François Bayrou, invité de Questions d’Info sur LCP

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Aujourd’hui invité de Question d’info sur LCP, François Bayrou a livré son analyse sur l’actualité : vote de confiance, compétitivité, Europe, affrontements et alliances politiques… Le maire de Pau a choisi le discours de vérité, privilégiant le long-terme aux postures politiciennes.

Bienvenue à Questions d’Info. À gauche les frondeurs continuent de défier le gouvernement et à droite l’impatience gagne et accentue les rivalités dans l’attente du retour de Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, le centre devient-il désirable ? Invité de Questions d’Info aujourd’hui : François Bayrou, président du MoDem. Et à mes côtés pour vous interroger monsieur Bayrou, Françoise Fressoz du Monde, Frédéric Dumoulin de l’AFP et Marie-Eve Malouines de France Info.

Manuel Valls a obtenu la confiance de sa majorité, avec des exceptions, des abstentions du côté des socialistes, une trentaine, et des écologistes. Il dit que c’est une clarification finalement. Est-ce que c’est votre avis aussi ?

Ce n’est absolument pas le principal enseignement de ce vote. Le principal enseignement de ce vote s’exprime en deux chiffres : la majorité absolue de l’Assemblée nationale, c’est 289 voix, et le gouvernement a obtenu 269 voix. Donc il y a 20 voix de moins que la majorité. Ça n’est pas une confiance, c’est une défiance. C’est l’expression d’un doute, d’un désaccord profond au sein de la majorité, avec en fait la signature d’un affrontement de longue durée entre deux visions de la politique et que j’ai appelé la guerre des deux gauches.

Vous les comprenez les frondeurs socialistes, ou vous dites qu’ils jouent avec le feu dans la période actuelle ?

Quand on a des idées, on doit les défendre, et ce n’est pas moi qui vais dire le contraire. Simplement, ce que je ne comprends pas, c’est cette vision qui tend à laisser croire qu’il serait facile d’obtenir une autre politique, qu’au fond il suffit de dépenser, que le déficit et la dette n’ont aucune importance, toutes choses qui sont tous les jours contredites par le réel.
Le réel aujourd’hui, c’est qu’un pays qui a 2000 milliards d’euros de dette, et vous savez à quel point je me suis battu sur ce sujet depuis des années en annonçant ce qu’il allait se produire. Un pays a 2000 milliards de dette, s’il s’enfonce dans le laisser-faire et dans le laxisme, il voit tout d’un coup la charge de sa dette exploser. Et la charge de la dette, ce n’est pas les banques qui la paieront, ce n’est pas nos voisins européens : c’est le peuple français. Et  précisément les plus jeunes. Pour moi, il y a donc là une impasse qui est un aveuglement. Mais il n’y a pas seulement à gauche qu’on dit ça, parce que si vous regardez les thèses de nombreux intervenants à droite et…

Henri Guaino par exemple ?

Et à l’extrême droite, ils disent la même chose.

On va en parler, mais on va terminer sur Manuel Valls.
Certains disent que la magie Valls est totalement étiolée et qu’il ne reste plus grand-chose de son style dynamique. Lui dit qu’il se battra jusqu’au bout. Est-ce que vous y êtes sensible… ?

Quand on vous dit qu’on se battra jusqu’au bout, c’est que le bout…

Est proche ?

N’est pas si éloigné que ça.

Donc vous pensez que c’est terminé ?

Non, je ne dis sûrement pas des choses comme ça, parce qu’il faut avoir un tout petit peu de nuance quand on s’exprime. Il faut essayer de mettre un peu de bon sens dans toutes ces choses, et un peu de retenue et de distance avec les événements. J’ai regardé le discours de Manuel Valls. Il paraît que les réponses aux questions étaient meilleures, mais le discours de Manuel Valls, était le même discours qu’il avait déjà fait en plus fatigué. Il y avait quelque chose d’un peu usé et c’est normal, parce que c’est au fond la troisième fois qu’il refait le même discours, le même appel. Et, en effet, le caractère inédit a disparu, d’où cette lassitude.
Mais le fond du fond, parce qu’on s’arrête toujours aux événements de la vie de tous les jours, ce n’est pas l’important. L’important, c’est ce que concernant la politique de Manuel Valls, il y a deux questions. La première : est-ce la bonne ? Je vous propose qu’on y réponde : pas vraiment.

Pas vraiment, ça ne veut pas dire « non » non plus.

Ça veut dire qu’il est vrai qu’il faut lutter contre les déficits, mais ce qu’il a annoncé hier, c’est beaucoup de dépenses et assez peu de diminutions.

La gauche lui dit : « 40 euros pour les petites retraites, ce n’est rien du tout ».

Mais ils ont raison, tout cela, c’est des toutes petites choses. 40 euros pour une année, c’est…

Vous auriez fait quoi, vous ?

Je n’aurais pas pris les choses de cette manière, mais je vais vous dire comment je les aurais prises. Donc, est-ce que c’est la bonne ? On comprend les grands axes, mais pas vraiment dans la réalité. Et la deuxième question c’est : est-ce qu’il a le soutien nécessaire pour conduire une politique comme celle-là ? Et là, la réponse est franchement non. Et donc cet exercice a montré hier la fragilité du pouvoir en place, et les limites de cette opération de clarification.

Pour vous, c’est la chronique d’un désastre annoncé ?

Vous savez bien que je dis ça depuis suffisamment longtemps pour avoir analysé aussi précisément que possible les causes de cette affaire-là. Il y a dans l’accession au pouvoir du parti socialiste une… si on est gentil, on dit « une extrême ambigüité », et sinon « une illusion » où les Français se sont perdus. La politique qu’on nous annonce comme devant être la reconstruction, l’autre politique, la reconstruction de la dépense publique…Cette politique-là est intenable et François Hollande s’est malheureusement fait élire sur cette ligne.

François Hollande était sur une ligne de réduction des déficits. Il avait dit que…

Quand vous dites en même temps : « Je suis sur une ligne de réduction des déficits, mais je vais recruter 60 000 enseignants, et je vais recruter des magistrats, et je vais recruter des policiers, et je vais… », ce que Manuel Valls a répété hier. Dans la litanie de Manuel Valls qui dit : « Ce n’est pas l’austérité parce que nous recrutons, parce que nous créons, parce que nous donnons des allocations », il y a la même ambigüité.

C’est un discours en direction de sa majorité frondeuse, justement.

Hé bien l’existence de ce que vous appelez sa majorité frondeuse explique l’impasse dans laquelle Manuel Valls et François Hollande sont aujourd’hui enfermés.

Avant l’été vous avez dit…

Permettez-moi de dire une chose : je suis frappé de voir qu’il y a dans le gouvernement, dans la pratique du gouvernement une improvisation absolument incroyable et inimaginable.

Par rapport à quoi par exemple ?

Manuel Valls a fait hier un discours de politique générale à l’Assemblée nationale et devant les Français. Il est allé à TF1, à 20h, hier soir. François Hollande va s’exprimer demain pour une conférence de presse. Et c’est aujourd’hui, sans en avoir dit un mot hier, ni à l’Assemblée nationale ni dans un journal télévisé…

Qu’il annonce…

Que Manuel Valls annonce la « suppression » de la première tranche d’impôt sur le revenu. Est-ce que ce n’est pas une décision…

C’est une discussion, il envisage.

Vous savez bien la vérité, ne faites pas comme si vous ne connaissiez pas la politique.

Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que c’est de l’improvisation.

C’est de l’improvisation ?

C’est au jour le jour, et même à la minute la minute, où pour corriger les insuffisances dans les enquêtes d’opinion du discours d’hier, on improvise aujourd’hui une mesure, et François Hollande demain, on ne sait pas ce qu’il va en dire. Vous voyez bien que tout ça, sans être excessif, on peut dire que ce n’est pas construit. Que derrière tout ça il n’y a pas la solidité d’axes forts que tout le monde respectera et, à mon avis, ça va fragiliser la position du gouvernement.

Est-ce que ça va dans le bon sens la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu ?

Non.

Pourquoi ?

Parce que dans la vision que je défends, et qui n’est naturellement pas une vision démagogique, dans cette vision-là on devrait avoir des minimas sociaux, et un salaire minimum tel que tous les Français devraient payer même un petit impôt sur leur revenu.

C’est ce que disait jadis François Hollande.

C’est ce que disait… En tout cas, c’est ce que je disais moi, c’est ce que Raymond Barre disait.

C’est quoi ? Le concept d’impôt citoyen ?

Disons cinq euros par mois, et je dis « augmentons »… Je n’hésiterais pas à approuver une augmentation des minimas sociaux et une augmentation du salaire minimum pour que tout le monde participe à l’effort de l’impôt.

C’est une question de responsabilité ?

Alors, je sais bien que je ne suis pas populaire en disant cela. Mais ça changerait le fait que tous les citoyens français seraient d’une égale responsabilité, et même d’une égale dignité devant la dépense publique, devant l’action publique, devant l’éducation. Alors, on dira : il y a l’impôt indirect, la TVA tout le monde la paie, c’est vrai. Mais vous voyez bien que si on était dans un pays normal, et il y en a plusieurs pays de cet ordre, il y aurait un impôt auquel tous les citoyens participeraient et pas ces annonces multipliées qui font que tous les mois on vous dit qu’il y a 100.000, 200.000, 300.000 foyers qui vont, dit-on, « échapper à l’impôt ». Mais ça veut dire que cette charge-là, c’est d’autres qui vont la prendre.

Fin août vous évoquiez la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée pour sortir de la crise. Est-ce que vous le dites toujours vu les critiques que vous faites à Manuel Valls ?

Je dis une chose très simple, c’est que le jour où vous êtes en situation de blocage, le jour où la crise fait que ça ne peut pas continuer comme ça, cette issue institutionnelle prévue par la constitution qui est la dissolution de l’Assemblée est une manière de sortir de la crise. Je vais le dire autrement : il n’est qu’une manière de sortir des crises, c’est de rendre la parole au peuple, c’est la seule manière.

Est-ce que nous sommes dans cette situation de blocage après le vote de la confiance hier ?

Je crois… On a gagné un peu de temps, mais je ne crois pas que la confiance soit rétablie. S’il est un enseignement du vote de « confiance » que nous avons eu hier, c’est que la confiance n’existe pas.

Et en même temps Manuel Valls a fait un discours assez solennel en disant : « Attention au spectacle qu’on donne en politique politicienne, nous devons nous hisser à la hauteur des événements ». Il appelle à la responsabilité de la majorité, de l’opposition, de l’Allemagne. Cet appel à la responsabilité, vous l’entendez ou pas ?

Je l’entends très bien, mais la responsabilité première du gouvernement français c’est la France. Croire que l’Allemagne est responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons, pour moi c’est un leurre. C’est faire croire qu’il existerait un moyen d’échapper, un moyen d’échapper à nos responsabilités par un coup de baguette magique qui transformerait les choses. L’Allemagne a réalisé en plusieurs années une opération de reconstruction de sa force qui est, j’allais dire admirable, qui en tout cas devrait susciter chez tous les responsables français une réflexion. Je ne dis pas que la voie suivie par l’Allemagne soit exactement la bonne voie, mais je sais que l’Allemagne a prouvé que ceux qui ont la charge du destin de l’Allemagne, c’est les Allemands, et eux ne sont pas gênés par l’Europe, ne sont pas gênés par l’euro, ils ont au contraire construit un pays digne, dynamique, dans lequel le chômage est très bas, et qui est exportateur, c’est-à-dire qui est un pays équilibré, y compris dans son budget.

Justement, l’Europe. François Hollande compte beaucoup sur l’Europe, Matteo Renzi aussi. Ils avaient prévu un sommet sur l’emploi, il est repoussé sine die. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Selon un diplomate européen, c’est une source qui vient de tomber.

C’est que l’idée qu’une autre politique existe est une idée qui a du plomb dans l’aile.

Précisément ?

Vous voyez bien, l’idée qu’on allait pouvoir par un bras de fer échapper aux responsabilités qui sont les nôtres, c’est une idée qui peut séduire des esprits légers, mais qui ne répond pas à l’exigence de la réalité. Nous sommes dans la situation d’un pays qui a, au travers du temps, accumulé les faiblesses, et c’est à nous de réparer, corriger les faiblesses qui sont les nôtres. Si nous ne le faisons pas, il n’existe aucune chance que nous nous en sortions. Et s’il y a une chose qu’on doit aux citoyens français, et particulièrement aux plus jeunes, s’il y a une chose qu’on doit, c’est de regarder avec eux la réalité de la situation en face. Alors, je reprends : est-ce que nous pouvons nous en sortir ? Bien sûr que nous pouvons nous en sortir. Est-ce qu’il existe un chemin ? Bien sûr qu’il existe un chemin. Mais ce chemin n’est pas emprunté aujourd’hui par les principaux intervenants politiques.

Quand Manuel Valls invoque le risque de déflation en Europe, quand il dit « La croissance marque le pas, y compris en Allemagne », est-ce que c’est un discours que vous entendez ? Est-ce qu’il faut quand même assouplir la marche vers la réduction des déficits ?

Alors, premièrement, si les déficits étaient la clé de la prospérité d’un pays, qu’est-ce qu’on serait prospère ! Et qu’est-ce que l’Italie irait bien ! Et la Grèce serait le paradis sur terre !

Tout le monde dit la même chose.

Si les déficits étaient bons pour un pays, on n’aurait pas arrêté depuis 40 ans de connaître des assauts de croissance. Or, c’est le contraire qui est vrai. Les déficits signent la faiblesse d’un pays, c’est parce qu’il ne peut pas, ce pays, assumer son train de vie qu’il est obligé d’emprunter perpétuellement. Deuxièmement, l’assouplissement est en cours, l’euro a baissé face au dollar de, je ne sais pas, dix centimes, peut-être plus. Donc on se rapproche du taux d’introduction. Vous savez, il y a longtemps, quand l’euro a été créé, il était à 1,21 ou 1,22, quelque chose comme ça, et on est à 1,27, 1,28. Donc est-ce que ça change la situation du pays ? Non.

Donc il faut continuer à réduire les déficits, selon vous.

Non, il faut penser ce que doit être la remise en bonne santé du pays. Et ce n’est pas uniquement par les déficits qu’on y arrivera, c’est pourquoi je disais « pas vraiment ». Qu’est-ce qui explique la mauvaise santé du pays ? Je vais vous le dire en quelques mots.
Premièrement, une éducation nationale dans un état catastrophique, c’est-à-dire que les jeunes français qui n’ont pas à la maison la culture, la transmission de la langue, l’écrit, l’amour du livre, il y a très peu de chances qu’ils le trouvent à l’école. Et ceci affaiblit le niveau général du pays, et rend plus difficile la création d’emploi. Donc premièrement, éducation nationale.
Deuxièmement, la formation professionnelle. On dépense des dizaines de milliards pour la formation professionnelle. Est-ce qu’elle va vers ceux qui en ont le plus besoin ? C’est-à-dire ceux qui sont ou devraient être en reconversion ? Non, il n’y a pas le travail nécessaire.
Troisièmement, ce qui rend insécurisante la situation, et qui fait que ceux qui devraient investir n’investissent pas, ceux qui devraient créer ne créent pas, et que les chercheurs ne trouvent pas le bon chemin, et les inventeurs, et les créateurs d’entreprise… Quelle est la raison ? Une forêt, une jungle de règles incompréhensibles par qui que ce soit et instables dans le temps. Et donc la simplification…
Et quatrièmement, enfin, des institutions politiques qui rendent impossibles le courage et la prise de décision.

On va parler de ça. Est-ce que vous dites…

Attendez, quatre affirmations qui ne sont aujourd’hui pas prises en compte par le pouvoir exécutif, d’ailleurs pas prises davantage en compte par l’opposition, et qui forment un plan et un chemin pour en sortir. Il faut une prise de conscience, et la possibilité…

Est-ce que vous dites les mois passant que décidément François Hollande a raté complètement le coche en 2012 en n’élargissant pas sa majorité, en faisant appel à des gens comme vous ?

Que François Hollande ait raté le début de son quinquennat, il n’y a de ce point de vue aucun doute…

Mais au niveau politique, au niveau de la recomposition politique ?

Le niveau politique, comme vous dites, ce n’est que l’expression du fond, il n’y a pas de différence entre la politique et le fond de la politique, entre les jeux politiques et le fond de la politique. François Hollande a choisi de se maintenir dans le modèle qui était le sien du premier secrétaire du Parti socialiste, et des jeux qui étaient habituels au sein de sa majorité. Et c’est cela qui l’a coulé. C’est pour n’avoir pas pris en face, et les yeux dans les yeux les nécessités du temps et la réalité… Le saut historique qu’il fallait faire, j’avais employé une formule à l’époque, c’est : on a besoin d’un président qui prenne une dimension historique, et il a pris une dimension politique.

Est-ce qu’éventuellement vous pourriez l’aider ?
Est-ce que François Hollande peut prendre encore cette dimension historique ? Ou est-ce que c’est trop tard ? Et qu’attendez-vous de sa conférence de presse ?

Je crains beaucoup que ça ne soit trop tard.

Ça veut dire que vous n’êtes pas prêt à l’aider si jamais il vous tendait la main ?

Il y a des moments… Comprenez bien, ce que je suis en train d’expliquer devant vous, c’est qu’on a besoin d’une reconstruction en profondeur de notre pays à partir de fondations clairement définies, déterminées, et d’un courage politique. Ça ne se fait pas avec des rustines.

Donc ça ne sera pas possible avec lui, avec François Hollande ?

Non, ça ne sera pas possible sans prise de conscience du pays exprimée par une détermination et par les urnes.

Depuis 2002, c’est ce que vous dites entre deux élections présidentielles. Ça ne se fait jamais. Vous attendez 2017, ou ça peut se faire avant ?

Je ne sais pas ce que vous voulez dire « depuis 2002 je le dis entre deux élections ».

Vous dites : « il faut reconstruire le pays, il faut réformer ».

Je le dis parce que c’est nécessaire, mais vous ne voyez pas que tout crie, dans la réalité française, dans la vie des Français, tout crie qu’il faut qu’on reconstruise sur des bases sérieuses.

Mais est-ce qu’on peut attendre deux ans ou est-ce qu’il faut le faire maintenant ? Est-ce qu’on peut le faire ? Est-ce que François Hollande doit se démettre ?

Non, je n’ai jamais dit une chose pareille, parce que pour moi parmi les choses qui doivent tenir bon, il y a les institutions, parce que sans ça vous entrez dans un cycle de déstabilisation institutionnelle qui fait qu’à chaque élection vous aurez une crise et c’est donc impossible.

Mais s’il n’y a pas une dissolution, qu’est-ce qu’on peut faire ? Quelle est la solution d’ici 2017 s’il n’y a pas de dissolution ?

Un processus est en cours qui révèle en profondeur les faiblesses de la situation actuelle.

Mais concrètement, quelle est la solution s’il n’y a pas de dissolution ?

Concrètement, il faut préparer quelque chose d’autre.

Ça veut dire que vous laissez la situation, et vous vous préparez pour la prochaine élection présidentielle, c’est ça ?

Je ne dis même pas ça, parce qu’on ne sait pas les événements qui vont intervenir.

Mais vous êtes inquiet ? Vous pensez qu’il peut se passer des choses graves ou pas ?

Oui, je pense que… Non, je pense que d’abord la situation est grave. Ce n’est pas qu’il puisse se passer des choses graves, la situation est grave, sous nos yeux.

Non, mais qu’il puisse se passer des choses graves, ça veut dire : est-ce que la rue peut intervenir dans le débat ?

Je ne dis pas ces choses-là, parce que ça ne prend jamais une forme attendue. Mais il y a une telle insatisfaction sociale, et une telle insatisfaction civique, quand vous avez des ministres qui manquent aux règles élémentaires tous les jours, qui sont celles que les citoyens respectent et qu’ils attendent évidemment de leurs élus, quand tout le système est fondé sur des mensonges, quand aucune parole publique forte ne peut s’exprimer, quand aucune entente réelle ne peut se nouer entre les courants différents du pays, alors on ne peut pas, ou il n’est pas facile de s’en sortir. Et pour le reste, attendons. J’entendais hier des députés socialistes dire : « J’ai voté la confiance parce que je suis dans la majorité, mais je ne voterai pas le budget ». Vous voyez bien à quel degré de décomposition on en arrive, de délitement.

Ça veut dire que François Hollande doit rester en place, mais pour ne pas agir, il ne peut plus rien faire ?

Que François Hollande prenne ses responsabilités, qu’il exprime clairement les choses, qu’on y voie clair dans les rapports entre le président et le premier ministre, qu’on ne nous annonce pas des mesures nouvelles tous les jours alors qu’il n’y a pas le premier sou pour les financer, qu’on nous dise clairement…

Quand le Medef dit que le modèle social français a vécu, il a raison ou pas ?

Ce n’est pas le modèle social français qui a vécu, parce que le modèle social, l’aspiration du modèle social, tout le monde voit bien qu’elle est intimement liée à notre pays et au projet de notre pays. Mais je ne suis pas d’abord sûr que ce soit le Medef qui soit le mieux placé pour dire ce genre de choses, parce que c’est ressenti comme une agression par des tas de gens parce que le Medef est un syndicat, une organisation.

Il fait de la politique le Medef, à votre avis ?

Oui, peut-être. Mais ce serait mieux si les choses étaient mieux maîtrisées. Là, tout le monde ressent ça comme une agression. Si vous m’interrogez précisément sur ce que le Medef a dit, pas le Medef, ce que beaucoup de responsables disent dont ceux-là, je vais vous dire une chose précise.

Quelles réformes faut-il faire, faut-il mettre en œuvre ?

Une des seules marges de manœuvre que nous ayons, c’est le temps de travail. Les 35 heures ont été pour notre pays, je crois, une profonde erreur et je n’ai cessé de le dire et de le manifester par mes votes et mes déclarations depuis le jour où elles ont été créées. J’ai d’ailleurs été extrêmement frappé, dans le discours de Manuel Valls hier, il a dit une chose qui est passée inaperçue, mais qui moi a accroché mon oreille. Il a dit : « on n’a pas créé un emploi en France depuis 2001 ».

Depuis les 35 heures.

2001, qu’est-ce que c’est ? C’est ce changement profond qui n’est pas seulement…

Dans l’industrie.

C’est exactement ce dont on parle, qui n’est pas seulement social, qui est sociétal, l’idée qu’au fond le travail est appelé à être remplacé par du temps libre, et que c’est cela l’épanouissement des personnes, que c’est cela l’émancipation, autrement dit que le travail est une contrainte subie, subie par un certain nombre parce que les autres le cherchent. Cette vision-là, je considère moi qu’elle est fausse.

Qu’est-ce qu’il faut faire alors pour les 35 heures ? Il aurait peut-être fallu que la droite au pouvoir, qui tenait le même discours, les supprime ?

Vous avez dit exactement ce que je pense. Je pense qu’il y a quinze ans qu’on s’enfonce dans une incapacité à prendre des décisions simples, compréhensibles par tous qui peuvent permettre qu’un nouvel élan du pays se manifeste.

Et apparemment Nicolas Sarkozy n’est absolument pas déterminé à bouger là-dessus, parce qu’il l’a reproché à François Fillon.

Je n’ai pas les confidences de Nicolas Sarkozy.

Est-ce qu’il faut supprimer les jours fériés, comme le dit le Medef ? Deux jours fériés ?

Tout ça, ça peut se discuter, ce n’est pas la question principale. La question principale c’est : est-ce que dans notre pays le travail est considéré comme émancipateur ou comme au contraire une atteinte à la vraie vie ?

Déjà, il faut avoir du travail.

C’est évident. Le travail dans l’histoire des sociétés, il y a quelques siècles, le travail était considéré comme déchoir. Travailler c’était déchoir. Ceux qui avaient le statut le plus élevé dans la société ne travaillaient pas. Et avec le temps, les choses ont changé, aujourd’hui le travail c’est l’émancipation. Mais présenter le travail comme le contraire de l’émancipation, c’est se tromper de projet.

Autre sujet d’actualité, la Cour des comptes dit que la fraude aux cotisations sociales a coûté 20 à 25 milliards d’euros en 2012. Il faut faire la chasse aux fraudes ? Comment ? De quelle manière ? Quand ?

Il faut avoir des règles simples, des charges sociales suffisamment légères pour que tout le monde les assume sans avoir envie de les éviter. Mais la complexité de nos règles est une manière de nous enfoncer dans la crise, le fait que plus personne n’y comprenne rien, le fait que le fantasme, y compris de la Cour des comptes, ce soit de multiplier les contrôles et les contrôleurs, c’est ça ce que dit la Cour des comptes semble-t-il, je pense que ce n’est pas la bonne orientation.

Les contrôles ou la réforme des professions réglementées, Emmanuel Macron disait ce matin : « ça ne rapportera pas 6 milliards de pouvoir d’achat en plus ». Est-ce qu’il faut quand même réformer ou pas ? Contrairement à ce que disait Arnaud Montebourg.

Il a absolument raison, et en tout cas tous ceux qui mettent en doute cette réforme, selon moi, ont raison. J’ai vu d’ailleurs que Jacques Attali qui l’avait présentée dit maintenant : « ce n’est pas du tout la clé de la situation ».

Ça veut dire qu’il ne faut plus la faire ?

Non, disons les choses. Des assouplissements sont nécessaires, des mises au point sont nécessaires, des allègements sont nécessaires, tout le monde en est d’accord. Mais croire que la crise de la société française ce soit qu’il existe des notaires qui jouent le rôle de notaires et des pharmaciens qui jouent le rôle de pharmaciens, c’est se tromper sur la crise de la société française. Au contraire, pour moi qui suis un élu provincial d’une ville de province et qui connaît bien y compris le milieu rural français, je puis vous dire, ce que je ressens c’est que ces responsabilités-là, celles du notaire, et notamment du notaire de famille, celles du pharmacien, quand vous êtes une vieille dame et que vous avez besoin d’avoir un conseil, c’est bien de pouvoir avoir un pharmacien au coin de la rue. Tout cela, c’est du lien social et c’est de la stabilité de la société française. Et ceux qui veulent le détruire, à mon sens, entrent dans une œuvre de dissolution qui en période de crise est…

Donc il faut enterrer cette réforme, ne pas toucher aux professions réglementées ?

Non, il faut profession par profession, toutes, regarder ce qu’on peut faire pour que les choses aillent au mieux, et en discuter.

On va avancer. Autre réforme, la réforme territoriale avec du changement en ce qui concerne les départements.
On a compris hier après le discours de Manuel Valls que dans les régions, dans les zones rurales, le département sans doute resterait. Alors qu’il était question de supprimer…

On a compris quelque chose de très simple, on voulait une simplification par la suppression des Conseils généraux et la répartition de leurs compétences entre les communautés de communes ou d’agglomérations et les régions, et on a appris hier que non seulement les Conseils généraux resteraient, mais qu’il y en aurait trois sortes différentes, et donc tout ça c’est n’importe quoi.

Est-ce que ce n’est pas du pragmatisme, et de se dire : « finalement le territoire n’est pas unique » ? Est-ce que dans les zones rurales il ne faut pas garder le département ? C’était votre credo justement, le fait d’adapter, la proximité…

L’idée qu’en complexifiant perpétuellement on apporte des réponses aux situations est une idée qui est la pire qu’on puisse avoir. J’admire beaucoup Napoléon parce que ce qu’il disait, pas le Napoléon du temps de guerre, mais le Napoléon du temps de paix, j’admire beaucoup Napoléon parce que ce qu’il disait était compréhensible par tout le monde. On avait une organisation, qui a duré d’ailleurs 200 ans, dans laquelle les Français pouvaient se retrouver. Là, la pression des élus locaux aboutit au maintien de la situation antérieure encore compliquée, et donc encore plus chère, et donc encore moins compréhensible, et donc c’est…

Pour le calendrier, c’est compréhensible ou pas ? Le fait d’avoir les cantonales en mars, les régionales en décembre ?

La règle du mois de mars est dans la loi, elle est constitutionnelle, ils ne pouvaient pas s’en extraire. On aurait pu faire les deux en même temps, il paraît que François Hollande a dit : « comme ça, on va avoir deux claques au lieu d’une ». J’ai trouvé que pour une fois il y avait un peu de bon sens.

Un peu de bon sens, peut-être, je ne sais pas. On parle de réformes, on parle d’actualité politique. À la fin de la semaine, Nicolas Sarkozy annonce son retour. C’est qui Nicolas Sarkozy ? Vous parliez de Napoléon. C’est le nouveau Napoléon ? Le nouveau de Gaulle ? Ou le nouveau Monte-Cristo ?

D’abord je ne sais pas où en est Nicolas Sarkozy de ses réflexions.

A priori, on le sait, il va revenir, il veut être président de l’UMP.

J’ai toujours pensé qu’il reviendrait, et qu’il voudrait être président de l’UMP, vous êtes plusieurs autour de la table à pouvoir l’attester. Toujours pensé ça. Alors, simplement quelle est la ligne politique qu’il va choisir ? Et à quoi va nous conduire cette ligne politique-là ? Pour l’instant, je n’ai pas de réponse à cette question. J’ai dit, moi, dans votre émission, ce qui me paraissait les grands axes. Après, la situation dans laquelle on va se retrouver c’est d’avoir pour le pays trois solutions : Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et le candidat du PS. Il y a des millions de Français qui considèrent que ces trois solutions ne portent pas en elles ce dont le pays a besoin.

Alors pourquoi ?

Et donc ce triangle-là, triangle des Bermudes, ce triangle-là c’est le triangle qui représente ou qui figure trois impasses.

Pourquoi ?

Jusqu’à maintenant. Alors, peut-être peut-il changer…

Ça a mal fini le triangle des Bermudes.

Oui, le triangle des Bermudes, c’est là où on se perd.

Donc Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, le candidat du PS, c’est ça le triangle des Bermudes ?

C’est le triangle des Bermudes qu’on nous propose aujourd’hui.

Ça veut dire qu’on va à la catastrophe ?

Essayez d’entendre ce que je veux dire. Il y a aujourd’hui des millions, peut-être plus, peut-être des dizaines de millions de Français qui ne se reconnaissent dans aucune de ces trois propositions, et qui attendent, et peut-être même qui rêvent, que des hommes courageux, et des femmes, des femmes et des hommes courageux puissent ensemble tracer les lignes directrices d’une politique de fond qui sera maintenue suffisamment longtemps pour pouvoir apporter des succès, qui ait une majorité large de soutiens dans le pays. Et ma responsabilité à moi, pas seulement moi, mais en tout cas c’est la mienne, et j’espère la partager avec d’autres, c’est de construire cette solution qui permettra d’échapper à la fatalité de ces trois solutions.

Concrètement, vous pensez à Alain Juppé ?

Je pense qu’Alain Juppé peut jouer un rôle, et doit jouer un rôle, mais il n’est pas seul, il y en a sûrement d’autres.

Et en même temps ce qu’on voit actuellement, c’est que Nicolas Sarkozy n’est pas encore déclaré candidat, mais il y a déjà une dynamique qui s’opère en sa faveur avec François Baroin, Jean-Pierre Raffarin…

Ça ne m’avait pas tout à fait échappé.

Et qu’en dites-vous ?

Je pense que Nicolas Sarkozy est fort dans son camp. La question est de savoir si cette force apporte des réponses aux problèmes du pays, c’est-à-dire si elle est capable de rassembler des sensibilités différentes du pays, et d’avoir une vision claire et soutenable de l’avenir. Pour l’instant, ça n’a pas été le cas.

Vous parliez du triangle des Bermudes. C’est dangereux le triangle des Bermudes, est-ce qu’Alain Juppé peut tenir dans ce triangle des Bermudes ?

C’est ce qu’on va voir dans les mois qui viennent. Vous entendez l’appel qui au fond sous-tend cette affirmation. Il y a des millions de Français qui ont besoin qu’on leur propose autre chose que la fatalité de se retrouver dans ces impasses conjuguées, des millions de Français. Et les responsables politiques, eux, ont le devoir de répondre à cette attente. S’ils trouvent insatisfaisante la situation qui va être ainsi créée, ils ont le devoir d’en proposer une autre.

Le problème, vous dites, c’est qu’on ne sait pas encore sur quelle ligne va revenir Nicolas Sarkozy. Donc comment est-ce que vous pouvez dire qu’il y a un triangle des Bermudes qui ne répond à aucune… Tout le monde a dit : « il a changé ». Est-ce que c’est son caractère, est-ce que c’est ce qu’il a fait avant qui vous rend dubitatif ?

J’ai écouté un certain nombre de déclarations, de cartes postales, mais je ne veux en aucune manière me spécialiser dans une confrontation avec Nicolas Sarkozy.

Il change selon vous ?

Permettez-moi de rappeler que cette confrontation avec Nicolas Sarkozy, je l’ai eue quand il était au plus haut, quand il était au pouvoir, parce que sur les affaires, et on vient encore d’avoir dans une des plus célèbres affaires dans votre journal des informations extrêmement précieuses et qui permettent de voir que l’affaire Tapie reposait sur une, comment dirais-je, une manœuvre dans laquelle l’intérêt général n’était pas pris en compte.

C’était vous qui en aviez parlé au départ. Vous considérez que Nicolas Sarkozy peut être rattrapé par les affaires ?

J’ai presque fini. Donc je l’ai affronté, ou j’ai eu une confrontation avec lui sur le fond alors qu’il était au plus haut. Je ne suis pas spécialisé dans l’affrontement avec Nicolas Sarkozy, et je n’ai pas l’intention de l’être. Mais je voudrais, je veux, si je peux employer un terme aussi direct, que la France ait une autre solution que celle qu’elle a eue depuis des années, que la succession de manque de volonté qui s’est manifestée depuis des années. Nicolas Sarkozy a de l’énergie, et c’est bien qu’on le reconnaisse, mais ces dernières années on ne peut pas dire que cette énergie ait été mise au service de ce que pour ma part je considère bon pour le pays.

S’il gagnait en 2017, pour vous, c’est une catastrophe pour la France ?

Vous ne m’avez pas écouté, je sais bien que vous n’êtes pas obligé de m’écouter, mais je réponds. Je ne sais pas sur quelle ligne Nicolas Sarkozy va revenir, mais je vois très bien qu’un grand nombre de Français redoutent d’être enfermés dans des choix impossibles. Il revient aux responsables que nous sommes de proposer d’autres choix. Et on va voir dans les deux ans qui viennent de quelle manière les choses s’organiseront. Mais en tout cas pour moi, c’est ça qui est le plus important.

Vous savez ce qu’on va vous répondre du côté de l’UMP ? C’est que vous proposez finalement un renouvellement avec Alain Juppé qui a plus de 70 ans, vous-même qui avez déjà été ministre, et que ce n’est pas très neuf.

Et déjà candidat à l’Élysée.

J’ai été ministre, et heureusement. Peut-être si François Hollande avait eu une expérience de cet ordre, peut-être un certain nombre d’erreurs auraient-elles été évitées. Les attaques contre Alain Juppé que je lis sur son âge me paraissent alors vraiment indignes de la situation dans laquelle nous sommes dans le pays. Il s’en arrangera parce qu’il est fort et que la compétition dans laquelle il s’engage est une compétition qui exige d’avoir ténacité et cuir épais.

Puisque vous parlez d’Alain Juppé, on lit aussi que si Alain Juppé est candidat, vous seriez derrière lui, s’il n’est pas candidat, c’est vous qui irez à la présidentielle.

Je sais bien qu’on dit ça, et je voudrais simplement qu’on réfléchisse à la gravité des choses. L’élection présidentielle, c’est une élection décisive, et elle est en effet portée par des hommes ou des femmes. Élection décisive. Mais regarder la situation du pays en se disant qu’on va y trouver une occasion de carrière, d’avantages personnels, c’est le contraire…

Parce que tout à l’heure vous avez dit : « La France a besoin d’hommes courageux », quand vous dites ça…

D’hommes courageux qui sachent travailler ensemble.

Justement, quand vous dites ça, on se dit : « François Bayrou il se dit : peut-être que je suis courageux, que je peux apporter quelque chose à la France ».

À la question du courage, je répondrais volontiers, mais comprenez bien, je ne parle pas à la première personne quand je parle de cette nécessité dans laquelle nous sommes. Il faut bien prendre ses responsabilités, je n’ai jamais fui les miennes, mais vous voyez bien qu’aujourd’hui on n’a pas besoin de compétition entre les personnes, on a besoin d’une volonté partagée.

Volonté partagée, est-ce que ça veut dire qu’il faut de nouvelles structures ? On voit que tous les partis sont dans un état lamentable, est-ce qu’un rassemblement Bayrou Juppé c’est une nouvelle structure automatique ou pas ?

Je n’en ai pas la moindre idée, je suis très sévère à l’égard de la partitocratie comme on dit, c’est-à-dire de l’organisation de la démocratie française autour de partis qui entraînent à la manœuvre et à l’absence de courage, et même à l’absence de réflexion. J’ai été très frappé par la dernière alternance. Vous vous souvenez qu’on nous disait que Laurent Fabius avait préparé le programme des trois premiers mois avec des centaines d’experts, et qu’il ne manquait pas un bouton de guêtre, et que chacune des décisions avait été élaborée, et on est arrivé à l’élection, et ils sont arrivés au pouvoir, et qu’est-ce qu’on a vu ? Rien n’était prêt. Pourquoi rien n’était prêt ? C’est ça la bonne question. Parce qu’ils attendaient que l’ortolan leur tombe tout cuit dans le bec.

Vous aimez les ortolans ?

Vous savez que c’est interdit d’en manger. Il paraît que François Mitterrand s’exonérait de cette interdiction, mais je connais deux ou trois personnes qui s’en sont exonérées dans leur vie. Mais vous voyez bien de quoi il s’agit. Quand vous êtes avec deux partis seulement et que le parti au pouvoir est impopulaire, le coup de balancier vous assure de recevoir le pouvoir.

… dont parlait Valéry Giscard d’Estaing en 78…

Il faut une organisation différente parce que les hommes et les responsables qui sont sélectionnés par ce mode de fonctionnement sont habitués aux manœuvres de partis, mais pas au courage politique devant le pays. Or c’est le courage politique devant le pays qui est important.

Dernière question. On parle beaucoup de votre entente avec Alain Juppé, mais il y a aussi au centre une formation politique, l’UDI, qui va désigner un président. Quel regard vous portez là-dessus ? Vous êtes plutôt Morin, Jégo ?

Mon regard est très simple : je souhaite que celui qui sera élu à la tête de cette confédération soit habité par l’idée que s’il y a un centre en France, il faut que ce centre soit uni. Et donc le mouvement unitaire que nous avons initié il y a quelques mois avec Jean-Louis Borloo je souhaite qu’il se poursuive, qu’il se renforce et qu’il s’approfondisse.

Vous avez des nouvelles de Jean-Louis Borloo ?

Et c’est ce que j’ai dit, et c’est ce que je dis à tous ceux que je rencontre, et j’ai rencontré un certain nombre de ceux qui se présentent à cette élection.

Et vous ne choisissez pas entre eux ?

Je n’appartiens pas à cette formation politique, je n’ai pas du tout envie de m’engager dans cette affaire. Mais plus ils seront unitaires, et mieux ce sera pour l’avenir du pays.

Merci François Bayrou, c’est la fin de Questions d’Info, merci d’avoir répondu à nos questions.

« Je mets toutes mes forces à concevoir un projet de reconstruction pour notre pays »

FB Bureau

Mise au point sur l’interview publiée hier par Paris Match : retrouvez ici l’intégralité de l’entretien effectivement validé et approuvé par le président du MoDem pour l’édition papier du magazine.

Que pensez vous du  discours de Manuel Valls à La Rochelle et de son spectaculaire changement de cap ?

Manuel Valls fait preuve de détermination. Je lui donne acte d’avoir affronté sans faiblir la guerre des gauches qui pourrissait depuis deux ans la cohésion du gouvernement. La ligne politique qu’il affirme est cohérente dans son expression. Mais encore faut-il que les actes suivent, et là on n’y est pas. Les mots sont justes mais la réalité ne change guère. C’est là son vrai rendez-vous.

Cette inflexion économique se rapproche de celle que vous prônez …

Regarder en face les blocages qui affectent l’économie française, c’est aller dans le bon sens. Supprimer ces obstacles, c’est mieux encore. Mais il faut aller jusqu’aux causes de ces blocages ! La société est comme le sol pour une plante. Si la plante est en mauvaise santé, c’est que le sol est malade. C’est le sol qu’il faut soigner ! L’état de délabrement de notre pays exige des réformes profondes. Je prendrais deux exemples : Nous vivons avec une Éducation Nationale sinistrée et ce ne sont pas les rythmes scolaires qui vont résoudre le problème de la transmission des acquis, le climat à l’intérieur de l’école et le désarroi des enseignants. Ce ne sont pas ces changements mineurs qui vont convaincre les étudiants qui fuient l’enseignement, et les enseignants débutants qui se découragent. Il faut une réponse plus exigeante qui touche à la classe et pas seulement à ce qui l’entoure. Autre question lourde : nous avons des populations entières qui vivent parmi nous, dans nos quartiers, et dont l’intégration a été manquée. Cela exige qu’on ait une politique en profondeur qui touche à l’entrée dans le travail, l’apprentissage, l’alternance et la formation professionnelle.

Appelez-vous toujours de vos vœux une alliance réformatrice qui transcenderait les clivages traditionnels ?

Quand on voudra faire quelque chose de sérieux, ce sera le seul chemin crédible. L’heure n’est pas encore venue. La crise politique profonde née de la division de la gauche n’a pas encore produit tous ses effets. Et les affrontements internes à l’UMP non plus. Je crains que nous n’assistions à d’autres secousses dans les semaines et les mois à venir. De surcroît, nous n’avons pas les institutions qui permettent de vraies alliances au service d’un projet. Pourtant, je suis persuadé qu’une majorité réformatrice existe. On y viendra nécessairement quand on prendra la mesure des échecs provoqués par des années d’affrontements stériles. Alors sonnera l’heure des reconstructeurs.

Faudrait-il provoquer une dissolution ?

En cas de crise politique prolongée, il n’est pas d’autre issue que de rendre la parole au peuple. La dissolution de l’Assemblée nationale est donc dans ce cas l’issue la plus naturelle et la plus probable.

Mais à l’UMP, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Alain Juppé paraissent rejeter toute cohabitation…

Cette attitude ne me paraît ni réaliste, ni soutenable devant les Français. On ne peut pas se présenter à une élection en disant : «  Si vous m’élisez, si j’obtiens la majorité, je refuserai de gouverner ». François Mitterrand et Jacques Chirac ont tous deux montré que le seul choix possible est de gouverner la France même dans une situation de cohabitation. J’oserai même dire que les trois gouvernements, Chirac, Balladur, Jospin, issus des trois cohabitations qui se sont produites en France au cours de ces trente dernières années ont été plus utiles au pays que bien d’autres !

Si François Hollande vous le proposait, accepteriez-vous d’être Premier ministre ?

Il n’y a aucune hypothèse de cet ordre. Je mets toutes mes forces à concevoir et à proposer un projet de reconstruction pour notre pays. Et j’applique cette vision à la base, concrètement, à Pau, dans la ville dont je suis maire. Un tel projet exige une forte adhésion, des rassemblements larges, une démarche non sectaire. Le jour viendra où cette nécessité s’imposera pour le pays tout entier. Ceux que j’appelle les reconstructeurs devront se rassembler pour agir.

Si les institutions devaient se paralyser totalement, faudrait-il que François Hollande démissionne ?

Mais comment obliger le Président de la République à démissionner ? On ne va pas organiser un putsch ! Il n’y a pas d’autre choix disponible que d’assumer ses responsabilités devant les Français quand on gagne une élection et que le Président de la République nomme un gouvernement qui représente fidèlement et sans ruse la majorité sortie des urnes.

Que devient votre alliance avec Alain Juppé qui vous a soutenu lors de votre élection à Pau ?

J’ai pour Alain Juppé amitié, estime et solidarité. Je mets de l’espoir dans la démarche qu’il a entreprise et je suis prêt à l’aider. Si des responsables politiques hier séparés savent s’entendre autour d’idées fortes, cela donnera de l’espoir aux Français.

Le soutiendrez-vous lors de la primaire de l’UMP à laquelle il a déclaré qu’il sera candidat ?

Je me reconnais beaucoup dans ses attentes. Pour autant, je ne suis pas engagé dans cette primaire. Participer à une primaire c’est en accepter les résultats quels qu’ils soient et je ne veux pas me lier à l’avance. Si le centre veut exister, il faut qu’il soit indépendant.

Qui soutiendrez-vous pour  succéder à Jean Louis Borloo à la tête  de l’UDI ?

Je n’ai pas à intervenir dans cette élection et je ne le ferai pas. Mais le MoDem et l’UDI doivent travailler ensemble. Pour moi, le meilleur candidat, ce sera donc le plus unitaire, celui qui travaillera avec nous au rassemblement de tous les mouvements du centre.

Croyez-vous au retour de Nicolas Sarkozy ?

Avec tous les signaux qu’il a envoyés et qu’ont envoyé ses proches, cela paraît une évidence. Comment reculerait-il ? Je ne vois pas beaucoup de suspens à ce sujet.

Quelle est au fond votre ligne politique ? 

Je veux être un reconstructeur de notre pays sinistré et je veux que se rassemblent tous les reconstructeurs.

Le MoDem 54 salue l’élection de Laurent Hénart à la présidence du Parti Radical

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Le Mouvement Démocrate de Meurthe-et-Moselle (MoDem 54) par la voix de sa présidente, Danièle Noël, salue l’élection de Laurent Hénart à la présidence du Parti Radical, prenant ainsi la succession de Jean-Louis Borloo à la tête d’une des composantes de l’UDI.

A cet égard, le MoDem 54 réitère sa volonté de construire une vision nouvelle, un renouvellement politique qui dépasse les idéologies usées, et les controverses systématiques.

Cette forme politique doit respecter, rassembler et fédérer des sensibilités différentes afin de mieux encore travailler efficacement ensemble.

Nous avons réussi ce pari de rassemblement lors des échéances municipales à Nancy.

Nous avons, ensemble, relevé le défi des Européennes dans la circonscription Est.

Aujourd’hui, nous souhaitons à Laurent Hénart de poursuivre avec succès le travail accompli au sein de son parti et d’être un des garants de l’unité de la famille centriste.

C’est grâce à cette volonté partagée, fondée sur des valeurs communes, que nous pourrons faire émerger une force politique nouvelle, mais surtout indépendante et souveraine.

 

Danièle Noël

Présidente MoDem 54

Le 22/06/2014

www.modem54.org

Ma réaction et mon appel à poursuivre notre engagement. Par Danièle Noël

Site du MoDem 54

Madame, Monsieur,

Chers amis,

« Choc », « Chaos », « Séisme », « Tsunami », les mots n’ont pas été choisis à la légère pour commenter ici ou là les résultats des élections européennes du week-end dernier. Il faut également reconnaitre que le climat de défiance dans lequel ce scrutin a eu lieu, n’a pas contribué à rassembler les électeurs.

Le Front National annoncé comme premier parti de France, est-ce vraiment une surprise ? Je n’en suis hélas pas convaincue.

Depuis plusieurs mois, nous avions relayé ce sentiment de défiance et de colère des Français à l’égard de la classe politique et de l’Europe. Sentiment recueilli sur le terrain aux côtés de Jean Lassalle, tout d’abord, puis également ressenti lors des campagnes de terrain menées à l’occasion des élections municipales.

Nous ne pouvons pas dire que nous nous sommes retrouvés devant une situation que nous n’avons pas vu venir, notre contribution en forme de réponse ayant été un engagement actif et permanent pour défendre nos idées, notre idée de la politique. Militants, adhérents, élus, sympathisants, de tous âges, nous avons tous ensemble fait rayonner nos idées, et infléchi, au cas par cas, la propension initiale de nombre de nos concitoyens au vote extrême. Qu’il me soit ici donné l’occasion de vous remercier, défenseurs des idées républicaines, citoyennes et modérées, représentants d’une politique éthique et respectueuse, que nous incarnons depuis la création de notre Mouvement.

Bien entendu, les résultats sont alarmants et ne peuvent laisser personne indifférent. Il y a lieu, toutefois, de relativiser la portée de ce scrutin, en évitant de ne voir que le côté sombre de ce vote.

C’est ainsi qu’en Meurthe-et-Moselle, je suis particulièrement fière des scores obtenus, à Nancy notamment. Notre ville a été, une fois encore, le bastion anti FN.

Lorsque François Bayrou et Jean-Louis Borloo ont imaginé « l’Alternative », ils ont voulu Nancy comme la vitrine d’un rassemblement fort et durable. Avec 16,63% des voix en faveur de la candidate UDI-MoDem, le Raz-de-Marine est ici très vite retombé. Notre ville démontre encore sa capacité de résistance aux idées nauséabondes prônées par l’extrême droite et à ses basses manœuvres qui tendent à tromper les citoyens.

Dans le Grand-Est, Nathalie Griesbeck a été reconduite à son poste de députée européenne. Elle pourra ainsi poursuivre son action. Proche des citoyens, accessible, Nathalie Griesbeck représente un réel atout pour nous, dans une  construction européenne en pleine évolution. Garante de l’éthique que nous souhaitons tous trouver en politique, Nathalie Griesbeck a salué les députées sortantes Sandrine Bélier et Catherine Trautmann, et regretté qu’elles aient été obligées d’abandonner leur expérience des affaires européennes au profit du recyclage de candidats d’appareils, bien éloignés de la vision communautaire.

Les échéances électorales sont aujourd’hui passées. Les différents paysages se dessinent, l’heure est désormais au travail. Mais les enseignements de ces scrutins doivent maintenant entrainer une véritable prise de conscience chez chacun d’entre nous. Nous savons que les solutions pour notre pays ne viennent pas des extrêmes. Les solutions, elles, viennent de responsables politiques solides qui disent qu’à partir de maintenant, on va reconstruire. Pour ce faire, nous allons poursuivre et accroître la dynamique que nous avons lancée !

Si nous ne défendons pas le côté noble et respectable de la Politique et des politiques, nous ne pourrons plus dire que nous ne savions pas. Pour ne pas être complaisants avec les catastrophes démocratiques qui se profilent, il est plus que jamais de notre devoir de réagir, de protéger activement nos acquis sociétaux.

PLUS QUE JAMAIS, NOTRE COHESION EST GARANTE DE NOS LIBERTES.

Voilà pourquoi je lance un appel à votre mobilisation au sein du MoDem pour les prochaines semaines, afin de ne pas laisser béants des espaces entiers de notre démocratie.

Adhérez au Mouvement Démocrate, ou renouvelez votre adhésion, et participez activement à nos prochaines actions. La meilleure réponse que nous pouvons apporter à la France, à l’Europe, est notre vision : une société humaine, respectueuse, qui décide d’aller de l’avant, et de relever les défis qui nous amèneront à une vie meilleure, dans un monde apaisé.

Adhérez au Mouvement Démocrate

Je vous remercie.

Danièle NOËL

Présidente MoDem 54

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Rassemblement des Centres, UDI–MODEM : l’alternative devient possible !

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Communiqué de presse

Jeunes Démocrates

de Meurthe et Moselle

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Rassemblement des Centres, UDI–MODEM : l’alternative devient possible !

Les Jeunes Démocrates de Meurthe et Moselle se félicitent de l’union du MoDem et de l’UDI qui s’est scellée ce mardi 05 Novembre 2013.

François Bayrou et Jean Louis Borloo, en un geste historique, ont démontré leurs forces d’union face à un état d’urgence pour la France.

« L’union des centres », c’est un rapprochement, une entente, une coopération, et non pas une fusion. Chacun des deux mouvements, le MoDem et l’UDI, garde ses structures et sa vie interne.

Nous croyons en cette capacité de changer en mobilisant l’ensemble des forces vives de notre pays, pour l’intérêt général.

Les Jeunes Démocrates 54 et les Jeunes UDI 54 avons anticipé cette union et préalablement travaillé  pleinement sur l’Europe, un sujet cher à nos yeux.

Cette volonté de travailler ensemble, dans le respect de l’autre, avec nos valeurs communes – « humanistes, républicaines, démocrates, réformistes, européennes » nous rassemble.

Nous  posons  aujourd’hui  la  première  pierre  d’une  démarche tout à fait novatrice pour bâtir un programme de

reconstruction nationale durable.

Nous jeunes de l’ Alternative 54 seront pleinement acteurs  de  cette  reconstruction.  Pas  pour  une  élection, pour une génération.

Les valeurs  rassemblent, les étiquettes divisent.

Construisons !

Séverin Lamotte

Président des Jeunes Démocrates 54

Membre du Bureau national Jeunes Démocrates

Udi-MoDem, l’Alternative: une offre politique nouvelle

Modem-Udi 2

L’union des centres vient d’être scellée cet après-midi entre François Bayrou et Jean-Louis Borloo. C’est une première étape, nous en reparlerons longuement dans les jours qui viennent. Je n’en doute pas.Je me réjouis de cette union des centres. Je souhaitais vous le faire savoir.

« L’union des centres », c’est un rapprochement, une entente, une coopération, et non pas une fusion. Chacun des deux mouvements, le MoDem et l’Udi, garde ses structures et sa vie interne. C’est une volonté de travailler ensemble, dans le respect de l’autre, avec nos valeurs communes: humanistes, républicaines, démocrates, réformistes, européennes.Elle donne par conséquent une voie nouvelle à la politique.
Cette voie est la preuve que nous sommes en mesure de proposer tandis que d’autres se divisent.
Elle est la preuve que nous ne nous enfermons pas dans un système étriqué et que nous sommes capables de tourner le dos à la rivalité lorsque l’urgence s’impose. Cette urgence, elle nous est dictée par la situation de notre pays.

Le choix que nous faisons aujourd’hui prouve que nous sommes des progressistes. Et parce que nous sommes des progressistes, nous croyons toujours en la mobilisation des forces vives de notre pays.Nous croyons en cette capacité de changer en mobilisant l’ensemble des forces vives de notre pays.Quand les partis politiques traditionnels sont à bout de souffle, qu’ils montrent qu’ils sont en fin de vie, qu’ils ne répondent plus aux attentes citoyennes ou qu’ils ne sont plus que des écuries pour les élections présidentielles, nous avons le courage et l’audace de nous unir pour apporter un renouveau en politique.

Nous avons décidé de nous rassembler et d’unir nos forces, non pas pour nous, mais pour les Français.Nous serons l’alternative face à l’impuissance politique. Nous le serons avec tous ceux qui voudront nous rejoindre et former une large majorité que nous souhaitons aller de la droite républicaine qui partage nos valeurs, aux écologistes, et aux sociaux-démocrates.Nous posons aujourd’hui la première pierre d’une démarche tout-à-fait novatrice pour bâtir un programme de reconstruction nationale durable.

De grands chantiers se profilent devant nous. Nous les mènerons.Pour ce faire, il est vital que nos institutions soient repensées.Nous y travaillerons. Nous y travaillons. Pas pour une élection, pour une génération.Avec vous ! Pour qu’ensemble nous devenions les acteurs centraux de ce renouveau.
Parce que j’aime tous ceux qui se lancent des défis pour faire avancer les choses, tous ceux qui osent se dépasser et résister, tous ceux qui acceptent la compétition et la remise en question, à la recherche vraie et sincère de moyens d’actions à mettre au service de notre société.

Pour toutes ces raisons, je compte sur vous !

Parce que c’est ainsi que les sociétés progressent.

Amitiés démocrates

Danièle NOËL

Présidente MoDem 54

Nancy, le 05/11/2013

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Vidéo et de la conférence de presse

▶ UDI-MoDem, l’alternative – Conférence de presse – 051113 – Vidéo Dailymotion.

François Bayrou et Jean-Louis Borloo, invités du 20h sur TF1

François Bayrou et Jean-Louis Borloo, invités du 20h sur TF1 – 051113 – Vidéo Dailymotion.

Suspension de l’écotaxe : un acte d’apaisement

L’écotaxe a été suspendue, ce mardi, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, sous la pression du mouvement d’hostilité en Bretagne.

Interrogé ce matin même à l’antenne de I-Télé, François Bayrou président du MoDem a rappelé qu’ il y a quelque chose de caricatural dans cette affaire:

« Cette taxe, cette écotaxe, elle a été inventée, mise en place et votée sous le gouvernement précédent », a tenu à souligner le leader centriste. « L’idée que l’UMP puisse dire aujourd’hui ‘nous n’y sommes pour rien, c’est de votre responsabilité’ est donc une idée qui ne résiste pas à la réflexion. Si on avait un peu d’esprit de responsabilité et de modération, on dirait que les deux majorités sont co-responsables de cette taxe », a-t-il soutenu.

« En revanche, a-t-il ajouté,  il est possible « de réfléchir ensemble à une remise à plat, de corriger les anomalies et de faire en sorte de rassurer ceux qui s’inquiètent aujourd’hui », a-t-il proposé.

La suspension de l’écotaxe dans un moment économique particulièrement difficile pour notre société doit donc être perçu comme un acte d’apaisement, que je salue.

 Quant au président de l’UDI, Jean-Louis Borloo, et au député d’Ille-et-Vilaine Thierry Benoit (UDI) tous deux ont déclaré : »Puisque ce sujet dépasse les majorités et qu’il est extrêmement difficile, nous devons l’assumer ensemble et sommes à la disposition du gouvernement pour participer à la réflexion », faisant ainsi la preuve de leur volonté de se situer dans une opposition constructive, dans l’intérêt de tous.

Malgré cette suspension, « il est à craindre que le mouvement de colère français et particulièrement breton ne s’arrête pas pour autant, car, au-delà de l’écotaxe, il est signe d’une crise et d’une désespérance sociales profondes et majeures » ont-ils ajouté.

Danièle NOËL

Présidente MoDem 54

Les noces Borloo-Bayrou le 5 novembre

INFO JDD – Les deux centristes vont officialiser leur alliance d’ici dix jours. Jean-Louis Borloo et François Bayrou ont mis la dernière main à leur charte commune cette semaine.

Plus rien ne s’oppose désormais au mariage Borloo-Bayrou. Annoncé pour la mi-octobre, le rassemblement des deux centristes et de leurs deux formations, l’UDI et le MoDem, devrait être scellé d’ici dix jours. Une conférence de presse doit être organisée le lundi 4 ou plus probablement le mardi 5 novembre, afin que les parlementaires puissent assister à cette union politique pour les prochaines échéances électorales. Yves Jégo, côté UDI, et Marielle de Sarnez, côté MoDem, ont été chargés de l’organisation de l’événement.

En milieu de semaine, Jean-Louis Borloo et François Bayrou ont mis la dernière main à leur charte commune. Une trentaine de lignes « pleines de subtilités », reconnaît l’un de ceux qui ont pu la lire. L’UDI a par exemple tenu à y faire figurer la mention de sa force parlementaire, alors que le MoDem n’a plus que quelques élus. Reste à nommer cette famille élargie. Jean-Louis Borloo penche pour « l’Alternative ». Au MoDem, on se dit prêt à lui laisser le dernier mot.

S.Q. – Le Journal du Dimanche

samedi 26 octobre 2013

UR 2013 – Rassemblement du Centre: « Nous le ferons avec bienveillance et indépendance »

François Bayrou a plaidé dimanche pour un partenariat entre le MoDem et l’UDI qui soit guidé par « la bienveillance » et permette de « faire naître une équipe commune, compétente et reconnue ».

« Si nous sommes à la hauteur, il y aura au moins un lieu où on se rassemblera sans obsession de rivalité, en acceptant des nuances et des différences entre nous, mais sans ruse et sans jeux de courants mortifères (…) avec bienveillance réciproque », a-t-il déclaré à la fin d’un discours de près d’une heure trente en clôture de l’université de rentrée à Guidel.

« Dans un paysage où tout explose, ce rassemblement sera un message pour la France parce que cela signifiera qu’il y a des responsables politiques qui sont prêts à mettre au second plan leur intérêt personnel pour mettre au premier plan l’intérêt général du pays », a-t-il ajouté.

« Je ne méconnais pas l’importance des identités politiques », a-t-il lancé également, expliquant qu’il y avait peut-être des « gens de gauche dans la salle ».

« Jean-Louis Borloo et moi, celles et ceux qui m’entourent et celles et ceux qui l’entourent – parce que n’est pas seulement une affaire pour deux hommes – c’est une entreprise nouvelle à plusieurs, dont il s’agit de faire naître une équipe, compétente et reconnue », a-t-il dit.

« Bien sûr nous sommes différents, notre manière vivre », se reprenant, « euh de voir le monde, peut-être aussi de vivre, ne sont pas la même, les caractères ne sont pas les mêmes, nos chemins n’ont pas été les mêmes », a-t-il reconnu.

François Bayrou a expliqué que le MoDem allait apporter à ce rassemblement « la garantie que l’indépendance ce n’est pas un vain mot ». « Si nous n’avions pas été à ce point indépendants, à ce point libres, il n’y aurait pas aujourd’hui de rassemblement du centre car il n’y aurait plus de centre », a-t-il assuré.

« L’indépendance nous l’avons pratiquée et prouvée comme personne, jamais, avant nous ne l’avait fait sous la Ve République », a-t-il martelé, très applaudi par les quelque 500 personnes présentes.

S’agissant de la question des alliances, il a évoqué « une naturelle complémentarité » avec « la droite républicaine » quand elle est sur « ses fondamentaux qui croit autant à la fraternité qu’à la liberté », comme il y aurait « une naturelle complémentarité avec une affirmation sociale-démocrate rénovée ».

« Nous sommes la garantie qu’il n’y aura aucun jeu d’alliance automatique qui nous entraînera dans des complaisances dont nous ne voulons pas », a-t-il ajouté.

 Interview France-Bleu de Danièle NOEL:

Discours de clôture de F Bayrou

Évènements : Discours de François Bayrou, en… par LCP

Modem-UDI : la main tendue ?

Est Républicain – 10/9/13

Après la réaction de Jean-Louis Borloo, l’entrevue entre François Bayrou et André Rossinot, l’heure de la détente entre les blocs centristes a sonné. Objectif ? Les Européennes de juin 2014, mais aussi les municipales

Danièle NoëlRIEN DE TEL qu’une fin d’été pour entamer fissa le dégel des relations diplomatiques. En juillet déjà, André Rossinot affirmait qu’il verrait François Bayrou. L’un et l’autre se connaissant bien, mais n’ayant jamais envisagé une seconde de passer leurs vacances ensemble, le rapprochement sonnait l’heure de la « perestroïka » centriste. En clair, comment se rassembler par-delà quelques clivages minimes, pour récupérer les électeurs centristes, partis chez Hollande en 2012, et déjà déçus. Hier matin, comment pouvait-on résister au sondage du microcosme local, à l’heure même où Jean-Louis Borloo confirmait sur Inter, que des plateformes communes UDI-Modem étaient à l’ordre du jour pour les Européennes et l’UDI.

Valeurs communes

« Comme les Européennes, l’UDI et le Modem étant fédéralistes et convaincus de la nécessité d’une Europe politique, nous pensons que nous avons des valeurs communes à partager à l’échelon local » explique Laurent Hénart. Le secrétaire général du Parti radical parle donc « d’une même vision », et enterre la hache de guerre de 2008, quand le Modem n’avait rien fait pour qu’André Rossinot ait la tâche facile. Pour Danièle Noël présidente du Modem 54, l’attitude de Borloo justifie les choix du passé : « La réunification des centres autour de François Bayrou était une vraie idée. On avait raison avant tout le monde et on l’a payé cher en terme de campagne et d’élus. Même si en Lorraine le Modem pèse 1200 encartés. Pendant que le PS et l’UMP sont sous la pression de leurs extrêmes, il y a une carte à jouer, aux Européennes_très importantes_mais aussi aux municipales et donc au Grand Nancy ».

Déjà là et en sursis

Deux Modem figurent déjà dans l’équipe Rossinot, Thierry Coulom et Lucienne Redercher. Elle a fait beaucoup, et avec cœur, pour les Droits de l’Homme, il a mis toute sa fougue toulousaine, pour faire bouger des lignes y compris dans son propre parti, y compris en s’attirant la foudre en interne. Total, l’élu de Nancy et de la CUGN est « suspendu » du Modem, en attendant une décision du Comité de contrôle et de conciliation. Le secrétaire général du Modem, Marc Fesneau, était à Nancy jeudi dernier, où a été évoqué le litige avec Thierry Coulom. « J’ai promis de ne pas communiquer sur le dossier. Paris s’en occupe, j’ai confiance en l’avenir du mouvement » explique laconique l’intéressé, qui amuse Lucienne Redercher, volontiers indulgente :

« Thierry est un homme du sud ouest, il a des convictions, c’est un authentique Modem, qui s’exprime avec fougue et passion et défend ses opinions avec force. » L’adjointe au maire d’André Rossinot, plus disponible encore qu’en 2008, est prête à repartir pour un second mandat aux côtés de Laurent Hénart. Pour Danièle Noël, la qualité du « mandat de Lucienne Redercher est indiscutable, elle a beaucoup travaillé. Y compris en faisant valoir l’identité du mouvement ». Ce que la présidente du Modem 54 appelle la « ligne rouge », celle d’une « dérive trop droitière, excessive ».

Pourtant le Modem est bien un parti de centre droit au même titre que les Valoisiens ? « Non un parti du centre. On parle avec tout le monde. » A-t-elle été approchée par d’autres formations politiques ? « Oui, y compris le PS. On discute, on échange, on ne change pas de valeurs pour autant. Gérer une communauté urbaine aujourd’hui c’est travailler avec toutes les sensibilités sur une plateforme commune, en gardant indépendance et autonomie ». Preuve que le Modem s’intéresse à l’avenir de Nancy, « les élus Modem et Antoine Le Solleuz délégué départemental étaient au campus de Laurent Hénart samedi » rappelle Danièle Noël, qui se garde bien de nourrir officiellement quelques appétits municipaux : « Le Modem a encore un rôle à jouer dans l’avenir du Grand Nancy ». Dont acte.

Pascal SALCIARIN

La lettre de F Bayrou aux adhérents et sympathisants :

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