C’est une situation intolérable pour les citoyens

François Bayrou, l’invité de Ruth Elkrief sur… par mouvementdemocrate

Hier invité de Ruth Elkrief sur BFMTV, François Bayrou a abordé l’actualité politique et sociale de la France. Le constat, amer, appelle au renouvellement alors même que le PS et l’UMP poursuivent leur « effondrement ».

Bonsoir François Bayrou.

Bonsoir.

Merci d’être l’invité de BFM TV. Vous présidez le MoDem et vous êtes bien sûr maire de Pau. Manuel Valls a dit aujourd’hui qu’il ne voulait pas de la voix de Thomas Thévenoud dans le vote de confiance. Il souhaite qu’il démissionne, et même s’il vote pour lui, il n’en veux pas. Est-ce clair pour les Français ?

C’est une situation insupportable, tout le monde le sait bien. Il y a une forme de dérive personnelle dans tout cela qui est une disqualification.

Mais la position du Premier ministre qui dit aujourd’hui « je ne veux pas, il faudrait qu’il démissionne », c’est une manière de démentir des arrangements et c’était l’accusation de l’UMP notamment ?

C’est une situation intolérable pour les citoyens avec laquelle le monde politique s’arrange plus ou moins.

François Hollande affirme dans Le Nouvel Observateur dans sa conversation avec Serge Raffy : « Aucun sondage, aucun remous ne me fera partir ». Avant même les tempêtes de ces dernières semaines, vous aviez dit qu’il y avait plusieurs solutions : referendum, démission ou dissolution de l’Assemblée nationale. « Aucun remous ne me fera partir… », vous y croyez ?

Ce que François Hollande dit entre les lignes c’est que le choix qu’il fera en cas de crise politique, c’est la dissolution. Et c’est le choix que les institutions prescrivent. Pour moi, ce n’est pas une surprise. On ne peut pas faire partir un Président de la République parce que ce serait un putsch. Tout le monde le sait, on l’a vérifié avec François Mitterrand, on l’a vérifié avec Jacques Chirac, c’est cela la logique institutionnelle. Mais il faut mesurer la profondeur de la crise, il faut mesurer la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. On vient d’annoncer aujourd’hui que naturellement, aucun des objectifs – non seulement que nous avions fixés – mais auxquels nous nous étions solennellement engagés – ne sera respecté. D’autre part, cela se passe dans un trouble profond de la société française, caractérisé par le fait que les revenus de chaque famille baisse. Cette année une fois de plus. Cela veut dire quelque chose de très important, de très grave, et le climat de confiance en est profondément atteint. C’est cela que les politiques doivent avoir en tête. Et j’imagine que c’est autour de ce désarroi que la crise politique est nouée.

D’une certaine façon, qu’est-ce que vous feriez si vous étiez à la place de François Hollande aujourd’hui ? 

A la place de François Hollande, j’aurais pris les décisions qui s’imposaient dans les premières semaines de son élection. Et je ne dis pas ça en l’air parce que j’ai eu des échanges et des dialogues extrêmement argumentés avec lui, pour essayer de lui faire comprendre que ces décisions s’imposaient, que son programme n’était pas un programme soutenable et qu’il fallait qu’il s’adresse au pays les yeux dans les yeux pour changer ce qui devait l’être au niveau économique, au niveau de la société et au niveau institutionnel. Il ne l’a pas fait et je crains que cela ne soit trop tard.

Vous avez témoigné, en quelque sorte, en sa faveur, après le livre de Valérie Trierweiler, vous avez dit : « J’ai beaucoup parlé dans ma vie avec François Hollande avant qu’il ne soit président et je n’ai jamais vu le moindre indice de cette méchanceté, de cette condescendance, de cette manière de regarder avec mépris qui que ce soit ». Il vous en a été reconnaissant ? Il vous a appelé ? Il vous a remercié ?

Je ne cherche pas de reconnaissance. J’essaie d’être honnête dans les débats, les heurts politiques. Quand vous fréquentez quelqu’un, même si vous n’êtes pas de son parti, si vous avez des désaccords profonds avec lui, vous sentez quel homme, quelle femme vous avez en face de vous. Parce que c’était honnête pour moi de le dire – alors qu’il y avait beaucoup d’exploitation autour de cette phrase des « sans-dents » – j’ai dit que je n’ai jamais vu ni dans sa bouche ni dans ses attitudes ni dans sa manière d’être, ces signes de mépris à l’égard des faibles, qui peuvent exister dans le monde politique mais que je n’ai jamais vu chez lui.  Comme il était attaqué, vilipendé, il m’a semblé qu’il était honnête de le dire.

Vous n’attendiez rien de cela ?

Rien, d’aucune sorte. Mais dans l’engagement qui est le nôtre on doit faire les choses sans en attendre quelque chose, parce que, autrement, on n’est pas digne du travail que l’on fait. Un des plus beaux adjectifs pour moi c’est « civique ». Le civisme est pour moi ce qu’il y a de plus important, c’est à dire qu’on considère tous que l’on est là pour apporter sa pierre à l’intérêt général. Alors il faut le dire sans emphase, sans faire de grands mots, sans grandes phrases mais je trouve que c’est mieux quand on a cela à l’esprit que lorsque l’on croit que l’on est là uniquement pour soi-même.

François Hollande va en Irak dès vendredi et annonce une conférence internationale, Laurent Fabius, lui, annonce ce soir que la France participera aux attaque aériennes contre l’EIL Cela devrait se dérouler sur l’Irak et peut-être sur la Syrie. Est-ce que vous approuvez ?

J’approuve la participation de la France à la lutte contre cette barbarie. Ce qui est en jeu là, c’est à dire des mouvements structurés, organisés pour anéantir le droit élémentaire des êtres humains de croire ou de ne pas croire. Pour moi, ce droit est un droit de l’Homme. Il y a une organisation internationale qui a décidé, pour imposer sa loi religieuse, d’anéantir ce droit. Toutes les sociétés civilisées, au sens humaniste du terme, doivent unir leurs forces pour mettre un terme à cette barbarie. C’est la raison pour laquelle je m’étais opposé aux bombardements prévus en Syrie.

C’est pourquoi je vous en parle, parce qu’il y en aura peut-être des bombardements sur la Syrie mais pas contre Bachar al-Assad, là contre l’EIL, et là vous approuvez ?

Dieu sait que je n’ai aucune indulgence à l’égard de Bachar al-Assad, mais je dis avec la gravité qui s’impose que l’Occident, les États-Unis pour leur compte, la France pour le sien, ont une responsabilité dans la guerre d’Irak, dans ce qui s’est passé en Libye sur le déchainement de ces forces et le chaos sur lequel elles se développent. Nous avons commis un grand nombre d’erreurs. J’avais soutenu Jacques Chirac, à l’époque où il a décidé de s’opposer à la guerre en Irak, et je me suis moi-même opposé à ce qui s’est passé en Syrie et j’ai soutenu François Hollande sur le Mali. Tout cela, c’est une cohérence au travers du temps, on est en train de vivre un déchainement de forces qui sont une menace de premier plan contre ce que nous avons de plus profond c’est à dire le droit élémentaire qui est celui de chacun de nous.

Est-ce que Manuel Valls obtiendra la confiance et est-ce qu’il pourra faire voter son budget avec des résultats comme cela ?

Arithmétiquement, il obtiendra la confiance, il n’y a aucun doute de ce point de vue là. Je pense qu’il y aura des mouvements sur le budget, on ne connaît pas encore le budget donc je ne peux pas le dire. Mais, que nous ne connaissions pas encore le budget, c’est un indice de la difficulté puisque l’on a repoussé de quelques dix jours la présentation du budget. Et donc il ne sera présenté que le 1er octobre, ce qui n’est pas le calendrier qui avait été choisi.

Bruxelles rappelle Paris à l’ordre aujourd’hui.

Mais cela n’est qu’un début. Tous les pays européens ont fait des efforts considérables pour essayer de rapprocher les déficits d’un montant soutenable, la France aussi, on a même été en première ligne. Et puis cela fait combien d’années ? 6 ans ? 7 ans que nous ne respectons aucun des engagements que nous avons pris

Ceux qui viendront au pouvoir plus tard le feront, on en reparlera. Maintenant, Pierre Moscovici osera-t-il mettre à l’amende la France ? C’est le nouveau commissaire européen aux Affaires économiques.

Mais ce n’est pas Pierre Moscovici qui décide. Il y a dans la Commission européenne une démarche communautaire, commune. C’est un collège, chacun n’est pas maitre chez lui et donc je pense qu’il va y avoir une tension entre les instances européennes et la France parce que nous n’avons pas respecté nos engagements. Ce n’est pas à l’égard de Bruxelles que nous avons ou que nous devons avoir des engagements, c’est à l’égard de nos enfants, de notre peuple. Ce que nous sommes en train d’accumuler comme faiblesses, comme fragilités comme incapacités, ce ne sont pas les Européens qui le paieront. C’est nous. Ce sont les générations qui sont là et les générations qui viennent, et cela va peser comme un boulet sur notre avenir national. Quand vous faites des dettes, ce n’est pas le voisin qui les paie, c’est vous-même.

Nicolas Sarkozy va revenir, plus de doutes là-dessus.

Il n’y en a jamais eu, pour moi.

Oui, vous n’en avez jamais eu. Le 24 août dernier, vous aviez l’impression qu’il n’avait pas beaucoup changé. Vous l’attendez ce retour ou vous le redoutez ?

Je ne suis pas membre de l’UMP et j’ai, depuis très longtemps, exprimé une analyse différente de celle d’un parti unique à l’intérieur duquel tout le monde se retrouverait. Depuis longtemps, j’ai vu venir le double effondrement du Parti socialiste et de l’UMP qui fait le cadre de ce que tous les Français pensent aujourd’hui.

Mais il promet qu’il va tout changer, du plancher au plafond.

Sans doute, on verra ce qu’il promet, on verra ce qu’il tient. Mais moi je sais en tout cas ce dont la France a besoin : une puissante force de renouvellement. Pas de réédition ou de restauration de ce qu’il y avait avant. De cela on en a fait le tour.

Le risque est que ce sera une réédition ?

Si vous êtes une observatrice attentive et tous ceux qui nous regardent savent de quoi il s’agit, c’est à dire de reprendre le pouvoir. Mais je suis, pour ma part, absolument certain que cela ne suffit pas de reprendre le pouvoir par un coup de balancier électoral. On a déjà essayé 5 fois, 8 fois, 10 fois. Ce qu’il faut c’est une démarche humaine, intellectuelle, une compréhension des choses et une volonté, un courage qui pour l’instant a fait défaut, en raison de ces institutions qui monopolisent autour de 2 partis le pouvoir en France depuis très longtemps.

C’est Alain Juppé qui pourrait être l’homme de ce renouvellement ? Vous êtes très proche de lui, vous l’avez souvent dit ; il a dit aujourd’hui dans Valeurs actuelles que « Nicolas Sarkozy est mon principal concurrent ». C’est lui le véritable candidat du centre-droit ?

Je ne veux pas dire les choses de cette manière. Dans le renouvellement que je plaide devant vous, dans le besoin de reconstruction que la France éprouve, il faut changer une attitude politique qui est le chacun pour soi. Il faut que l’on soit capable de s’allier et de se retrouver quand on a les mêmes idées et plus encore les mêmes valeurs. Au fond, quand on voit l’avenir, les rapports humains et de société de la même manière, il faut que l’on soit capable de se rencontrer même quand on a été séparé dans le passé ; et cela sera un facteur considérable pour que la confiance se retrouve.

Je voudrais vous citer Laurent Wauquiez, dans Le Monde, qui dit « Une alliance avec le MoDem n’est pas la bonne réponse contre le Front national, ce serait une lourde erreur, les Français balaieront ces stratégies d’État-major et veulent qu’on réponde aux questions de la vie quotidienne. Nicolas Sarkozy, lui, secoue les tabous ».

S’il y a une chose dont je suis certain, c’est que cette vision que je défends devant vous et que vous évoquez, ce ne sont pas des stratégies d’État-major. Ce sont des responsables politiques qui sont conscients, je crois, profondément de ce qui se passe.

C’est un ticket alors ? C’est une alliance de fond ? Vous voulez allez à Matignon avec lui ? Qu’est-ce que c’est ?

Non. Tout le monde flingue tout le monde dans la vie politique française. Pour une fois, qu’il y a des responsables politiques – et pas seulement deux, j’espère beaucoup plus – qui sont capables de penser l’avenir ensemble au lieu de le penser les uns contre les autres, au moins faisons crédit que quelque chose de ce point de vue là change. Et moi, j’essaierai de faire en sorte que la vision de ce travail, de cette équipe – si elle se constituait – prenne pour une fois en charge ce qu’il y a de plus profond dans la crise que nous vivons.

Merci beaucoup François Bayrou.

« C’est le devoir de la France de dire que nous les soutenons ! »

Pour mobiliser la conscience universelle face à la persécution des communautés minoritaires en Irak, François Bayrou a appelé au micro d’Europe 1 à une manifestation nationale du peuple français.

Romain Hussenot – Bonsoir François Bayrou.

François Bayrou – Bonsoir.

Vous êtes le président du Mouvement Démocrate et vous réclamez une manifestation nationale. Vous déplorez que l’Irak ne mobilise pas l’opinion publique ?

Nous sommes tous avec un très grand sentiment d’impuissance. De la part de l’Occident, de la part de l’Europe, de la part de nos sociétés, nous avons l’impression que se déroule sous nos yeux un drame épouvantable où sont victimes des communautés nullement engagées dans une guerre, dans un conflit, dans un affrontement. Ces communautés sont au contraire désarmées et elles sont l’objet d’une véritable tentative de génocide pour des raisons uniquement religieuses. Parce qu’on ne tolère pas autre chose que ce que croient les fanatiques qui voudraient les exterminer. Alors on leur dit: « si dans 48 heures vous n’avez pas abjuré votre religion, on vous tue ». Ceci est purement et simplement impensable dans la situation où nous nous trouvons. Comme c’est absolument impensable, il faut que nous le manifestions. Nous, chacun à notre place, avec nos forces ou notre absence de force. Il faut que nous le disions en tant que Français, – et comme vous le savez, la France a avec les chrétiens d’Orient une histoire séculaire -, en tant que protecteurs de la liberté de croire et de penser. Il faut que nous le disions ! Je n’ai pas vu d’autres moyens de le faire que de suggérer une manifestation et j’ai reçu beaucoup d’appels aujourd’hui de gens qui me disent : « oui, il faut qu’on le fasse ». Nous pouvons au moins faire cela pour mobiliser la conscience de nos pays, la conscience européenne en particulier et pour que les gouvernants, en notre nom, prennent au moins des décisions d’aide humanitaire et les protections qui s’imposent.

Quelle réponse peut donner la Communauté internationale ?

La réponse est d’une part humanitaire. Il y a des centaines de milliers de personnes jetées sur les routes sans rien. Il faut les aider. Et deuxièmement, il faut une protection de ces minorités. La communauté internationale, les États-Unis, l’Europe doivent montrer qu’ils ne peuvent pas, et ne veulent pas laisser faire cette éradication dont je répète qu’aucune sorte de conflits d’affrontements armés ne peut être la justification. Ce sont des victimes, purement et simplement des victimes. Il n’y a aucune sorte de menace de la part de ceux qui sont persécutés. Il me semble que c’est le devoir de la France de dire qu’on les soutient. Pas du tout uniquement parce qu’ils sont chrétiens : les Yézidis ne sont pas chrétiens, ils subissent le même sort. Tout cela est la même chose : il s’agit de défendre la liberté de penser et de pouvoir coexister, entre manière de croire et manière de penser différentes.

« Il faut aller vite ! »

MdS PPE

Dans l’édito de sa dernière lettre d’information européenne, Marielle de Sarnez appelle l’Europe à « rapidement donner des signes tangibles de son efficacité et de réactivité ».

Avec la désignation de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne et l’installation début juillet du nouveau Parlement européen, l’Europe est désormais en ordre de marche. Avec une feuille de route claire et exigeante : redonner du sens à l’Europe, répondre concrètement, efficacement et rapidement aux préoccupations que les citoyens ont exprimées dans les urnes, parfois avec fracas et le plus souvent avec impatience. Première attente, la plus pressante, la plus urgente, retrouver le chemin de la croissance pour faire baisser le chômage. La mobilisation annoncée de 300 milliards d’euros pour stimuler l’investissement et la mise en œuvre d’une politique en faveur de l’industrie pour que l’Europe conforte ses positions dans les grands secteurs stratégiques est une première bonne nouvelle. Deuxièmement, le renforcement de l’Union économique et monétaire pour apporter plus de cohérence et de puissance à cette nouvelle politique de croissance est également une annonce positive. D’ailleurs, sur ces deux sujets majeurs, comme sur le Traité transatlantique où nous réclamions le respect des normes européennes les plus élevées en matière sociale, de santé et de sécurité, sur la politique énergétique, sur la politique commune en matière d’immigration, Jean-Claude Juncker a tracé un chemin et fixé des  perspectives que nous approuvons.

Il faut aller vite. L’Europe doit rapidement donner des signes tangibles de son efficacité et de sa réactivité. Seule manière de calmer les impatiences et surtout de détourner les citoyens européens des sirènes extrémistes. Au Parlement européen, ce sera une de nos missions que d’exercer notre vigilance et rappeler sans cesse à la Commission et au Conseil l’obligation urgente de faire.

Il faut aller vite aussi dans le domaine de la diplomatie. Autour de nous, en Ukraine, en Syrie, en Irak, en Libye, en Palestine, en Israël, le monde s’embrase dangereusement, faisant de plus en plus de victimes, laissant des rancoeurs profondes s’installer, repoussant les espoirs de paix très loin dans le futur. Ces conflits nous obligent car, sauf à renier nos valeurs, nous ne pouvons accepter de les regarder en spectateurs indifférents.

En 2012, l’Union européenne a reçu le prix Nobel de la paix. Une récompense, sans doute la plus éminente, pour honorer le « soft power » européen qui a permis dans le passé d’aider à la résolution de nombreuses crises. Il serait temps de s’en souvenir et de mettre cette diplomatie d’influence au service de la paix.

 

Pour aller plus loin : lire la lettre d’information n°44 de Marielle de Sarnez.

Réforme ferroviaire : Une grève pour quoi ? Pour quelle réforme ?

Cela fait déjà bientôt une semaine que les syndicat CGT et Sud Rail prennent en otage la France de façon scandaleuse et inadmissible pour défendre des intérêts particuliers et un statut privilégier quand l’ensemble de la France peine à relever la tête en cette période difficile. Comment soutenir une telle action quand on lit le texte qui provoque cette grève inexplicable et inexcusable !

Que propose la loi :

Comme on entend tout et son contraire sur le sujet, revenant à la base du texte de projet de loi qui sera débattu dans deux jours !

Là où il est positif, c’est dans l’idée de rassembler les trois acteurs du réseau ferroviaire (RFF, SNCF Infra et la DCF) en une seule entité unifiée sou l’intitulé SNCF Réseau. Afin de mettre un terme à cette création en 1997 des différentes entités qui a conduit à un enchevêtrement de responsabilités.

Sans oublier que L’article L. 2101-2 a pour objet de garantir la continuité des situations juridiques existantes pour les salariés de la SNCF et de RFF. À cette fin, il préserve les conditions de recrutement des salariés de la SNCF, qu’il s’agisse de ceux recrutés sous statut ou de ceux recrutés sous contrat. Donc rien ne justifie la grève car il n’existe aucune menace sur l’emploi, les salaires, les statuts de fonctionnaire où même sur le régime spécifique des retraites !

Ce texte créé trois entités : SNCF (en charge des gares et de l’exploitation commerciale), SNCF Réseau (en charge de l’entretien du réseau) et SNCF Mobilités (en charge d’attributions d’exploitations commerciales, dans le respect des exigences d’impartialité en vue d’un accès transparent, équitable et non discriminatoire à l’infrastructure ferroviaire, en charge de la collecter et de verser des dividendes à la SNCF afin de permettre à cette dernière de verser des dotations à SNCF Réseau). Cette troisième entité créant la société publique nécessaire dans le cadre de l’ouverture à la concurrence du transport de voyageurs en plus du Fret.

Là où il est négatif, c’est qu’il accuse des déficits structurels de 40 milliards d’Euros ; des problèmes de coordination… la commission Européenne : « l’achèvement de la libéralisation du transport ferroviaire de voyageurs, que défend la Commission européenne dans sa récente initiative législative, risque, dans ces conditions, de déstabiliser un secteur déjà fragilisé. Or l’expérience de l’ouverture à la concurrence du fret en 2006 illustre les dangers de cette perspective, si elle n’est pas anticipée, en particulier pour garantir une équité sociale dans les conditions d’exercice de l’activité entre opérateurs. » ! Belle attaque anti européenne après une telle claque électorale ! Comment peut-on accuser la Commission européenne d’être responsable d’un déficit passe de 20,5 milliards d’euros en 1997 à près de 44 milliards aujourd’hui, sachant que l’ouverture à la concurrence à permis à d’autres acteurs ferroviaires européens de circuler sur le réseau et donc de payer une redevance à RFF pour l’utilisation de ce dernier ! Quelle hypocrisie !

Ce que prépare la libéralisation du ferroviaire voulue par la commission européenne :

Au début des années 1990, l’Union européenne a, par plusieurs directives, amené les Etats membres à libéraliser leurs transports ferroviaires. Le but de cette libéralisation était de stopper le déclin du transport ferroviaire, et plus spécialement du fret ferroviaire, ainsi que les pertes qu’il engendrait.

Pour la Commission européenne, la libéralisation était le seul moyen de sauver le fret qui était dans un état catastrophique

- 8% du trafic est acheminé par rail en 2002 contre 21% dans les années 70
- Vitesse moyenne : 18 km/h, « moins qu’un brise glace dans la Baltique » ironise Bruxelles.

Plusieurs études du SES (Service économique et statistique du ministère des transports) [1] ont mis en évidence la corrélation existant entre une libéralisation forte et le ralentissement du déclin du chemin de fer. Pour tous les pays où la libéralisation est avancée (notamment Royaume-Uni, Suède, Pays-Bas, Allemagne), la part du rail comme moyen de transport ne chute pas de plus de 20%.

Là où la grande majorité des pays ont ouverts à la concurrence le ferroviaire la totalité de leurs services (Fret comme voyageurs) de la Suède en 1988 à la Grande Bretagne en 1999, la France à seulement ouvert le Fret en 2006, cette non ouverture à la concurrence ayant engendré une chute des déficits du Fret de 55 millions d’euros en 2002 à 450 millions d’euros en 2012, le Fret étant maintenu à flot grâce aux 800 millions d’euros d’aide publique. Tout ceci à cause d’un contexte social français dissuasif. Peu de demandes de licence par des concurrents ont été déposées à ce jour. Quelques rares concurrents tels Europort 2, Rail 4 Chem et la SNCB ont déposé une demande. Cela s’explique en premier lieu par le contexte social français et par la force de nuisance que représentent les cheminots de la SNCF. Les cheminots ont su utiliser la menace de la grève pour retarder une évolution pourtant indispensable. Hostiles à l’ouverture du fret, ils ont fait grève du lundi 17 mars au mercredi 19 mars 2003. Le lundi 13 juin 2005, le premier train de fret privé (Connex) a roulé mais son lancement fut de courte durée puisque 200 cheminots l’ont bloqué en occupant la voie pour protester contre cette libéralisation. On comprend que dans ce contexte, les concurrents n’aient pas très envie de venir sur notre territoire. Dans la pratique, la procédure est difficile pour ceux qui s’intéressent au réseau ferré national. Il faut tout d’abord obtenir une licence d’opérateur ferroviaire reconnue par tous les Etats membres. Celle-ci est automatiquement accordée aux opérateurs historiques. Il faut ensuite obtenir un certificat de sécurité délivré après un rapport technique de la SNCF et transmis pour avis à Réseau Ferré de France.

La SNCF, comme certains autres opérateurs historiques européens préfèrent miser sur le partenariat. Ainsi la SNCF règle avec la compagnie allemande le passage des wagons entre Metz et Manheim, les chemins de fer italiens s’accordent avec la SNCF pour la traversée des Alpes entre Chambéry et Turin… Ce choix s’explique en partie par le manque d’interopérabilité du réseau. En effet, réseaux et matériels de traction répondent à des caractéristiques techniques et à des normes de sécurité différentes selon les pays, chaque compagnie ayant fixé les siennes. Ainsi il faut sept locomotives entre Milan et Anvers ! Une interconnexion transparente entraînerait des coûts énormes et difficilement amortissables. L’introduction d’une vraie concurrence devrait permettre, comme dans les autres pays européens, de pousser les opérateurs privés à améliorer la qualité de leurs services pour s’imposer sur le marché ce qui inciterait également la SNCF à améliorer la qualité de ses services.

Mais pour cela il faudrait :

- que les syndicats de cheminots soient pragmatiques et non en opposition systématique
- une procédure de délivrance des licences simplifiée et neutre
- une harmonisation des normes et matériels européens

Pendant ce temps là où la SNCF et ses cheminots font blocage et augmentent les déficits, la Deutsche Bahn avec ses trains Connex, qui est, avec 1300 km en exploitation, le premier opérateur privé européen de transport ferroviaire, passe de 204 millions d’euros de déficits en 2001 à 4,4 % de chiffre d’affaires en hausse en 2005 et qui malgré la crise, ne connait en 2013 un déficit que de 470 millions d’euros sur la totalité des ses services (Fret et voyageurs) alors que la SNCF de son coté doit additionner 44 milliards de déficit du FRET aux 1,4 milliards de la branches voyageurs en 2013 (soit un déficit 9,5 fois plus important).

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Revenons au texte en débat :

Avec l’ouverture à la concurrence du trafic voyageur qui aura lieu au 1er janvier 2019, que les cheminots le veuillent ou non. La directive Européenne du 30 Janvier 2013 qui a été adopté par l’Assemblée Nationale le 4 Mai 2013 prévoit que l’attribution d’agréments d’exploitation commerciale du rail se fasse au niveau Européen et non plus National ! L’ouverture à la concurrence est donc désormais inéluctable ! Avec ce texte qui rattache le réseau RFF à la société SNCF, là où la séparation avait été faite en 1997 pour préparer l’ouverture à la concurrence, on va résolument dans le mauvais sens ! Cette partie du texte qui créé une entité unique pour l’entretien du réseau est bonne, mais doit demeurer une société indépendante, tout en restant un service public. La SNCF de son coté devant être une société commerciale en charge de l’exploitation de ses trains, du Fret et la vente de billets aux voyageurs, comme cela se pratique dans toute ouverture à la concurrence, car ces dernières se sont toujours fait selon un schéma précis :

- Un maintien du réseau sous le giron de l’état comme service public : EDF devenant GRDF / GDF devenant GRDF / France Télécom n’existant plus qu’au titre du réseau
- La création de société commerciales privé/public pour commercialiser les offres : EDF étant inchangé / GDF devenant GDF SUEZ / France Télécom devenant Orange en tant qu’opérateur téléphonique historique en France, en Pologne, en Jordanie, au Sénégal, Botswana, Cameroun, Cote d’Ivoire, Kenya, Madagascar, Mali, Niger, RDC Congo…

Donc re-fusionner réseau et société de commercialisation est contraire à la démarche d’ouverture à la concurrence qui obligera de revenir sur cette fusion au plus tard en 2018, ce qui augure encore de nouvelles grèves et de nouveau blocages, sans oublier la rengaine que je vois déjà revenir pour se dédouaner : « C’est la faute à Bruxelles » !

De nouveaux blocages et de nouvelles grèves à répétitions sont hélas à prévoir !

[1] Notes de synthèse du SES n°151

Tensions de plus en plus inquiétantes en Ukraine !

Quand je vois à quel niveau augmente les violences on ne peut que s’inquiéter des suites à venir dans les prochains jours. Cela fais déjà deux mois que les violences opposent le gouvernement « pro-Russe » à l’opposition « pro-Européenne ». Les uns veulent renforcer les alliances stratégiques avec la Russie, niant la séparation douloureuse du pays avec la mère patrie qui a eu lieu au moment de l’effondrement de l’ex-URSS ; tandis que les autres veulent suivre le chemin des autres pays de l’Est qui ont rejoint massivement l’Union Européenne durant les élargissements de 2004 et 2007.

Les violents affrontements entre manifestants pro-européens et forces de l’ordre ont fait cinq morts et 300 autres blessés à Kiev, (L’opposition a fait état de son côté de 1.700 blessés au total ces derniers jours, sans qu’il soit possible de vérifier ce chiffre. Lors d’une confrontation qui tourne à la guérilla urbaine et a provoqué mercredi de vives réactions de l’Union européenne et des Etats-Unis, le tout non loin du Parlement ukrainien. Cocktails Molotov d’un côté, contre grenades lacrymogènes de l’autre, c’est à cet endroit que les premiers échanges entre les deux camps se sont déroulés.

Deux mois pour réagir, alors que les élections Européennes approchent !

L’Union Européenne a tardé à réagir, c’est le moins que l’on puisse dire. Alors que de notre coté l’Europe ne fait plus rêver, que la campagne électorale tarde franchement à débuter, que les mouvements fascistes et extrémistes sont annoncés gagnants de l’élection dans la quasi-totalité des 28 pays et que l’on s’attend à une abstenions record… du coté Ukrainien on se bat dans les rues, il y a des centaines de blessés, même des morts, juste pour avoir le droit démocratique de choisir de voir son pays être simplement candidat à l’adhésion à l’Union Européenne. D’un coté on refuse d’aller voter… de l’autre des manifestants isolés ou tombés étaient battus sans ménagement à coup de pieds et de matraque, selon les journalistes sur place.

Extrémistes ou non ?

D’un coté, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso a averti Kiev de «possibles actions» et de «conséquences pour les relations» avec l’Ukraine, tandis que les États-Unis ont annoncé de premières sanctions en révoquant les visas de responsables ukrainiens impliqués dans les violences. De l’autre, Moscou a pour sa part dénoncé «l’ingérence étrangère» dans les affaires intérieures de l’Ukraine, tout en estimant de son côté que l’opposition «extrémiste» en violait «outrageusement la Constitution» et le président Ianoukovitch a appelé dans la matinée les Ukrainiens à ne pas suivre «les extrémistes». Certains diront que dès qu’il y a manifestations dans les rues, il y a forcément des extrémistes qui en profitent pour s’adonner joyeusement à leur passe temps préféré se résumant à la violence… d’autres diront que la démocratie on peut toujours l’invoquer pour lutter contre les violences, mais comment sans calmer quand la seule réponse du gouvernement en place se résume aux bombes lacrymogènes, aux coups de matraque et au vote de lois liberticides vont entrer aujourd’hui. Une raison de plus de voir les violences redoublées quand tout dialogue est rompu et que la liberté de manifester et tout simplement rendue illégale ! Ces nouvelles lois vont interdire pratiquement toutes les formes de manifestations dans toute l’Ukraine et durcir les peines de prison, allant jusqu’à 5 ans.

Le tout étant de justifier ces mesures qui, selon le président Ukrainien Viktor Ianoukovitch, sont le seul moyen d’endiguer les manifestations qui menacent de faire tomber tout le pays. Une position partagée par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui a estimé que la situation était en train « d’échapper à tout contrôle ». Réaction peut surprenante quand on sait que ces nouvelles lois ukrainiennes ont comme modèles des lois… russes.

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Un manifestant tient un bouclier anti-émeute de la police, devant une barricade située devant le Parlement européen, dans le centre de Kiev, mardi 21 janvier. AFP PHOTO / GENYA SAVILOV

L’opposition a d’ores et déjà prévenue que contre ces lois ils se mobiliseront d’avantage ! Ce scénario redouté pourrait faire dégénérer la crise politique en Ukraine en un déchaînement de violences. Ironiquement, il se dessine mercredi 22 janvier, le jour de l’unité nationale en Ukraine, censée célébrer l’unification de l’Est et de l’Ouest. Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a rencontré trois dirigeants de l’opposition pour tenter d’obtenir une sortie de crise. La réunion a duré trois heures, et n’a visiblement pas abouti. Les trois opposants, dont l’ex-boxeur Vitali Klitschko, sont revenus sur la place, et ont menacé de passer « à l’offensive » si « Ianoukovitch ne fait pas de concessions ». « On résistera, et si nécessaire, on attaquera », a-t-il lancé devant la foule, avant d’ajouter que « la police se prépare à nous chasser ». Bref le pire est à craindre !

Hommage à Nelson Mandela

Les Jeunes Démocrates 54 se sont rendu à l’hommage à Nelson Mandela hier soir à 19 H 30 à la cérémonie publique, sous les drapeaux en berne devant l’Hotel de Ville , Place Stanislas .
Naturellement par nos valeurs humanistes et nos idéaux sur l’ égalité des droits , nous porterons à jamais un profond respect pour ce grand Homme .
Photo : Les Jeunes Démocrates 54 rendrons hommage à Nelson Mandela  ce soir à la cérémonie publique à 19 H 30 , sous les drapeaux en berne devant l'Hotel de Ville , Place Stanislas . Naturellement par nos valeurs humanistes et nos idéaux sur l' égalité des droits , nous porterons à jamais un profond respect pour ce grand Homme .  Nous vous invitons à nous rejoindre afin de nous recueillir ensemble .

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Intervention au Mali, il faudrait prévoir le coup d’avance

zones aqmi

Juste une petite réflexion sur ce conflit au Mali, on a l’impression que pour l’instant les terroristes ont toujours un coup d’avance sur les forces alliées qui combattent pour libérer le Mali.

A mon sens, à l’instant même où l’Algérie a donné son accord pour survoler son espace aérien, on devait se douter que les représailles tomberaient.

Or on a ce sentiment que la prise d’otage qui a eu lieu n’avait pas encore été imaginée comme possible alors qu’aqmi démontre une prise du site gazier en un temps très court avec une très grande organisation. Je pense qu’au moment même où les islamistes sont entré en guerre, il y a déjà 6 mois, pour prendre le contrôle du Mali, ils avaient déjà anticipé l’intervention des forces Africaines et Françaises (ces dernières étant même une évidence) et avaient déjà préparé des représailles à l’encontre de tous les pays limitrophes qui apporteraient leur soutien aux interventions occidentales en priorité, mais également aux forces Africaines, qui tardent vraiment à intervenir alors qu’elles devraient être normalement les premières en ligne.

Du sort de ressortissants Français

Je pense que les ressortissants Français ne sont en sécurité nul part où les mouvements islamistes existent, car en soutien les uns aux autres, les prises d’otages, voir les assassinats pur et simples sont une menace bien réelle.

Il aurait fallu dès le début mettre en alerte les ambassades ainsi que tout les Français à l’étranger, en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, en bref dans tous les pays musulmans où la menace terroriste existe et sur tous les continents. Mais peut être que cela a été fait sans être pour autant médiatisé pour éviter une psychose générale.

Manquerions nous de mémoire ?

A t-on déjà oublié l’annulation du Paris-Dakar qui a quitté le continent Africain depuis 2008 à cause de menaces islamistes en Mauritanie et au Sénégal ? Deux pays voisins du Mali qui sont tout autant menacé que ce dernier. A t-on prévu un temps soit peu une mobilisation sérieuse pour éviter que ces pays voisins ne subissent le même sort ? Je ne le pense pas, et cela se révèle inquiétant.

Et encore, a t-on pensé à un déséquilibre total de la région en prenant en compte la situation au Niger, les risques de rechute en Egypte (où les Islamistes sont au pouvoir) et en Lybie (où la menace est réelle), sans oublier le développement ces derniers temps de cellule islamismes au Tchad, au Soudan, en Ethiopie, au Kenya… et comme le hasard fait bien les choses, en Somalie, où les forces Françaises sont également sur le front.

Une inquiétude ancienne qui se confirme ?

J’ai un ressenti fort sur le fait que tout le nord de l’Afrique est menacé par une prise de force par les armes de la part des Islamistes, et que mise à part le Maroc et l’Algérie qui disposent d’une armée suffisamment conséquente et formée, aucun autre pays n’a les moyens de se défendre contre une telle agression. Tout ceci me rappel que j’avais écrit déjà un article sur cette crainte intitulé : Le printemps arabe deviendra t-il l’Automne Islamiste ? et que de fait après le printemps arabe de 2011, c’est l’hiver 2012 qui marquerait la fin d’une période d’une brève paix relative dans le nord Africain.

Chasse aux riches : A qui le tour ?

2010 Paralympic Games: Opening Ceremony- Day 1Que ce soit par les politiciens de la gauche bien-pensante, les syndicalistes gavés de subventions publiques et tous les journalistes en recherche de gros titres et de grosses ventes… Tous participent à cette chasse aux riches dont la tête de turc du moment n’est autre que Gérard Depardieu.

Notre pays de tradition marxiste où la culture des classes est toujours d’actualité, la France, a tout de même mi à sa tête un président de la République, François Hollande, qui déclara jadis qu’il « n’aimait pas les riches ». Comment s’étonner que ces mêmes riches partent vers d’autres terres plus accueillantes où ils ne seront plus stigmatisés pour leur ascension sociale par nature toujours suspecte et échapperont à la punition fiscale ainsi qu’à la spoliation (impôts confiscatoires).

Quand tous ces « méchants riches », exploiteurs des classes populaires, comme le disait Georges Marchais en son temps, auront tous émigré avec entreprises et capitaux, que restera t-il en France ? un avenir sans ambition, sans revenus, sans capacité d’investissement, donc sans avenir ! c’est une histoire vieille comme le monde qui a explosée à la Révolution française et son cortège de sans culottes dont l’idéologie égalitariste revancharde prônait «la haine des riches», traitait les possédants de «voleurs», et dénonçait l’argent comme étant «un métal vil et corrupteur». Depuis les mentalités n’ont pas changées… Le monde lui a évolué, mais pas nous !

Ce ne sont plus seulement des milliardaires qui quittent la France, mais des chefs d’entreprises, des dirigeants, des managers. Pourtant patriotes, comment rester dans un pays qui pénalise à ce point la réussite, au lieu de la valoriser, et qui sape le moral de ses principaux producteurs de richesses ?

Pour l’exemple, à Londres, les Français sont 3 fois plus nombreux qu’en 1990 (400 000) ! Pour la rentrée 2012-2013 : le lycée français de Bruxelles a reçu 200 demandes d’inscriptions supplémentaires par rapport à l’an passé ! Depuis 2010 : 1 Français s’installe en Suisse chaque jour ! En moyenne, ce sont plus de 600 contribuables qui quittent la France chaque année à cause de l’ISF… pour le plus grand bonheur de nos concurrents ! Car oui, même en matière fiscale, la mondialisation nous pénalise ! L’Etat perd en effet les milliards d’euros d’impôts que ces riches ménages auraient pu payer en France. Une situation dangereuse pour nos finances publiques quand on sait que les 10 % des Français les plus riches payent environ 80 % du total de l’impôt sur le revenu… Mais la France perd aussi des centaines de milliards d’euros de capitaux, qui auraient pourtant été indispensables au financement de notre économie.

Derrière chaque riche, se cache un investisseur qui consomme, place et investit ; ce qui créé des centaines de milliers d’emplois ! Comme l’ont montré J.P Delsol et N. Lecaussin dans leur ouvrage « A quoi servent les riches » : les 10 premières fortunes françaises sont directement responsables de 700 000 emplois !

Ruiner les riches, c’est appauvrir les pauvres. Il ne s’agit donc pas d’excuser les mauvais comportements d’une minorité de « riches » perdue dans ses excès, mais de respecter la richesse d’une grande majorité qui a réussie à force de travail, d’effort et de talents.

C’est peut-être la déclaration au Congrès du Président des Etats-Unis, Abraham Lincoln, qui le résume le mieux : « Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne. Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur. Vous ne pouvez pas encourager la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche ».

Petit bilan depuis Mai 2012 (Liste non exhaustive)

Nom Profession ou Société Pays de destination Date de départ Fortune estimée Impôts estimé*
Jean Gil Boitouzet cofondateur de Bourse Direct et de PME Driver Belgique Mai 2012 902 Millions 405 Millions
Franck Ribéry Sportif Allemagne Juin 2012 11 Millions 5 Millions
Bernard Meunier Ex Pai Partenrs (BNP Paribas) Angleterre (Londres) Août 2012 80 Millions 34 Millions
Bernard Arnault Fondateur LVMH Angleterre (Londres) Septembre 2012 19,3 Milliards 8,5 Milliards
José Garcia Acteur Belgique Septembre 2012 36 Millions 16 Millions
Paul Loup Sulitzer Ecrivain Belgique Octobre 2012 52 Millions 23 Millions
Christian Clavier Acteur Angleterre (Londres) Octobre 2012 15 Millions 6,7 millions
Dany Boon Acteur Etas-Unis (Los Angeles) Octobre 2012 8 Millions 3,5 Millions
Omar Sy Acteur Etas-Unis (Los Angeles) Octobre 2012 5 Millions 2 Millions
David Guetta Compositeur / Deejay Angleterre (Londres) Novembre 2012 25 Millions 11 Millions
Marc Levy Ecrivain Etas-Unis  (New York) Novembre 2012 19 Millions 8,5 Millions
François de la Villardière cofondateur de Business interactif Suisse Décembre 2012 300 Millions 134 Millions
Alain Afflelou Opticien Angleterre (Londres) Décembre 2012 780 Millions 351 Millions
Gérard Depardieu Acteur Belgique et Russie Décembre 2012 85 Millions 38 Millions
Jean-Michel Jarre Compositeur Angleterre (Londres) Janvier 2013 82 Millions 37 Millions
  Total 9 Milliards et 574 Millions

* Hors déductions fiscales éventuelles

Déjà partis: Arnaud Clément, Richard Gasquet, Gilles Simon, Gaël Monfils, Marion Bartoli, Franck Ribéry, Zinédine Zidane, Amélie Mauresmo, Julien Benneteau, Guy Forget… Ils sont rejoints par les champions de poker, dans le collimateur de Bercy. Bertrand Grospellier, alias ElkY, le numéro un français, réside à l’étranger. « Tous les jours je me pose la question », reconnaît Philippe Ktorza, le numéro quatre français.

Vous l’aurez compris, ce n’est qu’un début… L’appauvrissement en France accélère, car sans riche, l’imposition sera forcément plus fort pour les autres ! Mais cela ne date pas d’hier au regard decette liste des personnalités éxilées avant l’arrivée de la gauche au pouvoir.

A quand une France qui repense en profondeur son périmètre d’intervention dans la moyenne de l’Union Européenne et qui à partir de là repenserait son budget et la totalité de son régime d’imposition pour être juste dans la moyenne de l’Union Européenne, afin d’éviter les fuites et attirer les investissements ?