l’issue la plus naturelle et la plus probable.

Mais à l’UMP, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Alain Juppé paraissent rejeter toute cohabitation…

Cette attitude ne me paraît ni réaliste, ni soutenable devant les Français. On ne peut pas se présenter à une élection en disant : «  Si vous m’élisez, si j’obtiens la majorité, je refuserai de gouverner ». François Mitterrand et Jacques Chirac ont tous deux montré que le seul choix possible est de gouverner la France même dans une situation de cohabitation. J’oserai même dire que les trois gouvernements, Chirac, Balladur, Jospin, issus des trois cohabitations qui se sont produites en France au cours de ces trente dernières années ont été plus utiles au pays que bien d’autres !

Si François Hollande vous le proposait, accepteriez-vous d’être Premier ministre ?

Il n’y a aucune hypothèse de cet ordre. Je mets toutes mes forces à concevoir et à proposer un projet de reconstruction pour notre pays. Et j’applique cette vision à la base, concrètement, à Pau, dans la ville dont je suis maire. Un tel projet exige une forte adhésion, des rassemblements larges, une démarche non sectaire. Le jour viendra où cette nécessité s’imposera pour le pays tout entier. Ceux que j’appelle les reconstructeurs devront se rassembler pour agir.

Si les institutions devaient se paralyser totalement, faudrait-il que François Hollande démissionne ?

Mais comment obliger le Président de la République à démissionner ? On ne va pas organiser un putsch ! Il n’y a pas d’autre choix disponible que d’assumer ses responsabilités devant les Français quand on gagne une élection et que le Président de la République nomme un gouvernement qui représente fidèlement et sans ruse la majorité sortie des urnes.

Que devient votre alliance avec Alain Juppé qui vous a soutenu lors de votre élection à Pau ?

J’ai pour Alain Juppé amitié, estime et solidarité. Je mets de l’espoir dans la démarche qu’il a entreprise et je suis prêt à l’aider. Si des responsables politiques hier séparés savent s’entendre autour d’idées fortes, cela donnera de l’espoir aux Français.

Le soutiendrez-vous lors de la primaire de l’UMP à laquelle il a déclaré qu’il sera candidat ?

Je me reconnais beaucoup dans ses attentes. Pour autant, je ne suis pas engagé dans cette primaire. Participer à une primaire c’est en accepter les résultats quels qu’ils soient et je ne veux pas me lier à l’avance. Si le centre veut exister, il faut qu’il soit indépendant.

Qui soutiendrez-vous pour  succéder à Jean Louis Borloo à la tête  de l’UDI ?

Je n’ai pas à intervenir dans cette élection et je ne le ferai pas. Mais le MoDem et l’UDI doivent travailler ensemble. Pour moi, le meilleur candidat, ce sera donc le plus unitaire, celui qui travaillera avec nous au rassemblement de tous les mouvements du centre.

Croyez-vous au retour de Nicolas Sarkozy ?

Avec tous les signaux qu’il a envoyés et qu’ont envoyé ses proches, cela paraît une évidence. Comment reculerait-il ? Je ne vois pas beaucoup de suspens à ce sujet.

Quelle est au fond votre ligne politique ? 

Je veux être un reconstructeur de notre pays sinistré et je veux que se rassemblent tous les reconstructeurs.

« Ce qui manque est absolument essentiel : la confiance »

Depuis le studio numérique installé dans sa mairie, François Bayrou a jugé ce soir sur i>Télé qu’il était impossible de reconstruire l’élan nécessaire pour que le pays s’en sorte sans retrouver la confiance des Français.

Réforme du territoire: Quel est le but ? Quelle direction ?

Avec le tripatouillage territorial annoncé tant de fois et jamais appliqué:

On a la réforme d’Édouard Balladur promise sous Nicolas Sarkozy et annulée par François Hollande.

Puis la réforme du gouvernement Ayrault qui créé le conseiller Départemental (loi n°2013-403 du17 mai 2013) qui réforme l’élection Cantonale de 2015 en instituant un scrutin binominal pour imposer une parité homme femme, là où actuellement la Meurthe et Moselle ne comprend que 18% de femmes élues, qui fusionne les cantons par deux (le 54 passant de 44 à 23 Cantons), qui impose un redécoupage ruralicide ! Cette réforme imposant une stabilité de l’exécutif car les conseillers généraux été renouvelés de moitié tous les trois ans, maintenant le conseiller territorial sera élu sur 6 ans. Cette volonté de stabilité créée du coup un élu plus éloigné de ses électeurs qui sera soumis à un vote contestataire plus fort de sanction du pouvoir national ! Bref juste l’inverse de ce qu’il convenait de faire.

Et enfin, Manuel Valls qui, le 16 avril 2014, y va de son projet de réforme sous la volonté de François Hollande qui veut repousser les élections désormais Départementales et Régionales à 2016. Tout cela parce que le projet de fusion des Régions qui mènerait à la suppression des Départements entrerait en vigueur en 2021 pour les élections de 2022 ! Bref calcul National, Hollande 2012-2017… avec espoir d’un 2017-2022, ce qui laisserai la réforme à son successeur ! On aura vite compris que la vision Parisienne de l’exécutif National ne prévoit les calendriers de réforme que selon son intérêt personnel.

J’aimerais juste que l’on m’explique certaines choses simples…

Pourquoi mettre en place la réforme qui créé le conseiller Départemental pour le supprimer 6 ans après ?

Pourquoi créer un rédécoupage territorial en ne tenant pas compte des limites actuelles des cantons ruraux (qui se disent ensuite en communautés de communes), mettant en place 2 voir 3 conseillers Départementaux en relation avec une même communauté de Commune, là où actuellement il n’y en à qu’un dans le découpage administratif actuel ? On aurait voulu complexifier le découpage administratif rural qu’on aurait pas fait mieux !

Pourquoi séparer certaines communes de leur rattachement historique à un chef lieu de canton vers lequel elles sont tournées depuis 700 ans, ou plus pour certaines (à l’exemple de Pulligny ou Frolois qui sont détachées de Vézelise et rattachées à Neuves-Maisons) niant de fait l’histoire des territoires au profit d’un pur calcul mathématiques au nom d’un prétendu équilibre du nombre d’habitants par conseillers Départementaux !

Cette réforme est une catastrophe car elle supprime l’élu le plus proche du citoyen après le Maire au profit d’un calcul technocratique politicien qui ne profitera qu’au Front National, car elle abandonne la ruralité au profit d’une fusion forcée des communes au sein des communautés de communes, le tout en sachant que ce nouvel élu disparaitra aussi vite au profit du seul conseiller Régional ! C’est un abandon manifeste du service public politique rural au seul intérêt de prétendues économies financières qui supprime des élus par populisme, abandonnera des conseils généraux construits à cout de millions d’euros qui deviendront des coquilles vides, des charges lourdes d’entretient… le tout sans oublier les milliers de fonctionnaires qui ne pouvant être licenciés devront être redéployés d’une façon ou d’une autre !

Alors où est l’économie ? 4058 élus de moins, soit moins de 100 millions d’euros d’économies par an, alors qu’il manque 50 milliards pour boucler le budget d’ici la fin du quinquennat. Toute cette réforme bousculera tout pour 0,6% à peine de ce qu’il faudrait trouver pour être à l’équilibre budgétaire ! Le tout sans savoir quoi faire des conseils généraux qui, au nombre de 101, ont tout de même couté à la collectivité entre 75 et 200 millions d’euros chacun ! Quel gaspillage pour un effet si limité ! Sans oublier que le pire des gâchis et celui du détachement de l’élu de son territoire !

Guaino / Lamassoure révélation de l’anti-fédéralisme Européen à l’UMP

L’investiture du député européen Alain Lamassoure, élu naguère dans la circonscription sud-ouest, qui servira cette année à recaser Michèle Alliot-Marie, a le mérite de clarifier les positions politiques réelles des uns et des autres. Il suffit en fait d’écouter Henri Guaino, qu’il en soit encore remercié, pour se faire son idée. Le député des Yvelines explique que Lamassoure représente des convictions fédéralistes – aux antipodes des siennes – qui rouvriront les plaies de Maastricht et du Traité constitutionnel européen. Une position anti-fédéraliste Européenne qui n’étonnera pas les  pro-Européens… Si l’UMP à ses débuts à joué la carte du fédéralisme, de la réforme de la France pour une réforme fiscale libérale alignant petit à petit la France sur le taux moyen d’imposition en Europe (dont la démarche la plus symbolique était la TVA sociale prévue à 21% soit exactement le taux moyen de TVA en Europe), depuis le virage à Droite toute, avec la pression interne du courant de la Droite Forte et l’arrivée  de Jean François Copé comme Président… Les attaques contre toutes formes de fédéralisme Européens sont désormais légion et assumées pour coller d’avantage à la droitisation de l’UMP pour ramener les électeurs FN dans l’escarcelle. Ce que les dirigeants actuels de l’UMP, grâce à leurs combines, permettent de le rouvrir n’est finalement réaffirmation que les militants de l’UMP restent attachés à la souveraineté nationale, et ce n’est pas un fait nouveau.

Pour être juste, le PS au pouvoir n’a guère fait mieux en 18 mois ! Citer seulement une seule mesure qui va dans le sens de plus de fédéralisme Européen ! Juste une seule… Je vous met au défi de la trouver ! A retenir dans l’actualité, il faut lire le petit ouvrage de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, intitulé L’urgence européenne et publié par la Fondation Jean-Jaurès, pour comprendre le degré de scepticisme des socialistes… ou encore de Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif qui multiplie les charges contre l’Union européenne. Le 12 septembre, sur Europe 1, il dénonçait l’UE qui « vit sur des idées déclassées qui appartiennent au temps d’avant. Sur les technologies (…), l’UE, c’est la cavalerie américaine qui arrive quand tout le monde s’est fait scalper. » Et n’oublions pas le summum de la charge anti-Européenne des Socialistes qui le 26 Avril 2013 lançaient l’offensive anti-Merkel du Parti socialiste, le Bureau national du Parti socialiste ayant adopté, mardi 30 avril, un texte de « réorientation » des politiques européennes en faveur de la croissance suite à la polémique suscité par ses attaques qui ont fait scandale.

Les seuls qui sont fédéralistes, qui veulent une Europe plus forte et plus unie se trouvent au Centre. L’Alternative défend depuis toujours (Aussi bien au MoDem qu’à l’UDI) une Europe plus sociale, plus solidaire…

Face au dumping social ce n’est pas moins d’Europe qu’il nous faut, mais plus d’Europe !

En résumé, il faut obliger à trouver un pacte raisonné et raisonnable allant dans le sens d’un alignement progressif des taux de prélèvements de protection sociale, de fiscalité des pays, de fiscalité appliquée au entreprises, de taux de TVA , de coût de la vie, de niveau de salaires… Bref se donner un objectif d’alignement, dans les meilleurs délais, à + ou – 10% fiscalement l’ensemble des pays Européens, voilà le moyen de lutter contre le dumping social et donc la délocalisation des entreprises au sein de l’Union Européenne et la concurrence déloyale de certains pays qui déséquilibrent la concurrence libre et non faussée qui est pourtant une règle en Europe ! Quand on voit qu’en Irlande, au Danemark, ou encore en Suède le taux de prélèvement moyen est de 20% contre 53% en France, il y a forcément quelque chose à faire. On constate qu’il n’y a pas plus de misère dans les pays avec moins de prélèvements… de plus ces pays créent de l’emploi car ils sont attractifs ! Si on doit attendre une réforme Française qui n’a pas eu lieu en 30 ans, on a le temps de rater la reprise économique. L’Europe est une conviction forte chez moi qui repose sur une vision claire des choses :

Oui l’Europe doit donner un cadre légal et une direction claire allant dans le sens de l’alignement des 28 pays dans tous les domaines de la vie ; Oui l’Europe doit imposer les réformes par des directives quand les pays sont incapables de se prendre en mains ; Oui l’Europe doit être fédérale avec un Président élu et un gouvernement Européen formé de grands ministère qui appliqueront les grandes lignes programmatiques tout en respectant les particularités nationales et qui sera l’échelon de diplomatie qui doit être privilégié à l’avenir (auprès de l’ONU, dans les cas de théâtre opérationnels militaires extra-Européens…) ; Oui l’Europe de la défense doit être créée car l’utilité des armées nationales n’est plus quand l’Union Européenne est un espace de paix ; Oui les Douanes Européennes doivent être mutualisées pour lutter plus efficacement contre les trafics intra-Européens et assurer une meilleure protections aux frontières de l’espace Schengen ; oui l’Europe monétaire doit passer par la Banque Européenne qui doit remplacer à terme les Banques Nationales du type « Banque de France » pour une prise de décision utile est efficace comme le fait la FED Américaine, car l’Euro ne peut fonctionner pleinement sans réel gouvernement monétaire derrière (ce qui n’existe nul part ailleurs dans le monde)…

Je me réjouît du lancement de la campagne Européenne de l’Alternative qui apportera de véritables solutions, portées par de véritables députés Européens à plein temps, qui sont passionnés par l’Europe (à l’instar des parachutages des battus légions au PS et à l’UMP) et qui veulent réformer l’Europe dans le sens d’une Démocratie réelle.

Bannière Alternative lancement Européennes

https://www.facebook.com/events/1415801145329764/?ref=22

Le non cumul enfin adopté !

Promesse de campagne tenue, avec un certain bémol ! Ce sujet en débat au sein des Assemblées depuis Juillet 2013 comme je l’ai déjà abordé dans l’article « Le non-cumul des mandats se précise » et qui va dans le bon sens, même si le texte initial allait plus loin en voulant interdire toute sorte de cumuls ! Le Sénat est entré en fronde directe contre le gouvernement en votant une exception pour eux-même (« Le non cumul des mandats est mal barré ! » – publié en Septembre 2013) une fronde que Manuel Valls avait tenté de casser en déclarant que quelque soit le contenu du vote au Sénat, la loi s’appliquera… Il allait même jusqu’à les pousser à votre le texte vu que ce dernier passerait en seconde lecture à l’Assemblée ! Alors pourquoi résister ? Si le texte de départ visait à interdire de cumuler, le texte finalement voté précisera l’interdiction de cumuler des mandats exécutifs nationaux et locaux ! Un léger ajustement consenti qui va dans le sens des Sénateurs qui veulent garder un pied dans la politique locale en continuant à siéger comme simple conseiller municipal, communautaire, général ou régional… mais sans responsabilité exécutive. Une loi qui correspond ni plus, ni moins, à ce que j’ai toujours défendu et que j’avais résumé en ces termes « Là où je suis moins en accord avec cette défense de prérogative utile à laquelle se sont livrés nos Sénateurs, c’est qu’il n’était en revanche pas nécessaire de défendre un cumul de mandat exécutif. Une simple présence sur une liste comme conseiller municipal suffit amplement pour prendre la température du terrain, en plus d’apporter un soutien à une liste en campagne électorale qui n’est pas négligeable. »

Un vote rare !

Pour une fois, le vote ne s’est pas fait en blocs. Si la plupart des députés ont suivi leur groupe, ils n’ont toutefois pas – comme il est de coutume sur ce type de texte – voté comme un seul homme, comme le montre l’analyse du scrutin publiée par l’Assemblée: http://www.assemblee-nationale.fr/14/scrutins/jo0768.asp. En résumé, mise à part les verts, chacun a voté en son âme et conscience ! Là où c’est comique, c’est que cette loi ne s’appliquera que pour 2017 ! Nos chers politiques ne se mouillent pas et la gauche ne veut surtout pas froisser ses élus à la veille de deux scrutins important où le risque de vote sanction est fort, et où la démobilisation d’élus sortants serait un risque si ces derniers venaient à juger que ce n’est pas utile de se mobiliser vu qu’ils perdent leur siège… de plus la droite annonce tout de suite, que s’ils sont élus ils abrogeront la loi ! La suite en 2017…

Hollande continue à faire ce que Sarkozy prévoyait après avoir supprimé les réformes votées

Je ne vais pas revenir aujourd’hui sur la suppression de la TVA sociale par Hollande qui est confirmée comme restaurée depuis hier dans ses voeux à la presse (comme je l’ai dénoncé il y a deux jours dans mon article « La Famille n’est plus rentable« ) j’ai horreur de me répéter, mais je vais revenir sur une autre réforme abrogée par le PS à son arrivée au pouvoir en juin 2012 qui verra finalement le jour après avoir été supprimée « La réforme des Collectivités locales » que j’avais dénoncé le 26 Février 2009, car franchement vouloir fusionner deux régions aussi différentes et particulières que l’Alsace et la Lorraine est une aberration ! On nous dit déjà assez souvent dans le développement généralisé de l’inculture et de l’amnésie collective que l’Alsace et la Moselle ont été annexés par l’Allemagne en 1871 ! Je rappellerai qu’il ne s’agissait que de la quasi totalité de la Moselle (saut le pays haut) et le Sud Est de la Meurthe, ce qui a amené à la création du département de la Meurthe et Moselle le 7 septembre 1871 à partir des trois anciens arrondissements de la Meurthe : Lunéville, Nancy et Toul et un ancien arrondissement de la Moselle : Briey, qui n’avaient pas été annexés ! Je rappellerai également que l’Alsace-Moselle sont sous le régime religieux concordataire dont je suis un fervent opposant et que je demande sa suppression depuis bien des années !

Après ce cours d’histoire accéléré, revenons à l’actualité. 

Je citerai les réactions des plusieurs responsables Socialistes à l’époque de la réforme de Nicolas Sarkozy en 2009 sur ce sujet qui l’ont qualifié ce projet de «régression» ou encore de «grande magouille», voyant là notamment «une manière pour la droite de récupérer du terrain alors que la gauche gouverne actuellement 20 régions métropolitaines sur 22»… Maintenant ils le font ! Car oui, le PS maintenant dans la majorité préconise la fusions de plusieurs régions pour passer de 22 à 15, en fusionnant plusieurs ensembles, dont l’Alsace et la Lorraine, la Haute et Basse Normandie, La Franche Comté et la Bourgogne, le Rhône-Alpes et l’Auvergne et pour finir Haut de Seine et seine Saint Denis. La Picardie serait amenée à disparaitre, et ses départements seraient dispatchés dans les régions voisines : l’Oise en Ile-de-France, la Somme au Nord-Pas-de-Calais et l’Aisne à la Champagne-Ardenne. Selon le même modèle, la région Poitou-Charente serait découpée au profit des régions Limousin et Aquitaine… En somme, ni plus, ni moins que la réforme territoriale qu’ils ont supprimé dès 202 et qui devait s’appliquer à l’occasion des élections Cantonales et Régionales en 2015 en créant le Conseiller Territorial !

Fusion Regions

Bref vous l’aurez compris, en quelques jours seulement, François Hollande s’engage à finaliser le programme de Nicolas Sarkozy de 2007-2012 ! Nos élus sont-ils tous idiots ou tous amnésiques ? Pour moi, ils sont totalement dépassés car visiblement ils n’ont toujours pas compris qu’avec internet, tout ce que vous dites et retenu, commenté, enregistré et peut ressortir à chaque instant !

Un redécoupage ruralicide !

Cette réforme est dans les cartons, le projet est enfin dévoilé ! Le fameux redécoupage électoral qui ramène le nombre de cantons de 44 à 23 en Meurthe-et-Moselle est désormais connu. Au simple regard des cantons existants en comparaison des futurs cantons, on constate vite la concentration du futur binôme d’élus au bénéfice des secteurs urbains au détriment de  la ruralité.

Ce projet de redécoupage est bien sûr lié à la réforme du mode de scrutin des conseillers départementaux binominal (une femme et un homme) qui devrait être effectif pour le renouvellement de 2015.

Cantons existants

Cantons 54

Projet de redécoupage

Cartes Cantons futurs

La réforme de la carte cantonale en Meurthe-et-Moselle arrive dans sa dernière phase avec la transmission au président du conseil général du projet gouvernemental. Il répondre à deux objectifs d’intérêt généra! : corriger les inégalités démographiques entre cantons afin de garantir l’application, respecter le principe d’égale représentation des populations de chacune d’entre elles, le poids des nouveaux cantons ne devant pas s’écarter de + ou – 20 % de la moyenne départementale fixée à 31 835 habitants. Les nouveaux cantons ne peuvent donc avoir un poids démographique inférieur 25 468 habitants et supérieur à 38 202 habitants. Ainsi, avant cette réforme, l’écart du plus petit canton au plus grand était de 22 et à l’issue de cette réforme cet écart sera de 1,43. Le projet établi par le Gouvernement a été transmis, ce jour, lundi 13 janvier 2014, au conseil général de Meurthe-et-Moselle qui a désormais 6 semaines pour rendre son avis.

Cette réforme de redécoupage a pour volonté de créer la parité homme-femme, mais elle est aussi, avant tout comptable, et c’est là son défaut principal ! En se donnant comme objectif d’opérer à un rééquilibrage entre le poids de représentativité de chaque élu qui aura le même poids en nombre d’habitants, en entre dans une comptabilité pure. D’autres inégalités seront révélées avec une telle réforme. Les conseils généraux seront sauvés et non seulement le nombre d’élus ne baissera pas, mais il augmentera même un peu à l’heure de l’impératif de réduction des déficits publics car on passer de 44 conseillers généraux à 46 avec cette réforme en Meurthe et Moselle. Pour exemple concret de l’exercice de fonction des futurs élus, le coup de déplacement fortement inégalitaire entre un élu urbain qui bénéficie d’une forte concentration de population sur un territoire restreint, tandis qu’un élu rural devra couvrir une grande distance pour allez à la rencontre de ces administrés. Cette différence de frais sera t’elle compensée ? Les cantons actuels, eux, fonctionnent sur des distances de déplacements réduits. Au delà de ce simple exemple comptable de la disparité économique entre les futurs élus pour rencontrer les électeurs, c’est avant tout la concrétisation de la séparation de l’élu et de son territoire ! C’est justement le point qui est le plus contestable en ces moments où les électeurs rejettent la politique politicienne, reprochant ces élus hors sol ! Cette réforme renforçant justement ce sentiment.

Au moment où les citoyens rejettent fortement les politiciens à l’exception du Maire qui garde une place particulière en leur cœur car c’est l’élu local par excellence et que l’on comprend sa politique car elle est palpable au quotidien, cette réforme va supprimer le second échelon local le plus fort, le conseiller général ! Pour citer Antoine de Saint Exupéry « La terre nous en apprend plus long sur nous que tous les livres. Parce qu’elle nous résiste. L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle… ».

Gauche et Droite étaient pourtant d’accord pour reconnaître que la taille des cantons (en nombre d’ habitants) était beaucoup trop petite ; d’où leur redécoupage, prévu par la loi de 2010. Le conseiller général et le conseiller régional devant même être remplacés par un conseiller territorial siégeant aux deux assemblées (soit 2500 postes d’élus en moins). Alternance politique ; la Gauche abroge la réforme, sauf le redécoupage des cantons. Alors, comment sauver les places des copains/copines qui tiennent les 2/3 des départements ? Eh bien, sous couvert de parité, vous allez élire prochainement 2 conseillers départementaux (1 homme + 1 femme) pour chaque canton, on passe sous silence l’augmentation du nombre d’élus et donc du coup de fonctionnement des Conseils Généraux qui va grimper ! Décidément, en ces temps de crise, la rigueur, elle est pour le citoyen, pas pour l’ Etat…

Pour ceux qui veulent lutter contre cette réforme je vous conseil Touche pas à mon canton !

Appel au courage politique !

En cette situation politique actuelle parfaitement préoccupante, où le cap semble ne pas être clair pour l’ensemble de nos concitoyens, où à les écouter, seuls les dirigeants au pouvoir semble être certains que la crise est finie et que nous allons nous en sortir, il est temps d’avoir le courage de changer profondément les choses !

Les archives ne mentent pas, et au fil du temps les résultats ont été plus que visibles. En prononçant la dissolution de l’Assemblée Nationale en 1997, Jacques Chirac a accepté les risques et la conséquence directe de son choix qui a mené à la cohabitation.

Les résultats ont été nets sur les deux domaines qui inquiètes le plus les Français encore aujourd’hui : La dette et le chômage !

Revenons sur la courbe du chômage.

chomage 1968-2010

On constate qu’entre 1997 et 2002, la courbe du chômage, en particulier pour les 15-24, qui pour l’heure ne fait office que de contrats aidés de la part du gouvernement actuel, passe de 26 à 18 % !

Pour ce qui est de la dette

DetteFrance-1980-2012

La dette durant la cohabitation, elle passe de 60 à 56 % ! Alors certes on aurait souhaité mieux, mais au moins durant cette période, les choix douloureux qui devaient être fait l’on été, à l’instar de ce qui se fait en ce moment.

Hollande aura t-il le courage de la faire ?

Avec la perspective qui s’annonce au regard des premiers sondages pour les Municipales et les Européennes de 2014 qui annoncent le PS perdant dans tous les cas, arrivant même en troisième position derrière le FN et l’UMP pour les élections Européennes… Et compte tenu du fait que les premières rumeurs prétendent que l’on pourrais assister à un changement de gouvernement après ces échéances prochaines, parlant même de changement de premier ministre, on se retrouve exactement aujourd’hui dans la même situation où deux ans après sa victoire aux Présidentielles de 1995, Jacques Chirac était dans une telle impasse et avec sa cote de popularité au plus bas à 32% ! Cette dissolution lui aura été bénéfique en deux points :

1- En 1998, le Centre et la Droite unis face à la cohabitation gagnerons 17 des 26 Régions lors des élections régionales, 59% des sièges au Sénat lors des Sénatoriales, et maintiendront une quasi égalité face au PS avec 44,5% des sièges aux cantonales contre 47% pour la gauche ;

2- Le Centre et la Droite unis face gagnerons 40 des 87 sièges de Députés Européens de 1999, bien que usé par l’exercice du pouvoir ;

Ces résultats démontrent que bien qu’en cohabitation, la droite a réussi à éviter la catastrophe électorale, ce qui n’aurais sans doute pas été le cas sans dissolution. Le mieux étant que le FN dont les résultats électoraux ne cessaient d’être à la hausse depuis 1984 passant de 10,5 à 15%, chuta à 5% en 1999 ! Problème c’est qu’en 2002, le FN réussira son plus grand coup électoral ! Mais regardons les choses en face, si rien n’est fait, le FN sera demain quoi qu’il arrive au second de la Présidentielles de 2017, la seule question à se jour restant qui sera en face ? Et avec 25% des intentions de vote pour les Européennes, ce serait une véritable catastrophe vu qu’il a toujours été entre 5,7 et 11,7% !

Alors au regard de cette accumulation de chiffres, il est temps de prendre en main le destin de la France, quitte à vivre de nouveau une cohabitation et de dissocier l’élection de l’Assemblée Nationale  de la Présidentielle qui permettrait de mettre un terme à l’inversion du calendrier électoral, grande erreur politique que tout le monde reconnaît aujourd’hui, que l’on doit à Lionel Jospin qui sera justement le candidat de l’élection Présidentielle de 2002 ! Petit Bonus, Jacques Chirac a, au final été plus que bien réélu !

Le non cumul des mandats est mal barré !

senat-palais-du-luxembourg

Comme je l’ai déjà évoqué dans mon précédent article « Le non-cumul des mandats se précise…« ,  il s’agît là dans ce débat, avant tout qu’un élu se consacre à son mandat en interdisant le cumul des responsabilités, et non d’interdire la présence d’élu nationaux sur des listes locales. En tout cas c’est ce point de vue que je défends sur ce débat.

Oui un un cumul, raisonné et raisonnable qui consisterait à ne pas cumuler plus de deux mandats, dont un seul exécutif.

Comme l’a dénoncé François Bayrou qui s’est dit déçu que le non-cumul des mandats soit repoussé en 2017, c’est-à-dire « aux calendes grecques », on voit bien que les parlementaires refusent de se tirer une balle dans le pied en tout état de conscience de la chose !

Mais là encore on a deux poids de mesures. Le député étant attaché à une circonscription, il possède de fait un ancrage territorial. Le sénateur de son coté, étant élu par des grands électeurs, n’a lui aucun ancrage local bien que représentant les collectivités locales. Pour un sénateur, le cumul des mandats est donc nécessaires pour remonter l’information de la situation locale au Sénat.

Le fait que les sénateurs aient refusés de se voir appliquer le projet de non-cumul des mandats en adoptant, dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 septembre 2013, des amendements leur laissant la possibilité de garder un mandat local, contrairement à l’avis du ministre de l’Intérieur Manuel Valls qui s’était montré intraitable pour défendre cette promesse de campagne de François Hollande, ne me surprend guère. Ils ont adopté trois amendements similaires déposés par le groupe RDSE, à majorité PRG, l’UMP, et l’UDI-UC par 211 voix pour et 83 contre et qui laisse, expressément, aux sénateurs la possibilité d’exercer, en plus de leur mandat de parlementaire, un mandat exécutif local : maire, président ou vice-président de conseil général ou de conseil régional.

Là où je suis moins en accord avec cette défense de prérogative utile à laquelle se sont livrés nos Sénateurs, c’est qu’il n’était en revanche pas nécessaire de défendre un cumul de mandat exécutif. Une simple présence sur une liste comme conseiller municipal suffit amplement pour prendre la température du terrain, en plus d’apporter un soutien à une liste en campagne électorale qui n’est pas négligeable.