Clap de fin

Modem 54

Après plusieurs jours de réflexion j’ai décidé de quitter le Modem.

Depuis les échéances internes de Novembre 2014 et les contestations légitimes de ce scrutin interne qui ont mené au déni de démocratie que nous avons connu… Car oui, dans n’importe quelle élection on connaît le corps électoral… il n’y a qu’au Modem que l’on cache le listing (qui tient sur une feuille A4 recto-verso) des adhérents, qui sera consultable d’ailleurs à loisir le jour du scrutin, donc au titre de quoi empêcher les candidats à la Présidence d’avoir tous accès aux mêmes informations ? Une irrégularité qui n’a été au fond qu’une ne raison de plus d’être dégoutté des magouilles internes au sein des partis politiques.

L’électrochoc final a eu lieu hier, en recevant la convocation du prochain conseil départemental, et juste la réalisation que je ne voulais pas participer à ce « bal des faux cul »… A l’autosatisfaction qui allais en découler après les élections départementales qui nous font passer d’un élu sortant à aucun !!!

Je quitte donc le Modem et mon siège de conseiller départemental, je n’assure que la continuité des départs multiples de ces derniers mois comme ceux de mes amis parmi lesquels je citerai Thierry Coulom, Benoit Wagner, Ludovic Malega… Et ce n’est pas fini…

Je reste un militant qui s’engagera sur le terrain au fil des campagnes électorales, mais après tout ce que j’ai vu en interne des partis politiques ces dernières années, je ne ressent ni l’envie, ni le besoin, d’adhérer à un parti pour militer. Je ne dirai pas « fontaine », mais en 2015 il est certain que je resterai non engagé dans un parti politique.

Thierry Coulom quitte le Modem 54

Thierry Coulom quitte le Modem - Est Républicain - 01.04.2015

Madame la Présidente du Mouvement Démocrate de Meurthe-et-Moselle, vous avez cru bon de qualifier dans l’Est Républicain (cf article joint) les raisons de mon départ du MoDem 54, de calomnies. Or il se trouve que je ne calomnie pas, je dénonce et j’accuse preuves en main !

Vous m’avez bien empêché la consultation de la liste électorale permettant de faire campagne lorsque je me suis présenté contre vous en septembre dernier pour la Présidence du MoDem 54. Vous l’avez fait en contrevenant à l’article 12c du règlement régissant les élections internes du Mouvement Démocrate et vous l’avez fait en invoquant une soi-disant protection des données personnelles des adhérents alors-même que le règlement prévoyait expressément cette consultation mais qui plus est, que chaque adhérent venu voter le jour des élections, a pu consulter cette liste puisqu’elle était évidemment disponible et même obligatoire pour réaliser les opérations de vote.

En français dans le texte, vous avez triché et vous êtes donc une tricheuse, vos dénégations n’y feront rien et chaque adhérent du MoDem 54 doit savoir que cette fédération départementale est présidée par une personne sensée avoir et défendre des valeurs politiques à l’opposée de son comportement et sa pratique dans le cadre de son engagement.

Par ailleurs, si vous vous sentez calomniée, alors n’hésitez pas, il vous reste la possibilité de me traduire devant un tribunal et de me faire condamner pour dénonciation calomnieuse. Devant une telle hypothèse, sachez bien que je serai heureux de lui donner les preuves et les témoignages de votre tricherie.

Vous osez communiquer en permanence sur la nécessité pour les partis politiques de se réformer afin d’obtenir la déontologie, la transparence, l’honnêteté et toutes ces valeurs qui sont à l’honneur des vrais politique mais la priorité est de vous réformer vous-même car c’est une honte que d’avoir ainsi organisé les conditions d’un scrutin interne truqué.

Votre stratégie personnelle qui consiste à épuiser vos adversaires, écœurer tous vos contradicteurs afin d’être la seule en situation de représenter le MoDem 54 dans le but d’en tirer les fruits d’une représentation politique locale est enfin dévoilée et je contribuerai à ce que chaque responsable politique du département en prenne la juste mesure.

Je répondrai à chacune de vos interventions publiques visant à me discréditer alors que j’ai justement défendu et que je défends encore les valeurs dont vous vous drapez indûment. Je ne suis pas parfait, loin delà, mais ceux qui me connaissent savent parfaitement que mon « faire » est cohérent avec mon « dire » et dans ce domaine vous avez d’énormes marges de progression tant il y a loin, chez vous, de la parole aux actes.

Thierry Coulom, Ex membre du MoDem 54
Victime d’une tricherie aux élections internes de sept./Nov. 2014

Les mois passent et toujours rien ne se passe !

Modem 54

Au moment même où l’ensemble des candidats entrent en campagne pour les élections Départementales, force est de constater que cela fait deux mois que le nouveau Conseil Départemental n’a pas été réuni alors que les élections sont dans deux mois et une semaine !

La dernière communication du Modem 54 sur le sujet remonte au 20 décembre « « Les adhérents du Mouvement démocrate sont solidaires des décisions collectives du Mouvement, notamment en termes d’investitures pour les différentes élections. (charte éthique du MoDem – article X – 6 décembre 2007) »… » autant le dire franchement, je n’apporterai aucun soutien à des candidatures qui n’auraient pas été débattues par le Conseil Départemental au préalable ! On est pas au Parti Autocrate !!! (me semble t-il)

Entre temps les questions demeurent…

Qui sera candidat pour le MoDem ? sur quels cantons ? avec quelles alliances ?

Bref c’est du grand foutage de gueule !

Bonne Année 2015

En cette nouvelle année qui débute, je vous souhaite mes meilleurs vœux de réussite dans vos projets en cours comme à venir.

Que cette année soit riche en rencontres, en échange, en rapprochements et en lutte communes pour l’intérêt général.

L’an passé, l’Alternative UDI-MODEM a ouvert les portes d’un rapprochement des partis centristes et j’espère que cette année permettra d’aller plus loin encore.

Bonne Année 2015

Il est des temps où les divisions du passé deviennent veines et c’est aux nouvelles générations de montrer la voie.

Nos aînés ont collaborés ensemble avant de se diviser pour des intérêts particuliers,

à nous de montrer que l’on peut se rassembler et maintenir cette alliance pour de bon.

Au sujet des élections Départementales

Modem 54

Déjà un mois que l’élection interne du MoDem 54 est passée… Et toujours aucune réunion du conseil départemental auquel je suis élu ! Pour rappel les élections départementales sont en mars 2015… On aborde la question quand ? Et les alliances UDI-MODEM on en parle ? Qu’attends donc Danièle Noël pour réunir le Conseil départemental ?

Alors puisque l’on ne peut en débattre en interne on va le dire publiquement ! Oui j’aimerais être candidat suppléant et représenter mon parti aux prochaines élections sur Nancy ! (pour une première campagne électorale une candidature de suppléant est bien suffisante… Il faut apprendre !) voilà c’est dit !

Heureux de voir que Thierry Coulom se porte candidat « J’ai comme une envie de cantonale qui me met en appétit. Mais bon, la faim ne justifie pas le festin et on verra après les fêtes si mon appétit peut devenir fringale. Dans tous les cas, je suis sans être le seul, un des centristes de combat capable de battre le Président du Conseil Général sur le canton de Nancy-Nord. Qui vivra verra !« 

Face aux adeptes des discours creux, soyons concrets !

Modem 54

Dans sa communication sur les résultats de l’élection interne du MoDem 54, Danièle Noël prouve qu’elle est une adepte de la communication et des discours creux et sans fond !

Elle ne dit rien, sur rien !!! Si ce n’est une auto-félicitation où elle affirme aux militants « vous représenter et agir dans l’intérêt général. » poussant l’hypocrisie en disant que « Plus que jamais, c’est l’unité au sein de notre fédération qui doit prévaloir, dans l’estime, le respect de notre charte éthique et des valeurs. »

Aucun chiffres, aucun résultats, aucun pourcentages, pas un mot sur les élus de majorité comme d’opposition ! Sa personne seule compte, rien que sa personne !

Alors je vais être concret !

Résultats de l’élection à la Présidence

Corps électoral 82 votants / Votes exprimés 61 / Taux de participation 74,39 % / 1 vote blanc / 1,61 %

Danièle Noël – 32 voix / 52,46 %

Thierry Coulom – 28 voix / 45,90 %

 

Résultats de l’élection au Conseil Départemental

Corps électoral 82 votants / Votes exprimés 63 / Taux de participation 76,83 % / 1 vote blanc / 1,22 %

Sonia Sadoune – Liste « Démocrates en Mouvements » 34 voix / 54,83 %

Sont élus:

1. Sonia SADOUNE – Nancy – Conseillère municipale déléguée, Conseillère communautaire au Grand Nancy

2. Antoni BANASIAK – Nancy

3. Danièle NOEL – Nancy – Conseillère municipale déléguée, conseillère communautaire déléguée au Grand Nancy

4. Stéphane KLOPP – Villers-lès-Nancy – Conseiller municipal délégué

5. Anne-Marie ANTOINE – Laxou – Conseillère municipale déléguée, conseillère communautaire déléguée au Grand Nancy,

6. Sébastien NANTZ – Saint Nicolas de Port – Conseiller municipal délégué

7. Anny DEBACKER – Vandoeuvre-lès-Nancy,

8. Séverin LAMOTTE – Champigneulles – Conseiller municipal,

9. Catherine CREHANGE – Nancy

10. Vincent CATALDO – Nancy

11. Catherine VERBREGGHE – Malleloy

Thierry Coulom – Liste « Pour un Modem 54 uni et Convivial » – 28 voix / 44,44 %

Sont élus:

1. Thierry Coulom – Nancy – Adjoint au Maire de Nancy / Conseiller Communautaire du Grand Nancy

2. Lucienne Redercher – Nancy – Adjointe au Maire de Nancy / Conseillère Communautaire du Grand Nancy

3. Marc Saint Denis – Vandoeuvre les Nancy – Conseiller Général de Meurthe et Moselle / Conseiller Municipal de Vandoeuvre les Nancy

4. Sophie Wakeford – Malzéville – Ex Conseillère Municipale de Malzéville

5. Alain Vigneron – Toul – Conseiller Municipale de Toul

6. Chantal Bautisia – Hatrize – Ex Conseillère Municipale de Hatrize

7. Yohan Drian – Nancy – Ex secrétaire des jeunes Démocrates 54

8. Ann Marchand – Vandoeuvre les Nancy – Conseillère Municipale de Vandoeuvre les Nancy

9. Philippe Maujean – Neuves-Maisons – Ex Conseiller Municipal de Neuves-Maisons

 

Bref, quand on veut de l’information il faut aller la chercher, car les adeptes du flou artistique maintiennent volontairement dans l’ignorance les adhérents, ce n’est pas ma tasse de thé !

Les 9 élus d’opposition au Conseil Départemental du MoDem 54

Liste

1. Thierry Coulom – Nancy – Adjoint au Maire de Nancy / Conseiller Communautaire du Grand Nancy / Facebook

2. Lucienne Redercher – Nancy – Adjointe au Maire de Nancy / Conseillère Communautaire du Grand Nancy / Facebook

3. Marc Saint Denis – Vandoeuvre les Nancy – Conseiller Général de Meurthe et Moselle / Conseiller Municipal de Vandoeuvre les Nancy / FacebookSite web

4. Sophie Wakeford – Malzéville – Ex Conseillère Municipale de Malzéville / Facebook

5. Alain Vigneron – Toul – Conseiller Municipale de Toul / Facebook / Twitter / Site web

6. Chantal Bautisia – Hatrize – Ex Conseillère Municipale de Hatrize / Facebook

7. Yohan Drian – Nancy – Ex secrétaire des jeunes Démocrates 54 / Facebook / Twitter / Instagram / You Tube / Dailymotion / Site web

8. Ann Marchand – Vandoeuvre les Nancy – Conseillère Municipale de Vandoeuvre les Nancy / Facebook

9. Philippe Maujean – Neuves-Maisons – Ex Conseiller Municipal de Neuves-Maisons / Blog

Duel au Modem

Vivement la fin de ces échéances internes !

Pour ma part une chose et claire… au delà de l’attitude de Danièle Noël comme de Sonia Sadoune qui ont purement et simplement refusées de me dire bonjour avant la séance du Conseil de la Communauté Urbaine du Grand Nancy, scène surréaliste aux yeux de nombreux élus de la majorité comme de l’opposition qui me connaissent (et c’est elles qui parlent dans leur profession de foi de liste: « Par notre candidature, nous entendons défendre nos valeurs et notre projet politique, l’unité de notre parti et associer pleinement les adhérents qui nous ont rejoints. » En d’autre termes, on dégage ceux qui ont eu l’audace d’être nos compétiteurs ! Elles se foutent carrément de notre gueule !

Téléchargez la profession de foi de la liste « démocrates en mouvements », conduite par Sonia Sadoune

Le pis étant, que dans l’article de l’Est Républicain d’hier, Danièle Noël se défends, sur la demande légitime de Thierry Coulom d’avoir accès au fichier d’adhérents en tant que candidat à la présidence pour chercher les personnes nécessaires qui souhaiteraient s’engager à ses cotés sur sa liste, en rappelant : « que Thierry Coulom à pu déroger aux statuts en présentant une liste de 13 personnes seulement au lieu de 20 ». Là encore elle se fout de notre gueule.

Duel au MoDem 13.11.2014

La CNIL citée en exemple est très claire sur « La communication de la liste des personnes participant à une consultation »

La transparence et le contrôle démocratique sont en particulier nécessaires dans l’hypothèse où les personnes consultées doivent justifier d’une qualité particulière […] Ainsi, en application d’un fondement juridique explicite, une liste nominative des signataires peut être communiquée à l’organisme de contrôle des modalités de la consultation, au destinataire, à tout électeur qui le demande, ou encore publiable sur le site internet de la consultation. (page 24).

Si la consultation n’est ouverte qu’aux « membres » et « contacts réguliers » d’un parti, le fichier constitué est exonéré de déclaration. Le parti ou groupement politique responsable du fichier n’est pas pour autant exonéré du respect des autres dispositions de la loi « Informatique et Libertés ». Les fichiers utilisés pour organiser une pétition ayant pour objet de soutenir directement l’action politique d’un élu, candidat ou parti politique, relèvent de la déclaration simplifiée par référence à la norme simplifiée n° 34. Dans les autres cas, les fichiers utilisés pour organiser une consultation relèvent de la déclaration « normale ». (page 26)

Télécharger le Guide de la CNIL « Communication Politique »

Je vous rappel que le règlement intérieur du Modem dans son article 4a:

« Toute liste de candidats au Conseil départemental présente alternativement un homme et une femme, à raison d’un représentant par fraction de 10 adhérents dans les départements jusqu’à 500 adhérents, d’un représentant par fraction de 20 adhérents au-delà de 500 adhérents. Les listes visent à assurer une représentation équilibrée des populations et des territoires. Le Conseil départemental
ne peut pas comprendre moins de 20 membres élus, sauf dérogation accordée par le Bureau exécutif sur proposition du Président départemental.
Les listes incomplètes sont recevables dès lors qu’elles comportent au moins autant de candidats que la moitié des sièges à pourvoir. »

Téléchargez le règlement intérieur du Modem

Danièle Noël ment effrontément et publiquement !

Thierry Coulom n’est pas un homme parfait, il l’assume, j’ai des désaccords avec lui, comme il en a avec moi, mais il a au moins le mérite de dire la vérité, de débattre sur les questions de fond au lieu de se contenter d’une communication de forme, de demander des explications sur les règles qui régissent notre démocratie car l’équipe sortant à maintenu dans l’ignorance volontaire, les adhérents.

Et comme je l’ai dit dans mon courrier de témoignage en faveur de Thierry, et je l’assume : « Ces deux dernières années, comme Secrétaire des Jeunes Démocrates vous m’avez connu aux cotés de Danièle Noël, alors pourquoi suis-je ici ? Parce que je suis passé du mouton à la brebis galeuse au moment où j’ai commencé à poser des questions sur notre fonctionnement démocratique interne.
En deux ans je n’ai jamais eu le fichier adhérents des jeunes, alors comment exercer mon travail de secrétaire dans de telles conditions ? »

Que chacun fasse son choix, j’ai fait le mien ! Ce que je sais déjà, c’est que si Danièle est réélue, il n’y aura pas de réconciliation… Pas parce que nous ne le voudrions pas… Parce que sont attitude démontre qu’elle ne le veut pas !

Venez débattre avec nous !

En ces temps de campagne interne, j’aimerai simplement rappeler que je pense que les documents de ces élections devraient être disponibles aux seuls adhérents pouvant voter ! La politique people qui s’exprime avec les réseaux sociaux et les sites web dédié me fatigue ! A quoi cela peut-il servir d’étaler au public des éléments qui concernent les seuls adhérents a jour de cotisation et pouvant voter ? Qu’on a y gagner les candidats ? Mise à part une presse à l’affût qui se régale des petites phrases locales . Ce grand déballage constant ne grandit personne et ne parle jamais de l’essentiel : « le projet des candidats » ! Et si on revenait à la base en parlant désormais des élections internes de nos partis aux seuls adhérents ! Si on faisait cela ne serait-ce qu’au simple fait que nos débats internes ne concernent pas les personnes extérieures… On maîtriserait davantage notre communication, notre calme et la nécessaire sérénité pour parler du fond au lieu de perdre notre temps sur la forme !

Entre l’équipe sortante qui semble satisfaite de la situation en ne promettant que de mettre en place des outils de communication nouveaux « en d’autres termes du virtuel » et ceux qui pensent que nous devons tisser des liens réels en associant les militants à la vie du Mouvement Démocrate et en mettant en place un planning de rencontres pour que chacun puissiez participer… Et qui l’applique déjà ! Chacun peut maintenant juger sur pièce en mesurant “le dire” et “le faire”.

Calendrier Réunions

Une page se tourne, une autre est à construire !

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Ça y est… mon grand âge me pousse à quitter mes fonctions comme Secrétaire des Jeunes Démocrates 54…

La suite !? Elle reste à écrire dans les semaines à venir. Mais pendant un laps de temps cours… Je n’ai tout simplement plus aucunes fonctions au sein du MoDem, donc :

  • Le 8 Novembre 2014 se dérouleront les élections internes des Jeunes Démocrates 54, qui verront la nouvelle équipe se mettre en place.
  • Le 15 novembre 2014 se dérouleront les élection internes du MoDem 54 ou deux candidats se présentent à la Présidence (Danièle Noël et Thierry Coulom)

Et c’est parti pour un nouveau cycle de 3 années au sein du MoDem 54 ! Quelles responsabilités ou fonctions futures ??? Tout reste à construire. Mais ceux qui me connaissent bien savent déjà que je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin. Je mettrai mon énergie à participer au renouvellement de nos instances, à porter une nouvelle dynamique, dans une toute nouvelle équipe qui se mettra forcément en place (c’est le jeu de la démocratie interne et de  la proportionnelle qui résultera des deux listes en lice) et j’y prendrai ma part de responsabilité selon les résultats électoraux.

La suite au prochain épisode…

Retour sur les Universités de Rentrée 2014 du MoDem à Guidel

ur2014

Discours de Clôture

http://dai.ly/x26dsee

Discours fort, combatif et reposant sur une analyse sérieuse et consciente des réalités de François Bayrou lors de cette université de rentrée du Modem à Guidel en Bretagne.

François Bayrou, a prôné les « convictions » face aux « soumissions » :«Je veux vous dire ceci, simplement mais gravement: la politique française a besoin de tout sauf d’un parti unique.», ajoutant que : «La politique française a besoin de tout, sauf d’un parti unique, elle a le plus grand besoin d’échapper à la mainmise d’un appareil unique, de courants internes d’un appareil unique, (…) des habitudes et des dérives que nous ont imposées depuis des années le monopole du PS et de l’UMP».

Le président du MoDem avait réservé, dimanche à Guidel dans le Morbihan, la dernière partie de son discours, prévu en clôture de l’université de rentrée du mouvement, pour insister sur un point précis. «Ce que je dis devant vous, non pas sur Facebook, mais devant une salle engagée, a-t-il poursuivi, c’est qu’il faut exactement le contraire, il faut du débat, de la liberté de pensée, de la confrontation d’idées, il faut, non pas des satellites et des soumissions mais des ego, des partenaires de plein exercice.» Puis, s’engageant publiquement au nom des militants du MoDem et en leur «nom», François Bayrou a assuré, comme une promesse: «La tentative toujours recommencée de soumettre subrepticement le centre, je suis garant qu’elle ne réussira pas plus aujourd’hui qu’elle n’a réussi hier.» Et de prévenir : «Je suis garant que personne, qu’aucune manœuvre ne privera les Français de ce droit au pluralisme et au dialogue et, s’il le faut, du droit à la confrontation entre la diversité des courants politiques et des visions de l’avenir de notre pays». «Je suis garant de l’indépendance du centre», a-t-il répété, insistant sur «la liberté» et «l’indépendance» de ce courant de pensée, un courant «enfin uni». Mais, il a aussi ajouté qu’il n’avait «pas l’intention» de «se spécialiser dans quelque anti-sarkozysme que ce soit». «La tentative toujours recommencée de soumission du centre, elle ne réussira pas plus aujourd’hui qu’elle n’a réussi hier», a-t-il martelé, s’adressant aussi aux «amis de l’UDI», a-t-il prévenu enfin en soulignant que les principes qu’il défendra «N’empêche en rien les ententes, les alliances, les rassemblements», «Au contraire, clame-t-il, on s’entend mieux quand on est pleinement soi-même!» (L’UDI, qui cherche un successeur à Jean-Louis Borloo d’ici novembre, devra en effet se positionner.)

Il a aussi moqué «beaucoup de responsables politiques» qui «sont devant Marine Le Pen comme des lapins pris dans les phares d’une voiture, en catalepsie!», et balayé tous les thèmes qui lui tiennent à cœur: la dette, l’Éducation nationale, la reconquête de État, la moralisation de la vie politique (…) sans oublier son combat contre la privatisation des autoroutes ou encore l’arbitrage accordé à Bernard Tapie … sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Jean Arthuis, vice-président de l’UDI, a souligné, pour sa part, «l’urgence de rassembler la famille centriste», vanté les «débats stimulants» du MoDem et promis de revenir «plus souvent». Même Sandro Gozi, le secrétaire d’État italien aux Affaires européennes, s’est adressé aux militants dans un message de soutien, empêché de venir à cause de la grève des pilotes d’Air France.

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François Bayrou, invité de Questions d’Info sur LCP

http://dai.ly/x266zrb

Aujourd’hui invité de Question d’info sur LCP, François Bayrou a livré son analyse sur l’actualité : vote de confiance, compétitivité, Europe, affrontements et alliances politiques… Le maire de Pau a choisi le discours de vérité, privilégiant le long-terme aux postures politiciennes.

Bienvenue à Questions d’Info. À gauche les frondeurs continuent de défier le gouvernement et à droite l’impatience gagne et accentue les rivalités dans l’attente du retour de Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, le centre devient-il désirable ? Invité de Questions d’Info aujourd’hui : François Bayrou, président du MoDem. Et à mes côtés pour vous interroger monsieur Bayrou, Françoise Fressoz du Monde, Frédéric Dumoulin de l’AFP et Marie-Eve Malouines de France Info.

Manuel Valls a obtenu la confiance de sa majorité, avec des exceptions, des abstentions du côté des socialistes, une trentaine, et des écologistes. Il dit que c’est une clarification finalement. Est-ce que c’est votre avis aussi ?

Ce n’est absolument pas le principal enseignement de ce vote. Le principal enseignement de ce vote s’exprime en deux chiffres : la majorité absolue de l’Assemblée nationale, c’est 289 voix, et le gouvernement a obtenu 269 voix. Donc il y a 20 voix de moins que la majorité. Ça n’est pas une confiance, c’est une défiance. C’est l’expression d’un doute, d’un désaccord profond au sein de la majorité, avec en fait la signature d’un affrontement de longue durée entre deux visions de la politique et que j’ai appelé la guerre des deux gauches.

Vous les comprenez les frondeurs socialistes, ou vous dites qu’ils jouent avec le feu dans la période actuelle ?

Quand on a des idées, on doit les défendre, et ce n’est pas moi qui vais dire le contraire. Simplement, ce que je ne comprends pas, c’est cette vision qui tend à laisser croire qu’il serait facile d’obtenir une autre politique, qu’au fond il suffit de dépenser, que le déficit et la dette n’ont aucune importance, toutes choses qui sont tous les jours contredites par le réel.
Le réel aujourd’hui, c’est qu’un pays qui a 2000 milliards d’euros de dette, et vous savez à quel point je me suis battu sur ce sujet depuis des années en annonçant ce qu’il allait se produire. Un pays a 2000 milliards de dette, s’il s’enfonce dans le laisser-faire et dans le laxisme, il voit tout d’un coup la charge de sa dette exploser. Et la charge de la dette, ce n’est pas les banques qui la paieront, ce n’est pas nos voisins européens : c’est le peuple français. Et  précisément les plus jeunes. Pour moi, il y a donc là une impasse qui est un aveuglement. Mais il n’y a pas seulement à gauche qu’on dit ça, parce que si vous regardez les thèses de nombreux intervenants à droite et…

Henri Guaino par exemple ?

Et à l’extrême droite, ils disent la même chose.

On va en parler, mais on va terminer sur Manuel Valls.
Certains disent que la magie Valls est totalement étiolée et qu’il ne reste plus grand-chose de son style dynamique. Lui dit qu’il se battra jusqu’au bout. Est-ce que vous y êtes sensible… ?

Quand on vous dit qu’on se battra jusqu’au bout, c’est que le bout…

Est proche ?

N’est pas si éloigné que ça.

Donc vous pensez que c’est terminé ?

Non, je ne dis sûrement pas des choses comme ça, parce qu’il faut avoir un tout petit peu de nuance quand on s’exprime. Il faut essayer de mettre un peu de bon sens dans toutes ces choses, et un peu de retenue et de distance avec les événements. J’ai regardé le discours de Manuel Valls. Il paraît que les réponses aux questions étaient meilleures, mais le discours de Manuel Valls, était le même discours qu’il avait déjà fait en plus fatigué. Il y avait quelque chose d’un peu usé et c’est normal, parce que c’est au fond la troisième fois qu’il refait le même discours, le même appel. Et, en effet, le caractère inédit a disparu, d’où cette lassitude.
Mais le fond du fond, parce qu’on s’arrête toujours aux événements de la vie de tous les jours, ce n’est pas l’important. L’important, c’est ce que concernant la politique de Manuel Valls, il y a deux questions. La première : est-ce la bonne ? Je vous propose qu’on y réponde : pas vraiment.

Pas vraiment, ça ne veut pas dire « non » non plus.

Ça veut dire qu’il est vrai qu’il faut lutter contre les déficits, mais ce qu’il a annoncé hier, c’est beaucoup de dépenses et assez peu de diminutions.

La gauche lui dit : « 40 euros pour les petites retraites, ce n’est rien du tout ».

Mais ils ont raison, tout cela, c’est des toutes petites choses. 40 euros pour une année, c’est…

Vous auriez fait quoi, vous ?

Je n’aurais pas pris les choses de cette manière, mais je vais vous dire comment je les aurais prises. Donc, est-ce que c’est la bonne ? On comprend les grands axes, mais pas vraiment dans la réalité. Et la deuxième question c’est : est-ce qu’il a le soutien nécessaire pour conduire une politique comme celle-là ? Et là, la réponse est franchement non. Et donc cet exercice a montré hier la fragilité du pouvoir en place, et les limites de cette opération de clarification.

Pour vous, c’est la chronique d’un désastre annoncé ?

Vous savez bien que je dis ça depuis suffisamment longtemps pour avoir analysé aussi précisément que possible les causes de cette affaire-là. Il y a dans l’accession au pouvoir du parti socialiste une… si on est gentil, on dit « une extrême ambigüité », et sinon « une illusion » où les Français se sont perdus. La politique qu’on nous annonce comme devant être la reconstruction, l’autre politique, la reconstruction de la dépense publique…Cette politique-là est intenable et François Hollande s’est malheureusement fait élire sur cette ligne.

François Hollande était sur une ligne de réduction des déficits. Il avait dit que…

Quand vous dites en même temps : « Je suis sur une ligne de réduction des déficits, mais je vais recruter 60 000 enseignants, et je vais recruter des magistrats, et je vais recruter des policiers, et je vais… », ce que Manuel Valls a répété hier. Dans la litanie de Manuel Valls qui dit : « Ce n’est pas l’austérité parce que nous recrutons, parce que nous créons, parce que nous donnons des allocations », il y a la même ambigüité.

C’est un discours en direction de sa majorité frondeuse, justement.

Hé bien l’existence de ce que vous appelez sa majorité frondeuse explique l’impasse dans laquelle Manuel Valls et François Hollande sont aujourd’hui enfermés.

Avant l’été vous avez dit…

Permettez-moi de dire une chose : je suis frappé de voir qu’il y a dans le gouvernement, dans la pratique du gouvernement une improvisation absolument incroyable et inimaginable.

Par rapport à quoi par exemple ?

Manuel Valls a fait hier un discours de politique générale à l’Assemblée nationale et devant les Français. Il est allé à TF1, à 20h, hier soir. François Hollande va s’exprimer demain pour une conférence de presse. Et c’est aujourd’hui, sans en avoir dit un mot hier, ni à l’Assemblée nationale ni dans un journal télévisé…

Qu’il annonce…

Que Manuel Valls annonce la « suppression » de la première tranche d’impôt sur le revenu. Est-ce que ce n’est pas une décision…

C’est une discussion, il envisage.

Vous savez bien la vérité, ne faites pas comme si vous ne connaissiez pas la politique.

Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que c’est de l’improvisation.

C’est de l’improvisation ?

C’est au jour le jour, et même à la minute la minute, où pour corriger les insuffisances dans les enquêtes d’opinion du discours d’hier, on improvise aujourd’hui une mesure, et François Hollande demain, on ne sait pas ce qu’il va en dire. Vous voyez bien que tout ça, sans être excessif, on peut dire que ce n’est pas construit. Que derrière tout ça il n’y a pas la solidité d’axes forts que tout le monde respectera et, à mon avis, ça va fragiliser la position du gouvernement.

Est-ce que ça va dans le bon sens la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu ?

Non.

Pourquoi ?

Parce que dans la vision que je défends, et qui n’est naturellement pas une vision démagogique, dans cette vision-là on devrait avoir des minimas sociaux, et un salaire minimum tel que tous les Français devraient payer même un petit impôt sur leur revenu.

C’est ce que disait jadis François Hollande.

C’est ce que disait… En tout cas, c’est ce que je disais moi, c’est ce que Raymond Barre disait.

C’est quoi ? Le concept d’impôt citoyen ?

Disons cinq euros par mois, et je dis « augmentons »… Je n’hésiterais pas à approuver une augmentation des minimas sociaux et une augmentation du salaire minimum pour que tout le monde participe à l’effort de l’impôt.

C’est une question de responsabilité ?

Alors, je sais bien que je ne suis pas populaire en disant cela. Mais ça changerait le fait que tous les citoyens français seraient d’une égale responsabilité, et même d’une égale dignité devant la dépense publique, devant l’action publique, devant l’éducation. Alors, on dira : il y a l’impôt indirect, la TVA tout le monde la paie, c’est vrai. Mais vous voyez bien que si on était dans un pays normal, et il y en a plusieurs pays de cet ordre, il y aurait un impôt auquel tous les citoyens participeraient et pas ces annonces multipliées qui font que tous les mois on vous dit qu’il y a 100.000, 200.000, 300.000 foyers qui vont, dit-on, « échapper à l’impôt ». Mais ça veut dire que cette charge-là, c’est d’autres qui vont la prendre.

Fin août vous évoquiez la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée pour sortir de la crise. Est-ce que vous le dites toujours vu les critiques que vous faites à Manuel Valls ?

Je dis une chose très simple, c’est que le jour où vous êtes en situation de blocage, le jour où la crise fait que ça ne peut pas continuer comme ça, cette issue institutionnelle prévue par la constitution qui est la dissolution de l’Assemblée est une manière de sortir de la crise. Je vais le dire autrement : il n’est qu’une manière de sortir des crises, c’est de rendre la parole au peuple, c’est la seule manière.

Est-ce que nous sommes dans cette situation de blocage après le vote de la confiance hier ?

Je crois… On a gagné un peu de temps, mais je ne crois pas que la confiance soit rétablie. S’il est un enseignement du vote de « confiance » que nous avons eu hier, c’est que la confiance n’existe pas.

Et en même temps Manuel Valls a fait un discours assez solennel en disant : « Attention au spectacle qu’on donne en politique politicienne, nous devons nous hisser à la hauteur des événements ». Il appelle à la responsabilité de la majorité, de l’opposition, de l’Allemagne. Cet appel à la responsabilité, vous l’entendez ou pas ?

Je l’entends très bien, mais la responsabilité première du gouvernement français c’est la France. Croire que l’Allemagne est responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons, pour moi c’est un leurre. C’est faire croire qu’il existerait un moyen d’échapper, un moyen d’échapper à nos responsabilités par un coup de baguette magique qui transformerait les choses. L’Allemagne a réalisé en plusieurs années une opération de reconstruction de sa force qui est, j’allais dire admirable, qui en tout cas devrait susciter chez tous les responsables français une réflexion. Je ne dis pas que la voie suivie par l’Allemagne soit exactement la bonne voie, mais je sais que l’Allemagne a prouvé que ceux qui ont la charge du destin de l’Allemagne, c’est les Allemands, et eux ne sont pas gênés par l’Europe, ne sont pas gênés par l’euro, ils ont au contraire construit un pays digne, dynamique, dans lequel le chômage est très bas, et qui est exportateur, c’est-à-dire qui est un pays équilibré, y compris dans son budget.

Justement, l’Europe. François Hollande compte beaucoup sur l’Europe, Matteo Renzi aussi. Ils avaient prévu un sommet sur l’emploi, il est repoussé sine die. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Selon un diplomate européen, c’est une source qui vient de tomber.

C’est que l’idée qu’une autre politique existe est une idée qui a du plomb dans l’aile.

Précisément ?

Vous voyez bien, l’idée qu’on allait pouvoir par un bras de fer échapper aux responsabilités qui sont les nôtres, c’est une idée qui peut séduire des esprits légers, mais qui ne répond pas à l’exigence de la réalité. Nous sommes dans la situation d’un pays qui a, au travers du temps, accumulé les faiblesses, et c’est à nous de réparer, corriger les faiblesses qui sont les nôtres. Si nous ne le faisons pas, il n’existe aucune chance que nous nous en sortions. Et s’il y a une chose qu’on doit aux citoyens français, et particulièrement aux plus jeunes, s’il y a une chose qu’on doit, c’est de regarder avec eux la réalité de la situation en face. Alors, je reprends : est-ce que nous pouvons nous en sortir ? Bien sûr que nous pouvons nous en sortir. Est-ce qu’il existe un chemin ? Bien sûr qu’il existe un chemin. Mais ce chemin n’est pas emprunté aujourd’hui par les principaux intervenants politiques.

Quand Manuel Valls invoque le risque de déflation en Europe, quand il dit « La croissance marque le pas, y compris en Allemagne », est-ce que c’est un discours que vous entendez ? Est-ce qu’il faut quand même assouplir la marche vers la réduction des déficits ?

Alors, premièrement, si les déficits étaient la clé de la prospérité d’un pays, qu’est-ce qu’on serait prospère ! Et qu’est-ce que l’Italie irait bien ! Et la Grèce serait le paradis sur terre !

Tout le monde dit la même chose.

Si les déficits étaient bons pour un pays, on n’aurait pas arrêté depuis 40 ans de connaître des assauts de croissance. Or, c’est le contraire qui est vrai. Les déficits signent la faiblesse d’un pays, c’est parce qu’il ne peut pas, ce pays, assumer son train de vie qu’il est obligé d’emprunter perpétuellement. Deuxièmement, l’assouplissement est en cours, l’euro a baissé face au dollar de, je ne sais pas, dix centimes, peut-être plus. Donc on se rapproche du taux d’introduction. Vous savez, il y a longtemps, quand l’euro a été créé, il était à 1,21 ou 1,22, quelque chose comme ça, et on est à 1,27, 1,28. Donc est-ce que ça change la situation du pays ? Non.

Donc il faut continuer à réduire les déficits, selon vous.

Non, il faut penser ce que doit être la remise en bonne santé du pays. Et ce n’est pas uniquement par les déficits qu’on y arrivera, c’est pourquoi je disais « pas vraiment ». Qu’est-ce qui explique la mauvaise santé du pays ? Je vais vous le dire en quelques mots.
Premièrement, une éducation nationale dans un état catastrophique, c’est-à-dire que les jeunes français qui n’ont pas à la maison la culture, la transmission de la langue, l’écrit, l’amour du livre, il y a très peu de chances qu’ils le trouvent à l’école. Et ceci affaiblit le niveau général du pays, et rend plus difficile la création d’emploi. Donc premièrement, éducation nationale.
Deuxièmement, la formation professionnelle. On dépense des dizaines de milliards pour la formation professionnelle. Est-ce qu’elle va vers ceux qui en ont le plus besoin ? C’est-à-dire ceux qui sont ou devraient être en reconversion ? Non, il n’y a pas le travail nécessaire.
Troisièmement, ce qui rend insécurisante la situation, et qui fait que ceux qui devraient investir n’investissent pas, ceux qui devraient créer ne créent pas, et que les chercheurs ne trouvent pas le bon chemin, et les inventeurs, et les créateurs d’entreprise… Quelle est la raison ? Une forêt, une jungle de règles incompréhensibles par qui que ce soit et instables dans le temps. Et donc la simplification…
Et quatrièmement, enfin, des institutions politiques qui rendent impossibles le courage et la prise de décision.

On va parler de ça. Est-ce que vous dites…

Attendez, quatre affirmations qui ne sont aujourd’hui pas prises en compte par le pouvoir exécutif, d’ailleurs pas prises davantage en compte par l’opposition, et qui forment un plan et un chemin pour en sortir. Il faut une prise de conscience, et la possibilité…

Est-ce que vous dites les mois passant que décidément François Hollande a raté complètement le coche en 2012 en n’élargissant pas sa majorité, en faisant appel à des gens comme vous ?

Que François Hollande ait raté le début de son quinquennat, il n’y a de ce point de vue aucun doute…

Mais au niveau politique, au niveau de la recomposition politique ?

Le niveau politique, comme vous dites, ce n’est que l’expression du fond, il n’y a pas de différence entre la politique et le fond de la politique, entre les jeux politiques et le fond de la politique. François Hollande a choisi de se maintenir dans le modèle qui était le sien du premier secrétaire du Parti socialiste, et des jeux qui étaient habituels au sein de sa majorité. Et c’est cela qui l’a coulé. C’est pour n’avoir pas pris en face, et les yeux dans les yeux les nécessités du temps et la réalité… Le saut historique qu’il fallait faire, j’avais employé une formule à l’époque, c’est : on a besoin d’un président qui prenne une dimension historique, et il a pris une dimension politique.

Est-ce qu’éventuellement vous pourriez l’aider ?
Est-ce que François Hollande peut prendre encore cette dimension historique ? Ou est-ce que c’est trop tard ? Et qu’attendez-vous de sa conférence de presse ?

Je crains beaucoup que ça ne soit trop tard.

Ça veut dire que vous n’êtes pas prêt à l’aider si jamais il vous tendait la main ?

Il y a des moments… Comprenez bien, ce que je suis en train d’expliquer devant vous, c’est qu’on a besoin d’une reconstruction en profondeur de notre pays à partir de fondations clairement définies, déterminées, et d’un courage politique. Ça ne se fait pas avec des rustines.

Donc ça ne sera pas possible avec lui, avec François Hollande ?

Non, ça ne sera pas possible sans prise de conscience du pays exprimée par une détermination et par les urnes.

Depuis 2002, c’est ce que vous dites entre deux élections présidentielles. Ça ne se fait jamais. Vous attendez 2017, ou ça peut se faire avant ?

Je ne sais pas ce que vous voulez dire « depuis 2002 je le dis entre deux élections ».

Vous dites : « il faut reconstruire le pays, il faut réformer ».

Je le dis parce que c’est nécessaire, mais vous ne voyez pas que tout crie, dans la réalité française, dans la vie des Français, tout crie qu’il faut qu’on reconstruise sur des bases sérieuses.

Mais est-ce qu’on peut attendre deux ans ou est-ce qu’il faut le faire maintenant ? Est-ce qu’on peut le faire ? Est-ce que François Hollande doit se démettre ?

Non, je n’ai jamais dit une chose pareille, parce que pour moi parmi les choses qui doivent tenir bon, il y a les institutions, parce que sans ça vous entrez dans un cycle de déstabilisation institutionnelle qui fait qu’à chaque élection vous aurez une crise et c’est donc impossible.

Mais s’il n’y a pas une dissolution, qu’est-ce qu’on peut faire ? Quelle est la solution d’ici 2017 s’il n’y a pas de dissolution ?

Un processus est en cours qui révèle en profondeur les faiblesses de la situation actuelle.

Mais concrètement, quelle est la solution s’il n’y a pas de dissolution ?

Concrètement, il faut préparer quelque chose d’autre.

Ça veut dire que vous laissez la situation, et vous vous préparez pour la prochaine élection présidentielle, c’est ça ?

Je ne dis même pas ça, parce qu’on ne sait pas les événements qui vont intervenir.

Mais vous êtes inquiet ? Vous pensez qu’il peut se passer des choses graves ou pas ?

Oui, je pense que… Non, je pense que d’abord la situation est grave. Ce n’est pas qu’il puisse se passer des choses graves, la situation est grave, sous nos yeux.

Non, mais qu’il puisse se passer des choses graves, ça veut dire : est-ce que la rue peut intervenir dans le débat ?

Je ne dis pas ces choses-là, parce que ça ne prend jamais une forme attendue. Mais il y a une telle insatisfaction sociale, et une telle insatisfaction civique, quand vous avez des ministres qui manquent aux règles élémentaires tous les jours, qui sont celles que les citoyens respectent et qu’ils attendent évidemment de leurs élus, quand tout le système est fondé sur des mensonges, quand aucune parole publique forte ne peut s’exprimer, quand aucune entente réelle ne peut se nouer entre les courants différents du pays, alors on ne peut pas, ou il n’est pas facile de s’en sortir. Et pour le reste, attendons. J’entendais hier des députés socialistes dire : « J’ai voté la confiance parce que je suis dans la majorité, mais je ne voterai pas le budget ». Vous voyez bien à quel degré de décomposition on en arrive, de délitement.

Ça veut dire que François Hollande doit rester en place, mais pour ne pas agir, il ne peut plus rien faire ?

Que François Hollande prenne ses responsabilités, qu’il exprime clairement les choses, qu’on y voie clair dans les rapports entre le président et le premier ministre, qu’on ne nous annonce pas des mesures nouvelles tous les jours alors qu’il n’y a pas le premier sou pour les financer, qu’on nous dise clairement…

Quand le Medef dit que le modèle social français a vécu, il a raison ou pas ?

Ce n’est pas le modèle social français qui a vécu, parce que le modèle social, l’aspiration du modèle social, tout le monde voit bien qu’elle est intimement liée à notre pays et au projet de notre pays. Mais je ne suis pas d’abord sûr que ce soit le Medef qui soit le mieux placé pour dire ce genre de choses, parce que c’est ressenti comme une agression par des tas de gens parce que le Medef est un syndicat, une organisation.

Il fait de la politique le Medef, à votre avis ?

Oui, peut-être. Mais ce serait mieux si les choses étaient mieux maîtrisées. Là, tout le monde ressent ça comme une agression. Si vous m’interrogez précisément sur ce que le Medef a dit, pas le Medef, ce que beaucoup de responsables disent dont ceux-là, je vais vous dire une chose précise.

Quelles réformes faut-il faire, faut-il mettre en œuvre ?

Une des seules marges de manœuvre que nous ayons, c’est le temps de travail. Les 35 heures ont été pour notre pays, je crois, une profonde erreur et je n’ai cessé de le dire et de le manifester par mes votes et mes déclarations depuis le jour où elles ont été créées. J’ai d’ailleurs été extrêmement frappé, dans le discours de Manuel Valls hier, il a dit une chose qui est passée inaperçue, mais qui moi a accroché mon oreille. Il a dit : « on n’a pas créé un emploi en France depuis 2001 ».

Depuis les 35 heures.

2001, qu’est-ce que c’est ? C’est ce changement profond qui n’est pas seulement…

Dans l’industrie.

C’est exactement ce dont on parle, qui n’est pas seulement social, qui est sociétal, l’idée qu’au fond le travail est appelé à être remplacé par du temps libre, et que c’est cela l’épanouissement des personnes, que c’est cela l’émancipation, autrement dit que le travail est une contrainte subie, subie par un certain nombre parce que les autres le cherchent. Cette vision-là, je considère moi qu’elle est fausse.

Qu’est-ce qu’il faut faire alors pour les 35 heures ? Il aurait peut-être fallu que la droite au pouvoir, qui tenait le même discours, les supprime ?

Vous avez dit exactement ce que je pense. Je pense qu’il y a quinze ans qu’on s’enfonce dans une incapacité à prendre des décisions simples, compréhensibles par tous qui peuvent permettre qu’un nouvel élan du pays se manifeste.

Et apparemment Nicolas Sarkozy n’est absolument pas déterminé à bouger là-dessus, parce qu’il l’a reproché à François Fillon.

Je n’ai pas les confidences de Nicolas Sarkozy.

Est-ce qu’il faut supprimer les jours fériés, comme le dit le Medef ? Deux jours fériés ?

Tout ça, ça peut se discuter, ce n’est pas la question principale. La question principale c’est : est-ce que dans notre pays le travail est considéré comme émancipateur ou comme au contraire une atteinte à la vraie vie ?

Déjà, il faut avoir du travail.

C’est évident. Le travail dans l’histoire des sociétés, il y a quelques siècles, le travail était considéré comme déchoir. Travailler c’était déchoir. Ceux qui avaient le statut le plus élevé dans la société ne travaillaient pas. Et avec le temps, les choses ont changé, aujourd’hui le travail c’est l’émancipation. Mais présenter le travail comme le contraire de l’émancipation, c’est se tromper de projet.

Autre sujet d’actualité, la Cour des comptes dit que la fraude aux cotisations sociales a coûté 20 à 25 milliards d’euros en 2012. Il faut faire la chasse aux fraudes ? Comment ? De quelle manière ? Quand ?

Il faut avoir des règles simples, des charges sociales suffisamment légères pour que tout le monde les assume sans avoir envie de les éviter. Mais la complexité de nos règles est une manière de nous enfoncer dans la crise, le fait que plus personne n’y comprenne rien, le fait que le fantasme, y compris de la Cour des comptes, ce soit de multiplier les contrôles et les contrôleurs, c’est ça ce que dit la Cour des comptes semble-t-il, je pense que ce n’est pas la bonne orientation.

Les contrôles ou la réforme des professions réglementées, Emmanuel Macron disait ce matin : « ça ne rapportera pas 6 milliards de pouvoir d’achat en plus ». Est-ce qu’il faut quand même réformer ou pas ? Contrairement à ce que disait Arnaud Montebourg.

Il a absolument raison, et en tout cas tous ceux qui mettent en doute cette réforme, selon moi, ont raison. J’ai vu d’ailleurs que Jacques Attali qui l’avait présentée dit maintenant : « ce n’est pas du tout la clé de la situation ».

Ça veut dire qu’il ne faut plus la faire ?

Non, disons les choses. Des assouplissements sont nécessaires, des mises au point sont nécessaires, des allègements sont nécessaires, tout le monde en est d’accord. Mais croire que la crise de la société française ce soit qu’il existe des notaires qui jouent le rôle de notaires et des pharmaciens qui jouent le rôle de pharmaciens, c’est se tromper sur la crise de la société française. Au contraire, pour moi qui suis un élu provincial d’une ville de province et qui connaît bien y compris le milieu rural français, je puis vous dire, ce que je ressens c’est que ces responsabilités-là, celles du notaire, et notamment du notaire de famille, celles du pharmacien, quand vous êtes une vieille dame et que vous avez besoin d’avoir un conseil, c’est bien de pouvoir avoir un pharmacien au coin de la rue. Tout cela, c’est du lien social et c’est de la stabilité de la société française. Et ceux qui veulent le détruire, à mon sens, entrent dans une œuvre de dissolution qui en période de crise est…

Donc il faut enterrer cette réforme, ne pas toucher aux professions réglementées ?

Non, il faut profession par profession, toutes, regarder ce qu’on peut faire pour que les choses aillent au mieux, et en discuter.

On va avancer. Autre réforme, la réforme territoriale avec du changement en ce qui concerne les départements.
On a compris hier après le discours de Manuel Valls que dans les régions, dans les zones rurales, le département sans doute resterait. Alors qu’il était question de supprimer…

On a compris quelque chose de très simple, on voulait une simplification par la suppression des Conseils généraux et la répartition de leurs compétences entre les communautés de communes ou d’agglomérations et les régions, et on a appris hier que non seulement les Conseils généraux resteraient, mais qu’il y en aurait trois sortes différentes, et donc tout ça c’est n’importe quoi.

Est-ce que ce n’est pas du pragmatisme, et de se dire : « finalement le territoire n’est pas unique » ? Est-ce que dans les zones rurales il ne faut pas garder le département ? C’était votre credo justement, le fait d’adapter, la proximité…

L’idée qu’en complexifiant perpétuellement on apporte des réponses aux situations est une idée qui est la pire qu’on puisse avoir. J’admire beaucoup Napoléon parce que ce qu’il disait, pas le Napoléon du temps de guerre, mais le Napoléon du temps de paix, j’admire beaucoup Napoléon parce que ce qu’il disait était compréhensible par tout le monde. On avait une organisation, qui a duré d’ailleurs 200 ans, dans laquelle les Français pouvaient se retrouver. Là, la pression des élus locaux aboutit au maintien de la situation antérieure encore compliquée, et donc encore plus chère, et donc encore moins compréhensible, et donc c’est…

Pour le calendrier, c’est compréhensible ou pas ? Le fait d’avoir les cantonales en mars, les régionales en décembre ?

La règle du mois de mars est dans la loi, elle est constitutionnelle, ils ne pouvaient pas s’en extraire. On aurait pu faire les deux en même temps, il paraît que François Hollande a dit : « comme ça, on va avoir deux claques au lieu d’une ». J’ai trouvé que pour une fois il y avait un peu de bon sens.

Un peu de bon sens, peut-être, je ne sais pas. On parle de réformes, on parle d’actualité politique. À la fin de la semaine, Nicolas Sarkozy annonce son retour. C’est qui Nicolas Sarkozy ? Vous parliez de Napoléon. C’est le nouveau Napoléon ? Le nouveau de Gaulle ? Ou le nouveau Monte-Cristo ?

D’abord je ne sais pas où en est Nicolas Sarkozy de ses réflexions.

A priori, on le sait, il va revenir, il veut être président de l’UMP.

J’ai toujours pensé qu’il reviendrait, et qu’il voudrait être président de l’UMP, vous êtes plusieurs autour de la table à pouvoir l’attester. Toujours pensé ça. Alors, simplement quelle est la ligne politique qu’il va choisir ? Et à quoi va nous conduire cette ligne politique-là ? Pour l’instant, je n’ai pas de réponse à cette question. J’ai dit, moi, dans votre émission, ce qui me paraissait les grands axes. Après, la situation dans laquelle on va se retrouver c’est d’avoir pour le pays trois solutions : Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et le candidat du PS. Il y a des millions de Français qui considèrent que ces trois solutions ne portent pas en elles ce dont le pays a besoin.

Alors pourquoi ?

Et donc ce triangle-là, triangle des Bermudes, ce triangle-là c’est le triangle qui représente ou qui figure trois impasses.

Pourquoi ?

Jusqu’à maintenant. Alors, peut-être peut-il changer…

Ça a mal fini le triangle des Bermudes.

Oui, le triangle des Bermudes, c’est là où on se perd.

Donc Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, le candidat du PS, c’est ça le triangle des Bermudes ?

C’est le triangle des Bermudes qu’on nous propose aujourd’hui.

Ça veut dire qu’on va à la catastrophe ?

Essayez d’entendre ce que je veux dire. Il y a aujourd’hui des millions, peut-être plus, peut-être des dizaines de millions de Français qui ne se reconnaissent dans aucune de ces trois propositions, et qui attendent, et peut-être même qui rêvent, que des hommes courageux, et des femmes, des femmes et des hommes courageux puissent ensemble tracer les lignes directrices d’une politique de fond qui sera maintenue suffisamment longtemps pour pouvoir apporter des succès, qui ait une majorité large de soutiens dans le pays. Et ma responsabilité à moi, pas seulement moi, mais en tout cas c’est la mienne, et j’espère la partager avec d’autres, c’est de construire cette solution qui permettra d’échapper à la fatalité de ces trois solutions.

Concrètement, vous pensez à Alain Juppé ?

Je pense qu’Alain Juppé peut jouer un rôle, et doit jouer un rôle, mais il n’est pas seul, il y en a sûrement d’autres.

Et en même temps ce qu’on voit actuellement, c’est que Nicolas Sarkozy n’est pas encore déclaré candidat, mais il y a déjà une dynamique qui s’opère en sa faveur avec François Baroin, Jean-Pierre Raffarin…

Ça ne m’avait pas tout à fait échappé.

Et qu’en dites-vous ?

Je pense que Nicolas Sarkozy est fort dans son camp. La question est de savoir si cette force apporte des réponses aux problèmes du pays, c’est-à-dire si elle est capable de rassembler des sensibilités différentes du pays, et d’avoir une vision claire et soutenable de l’avenir. Pour l’instant, ça n’a pas été le cas.

Vous parliez du triangle des Bermudes. C’est dangereux le triangle des Bermudes, est-ce qu’Alain Juppé peut tenir dans ce triangle des Bermudes ?

C’est ce qu’on va voir dans les mois qui viennent. Vous entendez l’appel qui au fond sous-tend cette affirmation. Il y a des millions de Français qui ont besoin qu’on leur propose autre chose que la fatalité de se retrouver dans ces impasses conjuguées, des millions de Français. Et les responsables politiques, eux, ont le devoir de répondre à cette attente. S’ils trouvent insatisfaisante la situation qui va être ainsi créée, ils ont le devoir d’en proposer une autre.

Le problème, vous dites, c’est qu’on ne sait pas encore sur quelle ligne va revenir Nicolas Sarkozy. Donc comment est-ce que vous pouvez dire qu’il y a un triangle des Bermudes qui ne répond à aucune… Tout le monde a dit : « il a changé ». Est-ce que c’est son caractère, est-ce que c’est ce qu’il a fait avant qui vous rend dubitatif ?

J’ai écouté un certain nombre de déclarations, de cartes postales, mais je ne veux en aucune manière me spécialiser dans une confrontation avec Nicolas Sarkozy.

Il change selon vous ?

Permettez-moi de rappeler que cette confrontation avec Nicolas Sarkozy, je l’ai eue quand il était au plus haut, quand il était au pouvoir, parce que sur les affaires, et on vient encore d’avoir dans une des plus célèbres affaires dans votre journal des informations extrêmement précieuses et qui permettent de voir que l’affaire Tapie reposait sur une, comment dirais-je, une manœuvre dans laquelle l’intérêt général n’était pas pris en compte.

C’était vous qui en aviez parlé au départ. Vous considérez que Nicolas Sarkozy peut être rattrapé par les affaires ?

J’ai presque fini. Donc je l’ai affronté, ou j’ai eu une confrontation avec lui sur le fond alors qu’il était au plus haut. Je ne suis pas spécialisé dans l’affrontement avec Nicolas Sarkozy, et je n’ai pas l’intention de l’être. Mais je voudrais, je veux, si je peux employer un terme aussi direct, que la France ait une autre solution que celle qu’elle a eue depuis des années, que la succession de manque de volonté qui s’est manifestée depuis des années. Nicolas Sarkozy a de l’énergie, et c’est bien qu’on le reconnaisse, mais ces dernières années on ne peut pas dire que cette énergie ait été mise au service de ce que pour ma part je considère bon pour le pays.

S’il gagnait en 2017, pour vous, c’est une catastrophe pour la France ?

Vous ne m’avez pas écouté, je sais bien que vous n’êtes pas obligé de m’écouter, mais je réponds. Je ne sais pas sur quelle ligne Nicolas Sarkozy va revenir, mais je vois très bien qu’un grand nombre de Français redoutent d’être enfermés dans des choix impossibles. Il revient aux responsables que nous sommes de proposer d’autres choix. Et on va voir dans les deux ans qui viennent de quelle manière les choses s’organiseront. Mais en tout cas pour moi, c’est ça qui est le plus important.

Vous savez ce qu’on va vous répondre du côté de l’UMP ? C’est que vous proposez finalement un renouvellement avec Alain Juppé qui a plus de 70 ans, vous-même qui avez déjà été ministre, et que ce n’est pas très neuf.

Et déjà candidat à l’Élysée.

J’ai été ministre, et heureusement. Peut-être si François Hollande avait eu une expérience de cet ordre, peut-être un certain nombre d’erreurs auraient-elles été évitées. Les attaques contre Alain Juppé que je lis sur son âge me paraissent alors vraiment indignes de la situation dans laquelle nous sommes dans le pays. Il s’en arrangera parce qu’il est fort et que la compétition dans laquelle il s’engage est une compétition qui exige d’avoir ténacité et cuir épais.

Puisque vous parlez d’Alain Juppé, on lit aussi que si Alain Juppé est candidat, vous seriez derrière lui, s’il n’est pas candidat, c’est vous qui irez à la présidentielle.

Je sais bien qu’on dit ça, et je voudrais simplement qu’on réfléchisse à la gravité des choses. L’élection présidentielle, c’est une élection décisive, et elle est en effet portée par des hommes ou des femmes. Élection décisive. Mais regarder la situation du pays en se disant qu’on va y trouver une occasion de carrière, d’avantages personnels, c’est le contraire…

Parce que tout à l’heure vous avez dit : « La France a besoin d’hommes courageux », quand vous dites ça…

D’hommes courageux qui sachent travailler ensemble.

Justement, quand vous dites ça, on se dit : « François Bayrou il se dit : peut-être que je suis courageux, que je peux apporter quelque chose à la France ».

À la question du courage, je répondrais volontiers, mais comprenez bien, je ne parle pas à la première personne quand je parle de cette nécessité dans laquelle nous sommes. Il faut bien prendre ses responsabilités, je n’ai jamais fui les miennes, mais vous voyez bien qu’aujourd’hui on n’a pas besoin de compétition entre les personnes, on a besoin d’une volonté partagée.

Volonté partagée, est-ce que ça veut dire qu’il faut de nouvelles structures ? On voit que tous les partis sont dans un état lamentable, est-ce qu’un rassemblement Bayrou Juppé c’est une nouvelle structure automatique ou pas ?

Je n’en ai pas la moindre idée, je suis très sévère à l’égard de la partitocratie comme on dit, c’est-à-dire de l’organisation de la démocratie française autour de partis qui entraînent à la manœuvre et à l’absence de courage, et même à l’absence de réflexion. J’ai été très frappé par la dernière alternance. Vous vous souvenez qu’on nous disait que Laurent Fabius avait préparé le programme des trois premiers mois avec des centaines d’experts, et qu’il ne manquait pas un bouton de guêtre, et que chacune des décisions avait été élaborée, et on est arrivé à l’élection, et ils sont arrivés au pouvoir, et qu’est-ce qu’on a vu ? Rien n’était prêt. Pourquoi rien n’était prêt ? C’est ça la bonne question. Parce qu’ils attendaient que l’ortolan leur tombe tout cuit dans le bec.

Vous aimez les ortolans ?

Vous savez que c’est interdit d’en manger. Il paraît que François Mitterrand s’exonérait de cette interdiction, mais je connais deux ou trois personnes qui s’en sont exonérées dans leur vie. Mais vous voyez bien de quoi il s’agit. Quand vous êtes avec deux partis seulement et que le parti au pouvoir est impopulaire, le coup de balancier vous assure de recevoir le pouvoir.

… dont parlait Valéry Giscard d’Estaing en 78…

Il faut une organisation différente parce que les hommes et les responsables qui sont sélectionnés par ce mode de fonctionnement sont habitués aux manœuvres de partis, mais pas au courage politique devant le pays. Or c’est le courage politique devant le pays qui est important.

Dernière question. On parle beaucoup de votre entente avec Alain Juppé, mais il y a aussi au centre une formation politique, l’UDI, qui va désigner un président. Quel regard vous portez là-dessus ? Vous êtes plutôt Morin, Jégo ?

Mon regard est très simple : je souhaite que celui qui sera élu à la tête de cette confédération soit habité par l’idée que s’il y a un centre en France, il faut que ce centre soit uni. Et donc le mouvement unitaire que nous avons initié il y a quelques mois avec Jean-Louis Borloo je souhaite qu’il se poursuive, qu’il se renforce et qu’il s’approfondisse.

Vous avez des nouvelles de Jean-Louis Borloo ?

Et c’est ce que j’ai dit, et c’est ce que je dis à tous ceux que je rencontre, et j’ai rencontré un certain nombre de ceux qui se présentent à cette élection.

Et vous ne choisissez pas entre eux ?

Je n’appartiens pas à cette formation politique, je n’ai pas du tout envie de m’engager dans cette affaire. Mais plus ils seront unitaires, et mieux ce sera pour l’avenir du pays.

Merci François Bayrou, c’est la fin de Questions d’Info, merci d’avoir répondu à nos questions.