Analyse des futures élections territoriales

Avec tous ces changements, un pas en avant, deux pas en arrière… Qui peut comprendre ce qui va se passer pour les prochaines échéances électorales de 2015 qui amèneront les électeurs à se prononcer sur le choix de leur conseiller département (ex conseiller général) et leur conseiller régional !? Le tout sur fond de fusion des régions et de projet de suppression des départements à l’horizon 2020.

En juin 2014, Marylise Lebranchu nous annonce que ces deux élections seront regroupées en Décembre 2015, soit un mois avant l’entrée en vigueur de la nouvelle carte des régions (est-ce logique d’élire de nouveaux conseillers sur un territoire encore inexistant car la réforme n’est pas encore appliquée… Bon ok à un mois près… mais en quoi est logique ou clair pour les électeurs ?)

Le 19 Septembre 2014, on nous annonce les Départementales en Mars 2015 et les Régionales  en Décembre 2015.

Reprenons l’historique que ce combat d’idée sans fin.

Le 16 Décembre 2010, sous Nicolas Sarkozy, on prévoyait avec le conseiller territorial d’élire une même personne élue à la fois au conseil général (département) et au conseil régional (région) afin de réduire le nombre d’élus (en d’autres termes, les conseillers territoriaux élus à l’échelle du département siégeaient également à la région. On supprimant de fait l’élection régionale et les 1757 conseillers régionaux, de prime les conseillers territoriaux n’avaient qu’une rémunération pour siéger aux deux échelons, ce qui est sources de belles économies).

Toutefois, à la suite des élections présidentielle et législatives de 2012, la nouvelle majorité de gauche a décidé de revenir sur la création du conseiller territorial, conformément aux engagements de François Hollande lors de son discours électoral de Dijon, qui prévoyait de créer, pour les élections départementales, « un nouveau mode de scrutin qui devra assurer une proximité mais aussi une meilleure représentation de toutes les sensibilités, et respecter le principe de parité posé dans la Constitution ». En conséquence, l’élection des conseillers territoriaux a été abandonnée par la loi du 17 mai 2013 sans avoir jamais été appliquée.

Le 17 avril 2013, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la réforme du mode de scrutin pour les élections départementales destinée à garantir la parité : en mars 2015, les conseillers départementaux seront élus au scrutin majoritaire binominal mixte. Rejeté en vain par le Sénat, ce nouveau mode de scrutin nécessite un redécoupage des cantons dont le nombre sera divisé par deux.

Le 3 Juin 2014, François Hollande lance la réforme territoriale qui prévoit de passer de 22 Régions à 14, de regrouper les deux élections le même jour, incluant le scrutin binominal paritaire pour les élections départementales et de supprimer les départements à l’horizon 2020.

Le 13 Juillet 2014, la nouvelle carte des 13 régions est adoptée en première lecture est sera votée définitivement (ou rejetée) à l’automne !

13 Régions

Le 16 Septembre 2014, alors que le but au départ est de simplifier le millefeuille territorial en fusionnant les régions et en supprimant les départements… et face à la fronde au sein de la majorité, conjuguée au rejet total de l’opposition, le Premier ministre, Manuel Valls, craignant une censure du Conseil constitutionnel en raison d’un allongement excessif du mandat des conseillers généraux actuels, annonce la décision de revenir sur le regroupent des deux élections le même jour en revenant à deux scrutins disjoints. En prime Manuel Valls a justifié le changement de date de ce scrutin en expliquant que « le conseil départemental« , ex-conseil général, « sera maintenu » dans une partie des départements, « notamment ruraux ». Le Premier ministre a indiqué que trois solutions étaient envisagées pour les départements :

1) Dans les départements dotés d’une métropole, comme Lyon, la fusion avec l’intercommunalité « pourrait être retenue ».

2) Lorsque le département compte des intercommunalités fortes, « les compétences départementales pourront être assumées par une fédération d’intercommunalités ».

3) « Dans les départements, notamment ruraux- où les communautés de commune n’atteignent pas la masse critique, le conseil départemental sera maintenu, avec des compétences clarifiées ».

Ok… et c’est comme cela que la majorité prétends simplifier !?

En d’autres termes : on en est où ? comment on vote ? quels changements vraiment validés ?

Élections Régionales

Les conseillers régionaux restent élus pour une durée de 6 ans, ils sont élus au scrutin de liste par départements selon un système mixte combinant les règles des scrutins majoritaire et proportionnel. Au premier tour, si une liste obtient la majorité absolue des suffrages exprimés (plus de 50%), elle obtient le quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. Sinon, il est procédé à un second tour la semaine suivante. Les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés peuvent se maintenir, et éventuellement fusionner avec les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages. Au second tour, la liste qui arrive en tête obtient un quart des sièges à pourvoir. Les autres sièges sont répartis à la représentation proportionnelle entre les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au second tour.

En d’autres termes, mise à part le changement d’échelle avec la fusion des régions qui n’est toujours pas adoptée définitivement, aucun changement de forme comme de fond du système électoral qui s’applique à ce scrutin depuis 1986.

Élections Départementales

Les conseillers généraux élus en 2008 et en 2011 seront remplacés en 2015 par des conseillers départementaux et seront élus pour une durée de 6 ans. (Jusqu’en mars 2011 les conseillers généraux étaient élus pour six ans mais ceux élus les 20 et 27 mars 2011 ne le sont que pour trois ans car il était prévu, d’après la réforme des collectivités territoriales françaises qu’ils soient remplacés par les conseillers territoriaux en 2014.) Pour chaque canton, un binôme (femme-homme) est élu au scrutin uninominal majoritaire à 2 tours.

Pour être élu au premier tour, le binôme doit obtenir :

  1. au moins la majorité absolue des suffrages exprimés (plus de 50%),
  2. et un nombre de suffrages égal à au moins 25 % des électeurs inscrits.
  3. Si aucun binôme n’est élu dès le premier tour, il est procédé à un second tour.

Au second tour, les 2 binômes arrivés en tête peuvent se maintenir.

  1. Les autres peuvent se maintenir seulement s’ils ont obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % des électeurs inscrits.
  2. Le binôme qui obtient le plus grand nombre de suffrages au second tour est élu.

Le renouvellement des assemblées départementales sera dorénavant intégral. Chaque département va voir son nombre de cantons divisé par deux.

Références
Code électoral : articles L191 à L192 – Conseillers généraux
Code électoral : articles L336 à L337 – Conseillers régionaux

Des questions que l’on peut se poser à 6 mois de ce nouveau cycle électoral

Pour ce qui est des régions

  1. Que va faire le gouvernement si à l’automne la nouvelle carte des régions n’est pas adoptée ?
  2. Va t-on au devant d’un énième réforme du code électoral et d’une nouvelle reculade du gouvernement ?

Au sujet des départements

  1. Quel avenir pour le conseiller départemental entre 2014 et 2020 ? Alors qu’avec le changement de majorité plus que prévisible en 2017 (au vu de la popularité du gouvernement), on risque de supprimer la disparition de ce dernier.
  2. Quelle crédibilité avoir en parlant de simplification du millefeuille territorial quand ce n’est pas moins de 3 nouveaux types de conseils généraux qui verront le jour ? Alors qu’il n’y en avait qu’un seul avant.
  3. Comment convaincre les électeurs de se mobiliser pour voter pour un conseiller départemental qui doit disparaître dans 6 ans ?
  4. Quelle crédibilité donner à un élu qui s’engage pour disparaitre aussi vite qu’il a été créé ? Il va servir à quoi ? Que va t-il nous dire ? Quel programme ? Éteindre la lumière en partant ou entrer en résistance pour le maintien de cet échelon électif local…

En conclusion…

Je ne sais plus quoi penser de tout cela tant c’est le brouillard complet ! Et si moi, qui ai fait le choix de m’engager en politique n’y comprend pas grand chose (où alors il me faut 4 heures de recherches pour débroussailler le terrain et rédiger la présente analyse, quand les électeurs ne prennent même plus le temps de lire un programme sur un format A5)… Comment voulez-vous que les électeurs y comprennent quoi que ce soit ? Après on s’étonnera du fait qu’ils ne s’intéressent pas à la politique ! Bref, beaucoup de questions restent en suspension et nous ne sommes pas à l’abri de nouvelles surprises avant la fin de l’année… Affaire à suivre !

Pour une analyse approfondie :

Retour sur les Universités de Rentrée 2014 du MoDem à Guidel

ur2014

Discours de Clôture

http://dai.ly/x26dsee

Discours fort, combatif et reposant sur une analyse sérieuse et consciente des réalités de François Bayrou lors de cette université de rentrée du Modem à Guidel en Bretagne.

François Bayrou, a prôné les « convictions » face aux « soumissions » :«Je veux vous dire ceci, simplement mais gravement: la politique française a besoin de tout sauf d’un parti unique.», ajoutant que : «La politique française a besoin de tout, sauf d’un parti unique, elle a le plus grand besoin d’échapper à la mainmise d’un appareil unique, de courants internes d’un appareil unique, (…) des habitudes et des dérives que nous ont imposées depuis des années le monopole du PS et de l’UMP».

Le président du MoDem avait réservé, dimanche à Guidel dans le Morbihan, la dernière partie de son discours, prévu en clôture de l’université de rentrée du mouvement, pour insister sur un point précis. «Ce que je dis devant vous, non pas sur Facebook, mais devant une salle engagée, a-t-il poursuivi, c’est qu’il faut exactement le contraire, il faut du débat, de la liberté de pensée, de la confrontation d’idées, il faut, non pas des satellites et des soumissions mais des ego, des partenaires de plein exercice.» Puis, s’engageant publiquement au nom des militants du MoDem et en leur «nom», François Bayrou a assuré, comme une promesse: «La tentative toujours recommencée de soumettre subrepticement le centre, je suis garant qu’elle ne réussira pas plus aujourd’hui qu’elle n’a réussi hier.» Et de prévenir : «Je suis garant que personne, qu’aucune manœuvre ne privera les Français de ce droit au pluralisme et au dialogue et, s’il le faut, du droit à la confrontation entre la diversité des courants politiques et des visions de l’avenir de notre pays». «Je suis garant de l’indépendance du centre», a-t-il répété, insistant sur «la liberté» et «l’indépendance» de ce courant de pensée, un courant «enfin uni». Mais, il a aussi ajouté qu’il n’avait «pas l’intention» de «se spécialiser dans quelque anti-sarkozysme que ce soit». «La tentative toujours recommencée de soumission du centre, elle ne réussira pas plus aujourd’hui qu’elle n’a réussi hier», a-t-il martelé, s’adressant aussi aux «amis de l’UDI», a-t-il prévenu enfin en soulignant que les principes qu’il défendra «N’empêche en rien les ententes, les alliances, les rassemblements», «Au contraire, clame-t-il, on s’entend mieux quand on est pleinement soi-même!» (L’UDI, qui cherche un successeur à Jean-Louis Borloo d’ici novembre, devra en effet se positionner.)

Il a aussi moqué «beaucoup de responsables politiques» qui «sont devant Marine Le Pen comme des lapins pris dans les phares d’une voiture, en catalepsie!», et balayé tous les thèmes qui lui tiennent à cœur: la dette, l’Éducation nationale, la reconquête de État, la moralisation de la vie politique (…) sans oublier son combat contre la privatisation des autoroutes ou encore l’arbitrage accordé à Bernard Tapie … sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Jean Arthuis, vice-président de l’UDI, a souligné, pour sa part, «l’urgence de rassembler la famille centriste», vanté les «débats stimulants» du MoDem et promis de revenir «plus souvent». Même Sandro Gozi, le secrétaire d’État italien aux Affaires européennes, s’est adressé aux militants dans un message de soutien, empêché de venir à cause de la grève des pilotes d’Air France.

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François Bayrou, invité de Questions d’Info sur LCP

http://dai.ly/x266zrb

Aujourd’hui invité de Question d’info sur LCP, François Bayrou a livré son analyse sur l’actualité : vote de confiance, compétitivité, Europe, affrontements et alliances politiques… Le maire de Pau a choisi le discours de vérité, privilégiant le long-terme aux postures politiciennes.

Bienvenue à Questions d’Info. À gauche les frondeurs continuent de défier le gouvernement et à droite l’impatience gagne et accentue les rivalités dans l’attente du retour de Nicolas Sarkozy. Dans ce contexte, le centre devient-il désirable ? Invité de Questions d’Info aujourd’hui : François Bayrou, président du MoDem. Et à mes côtés pour vous interroger monsieur Bayrou, Françoise Fressoz du Monde, Frédéric Dumoulin de l’AFP et Marie-Eve Malouines de France Info.

Manuel Valls a obtenu la confiance de sa majorité, avec des exceptions, des abstentions du côté des socialistes, une trentaine, et des écologistes. Il dit que c’est une clarification finalement. Est-ce que c’est votre avis aussi ?

Ce n’est absolument pas le principal enseignement de ce vote. Le principal enseignement de ce vote s’exprime en deux chiffres : la majorité absolue de l’Assemblée nationale, c’est 289 voix, et le gouvernement a obtenu 269 voix. Donc il y a 20 voix de moins que la majorité. Ça n’est pas une confiance, c’est une défiance. C’est l’expression d’un doute, d’un désaccord profond au sein de la majorité, avec en fait la signature d’un affrontement de longue durée entre deux visions de la politique et que j’ai appelé la guerre des deux gauches.

Vous les comprenez les frondeurs socialistes, ou vous dites qu’ils jouent avec le feu dans la période actuelle ?

Quand on a des idées, on doit les défendre, et ce n’est pas moi qui vais dire le contraire. Simplement, ce que je ne comprends pas, c’est cette vision qui tend à laisser croire qu’il serait facile d’obtenir une autre politique, qu’au fond il suffit de dépenser, que le déficit et la dette n’ont aucune importance, toutes choses qui sont tous les jours contredites par le réel.
Le réel aujourd’hui, c’est qu’un pays qui a 2000 milliards d’euros de dette, et vous savez à quel point je me suis battu sur ce sujet depuis des années en annonçant ce qu’il allait se produire. Un pays a 2000 milliards de dette, s’il s’enfonce dans le laisser-faire et dans le laxisme, il voit tout d’un coup la charge de sa dette exploser. Et la charge de la dette, ce n’est pas les banques qui la paieront, ce n’est pas nos voisins européens : c’est le peuple français. Et  précisément les plus jeunes. Pour moi, il y a donc là une impasse qui est un aveuglement. Mais il n’y a pas seulement à gauche qu’on dit ça, parce que si vous regardez les thèses de nombreux intervenants à droite et…

Henri Guaino par exemple ?

Et à l’extrême droite, ils disent la même chose.

On va en parler, mais on va terminer sur Manuel Valls.
Certains disent que la magie Valls est totalement étiolée et qu’il ne reste plus grand-chose de son style dynamique. Lui dit qu’il se battra jusqu’au bout. Est-ce que vous y êtes sensible… ?

Quand on vous dit qu’on se battra jusqu’au bout, c’est que le bout…

Est proche ?

N’est pas si éloigné que ça.

Donc vous pensez que c’est terminé ?

Non, je ne dis sûrement pas des choses comme ça, parce qu’il faut avoir un tout petit peu de nuance quand on s’exprime. Il faut essayer de mettre un peu de bon sens dans toutes ces choses, et un peu de retenue et de distance avec les événements. J’ai regardé le discours de Manuel Valls. Il paraît que les réponses aux questions étaient meilleures, mais le discours de Manuel Valls, était le même discours qu’il avait déjà fait en plus fatigué. Il y avait quelque chose d’un peu usé et c’est normal, parce que c’est au fond la troisième fois qu’il refait le même discours, le même appel. Et, en effet, le caractère inédit a disparu, d’où cette lassitude.
Mais le fond du fond, parce qu’on s’arrête toujours aux événements de la vie de tous les jours, ce n’est pas l’important. L’important, c’est ce que concernant la politique de Manuel Valls, il y a deux questions. La première : est-ce la bonne ? Je vous propose qu’on y réponde : pas vraiment.

Pas vraiment, ça ne veut pas dire « non » non plus.

Ça veut dire qu’il est vrai qu’il faut lutter contre les déficits, mais ce qu’il a annoncé hier, c’est beaucoup de dépenses et assez peu de diminutions.

La gauche lui dit : « 40 euros pour les petites retraites, ce n’est rien du tout ».

Mais ils ont raison, tout cela, c’est des toutes petites choses. 40 euros pour une année, c’est…

Vous auriez fait quoi, vous ?

Je n’aurais pas pris les choses de cette manière, mais je vais vous dire comment je les aurais prises. Donc, est-ce que c’est la bonne ? On comprend les grands axes, mais pas vraiment dans la réalité. Et la deuxième question c’est : est-ce qu’il a le soutien nécessaire pour conduire une politique comme celle-là ? Et là, la réponse est franchement non. Et donc cet exercice a montré hier la fragilité du pouvoir en place, et les limites de cette opération de clarification.

Pour vous, c’est la chronique d’un désastre annoncé ?

Vous savez bien que je dis ça depuis suffisamment longtemps pour avoir analysé aussi précisément que possible les causes de cette affaire-là. Il y a dans l’accession au pouvoir du parti socialiste une… si on est gentil, on dit « une extrême ambigüité », et sinon « une illusion » où les Français se sont perdus. La politique qu’on nous annonce comme devant être la reconstruction, l’autre politique, la reconstruction de la dépense publique…Cette politique-là est intenable et François Hollande s’est malheureusement fait élire sur cette ligne.

François Hollande était sur une ligne de réduction des déficits. Il avait dit que…

Quand vous dites en même temps : « Je suis sur une ligne de réduction des déficits, mais je vais recruter 60 000 enseignants, et je vais recruter des magistrats, et je vais recruter des policiers, et je vais… », ce que Manuel Valls a répété hier. Dans la litanie de Manuel Valls qui dit : « Ce n’est pas l’austérité parce que nous recrutons, parce que nous créons, parce que nous donnons des allocations », il y a la même ambigüité.

C’est un discours en direction de sa majorité frondeuse, justement.

Hé bien l’existence de ce que vous appelez sa majorité frondeuse explique l’impasse dans laquelle Manuel Valls et François Hollande sont aujourd’hui enfermés.

Avant l’été vous avez dit…

Permettez-moi de dire une chose : je suis frappé de voir qu’il y a dans le gouvernement, dans la pratique du gouvernement une improvisation absolument incroyable et inimaginable.

Par rapport à quoi par exemple ?

Manuel Valls a fait hier un discours de politique générale à l’Assemblée nationale et devant les Français. Il est allé à TF1, à 20h, hier soir. François Hollande va s’exprimer demain pour une conférence de presse. Et c’est aujourd’hui, sans en avoir dit un mot hier, ni à l’Assemblée nationale ni dans un journal télévisé…

Qu’il annonce…

Que Manuel Valls annonce la « suppression » de la première tranche d’impôt sur le revenu. Est-ce que ce n’est pas une décision…

C’est une discussion, il envisage.

Vous savez bien la vérité, ne faites pas comme si vous ne connaissiez pas la politique.

Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que c’est de l’improvisation.

C’est de l’improvisation ?

C’est au jour le jour, et même à la minute la minute, où pour corriger les insuffisances dans les enquêtes d’opinion du discours d’hier, on improvise aujourd’hui une mesure, et François Hollande demain, on ne sait pas ce qu’il va en dire. Vous voyez bien que tout ça, sans être excessif, on peut dire que ce n’est pas construit. Que derrière tout ça il n’y a pas la solidité d’axes forts que tout le monde respectera et, à mon avis, ça va fragiliser la position du gouvernement.

Est-ce que ça va dans le bon sens la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu ?

Non.

Pourquoi ?

Parce que dans la vision que je défends, et qui n’est naturellement pas une vision démagogique, dans cette vision-là on devrait avoir des minimas sociaux, et un salaire minimum tel que tous les Français devraient payer même un petit impôt sur leur revenu.

C’est ce que disait jadis François Hollande.

C’est ce que disait… En tout cas, c’est ce que je disais moi, c’est ce que Raymond Barre disait.

C’est quoi ? Le concept d’impôt citoyen ?

Disons cinq euros par mois, et je dis « augmentons »… Je n’hésiterais pas à approuver une augmentation des minimas sociaux et une augmentation du salaire minimum pour que tout le monde participe à l’effort de l’impôt.

C’est une question de responsabilité ?

Alors, je sais bien que je ne suis pas populaire en disant cela. Mais ça changerait le fait que tous les citoyens français seraient d’une égale responsabilité, et même d’une égale dignité devant la dépense publique, devant l’action publique, devant l’éducation. Alors, on dira : il y a l’impôt indirect, la TVA tout le monde la paie, c’est vrai. Mais vous voyez bien que si on était dans un pays normal, et il y en a plusieurs pays de cet ordre, il y aurait un impôt auquel tous les citoyens participeraient et pas ces annonces multipliées qui font que tous les mois on vous dit qu’il y a 100.000, 200.000, 300.000 foyers qui vont, dit-on, « échapper à l’impôt ». Mais ça veut dire que cette charge-là, c’est d’autres qui vont la prendre.

Fin août vous évoquiez la possibilité d’une dissolution de l’Assemblée pour sortir de la crise. Est-ce que vous le dites toujours vu les critiques que vous faites à Manuel Valls ?

Je dis une chose très simple, c’est que le jour où vous êtes en situation de blocage, le jour où la crise fait que ça ne peut pas continuer comme ça, cette issue institutionnelle prévue par la constitution qui est la dissolution de l’Assemblée est une manière de sortir de la crise. Je vais le dire autrement : il n’est qu’une manière de sortir des crises, c’est de rendre la parole au peuple, c’est la seule manière.

Est-ce que nous sommes dans cette situation de blocage après le vote de la confiance hier ?

Je crois… On a gagné un peu de temps, mais je ne crois pas que la confiance soit rétablie. S’il est un enseignement du vote de « confiance » que nous avons eu hier, c’est que la confiance n’existe pas.

Et en même temps Manuel Valls a fait un discours assez solennel en disant : « Attention au spectacle qu’on donne en politique politicienne, nous devons nous hisser à la hauteur des événements ». Il appelle à la responsabilité de la majorité, de l’opposition, de l’Allemagne. Cet appel à la responsabilité, vous l’entendez ou pas ?

Je l’entends très bien, mais la responsabilité première du gouvernement français c’est la France. Croire que l’Allemagne est responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons, pour moi c’est un leurre. C’est faire croire qu’il existerait un moyen d’échapper, un moyen d’échapper à nos responsabilités par un coup de baguette magique qui transformerait les choses. L’Allemagne a réalisé en plusieurs années une opération de reconstruction de sa force qui est, j’allais dire admirable, qui en tout cas devrait susciter chez tous les responsables français une réflexion. Je ne dis pas que la voie suivie par l’Allemagne soit exactement la bonne voie, mais je sais que l’Allemagne a prouvé que ceux qui ont la charge du destin de l’Allemagne, c’est les Allemands, et eux ne sont pas gênés par l’Europe, ne sont pas gênés par l’euro, ils ont au contraire construit un pays digne, dynamique, dans lequel le chômage est très bas, et qui est exportateur, c’est-à-dire qui est un pays équilibré, y compris dans son budget.

Justement, l’Europe. François Hollande compte beaucoup sur l’Europe, Matteo Renzi aussi. Ils avaient prévu un sommet sur l’emploi, il est repoussé sine die. Qu’est-ce que ça veut dire ?
Selon un diplomate européen, c’est une source qui vient de tomber.

C’est que l’idée qu’une autre politique existe est une idée qui a du plomb dans l’aile.

Précisément ?

Vous voyez bien, l’idée qu’on allait pouvoir par un bras de fer échapper aux responsabilités qui sont les nôtres, c’est une idée qui peut séduire des esprits légers, mais qui ne répond pas à l’exigence de la réalité. Nous sommes dans la situation d’un pays qui a, au travers du temps, accumulé les faiblesses, et c’est à nous de réparer, corriger les faiblesses qui sont les nôtres. Si nous ne le faisons pas, il n’existe aucune chance que nous nous en sortions. Et s’il y a une chose qu’on doit aux citoyens français, et particulièrement aux plus jeunes, s’il y a une chose qu’on doit, c’est de regarder avec eux la réalité de la situation en face. Alors, je reprends : est-ce que nous pouvons nous en sortir ? Bien sûr que nous pouvons nous en sortir. Est-ce qu’il existe un chemin ? Bien sûr qu’il existe un chemin. Mais ce chemin n’est pas emprunté aujourd’hui par les principaux intervenants politiques.

Quand Manuel Valls invoque le risque de déflation en Europe, quand il dit « La croissance marque le pas, y compris en Allemagne », est-ce que c’est un discours que vous entendez ? Est-ce qu’il faut quand même assouplir la marche vers la réduction des déficits ?

Alors, premièrement, si les déficits étaient la clé de la prospérité d’un pays, qu’est-ce qu’on serait prospère ! Et qu’est-ce que l’Italie irait bien ! Et la Grèce serait le paradis sur terre !

Tout le monde dit la même chose.

Si les déficits étaient bons pour un pays, on n’aurait pas arrêté depuis 40 ans de connaître des assauts de croissance. Or, c’est le contraire qui est vrai. Les déficits signent la faiblesse d’un pays, c’est parce qu’il ne peut pas, ce pays, assumer son train de vie qu’il est obligé d’emprunter perpétuellement. Deuxièmement, l’assouplissement est en cours, l’euro a baissé face au dollar de, je ne sais pas, dix centimes, peut-être plus. Donc on se rapproche du taux d’introduction. Vous savez, il y a longtemps, quand l’euro a été créé, il était à 1,21 ou 1,22, quelque chose comme ça, et on est à 1,27, 1,28. Donc est-ce que ça change la situation du pays ? Non.

Donc il faut continuer à réduire les déficits, selon vous.

Non, il faut penser ce que doit être la remise en bonne santé du pays. Et ce n’est pas uniquement par les déficits qu’on y arrivera, c’est pourquoi je disais « pas vraiment ». Qu’est-ce qui explique la mauvaise santé du pays ? Je vais vous le dire en quelques mots.
Premièrement, une éducation nationale dans un état catastrophique, c’est-à-dire que les jeunes français qui n’ont pas à la maison la culture, la transmission de la langue, l’écrit, l’amour du livre, il y a très peu de chances qu’ils le trouvent à l’école. Et ceci affaiblit le niveau général du pays, et rend plus difficile la création d’emploi. Donc premièrement, éducation nationale.
Deuxièmement, la formation professionnelle. On dépense des dizaines de milliards pour la formation professionnelle. Est-ce qu’elle va vers ceux qui en ont le plus besoin ? C’est-à-dire ceux qui sont ou devraient être en reconversion ? Non, il n’y a pas le travail nécessaire.
Troisièmement, ce qui rend insécurisante la situation, et qui fait que ceux qui devraient investir n’investissent pas, ceux qui devraient créer ne créent pas, et que les chercheurs ne trouvent pas le bon chemin, et les inventeurs, et les créateurs d’entreprise… Quelle est la raison ? Une forêt, une jungle de règles incompréhensibles par qui que ce soit et instables dans le temps. Et donc la simplification…
Et quatrièmement, enfin, des institutions politiques qui rendent impossibles le courage et la prise de décision.

On va parler de ça. Est-ce que vous dites…

Attendez, quatre affirmations qui ne sont aujourd’hui pas prises en compte par le pouvoir exécutif, d’ailleurs pas prises davantage en compte par l’opposition, et qui forment un plan et un chemin pour en sortir. Il faut une prise de conscience, et la possibilité…

Est-ce que vous dites les mois passant que décidément François Hollande a raté complètement le coche en 2012 en n’élargissant pas sa majorité, en faisant appel à des gens comme vous ?

Que François Hollande ait raté le début de son quinquennat, il n’y a de ce point de vue aucun doute…

Mais au niveau politique, au niveau de la recomposition politique ?

Le niveau politique, comme vous dites, ce n’est que l’expression du fond, il n’y a pas de différence entre la politique et le fond de la politique, entre les jeux politiques et le fond de la politique. François Hollande a choisi de se maintenir dans le modèle qui était le sien du premier secrétaire du Parti socialiste, et des jeux qui étaient habituels au sein de sa majorité. Et c’est cela qui l’a coulé. C’est pour n’avoir pas pris en face, et les yeux dans les yeux les nécessités du temps et la réalité… Le saut historique qu’il fallait faire, j’avais employé une formule à l’époque, c’est : on a besoin d’un président qui prenne une dimension historique, et il a pris une dimension politique.

Est-ce qu’éventuellement vous pourriez l’aider ?
Est-ce que François Hollande peut prendre encore cette dimension historique ? Ou est-ce que c’est trop tard ? Et qu’attendez-vous de sa conférence de presse ?

Je crains beaucoup que ça ne soit trop tard.

Ça veut dire que vous n’êtes pas prêt à l’aider si jamais il vous tendait la main ?

Il y a des moments… Comprenez bien, ce que je suis en train d’expliquer devant vous, c’est qu’on a besoin d’une reconstruction en profondeur de notre pays à partir de fondations clairement définies, déterminées, et d’un courage politique. Ça ne se fait pas avec des rustines.

Donc ça ne sera pas possible avec lui, avec François Hollande ?

Non, ça ne sera pas possible sans prise de conscience du pays exprimée par une détermination et par les urnes.

Depuis 2002, c’est ce que vous dites entre deux élections présidentielles. Ça ne se fait jamais. Vous attendez 2017, ou ça peut se faire avant ?

Je ne sais pas ce que vous voulez dire « depuis 2002 je le dis entre deux élections ».

Vous dites : « il faut reconstruire le pays, il faut réformer ».

Je le dis parce que c’est nécessaire, mais vous ne voyez pas que tout crie, dans la réalité française, dans la vie des Français, tout crie qu’il faut qu’on reconstruise sur des bases sérieuses.

Mais est-ce qu’on peut attendre deux ans ou est-ce qu’il faut le faire maintenant ? Est-ce qu’on peut le faire ? Est-ce que François Hollande doit se démettre ?

Non, je n’ai jamais dit une chose pareille, parce que pour moi parmi les choses qui doivent tenir bon, il y a les institutions, parce que sans ça vous entrez dans un cycle de déstabilisation institutionnelle qui fait qu’à chaque élection vous aurez une crise et c’est donc impossible.

Mais s’il n’y a pas une dissolution, qu’est-ce qu’on peut faire ? Quelle est la solution d’ici 2017 s’il n’y a pas de dissolution ?

Un processus est en cours qui révèle en profondeur les faiblesses de la situation actuelle.

Mais concrètement, quelle est la solution s’il n’y a pas de dissolution ?

Concrètement, il faut préparer quelque chose d’autre.

Ça veut dire que vous laissez la situation, et vous vous préparez pour la prochaine élection présidentielle, c’est ça ?

Je ne dis même pas ça, parce qu’on ne sait pas les événements qui vont intervenir.

Mais vous êtes inquiet ? Vous pensez qu’il peut se passer des choses graves ou pas ?

Oui, je pense que… Non, je pense que d’abord la situation est grave. Ce n’est pas qu’il puisse se passer des choses graves, la situation est grave, sous nos yeux.

Non, mais qu’il puisse se passer des choses graves, ça veut dire : est-ce que la rue peut intervenir dans le débat ?

Je ne dis pas ces choses-là, parce que ça ne prend jamais une forme attendue. Mais il y a une telle insatisfaction sociale, et une telle insatisfaction civique, quand vous avez des ministres qui manquent aux règles élémentaires tous les jours, qui sont celles que les citoyens respectent et qu’ils attendent évidemment de leurs élus, quand tout le système est fondé sur des mensonges, quand aucune parole publique forte ne peut s’exprimer, quand aucune entente réelle ne peut se nouer entre les courants différents du pays, alors on ne peut pas, ou il n’est pas facile de s’en sortir. Et pour le reste, attendons. J’entendais hier des députés socialistes dire : « J’ai voté la confiance parce que je suis dans la majorité, mais je ne voterai pas le budget ». Vous voyez bien à quel degré de décomposition on en arrive, de délitement.

Ça veut dire que François Hollande doit rester en place, mais pour ne pas agir, il ne peut plus rien faire ?

Que François Hollande prenne ses responsabilités, qu’il exprime clairement les choses, qu’on y voie clair dans les rapports entre le président et le premier ministre, qu’on ne nous annonce pas des mesures nouvelles tous les jours alors qu’il n’y a pas le premier sou pour les financer, qu’on nous dise clairement…

Quand le Medef dit que le modèle social français a vécu, il a raison ou pas ?

Ce n’est pas le modèle social français qui a vécu, parce que le modèle social, l’aspiration du modèle social, tout le monde voit bien qu’elle est intimement liée à notre pays et au projet de notre pays. Mais je ne suis pas d’abord sûr que ce soit le Medef qui soit le mieux placé pour dire ce genre de choses, parce que c’est ressenti comme une agression par des tas de gens parce que le Medef est un syndicat, une organisation.

Il fait de la politique le Medef, à votre avis ?

Oui, peut-être. Mais ce serait mieux si les choses étaient mieux maîtrisées. Là, tout le monde ressent ça comme une agression. Si vous m’interrogez précisément sur ce que le Medef a dit, pas le Medef, ce que beaucoup de responsables disent dont ceux-là, je vais vous dire une chose précise.

Quelles réformes faut-il faire, faut-il mettre en œuvre ?

Une des seules marges de manœuvre que nous ayons, c’est le temps de travail. Les 35 heures ont été pour notre pays, je crois, une profonde erreur et je n’ai cessé de le dire et de le manifester par mes votes et mes déclarations depuis le jour où elles ont été créées. J’ai d’ailleurs été extrêmement frappé, dans le discours de Manuel Valls hier, il a dit une chose qui est passée inaperçue, mais qui moi a accroché mon oreille. Il a dit : « on n’a pas créé un emploi en France depuis 2001 ».

Depuis les 35 heures.

2001, qu’est-ce que c’est ? C’est ce changement profond qui n’est pas seulement…

Dans l’industrie.

C’est exactement ce dont on parle, qui n’est pas seulement social, qui est sociétal, l’idée qu’au fond le travail est appelé à être remplacé par du temps libre, et que c’est cela l’épanouissement des personnes, que c’est cela l’émancipation, autrement dit que le travail est une contrainte subie, subie par un certain nombre parce que les autres le cherchent. Cette vision-là, je considère moi qu’elle est fausse.

Qu’est-ce qu’il faut faire alors pour les 35 heures ? Il aurait peut-être fallu que la droite au pouvoir, qui tenait le même discours, les supprime ?

Vous avez dit exactement ce que je pense. Je pense qu’il y a quinze ans qu’on s’enfonce dans une incapacité à prendre des décisions simples, compréhensibles par tous qui peuvent permettre qu’un nouvel élan du pays se manifeste.

Et apparemment Nicolas Sarkozy n’est absolument pas déterminé à bouger là-dessus, parce qu’il l’a reproché à François Fillon.

Je n’ai pas les confidences de Nicolas Sarkozy.

Est-ce qu’il faut supprimer les jours fériés, comme le dit le Medef ? Deux jours fériés ?

Tout ça, ça peut se discuter, ce n’est pas la question principale. La question principale c’est : est-ce que dans notre pays le travail est considéré comme émancipateur ou comme au contraire une atteinte à la vraie vie ?

Déjà, il faut avoir du travail.

C’est évident. Le travail dans l’histoire des sociétés, il y a quelques siècles, le travail était considéré comme déchoir. Travailler c’était déchoir. Ceux qui avaient le statut le plus élevé dans la société ne travaillaient pas. Et avec le temps, les choses ont changé, aujourd’hui le travail c’est l’émancipation. Mais présenter le travail comme le contraire de l’émancipation, c’est se tromper de projet.

Autre sujet d’actualité, la Cour des comptes dit que la fraude aux cotisations sociales a coûté 20 à 25 milliards d’euros en 2012. Il faut faire la chasse aux fraudes ? Comment ? De quelle manière ? Quand ?

Il faut avoir des règles simples, des charges sociales suffisamment légères pour que tout le monde les assume sans avoir envie de les éviter. Mais la complexité de nos règles est une manière de nous enfoncer dans la crise, le fait que plus personne n’y comprenne rien, le fait que le fantasme, y compris de la Cour des comptes, ce soit de multiplier les contrôles et les contrôleurs, c’est ça ce que dit la Cour des comptes semble-t-il, je pense que ce n’est pas la bonne orientation.

Les contrôles ou la réforme des professions réglementées, Emmanuel Macron disait ce matin : « ça ne rapportera pas 6 milliards de pouvoir d’achat en plus ». Est-ce qu’il faut quand même réformer ou pas ? Contrairement à ce que disait Arnaud Montebourg.

Il a absolument raison, et en tout cas tous ceux qui mettent en doute cette réforme, selon moi, ont raison. J’ai vu d’ailleurs que Jacques Attali qui l’avait présentée dit maintenant : « ce n’est pas du tout la clé de la situation ».

Ça veut dire qu’il ne faut plus la faire ?

Non, disons les choses. Des assouplissements sont nécessaires, des mises au point sont nécessaires, des allègements sont nécessaires, tout le monde en est d’accord. Mais croire que la crise de la société française ce soit qu’il existe des notaires qui jouent le rôle de notaires et des pharmaciens qui jouent le rôle de pharmaciens, c’est se tromper sur la crise de la société française. Au contraire, pour moi qui suis un élu provincial d’une ville de province et qui connaît bien y compris le milieu rural français, je puis vous dire, ce que je ressens c’est que ces responsabilités-là, celles du notaire, et notamment du notaire de famille, celles du pharmacien, quand vous êtes une vieille dame et que vous avez besoin d’avoir un conseil, c’est bien de pouvoir avoir un pharmacien au coin de la rue. Tout cela, c’est du lien social et c’est de la stabilité de la société française. Et ceux qui veulent le détruire, à mon sens, entrent dans une œuvre de dissolution qui en période de crise est…

Donc il faut enterrer cette réforme, ne pas toucher aux professions réglementées ?

Non, il faut profession par profession, toutes, regarder ce qu’on peut faire pour que les choses aillent au mieux, et en discuter.

On va avancer. Autre réforme, la réforme territoriale avec du changement en ce qui concerne les départements.
On a compris hier après le discours de Manuel Valls que dans les régions, dans les zones rurales, le département sans doute resterait. Alors qu’il était question de supprimer…

On a compris quelque chose de très simple, on voulait une simplification par la suppression des Conseils généraux et la répartition de leurs compétences entre les communautés de communes ou d’agglomérations et les régions, et on a appris hier que non seulement les Conseils généraux resteraient, mais qu’il y en aurait trois sortes différentes, et donc tout ça c’est n’importe quoi.

Est-ce que ce n’est pas du pragmatisme, et de se dire : « finalement le territoire n’est pas unique » ? Est-ce que dans les zones rurales il ne faut pas garder le département ? C’était votre credo justement, le fait d’adapter, la proximité…

L’idée qu’en complexifiant perpétuellement on apporte des réponses aux situations est une idée qui est la pire qu’on puisse avoir. J’admire beaucoup Napoléon parce que ce qu’il disait, pas le Napoléon du temps de guerre, mais le Napoléon du temps de paix, j’admire beaucoup Napoléon parce que ce qu’il disait était compréhensible par tout le monde. On avait une organisation, qui a duré d’ailleurs 200 ans, dans laquelle les Français pouvaient se retrouver. Là, la pression des élus locaux aboutit au maintien de la situation antérieure encore compliquée, et donc encore plus chère, et donc encore moins compréhensible, et donc c’est…

Pour le calendrier, c’est compréhensible ou pas ? Le fait d’avoir les cantonales en mars, les régionales en décembre ?

La règle du mois de mars est dans la loi, elle est constitutionnelle, ils ne pouvaient pas s’en extraire. On aurait pu faire les deux en même temps, il paraît que François Hollande a dit : « comme ça, on va avoir deux claques au lieu d’une ». J’ai trouvé que pour une fois il y avait un peu de bon sens.

Un peu de bon sens, peut-être, je ne sais pas. On parle de réformes, on parle d’actualité politique. À la fin de la semaine, Nicolas Sarkozy annonce son retour. C’est qui Nicolas Sarkozy ? Vous parliez de Napoléon. C’est le nouveau Napoléon ? Le nouveau de Gaulle ? Ou le nouveau Monte-Cristo ?

D’abord je ne sais pas où en est Nicolas Sarkozy de ses réflexions.

A priori, on le sait, il va revenir, il veut être président de l’UMP.

J’ai toujours pensé qu’il reviendrait, et qu’il voudrait être président de l’UMP, vous êtes plusieurs autour de la table à pouvoir l’attester. Toujours pensé ça. Alors, simplement quelle est la ligne politique qu’il va choisir ? Et à quoi va nous conduire cette ligne politique-là ? Pour l’instant, je n’ai pas de réponse à cette question. J’ai dit, moi, dans votre émission, ce qui me paraissait les grands axes. Après, la situation dans laquelle on va se retrouver c’est d’avoir pour le pays trois solutions : Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy et le candidat du PS. Il y a des millions de Français qui considèrent que ces trois solutions ne portent pas en elles ce dont le pays a besoin.

Alors pourquoi ?

Et donc ce triangle-là, triangle des Bermudes, ce triangle-là c’est le triangle qui représente ou qui figure trois impasses.

Pourquoi ?

Jusqu’à maintenant. Alors, peut-être peut-il changer…

Ça a mal fini le triangle des Bermudes.

Oui, le triangle des Bermudes, c’est là où on se perd.

Donc Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, le candidat du PS, c’est ça le triangle des Bermudes ?

C’est le triangle des Bermudes qu’on nous propose aujourd’hui.

Ça veut dire qu’on va à la catastrophe ?

Essayez d’entendre ce que je veux dire. Il y a aujourd’hui des millions, peut-être plus, peut-être des dizaines de millions de Français qui ne se reconnaissent dans aucune de ces trois propositions, et qui attendent, et peut-être même qui rêvent, que des hommes courageux, et des femmes, des femmes et des hommes courageux puissent ensemble tracer les lignes directrices d’une politique de fond qui sera maintenue suffisamment longtemps pour pouvoir apporter des succès, qui ait une majorité large de soutiens dans le pays. Et ma responsabilité à moi, pas seulement moi, mais en tout cas c’est la mienne, et j’espère la partager avec d’autres, c’est de construire cette solution qui permettra d’échapper à la fatalité de ces trois solutions.

Concrètement, vous pensez à Alain Juppé ?

Je pense qu’Alain Juppé peut jouer un rôle, et doit jouer un rôle, mais il n’est pas seul, il y en a sûrement d’autres.

Et en même temps ce qu’on voit actuellement, c’est que Nicolas Sarkozy n’est pas encore déclaré candidat, mais il y a déjà une dynamique qui s’opère en sa faveur avec François Baroin, Jean-Pierre Raffarin…

Ça ne m’avait pas tout à fait échappé.

Et qu’en dites-vous ?

Je pense que Nicolas Sarkozy est fort dans son camp. La question est de savoir si cette force apporte des réponses aux problèmes du pays, c’est-à-dire si elle est capable de rassembler des sensibilités différentes du pays, et d’avoir une vision claire et soutenable de l’avenir. Pour l’instant, ça n’a pas été le cas.

Vous parliez du triangle des Bermudes. C’est dangereux le triangle des Bermudes, est-ce qu’Alain Juppé peut tenir dans ce triangle des Bermudes ?

C’est ce qu’on va voir dans les mois qui viennent. Vous entendez l’appel qui au fond sous-tend cette affirmation. Il y a des millions de Français qui ont besoin qu’on leur propose autre chose que la fatalité de se retrouver dans ces impasses conjuguées, des millions de Français. Et les responsables politiques, eux, ont le devoir de répondre à cette attente. S’ils trouvent insatisfaisante la situation qui va être ainsi créée, ils ont le devoir d’en proposer une autre.

Le problème, vous dites, c’est qu’on ne sait pas encore sur quelle ligne va revenir Nicolas Sarkozy. Donc comment est-ce que vous pouvez dire qu’il y a un triangle des Bermudes qui ne répond à aucune… Tout le monde a dit : « il a changé ». Est-ce que c’est son caractère, est-ce que c’est ce qu’il a fait avant qui vous rend dubitatif ?

J’ai écouté un certain nombre de déclarations, de cartes postales, mais je ne veux en aucune manière me spécialiser dans une confrontation avec Nicolas Sarkozy.

Il change selon vous ?

Permettez-moi de rappeler que cette confrontation avec Nicolas Sarkozy, je l’ai eue quand il était au plus haut, quand il était au pouvoir, parce que sur les affaires, et on vient encore d’avoir dans une des plus célèbres affaires dans votre journal des informations extrêmement précieuses et qui permettent de voir que l’affaire Tapie reposait sur une, comment dirais-je, une manœuvre dans laquelle l’intérêt général n’était pas pris en compte.

C’était vous qui en aviez parlé au départ. Vous considérez que Nicolas Sarkozy peut être rattrapé par les affaires ?

J’ai presque fini. Donc je l’ai affronté, ou j’ai eu une confrontation avec lui sur le fond alors qu’il était au plus haut. Je ne suis pas spécialisé dans l’affrontement avec Nicolas Sarkozy, et je n’ai pas l’intention de l’être. Mais je voudrais, je veux, si je peux employer un terme aussi direct, que la France ait une autre solution que celle qu’elle a eue depuis des années, que la succession de manque de volonté qui s’est manifestée depuis des années. Nicolas Sarkozy a de l’énergie, et c’est bien qu’on le reconnaisse, mais ces dernières années on ne peut pas dire que cette énergie ait été mise au service de ce que pour ma part je considère bon pour le pays.

S’il gagnait en 2017, pour vous, c’est une catastrophe pour la France ?

Vous ne m’avez pas écouté, je sais bien que vous n’êtes pas obligé de m’écouter, mais je réponds. Je ne sais pas sur quelle ligne Nicolas Sarkozy va revenir, mais je vois très bien qu’un grand nombre de Français redoutent d’être enfermés dans des choix impossibles. Il revient aux responsables que nous sommes de proposer d’autres choix. Et on va voir dans les deux ans qui viennent de quelle manière les choses s’organiseront. Mais en tout cas pour moi, c’est ça qui est le plus important.

Vous savez ce qu’on va vous répondre du côté de l’UMP ? C’est que vous proposez finalement un renouvellement avec Alain Juppé qui a plus de 70 ans, vous-même qui avez déjà été ministre, et que ce n’est pas très neuf.

Et déjà candidat à l’Élysée.

J’ai été ministre, et heureusement. Peut-être si François Hollande avait eu une expérience de cet ordre, peut-être un certain nombre d’erreurs auraient-elles été évitées. Les attaques contre Alain Juppé que je lis sur son âge me paraissent alors vraiment indignes de la situation dans laquelle nous sommes dans le pays. Il s’en arrangera parce qu’il est fort et que la compétition dans laquelle il s’engage est une compétition qui exige d’avoir ténacité et cuir épais.

Puisque vous parlez d’Alain Juppé, on lit aussi que si Alain Juppé est candidat, vous seriez derrière lui, s’il n’est pas candidat, c’est vous qui irez à la présidentielle.

Je sais bien qu’on dit ça, et je voudrais simplement qu’on réfléchisse à la gravité des choses. L’élection présidentielle, c’est une élection décisive, et elle est en effet portée par des hommes ou des femmes. Élection décisive. Mais regarder la situation du pays en se disant qu’on va y trouver une occasion de carrière, d’avantages personnels, c’est le contraire…

Parce que tout à l’heure vous avez dit : « La France a besoin d’hommes courageux », quand vous dites ça…

D’hommes courageux qui sachent travailler ensemble.

Justement, quand vous dites ça, on se dit : « François Bayrou il se dit : peut-être que je suis courageux, que je peux apporter quelque chose à la France ».

À la question du courage, je répondrais volontiers, mais comprenez bien, je ne parle pas à la première personne quand je parle de cette nécessité dans laquelle nous sommes. Il faut bien prendre ses responsabilités, je n’ai jamais fui les miennes, mais vous voyez bien qu’aujourd’hui on n’a pas besoin de compétition entre les personnes, on a besoin d’une volonté partagée.

Volonté partagée, est-ce que ça veut dire qu’il faut de nouvelles structures ? On voit que tous les partis sont dans un état lamentable, est-ce qu’un rassemblement Bayrou Juppé c’est une nouvelle structure automatique ou pas ?

Je n’en ai pas la moindre idée, je suis très sévère à l’égard de la partitocratie comme on dit, c’est-à-dire de l’organisation de la démocratie française autour de partis qui entraînent à la manœuvre et à l’absence de courage, et même à l’absence de réflexion. J’ai été très frappé par la dernière alternance. Vous vous souvenez qu’on nous disait que Laurent Fabius avait préparé le programme des trois premiers mois avec des centaines d’experts, et qu’il ne manquait pas un bouton de guêtre, et que chacune des décisions avait été élaborée, et on est arrivé à l’élection, et ils sont arrivés au pouvoir, et qu’est-ce qu’on a vu ? Rien n’était prêt. Pourquoi rien n’était prêt ? C’est ça la bonne question. Parce qu’ils attendaient que l’ortolan leur tombe tout cuit dans le bec.

Vous aimez les ortolans ?

Vous savez que c’est interdit d’en manger. Il paraît que François Mitterrand s’exonérait de cette interdiction, mais je connais deux ou trois personnes qui s’en sont exonérées dans leur vie. Mais vous voyez bien de quoi il s’agit. Quand vous êtes avec deux partis seulement et que le parti au pouvoir est impopulaire, le coup de balancier vous assure de recevoir le pouvoir.

… dont parlait Valéry Giscard d’Estaing en 78…

Il faut une organisation différente parce que les hommes et les responsables qui sont sélectionnés par ce mode de fonctionnement sont habitués aux manœuvres de partis, mais pas au courage politique devant le pays. Or c’est le courage politique devant le pays qui est important.

Dernière question. On parle beaucoup de votre entente avec Alain Juppé, mais il y a aussi au centre une formation politique, l’UDI, qui va désigner un président. Quel regard vous portez là-dessus ? Vous êtes plutôt Morin, Jégo ?

Mon regard est très simple : je souhaite que celui qui sera élu à la tête de cette confédération soit habité par l’idée que s’il y a un centre en France, il faut que ce centre soit uni. Et donc le mouvement unitaire que nous avons initié il y a quelques mois avec Jean-Louis Borloo je souhaite qu’il se poursuive, qu’il se renforce et qu’il s’approfondisse.

Vous avez des nouvelles de Jean-Louis Borloo ?

Et c’est ce que j’ai dit, et c’est ce que je dis à tous ceux que je rencontre, et j’ai rencontré un certain nombre de ceux qui se présentent à cette élection.

Et vous ne choisissez pas entre eux ?

Je n’appartiens pas à cette formation politique, je n’ai pas du tout envie de m’engager dans cette affaire. Mais plus ils seront unitaires, et mieux ce sera pour l’avenir du pays.

Merci François Bayrou, c’est la fin de Questions d’Info, merci d’avoir répondu à nos questions.

C’est une situation intolérable pour les citoyens

François Bayrou, l’invité de Ruth Elkrief sur… par mouvementdemocrate

Hier invité de Ruth Elkrief sur BFMTV, François Bayrou a abordé l’actualité politique et sociale de la France. Le constat, amer, appelle au renouvellement alors même que le PS et l’UMP poursuivent leur « effondrement ».

Bonsoir François Bayrou.

Bonsoir.

Merci d’être l’invité de BFM TV. Vous présidez le MoDem et vous êtes bien sûr maire de Pau. Manuel Valls a dit aujourd’hui qu’il ne voulait pas de la voix de Thomas Thévenoud dans le vote de confiance. Il souhaite qu’il démissionne, et même s’il vote pour lui, il n’en veux pas. Est-ce clair pour les Français ?

C’est une situation insupportable, tout le monde le sait bien. Il y a une forme de dérive personnelle dans tout cela qui est une disqualification.

Mais la position du Premier ministre qui dit aujourd’hui « je ne veux pas, il faudrait qu’il démissionne », c’est une manière de démentir des arrangements et c’était l’accusation de l’UMP notamment ?

C’est une situation intolérable pour les citoyens avec laquelle le monde politique s’arrange plus ou moins.

François Hollande affirme dans Le Nouvel Observateur dans sa conversation avec Serge Raffy : « Aucun sondage, aucun remous ne me fera partir ». Avant même les tempêtes de ces dernières semaines, vous aviez dit qu’il y avait plusieurs solutions : referendum, démission ou dissolution de l’Assemblée nationale. « Aucun remous ne me fera partir… », vous y croyez ?

Ce que François Hollande dit entre les lignes c’est que le choix qu’il fera en cas de crise politique, c’est la dissolution. Et c’est le choix que les institutions prescrivent. Pour moi, ce n’est pas une surprise. On ne peut pas faire partir un Président de la République parce que ce serait un putsch. Tout le monde le sait, on l’a vérifié avec François Mitterrand, on l’a vérifié avec Jacques Chirac, c’est cela la logique institutionnelle. Mais il faut mesurer la profondeur de la crise, il faut mesurer la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. On vient d’annoncer aujourd’hui que naturellement, aucun des objectifs – non seulement que nous avions fixés – mais auxquels nous nous étions solennellement engagés – ne sera respecté. D’autre part, cela se passe dans un trouble profond de la société française, caractérisé par le fait que les revenus de chaque famille baisse. Cette année une fois de plus. Cela veut dire quelque chose de très important, de très grave, et le climat de confiance en est profondément atteint. C’est cela que les politiques doivent avoir en tête. Et j’imagine que c’est autour de ce désarroi que la crise politique est nouée.

D’une certaine façon, qu’est-ce que vous feriez si vous étiez à la place de François Hollande aujourd’hui ? 

A la place de François Hollande, j’aurais pris les décisions qui s’imposaient dans les premières semaines de son élection. Et je ne dis pas ça en l’air parce que j’ai eu des échanges et des dialogues extrêmement argumentés avec lui, pour essayer de lui faire comprendre que ces décisions s’imposaient, que son programme n’était pas un programme soutenable et qu’il fallait qu’il s’adresse au pays les yeux dans les yeux pour changer ce qui devait l’être au niveau économique, au niveau de la société et au niveau institutionnel. Il ne l’a pas fait et je crains que cela ne soit trop tard.

Vous avez témoigné, en quelque sorte, en sa faveur, après le livre de Valérie Trierweiler, vous avez dit : « J’ai beaucoup parlé dans ma vie avec François Hollande avant qu’il ne soit président et je n’ai jamais vu le moindre indice de cette méchanceté, de cette condescendance, de cette manière de regarder avec mépris qui que ce soit ». Il vous en a été reconnaissant ? Il vous a appelé ? Il vous a remercié ?

Je ne cherche pas de reconnaissance. J’essaie d’être honnête dans les débats, les heurts politiques. Quand vous fréquentez quelqu’un, même si vous n’êtes pas de son parti, si vous avez des désaccords profonds avec lui, vous sentez quel homme, quelle femme vous avez en face de vous. Parce que c’était honnête pour moi de le dire – alors qu’il y avait beaucoup d’exploitation autour de cette phrase des « sans-dents » – j’ai dit que je n’ai jamais vu ni dans sa bouche ni dans ses attitudes ni dans sa manière d’être, ces signes de mépris à l’égard des faibles, qui peuvent exister dans le monde politique mais que je n’ai jamais vu chez lui.  Comme il était attaqué, vilipendé, il m’a semblé qu’il était honnête de le dire.

Vous n’attendiez rien de cela ?

Rien, d’aucune sorte. Mais dans l’engagement qui est le nôtre on doit faire les choses sans en attendre quelque chose, parce que, autrement, on n’est pas digne du travail que l’on fait. Un des plus beaux adjectifs pour moi c’est « civique ». Le civisme est pour moi ce qu’il y a de plus important, c’est à dire qu’on considère tous que l’on est là pour apporter sa pierre à l’intérêt général. Alors il faut le dire sans emphase, sans faire de grands mots, sans grandes phrases mais je trouve que c’est mieux quand on a cela à l’esprit que lorsque l’on croit que l’on est là uniquement pour soi-même.

François Hollande va en Irak dès vendredi et annonce une conférence internationale, Laurent Fabius, lui, annonce ce soir que la France participera aux attaque aériennes contre l’EIL Cela devrait se dérouler sur l’Irak et peut-être sur la Syrie. Est-ce que vous approuvez ?

J’approuve la participation de la France à la lutte contre cette barbarie. Ce qui est en jeu là, c’est à dire des mouvements structurés, organisés pour anéantir le droit élémentaire des êtres humains de croire ou de ne pas croire. Pour moi, ce droit est un droit de l’Homme. Il y a une organisation internationale qui a décidé, pour imposer sa loi religieuse, d’anéantir ce droit. Toutes les sociétés civilisées, au sens humaniste du terme, doivent unir leurs forces pour mettre un terme à cette barbarie. C’est la raison pour laquelle je m’étais opposé aux bombardements prévus en Syrie.

C’est pourquoi je vous en parle, parce qu’il y en aura peut-être des bombardements sur la Syrie mais pas contre Bachar al-Assad, là contre l’EIL, et là vous approuvez ?

Dieu sait que je n’ai aucune indulgence à l’égard de Bachar al-Assad, mais je dis avec la gravité qui s’impose que l’Occident, les États-Unis pour leur compte, la France pour le sien, ont une responsabilité dans la guerre d’Irak, dans ce qui s’est passé en Libye sur le déchainement de ces forces et le chaos sur lequel elles se développent. Nous avons commis un grand nombre d’erreurs. J’avais soutenu Jacques Chirac, à l’époque où il a décidé de s’opposer à la guerre en Irak, et je me suis moi-même opposé à ce qui s’est passé en Syrie et j’ai soutenu François Hollande sur le Mali. Tout cela, c’est une cohérence au travers du temps, on est en train de vivre un déchainement de forces qui sont une menace de premier plan contre ce que nous avons de plus profond c’est à dire le droit élémentaire qui est celui de chacun de nous.

Est-ce que Manuel Valls obtiendra la confiance et est-ce qu’il pourra faire voter son budget avec des résultats comme cela ?

Arithmétiquement, il obtiendra la confiance, il n’y a aucun doute de ce point de vue là. Je pense qu’il y aura des mouvements sur le budget, on ne connaît pas encore le budget donc je ne peux pas le dire. Mais, que nous ne connaissions pas encore le budget, c’est un indice de la difficulté puisque l’on a repoussé de quelques dix jours la présentation du budget. Et donc il ne sera présenté que le 1er octobre, ce qui n’est pas le calendrier qui avait été choisi.

Bruxelles rappelle Paris à l’ordre aujourd’hui.

Mais cela n’est qu’un début. Tous les pays européens ont fait des efforts considérables pour essayer de rapprocher les déficits d’un montant soutenable, la France aussi, on a même été en première ligne. Et puis cela fait combien d’années ? 6 ans ? 7 ans que nous ne respectons aucun des engagements que nous avons pris

Ceux qui viendront au pouvoir plus tard le feront, on en reparlera. Maintenant, Pierre Moscovici osera-t-il mettre à l’amende la France ? C’est le nouveau commissaire européen aux Affaires économiques.

Mais ce n’est pas Pierre Moscovici qui décide. Il y a dans la Commission européenne une démarche communautaire, commune. C’est un collège, chacun n’est pas maitre chez lui et donc je pense qu’il va y avoir une tension entre les instances européennes et la France parce que nous n’avons pas respecté nos engagements. Ce n’est pas à l’égard de Bruxelles que nous avons ou que nous devons avoir des engagements, c’est à l’égard de nos enfants, de notre peuple. Ce que nous sommes en train d’accumuler comme faiblesses, comme fragilités comme incapacités, ce ne sont pas les Européens qui le paieront. C’est nous. Ce sont les générations qui sont là et les générations qui viennent, et cela va peser comme un boulet sur notre avenir national. Quand vous faites des dettes, ce n’est pas le voisin qui les paie, c’est vous-même.

Nicolas Sarkozy va revenir, plus de doutes là-dessus.

Il n’y en a jamais eu, pour moi.

Oui, vous n’en avez jamais eu. Le 24 août dernier, vous aviez l’impression qu’il n’avait pas beaucoup changé. Vous l’attendez ce retour ou vous le redoutez ?

Je ne suis pas membre de l’UMP et j’ai, depuis très longtemps, exprimé une analyse différente de celle d’un parti unique à l’intérieur duquel tout le monde se retrouverait. Depuis longtemps, j’ai vu venir le double effondrement du Parti socialiste et de l’UMP qui fait le cadre de ce que tous les Français pensent aujourd’hui.

Mais il promet qu’il va tout changer, du plancher au plafond.

Sans doute, on verra ce qu’il promet, on verra ce qu’il tient. Mais moi je sais en tout cas ce dont la France a besoin : une puissante force de renouvellement. Pas de réédition ou de restauration de ce qu’il y avait avant. De cela on en a fait le tour.

Le risque est que ce sera une réédition ?

Si vous êtes une observatrice attentive et tous ceux qui nous regardent savent de quoi il s’agit, c’est à dire de reprendre le pouvoir. Mais je suis, pour ma part, absolument certain que cela ne suffit pas de reprendre le pouvoir par un coup de balancier électoral. On a déjà essayé 5 fois, 8 fois, 10 fois. Ce qu’il faut c’est une démarche humaine, intellectuelle, une compréhension des choses et une volonté, un courage qui pour l’instant a fait défaut, en raison de ces institutions qui monopolisent autour de 2 partis le pouvoir en France depuis très longtemps.

C’est Alain Juppé qui pourrait être l’homme de ce renouvellement ? Vous êtes très proche de lui, vous l’avez souvent dit ; il a dit aujourd’hui dans Valeurs actuelles que « Nicolas Sarkozy est mon principal concurrent ». C’est lui le véritable candidat du centre-droit ?

Je ne veux pas dire les choses de cette manière. Dans le renouvellement que je plaide devant vous, dans le besoin de reconstruction que la France éprouve, il faut changer une attitude politique qui est le chacun pour soi. Il faut que l’on soit capable de s’allier et de se retrouver quand on a les mêmes idées et plus encore les mêmes valeurs. Au fond, quand on voit l’avenir, les rapports humains et de société de la même manière, il faut que l’on soit capable de se rencontrer même quand on a été séparé dans le passé ; et cela sera un facteur considérable pour que la confiance se retrouve.

Je voudrais vous citer Laurent Wauquiez, dans Le Monde, qui dit « Une alliance avec le MoDem n’est pas la bonne réponse contre le Front national, ce serait une lourde erreur, les Français balaieront ces stratégies d’État-major et veulent qu’on réponde aux questions de la vie quotidienne. Nicolas Sarkozy, lui, secoue les tabous ».

S’il y a une chose dont je suis certain, c’est que cette vision que je défends devant vous et que vous évoquez, ce ne sont pas des stratégies d’État-major. Ce sont des responsables politiques qui sont conscients, je crois, profondément de ce qui se passe.

C’est un ticket alors ? C’est une alliance de fond ? Vous voulez allez à Matignon avec lui ? Qu’est-ce que c’est ?

Non. Tout le monde flingue tout le monde dans la vie politique française. Pour une fois, qu’il y a des responsables politiques – et pas seulement deux, j’espère beaucoup plus – qui sont capables de penser l’avenir ensemble au lieu de le penser les uns contre les autres, au moins faisons crédit que quelque chose de ce point de vue là change. Et moi, j’essaierai de faire en sorte que la vision de ce travail, de cette équipe – si elle se constituait – prenne pour une fois en charge ce qu’il y a de plus profond dans la crise que nous vivons.

Merci beaucoup François Bayrou.

« Je mets toutes mes forces à concevoir un projet de reconstruction pour notre pays »

FB Bureau

Mise au point sur l’interview publiée hier par Paris Match : retrouvez ici l’intégralité de l’entretien effectivement validé et approuvé par le président du MoDem pour l’édition papier du magazine.

Que pensez vous du  discours de Manuel Valls à La Rochelle et de son spectaculaire changement de cap ?

Manuel Valls fait preuve de détermination. Je lui donne acte d’avoir affronté sans faiblir la guerre des gauches qui pourrissait depuis deux ans la cohésion du gouvernement. La ligne politique qu’il affirme est cohérente dans son expression. Mais encore faut-il que les actes suivent, et là on n’y est pas. Les mots sont justes mais la réalité ne change guère. C’est là son vrai rendez-vous.

Cette inflexion économique se rapproche de celle que vous prônez …

Regarder en face les blocages qui affectent l’économie française, c’est aller dans le bon sens. Supprimer ces obstacles, c’est mieux encore. Mais il faut aller jusqu’aux causes de ces blocages ! La société est comme le sol pour une plante. Si la plante est en mauvaise santé, c’est que le sol est malade. C’est le sol qu’il faut soigner ! L’état de délabrement de notre pays exige des réformes profondes. Je prendrais deux exemples : Nous vivons avec une Éducation Nationale sinistrée et ce ne sont pas les rythmes scolaires qui vont résoudre le problème de la transmission des acquis, le climat à l’intérieur de l’école et le désarroi des enseignants. Ce ne sont pas ces changements mineurs qui vont convaincre les étudiants qui fuient l’enseignement, et les enseignants débutants qui se découragent. Il faut une réponse plus exigeante qui touche à la classe et pas seulement à ce qui l’entoure. Autre question lourde : nous avons des populations entières qui vivent parmi nous, dans nos quartiers, et dont l’intégration a été manquée. Cela exige qu’on ait une politique en profondeur qui touche à l’entrée dans le travail, l’apprentissage, l’alternance et la formation professionnelle.

Appelez-vous toujours de vos vœux une alliance réformatrice qui transcenderait les clivages traditionnels ?

Quand on voudra faire quelque chose de sérieux, ce sera le seul chemin crédible. L’heure n’est pas encore venue. La crise politique profonde née de la division de la gauche n’a pas encore produit tous ses effets. Et les affrontements internes à l’UMP non plus. Je crains que nous n’assistions à d’autres secousses dans les semaines et les mois à venir. De surcroît, nous n’avons pas les institutions qui permettent de vraies alliances au service d’un projet. Pourtant, je suis persuadé qu’une majorité réformatrice existe. On y viendra nécessairement quand on prendra la mesure des échecs provoqués par des années d’affrontements stériles. Alors sonnera l’heure des reconstructeurs.

Faudrait-il provoquer une dissolution ?

En cas de crise politique prolongée, il n’est pas d’autre issue que de rendre la parole au peuple. La dissolution de l’Assemblée nationale est donc dans ce cas l’issue la plus naturelle et la plus probable.

Mais à l’UMP, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Alain Juppé paraissent rejeter toute cohabitation…

Cette attitude ne me paraît ni réaliste, ni soutenable devant les Français. On ne peut pas se présenter à une élection en disant : «  Si vous m’élisez, si j’obtiens la majorité, je refuserai de gouverner ». François Mitterrand et Jacques Chirac ont tous deux montré que le seul choix possible est de gouverner la France même dans une situation de cohabitation. J’oserai même dire que les trois gouvernements, Chirac, Balladur, Jospin, issus des trois cohabitations qui se sont produites en France au cours de ces trente dernières années ont été plus utiles au pays que bien d’autres !

Si François Hollande vous le proposait, accepteriez-vous d’être Premier ministre ?

Il n’y a aucune hypothèse de cet ordre. Je mets toutes mes forces à concevoir et à proposer un projet de reconstruction pour notre pays. Et j’applique cette vision à la base, concrètement, à Pau, dans la ville dont je suis maire. Un tel projet exige une forte adhésion, des rassemblements larges, une démarche non sectaire. Le jour viendra où cette nécessité s’imposera pour le pays tout entier. Ceux que j’appelle les reconstructeurs devront se rassembler pour agir.

Si les institutions devaient se paralyser totalement, faudrait-il que François Hollande démissionne ?

Mais comment obliger le Président de la République à démissionner ? On ne va pas organiser un putsch ! Il n’y a pas d’autre choix disponible que d’assumer ses responsabilités devant les Français quand on gagne une élection et que le Président de la République nomme un gouvernement qui représente fidèlement et sans ruse la majorité sortie des urnes.

Que devient votre alliance avec Alain Juppé qui vous a soutenu lors de votre élection à Pau ?

J’ai pour Alain Juppé amitié, estime et solidarité. Je mets de l’espoir dans la démarche qu’il a entreprise et je suis prêt à l’aider. Si des responsables politiques hier séparés savent s’entendre autour d’idées fortes, cela donnera de l’espoir aux Français.

Le soutiendrez-vous lors de la primaire de l’UMP à laquelle il a déclaré qu’il sera candidat ?

Je me reconnais beaucoup dans ses attentes. Pour autant, je ne suis pas engagé dans cette primaire. Participer à une primaire c’est en accepter les résultats quels qu’ils soient et je ne veux pas me lier à l’avance. Si le centre veut exister, il faut qu’il soit indépendant.

Qui soutiendrez-vous pour  succéder à Jean Louis Borloo à la tête  de l’UDI ?

Je n’ai pas à intervenir dans cette élection et je ne le ferai pas. Mais le MoDem et l’UDI doivent travailler ensemble. Pour moi, le meilleur candidat, ce sera donc le plus unitaire, celui qui travaillera avec nous au rassemblement de tous les mouvements du centre.

Croyez-vous au retour de Nicolas Sarkozy ?

Avec tous les signaux qu’il a envoyés et qu’ont envoyé ses proches, cela paraît une évidence. Comment reculerait-il ? Je ne vois pas beaucoup de suspens à ce sujet.

Quelle est au fond votre ligne politique ? 

Je veux être un reconstructeur de notre pays sinistré et je veux que se rassemblent tous les reconstructeurs.

Réforme du territoire: Quel est le but ? Quelle direction ?

Avec le tripatouillage territorial annoncé tant de fois et jamais appliqué:

On a la réforme d’Édouard Balladur promise sous Nicolas Sarkozy et annulée par François Hollande.

Puis la réforme du gouvernement Ayrault qui créé le conseiller Départemental (loi n°2013-403 du17 mai 2013) qui réforme l’élection Cantonale de 2015 en instituant un scrutin binominal pour imposer une parité homme femme, là où actuellement la Meurthe et Moselle ne comprend que 18% de femmes élues, qui fusionne les cantons par deux (le 54 passant de 44 à 23 Cantons), qui impose un redécoupage ruralicide ! Cette réforme imposant une stabilité de l’exécutif car les conseillers généraux été renouvelés de moitié tous les trois ans, maintenant le conseiller territorial sera élu sur 6 ans. Cette volonté de stabilité créée du coup un élu plus éloigné de ses électeurs qui sera soumis à un vote contestataire plus fort de sanction du pouvoir national ! Bref juste l’inverse de ce qu’il convenait de faire.

Et enfin, Manuel Valls qui, le 16 avril 2014, y va de son projet de réforme sous la volonté de François Hollande qui veut repousser les élections désormais Départementales et Régionales à 2016. Tout cela parce que le projet de fusion des Régions qui mènerait à la suppression des Départements entrerait en vigueur en 2021 pour les élections de 2022 ! Bref calcul National, Hollande 2012-2017… avec espoir d’un 2017-2022, ce qui laisserai la réforme à son successeur ! On aura vite compris que la vision Parisienne de l’exécutif National ne prévoit les calendriers de réforme que selon son intérêt personnel.

J’aimerais juste que l’on m’explique certaines choses simples…

Pourquoi mettre en place la réforme qui créé le conseiller Départemental pour le supprimer 6 ans après ?

Pourquoi créer un rédécoupage territorial en ne tenant pas compte des limites actuelles des cantons ruraux (qui se disent ensuite en communautés de communes), mettant en place 2 voir 3 conseillers Départementaux en relation avec une même communauté de Commune, là où actuellement il n’y en à qu’un dans le découpage administratif actuel ? On aurait voulu complexifier le découpage administratif rural qu’on aurait pas fait mieux !

Pourquoi séparer certaines communes de leur rattachement historique à un chef lieu de canton vers lequel elles sont tournées depuis 700 ans, ou plus pour certaines (à l’exemple de Pulligny ou Frolois qui sont détachées de Vézelise et rattachées à Neuves-Maisons) niant de fait l’histoire des territoires au profit d’un pur calcul mathématiques au nom d’un prétendu équilibre du nombre d’habitants par conseillers Départementaux !

Cette réforme est une catastrophe car elle supprime l’élu le plus proche du citoyen après le Maire au profit d’un calcul technocratique politicien qui ne profitera qu’au Front National, car elle abandonne la ruralité au profit d’une fusion forcée des communes au sein des communautés de communes, le tout en sachant que ce nouvel élu disparaitra aussi vite au profit du seul conseiller Régional ! C’est un abandon manifeste du service public politique rural au seul intérêt de prétendues économies financières qui supprime des élus par populisme, abandonnera des conseils généraux construits à cout de millions d’euros qui deviendront des coquilles vides, des charges lourdes d’entretient… le tout sans oublier les milliers de fonctionnaires qui ne pouvant être licenciés devront être redéployés d’une façon ou d’une autre !

Alors où est l’économie ? 4058 élus de moins, soit moins de 100 millions d’euros d’économies par an, alors qu’il manque 50 milliards pour boucler le budget d’ici la fin du quinquennat. Toute cette réforme bousculera tout pour 0,6% à peine de ce qu’il faudrait trouver pour être à l’équilibre budgétaire ! Le tout sans savoir quoi faire des conseils généraux qui, au nombre de 101, ont tout de même couté à la collectivité entre 75 et 200 millions d’euros chacun ! Quel gaspillage pour un effet si limité ! Sans oublier que le pire des gâchis et celui du détachement de l’élu de son territoire !

Mariage pour tous, un an déjà !

Après des kilomètres de manifestations et de contre manifestations… après des heures de débat à n’en plus finir… L’Assemblée nationale s’est prononcée par un vote solennel pour l’adoption définitive du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe, mardi 23 avril 2013, puis le 17 mai, le Conseil constitutionnel a validé le texte, qui a été promulgué le lendemain par le président de la République. La loi entre donc en vigueur. La loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe a été promulguée et publiée au Journal officiel le 18 mai 2013 (cliquez ici pour consulter le texte de loi). La France devenait le 9e pays européen et le 14e pays au monde à autoriser le mariage homosexuel.

Les députés ont voté pour l’adoption du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Sur 566 votants et 556 suffrages exprimés, il y a eu 331 votes pour et 225 votes contre. Avec ce vote solennel de la loi, le débat public se clôt. Il aura donné lieu à plus de 170 heures de débats au Parlement depuis le mois de janvier.

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Une avancée qui résulte d’un combat que j’ai mené seul (aucun soutien d’associations locales, pas de soutien non plus d’Act Up, de la fédération des Centres LGBT ou de l’Inter LGBT : qui voyaient tous dans ma démarche de l’homophobie !) en luttant contre le projet de loi de « Pacte d’Union civile »(entre 2007 et 2009) proposé par Nicolas Sarkozy, qui mènera à une question au gouvernement, portée conjointement par Christian Eckert, Hervé Féron et jean Yves Le Déaut, que je remercie encore ici de m’avoir soutenu dans ce combat, sans lequel « la loi du mariage pour tous » n’aurait pas vu le jour (car pourquoi donner le mariage si un pacte d’union civile existe ? 10 ans de combat nécessaire en Angleterre pour obtenir l’égalité). Le tout validé par un courrier de la présidence de la République m’annonçant le retrait du projet de loi en question.

Non au Pacte d’Union Civil – Pétition Non au Pacte d’Union Civil Version 3

Courriers DéputésQuestion au Gouvernement

Courrier Sarkozy

Entre promesses et mensonges… le gouvernement aux antipodes !

Avec les manifestations des » anti-mariage pour tous » hier, chacun y va de son commentaire sur les suites de la loi à venir sur la famille. Je vais donc faire ici un résumé !

Les « anti-mariage pour tous » affirment que la future loi sur la famille amènera à la PMA et à la GPA !

1- C’est faux: car cela ne figure aucunement dans le projet de loi

2 – C’est vrai:

2.1 – La ministre de la famille elle même Dominique Bertinotti ou encore Christiane Taubira, ministre de la justice y sont favorables, tout comme Marisole Touraine, ministre de la santé, sur la PMA a rappelée ‘qu’elle était par le passé favorable à son ouverture à toutes les femmes’ (qui a fait marche arrière récemment sur le sujet).

2.2 – Il y a une grande majorité des députés qui y est favorable entre la frange gauche du PS, EELV, PRG, et Front de Gauche, et ils peuvent déposer des amendements et les faire passer même si il y a un avis défavorable du gouvernement (c’est le jeu de le démocratie) et ce ne serait pas la première fois sous cette législature que les députés font passer des amendements contre l’avis du gouvernement, car ce même amendement avait été adopté dans « la loi du mariage pour tous » le le 19 décembre 2012 avant d’être retiré suite à une forte opposition gouvernemental et à un rappel à l’ordre de Matignon ! Rappelons au passage qu’il a été promis à l’époque de l’inclure dans la loi sur la famille, pour apaiser les esprits ! D’ailleurs un projet de loi a été déposé en ce sens le 19 Juillet 2013.

2.3 – Bien que non présent dans le programme présidentielle, la PMA pour les couples de femme a été une promesse du candidat Hollande qui pour reprendre ses propos déclarait être « favorable à l’ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples de lesbiennes mais uniquement dans le cadre d’un « projet parental » et à la condition que l’anonymat du don des gamètes soit respecté. Mais il se dit hostile à la gestation pour autrui (GPA), à savoir les mères porteuses pour les couples homosexuels, et peu favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger. » Rappelons au passage que Christiane Taubira a mis en place une circulaire visant a « faciliter l’acquisition de la nationalité française pour les enfants nés de mère porteuse à l’étranger » le 25 Janvier 2013, soit 44 dossiers par an.

Vous l’aurez compris, au mois d’Avril va se jouer un bras de fer important sur le sujet entre les députés qui veulent que les promesses de campagne soient tenues, et le gouvernement qui recule par peur de plus grande mobilisation dans les manifestations avec plus de débordements et de violence de la frange des extrémistes de la population conservatrice qui défend le droit divin comme étant supérieur au droit à la démocratie. Ne nous y trompons pas, la droite conservatrice et les extrêmes ont de tous temps contesté à la gauche le droit d’être au pouvoir (manifestations contre l’IVG, contre la réforme de l’école libre…) et sait être violente s’il le faut ! Sauf que depuis les années 80, ce mouvement conservateur intégriste catholique s’est allié aux islamistes, et l’extrême droite est plus forte que jamais ! Ce n’est pas un mouvement pacifiste, loin de là ! Les digues sont tombées entre un partie de l’UMP et du FN… Non seulement Nicolas Sarkozy y a fortement participé avec son courant de « la droite forte », mais François Hollande a parachevé cette évolution en s’attaquant par pure idéologie a des sujets de société qui créent la division entre les Français. Plus que jamais, le candidat Hollande, devenu Président, qui était présenté en 2012 comme le seul homme capable d’une « unité nationale qui réunira des femmes et des hommes venus d’horizons différents, pour permettre au pays de seressaisir. » incarne aujourd’hui la division de la société française, une mise en opposition systématique entre les prétendu conservateurs et progressistes !

Pour ma part, a titre personnel, je soutien pleinement la PMA pour toutes les femmes et sans aucune condition. Tout comme la GPA ; car je considère que si une femme veut porter l’enfant d’une autre qui est atteinte du » Syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser » (à proportion de 4 femmes sur 1 million), c’est son droit légitime de disposer de son corps comme elle l’entend ! (Cela se fait déjà de manière détournée au travers de femmes accouchant sous X, après don d’embryon des parents biologiques, dont le seul parent légal sur le certificat de naissance de l’enfant est le père biologique – l’enfant étant ensuite adopté par son épouse.) Et puis soyons clairs, si l’on se réfère à une vision progressiste au seul nom de l’égalitarisme législatif, comment accorder la PMA pour les lesbiennes et dire dans le même temps non à la GPA pour les gays ? Et pour compléter le questionnement, pourquoi légaliser les enfants né par GPA à l’étranger et interdire la pratique en France ?

Que l’on pose la question de la marchandisation du corps est un fait de société discutable, mais si une femme décide gratuitement d’être « mère porteuse », pourquoi ne pas mettre en place une protection de cette dernière ? Ne serait-ce que pour une question de santé autour de la question du transfert d’embryons ? (toutes les femmes enceintes étant prises en charge par la sécurité sociale sans aucune distinction) puis sur la question juridique protégeant la mère porteuse comme les parents biologique. Car nulle rémunération ne saurait être acceptée dans l’idéal en dehors des frais induis à la prise en charge médicale.

Pour ma part je considère que chacun est libre de disposer de son corps comme il l’entend ! Donc oui je défend la liberté sexuelle de chacun, l’IVG, la PMA, la GPA, une prostitution libre… le tout en combattant toutes formes de traitre esclavagiste de l’être humain !

Hollande continue à faire ce que Sarkozy prévoyait après avoir supprimé les réformes votées

Je ne vais pas revenir aujourd’hui sur la suppression de la TVA sociale par Hollande qui est confirmée comme restaurée depuis hier dans ses voeux à la presse (comme je l’ai dénoncé il y a deux jours dans mon article « La Famille n’est plus rentable« ) j’ai horreur de me répéter, mais je vais revenir sur une autre réforme abrogée par le PS à son arrivée au pouvoir en juin 2012 qui verra finalement le jour après avoir été supprimée « La réforme des Collectivités locales » que j’avais dénoncé le 26 Février 2009, car franchement vouloir fusionner deux régions aussi différentes et particulières que l’Alsace et la Lorraine est une aberration ! On nous dit déjà assez souvent dans le développement généralisé de l’inculture et de l’amnésie collective que l’Alsace et la Moselle ont été annexés par l’Allemagne en 1871 ! Je rappellerai qu’il ne s’agissait que de la quasi totalité de la Moselle (saut le pays haut) et le Sud Est de la Meurthe, ce qui a amené à la création du département de la Meurthe et Moselle le 7 septembre 1871 à partir des trois anciens arrondissements de la Meurthe : Lunéville, Nancy et Toul et un ancien arrondissement de la Moselle : Briey, qui n’avaient pas été annexés ! Je rappellerai également que l’Alsace-Moselle sont sous le régime religieux concordataire dont je suis un fervent opposant et que je demande sa suppression depuis bien des années !

Après ce cours d’histoire accéléré, revenons à l’actualité. 

Je citerai les réactions des plusieurs responsables Socialistes à l’époque de la réforme de Nicolas Sarkozy en 2009 sur ce sujet qui l’ont qualifié ce projet de «régression» ou encore de «grande magouille», voyant là notamment «une manière pour la droite de récupérer du terrain alors que la gauche gouverne actuellement 20 régions métropolitaines sur 22»… Maintenant ils le font ! Car oui, le PS maintenant dans la majorité préconise la fusions de plusieurs régions pour passer de 22 à 15, en fusionnant plusieurs ensembles, dont l’Alsace et la Lorraine, la Haute et Basse Normandie, La Franche Comté et la Bourgogne, le Rhône-Alpes et l’Auvergne et pour finir Haut de Seine et seine Saint Denis. La Picardie serait amenée à disparaitre, et ses départements seraient dispatchés dans les régions voisines : l’Oise en Ile-de-France, la Somme au Nord-Pas-de-Calais et l’Aisne à la Champagne-Ardenne. Selon le même modèle, la région Poitou-Charente serait découpée au profit des régions Limousin et Aquitaine… En somme, ni plus, ni moins que la réforme territoriale qu’ils ont supprimé dès 202 et qui devait s’appliquer à l’occasion des élections Cantonales et Régionales en 2015 en créant le Conseiller Territorial !

Fusion Regions

Bref vous l’aurez compris, en quelques jours seulement, François Hollande s’engage à finaliser le programme de Nicolas Sarkozy de 2007-2012 ! Nos élus sont-ils tous idiots ou tous amnésiques ? Pour moi, ils sont totalement dépassés car visiblement ils n’ont toujours pas compris qu’avec internet, tout ce que vous dites et retenu, commenté, enregistré et peut ressortir à chaque instant !

La Famille n’est plus rentable.

Allez braves gens, ouvrez votre porte-feuille, soyez prêt à la confiscation fiscale à la source (que le gouvernement étudie), ne rêvez pas d’une pause fiscale, le budget 2014 fait le fond de vos poches ! On touche pour cela à tout les points idéologiques que la Droite la plus forte n’a jamais osé toucher (par peur de manifestations monstres) et que la gauche passe en douce sans que cela n’émeuve qui que ce soit, vu que l’on parle de Dieudonné et de la liaison du Président avec une actrice ! Pauvre France ! On me dira sarcastique… mais soyons franc, la situation s’aggrave au fil des mois, le PS fait la même politique que l’UMP et le changement c’est pour la saint glinglin… Le plus drôle étant que l’on ne trouve déjà plus personne dans les rues qui a voté Hollande en 2012… sa côte d’impopularité explosant tous les records, plus vite que le plus mal aimé des Présidents désormais sauveur : Nicolas Sarkozy !

Quand je dis que c’est la même politique, il suffit pour s’en convaincre de prendre le cas de la TVA sociale, prévue à 21% sous la mandature précédente… une hausse simple de la TVA qui sera finalement à 20% ! La différence ? La Hausse prévue par l’UMP était là pour baisser les charges sur les salaires en supprimant la ligne de cotisations familiales bénéficiant à la CAF qui devait être financée désormais par la hausse de TVA, en contre partie, une hausse du salaire. La hausse faite par le PS sert à … ??? On se pose encore la question ! Et que n’avait pas dit le PS à l’époque en dénonçant la TVA sociale qu’ils se sont empressé de supprimer… Mais eux font bien pire maintenant qu’ils sont aux manettes !

Le ras-le-bol fiscale a fait les gros titres en fin d’année 2013, on s’attendait de fait à ce que le gouvernement entende les citoyens ! Que nenni ! Et on s’attaque par pur idéologie à la libération de la femme (forcée) par Najat Vallaud-Belkacem, ministre des femmes qui après leur remettre de force la ceinture de chasteté en faisant voter la pénalisation des clients de prostituées, veut mettre à tout prix les femmes au travail (en ces temps de chômage pour tous) sous peine de les pénaliser par l’imposition !

Le Parlement doit voter jeudi définitivement le budget 2014. - Les Echos

La famille ne fait plus recette et la politique familiale prend un sérieux coût de cutter ! En tenant compte qu’en juin 2013, 276.530 personnes ont bénéficié du RSA avec majoration pour parents isolés (Cette majoration est perçue pour une durée limitée), sur 2,228 millions de bénéficiaires du RSA, il y a 699.000 femmes seules avec enfants contre 51.000 hommes seuls avec enfants. Les hommes sont plus de 12 fois moins nombreux. Les parents isolés représentent donc près d’un tiers des bénéficiaires du RSA. Là où ses familles monoparentales auraient besoin d’être aidées (il faut bien payer le loyer et les charges, seul… et je sais de quoi je parle), le budget 2014 ne prévoit aucune baisse du tôt d’imposition. Pour les familles qui survivent entières aux méandres de la modernité occidentale que l’on accuse comme étant responsable de la multiplication des séparations, le plafond du dispositif réduisant l’impôt des familles en fonction du nombre d’enfants et des revenus baisse de 2.000 à 1.500 euros par demi-part. De même, le plafond de la part fiscale supplémentaire accordée au titre du troisième enfant à charge sera porté à 3.000 euros contre 4.000 euros à l’heure actuelle. Le plus drôle étant que ce coup de rabot généralisé est présenté comme étant un moyen de pénaliser les familles les plus aisées, hors le diable est dans les détails. On constate vite que cette réduction des aides pénalise d’avantage les familles avec enfants, plus fragiles économiquement, allant même jusqu’à créer une augmentation plus légère des impôts des plus riches en touchant plus les classes moyennes sur lesquelles ont fait (encore une fois) le plus d’économies. Ainsi une famille de la classe moyenne (30.000€ de revenus) avec deux enfants fera face à + de 14% de hausse d’impôts quand un couple sans enfants (49.000€ de revenus) verra son imposition baisser de près de 1%. mais le plus grave est à venir…

La remise à plat de la fiscalité que Jean-Marc Ayrault avait annoncé se traduit surtout par un changement purement idéologique… Najat Vallaud-Belkacem s’avère prête à pénaliser fiscalement les mères aux foyer. Interrogée par le quotidien « Les Echos » du 11/12/2013 sur les mesures envisagées par « le rapport Lemière » sur l’emploi des femmes, la ministre des Droits des femmes condamne la conjugalisation et la familialisation de la fiscalité. Objectif en clair : pénaliser les ménages mono-actifs, autrement dit, imposer le parent 2 (suivez mon regard) au foyer…

En résumé, on procèdera à une incitation fiscale au travail à l’extérieur du foyer familial, en poussant les mères qui resteront bêtement chez elles à s’occuper de leurs enfants à aller travailler coute que coute, sinon le montant de l’impôt sur le revenu augmentera. En somme, le projet prévoit d’aligner l’imposition des familles où un seul parent travaille sur le taux d’imposition des familles où les deux parents ont un emploi. Le but étant de faire comprendre aux femmes les vertus d’un second emploi parallèle à celui de leur compagnon. Comme si une femme ne pouvait pas être heureuse et émancipé dans sa cellule familiale ! Il est vrai qu’avec l’évolution de notre société et des mœurs, les femmes dans leur grande majorité se sont battues ces dernières décennies pour être libre d’avoir un emploi, et c’est une excellente chose ; mais toutes les femmes ne le souhaite pas forcément et sont encore une majorité à aimer leur vie au foyer. D’autant plus qu’en cette période de fort chômage, que vont bien pouvoir faire ces femmes ? On ne veut pas réformer « la révision de l’un des fondements de la fiscalisation des ménages, la conjugalisation de l’impôt » pour inciter, mais pour obliger, avec comme pénalité l’impôt en forte hausse, un impôt qui devient punitif si on ne rentre pas dans un schéma prétendument moderne.

Résultat de cette normalisation, les pères de famille paieront désormais leurs impôts « plein pot » comme s’ils étaient restés célibataires, sans plus bénéficier désormais de la « demi-part fiscale » attribuée jusqu’à maintenant au titre de leur épouse. Ainsi, le nouveau régime va pénaliser fiscalement les familles nombreuses dont les mères élèvent les enfants à la maison. En revanche, les couples sans enfants bénéficiant de deux salaires verront leur impôt baisser, avec la possibilité de fractionner le chiffre à déclarer… Il n’y aura au demeurant pas que sur l’impôt que l’état compte jouer… on peut y ajouter qu’au delà de repenser totalement l’impôt sur le revenu, il est mit aussi sur la table les aides type RSA et PPE (prime pour l’emploi) pour favoriser l’emploi des femmes.

Le plus dangereux dans tout cela est que cette mesure s’avance déjà comme étant conservatrice, car elle casse cette évolution sociétale (qui prend certes son temps) où nombre d’hommes qui gagnent moins que leur épouse arrêtent de travailler pour élever les enfants. A retenir que plus les familles ont d’enfants, plus les femmes s’arrêtent de travailler (71% au premier enfant, 86% au second et 91% au troisième selon une étude INSEE de 2007-page 7), on voit vite que 5% des hommes changent de carrière contre prêt de 40% des femmes suite à la naissance d’un enfant. 15% supplémentaires d’hommes affirment que le changement professionnel n’a rien à voir avec la naissance d’un enfant (une promotion ?) contre 9% des femmes !

Cette méthode qui permet de payer beaucoup moins d’impôts, surtout quand l’un des deux époux ou pacsé (souvent la femme) ne travaille pas et que l’autre gagne beaucoup est clairement menacée. Ainsi peut-on résumer, l’une des pistes exposée dans le rapport de l’économiste Séverine Lemière, qui consisterait a «moduler le quotient pour favoriser les couples biactifs ou au contraire pour réduire les avantages des couples monoactifs, à défaut d’une réelle individualisation de l’impôt», rapportent Les Echos. Et ainsi, encourager les femmes à travailler. Autre option: «plafonner l’avantage du quotient conjugal, comme pour le quotient familial». «l’emploi des femmes est encore vécu comme un travail et un salaire d’appoint, et le système fiscal renforce cet état de fait car il repose sur le principe de la conjugalisation. Il est donc très coûteux de travailler pour le deuxième apporteur de ressources du ménage qui est souvent la femme» déclare Najat Vallaud-Belkacem. La société de demain déclare doit s’orienter vers ce nouvel « accès à l’emploi » des femmes qui est « une question de justice mais aussi un enjeu économique majeur » : la ministre prédit un gain de 0,5 point de croissance par an pendant 10 ans. L’État devant « peser en tant que donneur d’ordre »…

Une démarche clairement idéologique plus que répondant à une réalité économique… En période de plein emploi je ne trouverais sans doute rien à redire à une telle réforme, hors on en est loin ! Je ne dis pas qu’il ne faut rien faire pour faciliter le retour des femmes à l’emploi après s’être arrêtées pour élever les enfants, je dis juste que ce n’est pas par l’imposition que l’on incitera à cette évolution des mœurs ! Pis encore, en pénalisant les familles où un seul des conjoints travaille, cela n’aidera pas à inciter d’avantage les hommes à s’ arrêter au profit de leur femme, car si c’est pour payer plus, pourquoi quitter son emploi ? Mais on le sait tous, les emplois qui bénéficient aux femmes qui retournent en entreprise, les enfants une fois scolarisés, ne se trouvent n’être souvent qu’un emploi précaire, à temps partiel et mal payé. Et ce n’est pas la réforme de la durée minimale de 24 heures pour les contrats de travail à temps partiel qui changera la donne (d’autant plus que l’état semble déjà reculer sur cette réforme applicable depuis le 1er Janvier 2014). Est-ce cela l’émancipation de la femme ? L’obliger à travailler, même dans un emploi d’esclave, sous peine de voir son couple être assommé d’impôts s’il elle n’accepte pas cette évolution sociétale ? Il y a de quoi s’inquiéter !

A quand une réforme de l’éducation supérieure ?

universite

Cela fait des années que cela se passe comme cela et d’un gouvernement à l’autre rien n’est fait ! Si l’on se réfère aux chiffres de 2007 (car bizarrement aucune analyse globale n’a été portée depuis, ces chiffres ayant servis de base à la réforme des Université sous la Présidence de Nicolas Sarkozy) on constate que sur 154364 entrants en premières années de L1, 61745 arrivent en L2 (soit 39.99%), desquels ne restent que 41678 étudiants qui arrivent en L3 (soit 26,99%), il ne reste que 73% des ces étudiants en L3 qui entrent en Master soit 30425 étudiant, ce qui nous mène à un taux d’échec de 80,29%. Que d’argent public dépensé pour rien, quand des filières professionnelles manquent d’étudiants ! Les seuls chiffres partiels connus depuis indiquent que 57% des bacheliers entrés en 2010 en 1ère année de licence ne sont pas passés directement en deuxième année de licence à la rentrée 2011 : 25,5% ont redoublé la L1, 28,4% sont sortis de l’université mais n’ont pas forcément abandonné les études supérieures (réorientation vers une STS, une école paramédicale ou sociale), 3,1% ont changé d’orientation dans l’université (inscription en DUT ou dans un diplôme d’université).

Alors quelles sont les pistes évoquées par la nouvelle Ministre en charge de l’Enseignement Supérieur Geneviève Fioraso ?

Quand 3 étudiant sur 10 abandonnent dans les premiers mois de leur première année d’université, elle invoque le renforcement du plan « Réussite en Licence » lancé par le précédent gouvernement en 2007 qui coûte 730 millions d’euros par an alors que le taux de réussite n’a cessé de baisser depuis de 3% par an en moyenne. Face aux filières sélectives qui croulent sous les demandes quand d’autres manquent d’étudiants, la ministre propose de mettre en passe des passerelles pour ne plus travailler en silo et diversifier les parcours. Et quand à donner les moyens aux étudiant de mieux savoir où s’inscrire en faculté comme en Angleterre ou en Allemagne qui indiquent clairement le taux de réussite de chaque facs (qualité de l’équipe pédagogique, taux de passage en deuxième année, valeurs des enseignants), là on se heurte au mur de la prétendue égalité dans la réussite éducative et on écarte net tout outil d’évaluation qui serait rendu public, bien que connu des académies et du Ministère.

A quand les bonnes questions pour la bonne réforme ?

Pourquoi  la Ministre ne tape t-elle pas du point sur la table ? Livrer les taux de réussite par facs n’aiderait-il pas les étudiant à mieux choisir leur université pour augmenter les taux de réussite sans réforme coûteuse ? Restreindre l’accès aux filière bouchées ne rendrait-il pas service aux étudiant ?

Trois points essentiels de cet échec massivement organisé doivent être mis d’urgence sur la table :

Les bacheliers n’ont pas le niveau. Le succès en licence ne pourra être assuré que lorsque les étudiants entrants à l’Université seront habitués à travailler et préparés aux exigences de l’enseignement supérieur. Au lieu de ça, de plus en plus de personnes obtiennent le bac, sans exiger d’eux la moindre rigueur ni même la moyenne. En 10 ans, le nombre de bacheliers avec mention a doublé alors qu’on n’a constaté une évolution allant vers la dégradation des connaissances requises qui mène à une baisse moyenne du niveau des lycéens.

La faute à l’absence de sélection. L’échec est en grande partie explicable par l’absence de sélection à l’entrée à l’université. Les filières post-bac étant sélectives à l’entrée, il y a un vrai problème d’orientation, puisque la majorité des étudiants de L1/L2 qui sont là, y sont par défaut. Pour mesurer ces inscriptions par défaut, il faut enquêter les étudiants de L1.

Traiter l’insuffisance de travail et absentéisme aux cours. La réussite des étudiants en licence doit être corrélée aux moyens qu’ils se donnent pour réussir. La majorité des étudiants en L1 et L2 ne travaille pas suffisamment pour réussir, voire ne travaille pas du tout (même si on leur donne les outils pour le faire). Il ne suffit pas de regarder le nombre d’inscriptions à l’université et de mettre ça en regard du succès aux examens, nombre d’étudiants sont là parce que « c’est chauffé et y’a de la lumière ». Même la présence aux examens n’est pas significative, on y retrouve nombre d’étudiants qu’on ne voit jamais en cours et TD. Il faut calculer un taux de réussite pondéré par l’assiduité et cesser de colporter qu’à l’université on peut réussir sans rien faire, parce que c’est faux.

On peut toutefois considérer que l’enseignant est au cœur du processus de validation des connaissances et des savoir-faire : c’est l’enseignant qui note ! C’est lui qui fixe les exigences ! C’est lui qui fixe les notes en fonction de « son paquet de copies ». Les mauvais taux de réussite observés témoignent peut être que les universitaires résistent un peu face à l’abaissement du niveau qui résulte de la déconsidération des universités dans l’orientation des lycéens, ce qui expliquerait que le taux de réussite ne cesse de baisser, les enseignants eux ne baissant en rien leurs exigences. Mais il ne faut pas oublier que ces taux résultent aussi tout simplement du fait qu’une bonne partie du public de licence ne se présente même pas aux examens. Autrement dit, il serait erroné de croire, au vu des chiffres apparents d’échec, que l’évaluation est vraiment très exigeante.

Quoi qu’il arrive, ce n’est pas aux enseignants de faire le travail de maintien du niveau mais au Ministère de changer d’idéologie en arrêtant de faire croire que tout le monde peut réussir. Car au delà des disparités (il est vrai) résultant naturellement de la classe sociale dont sont issus les étudiants (ceux qui travaillent à coté pour financer leurs études ayant moins de temps pour étudier), il serait temps de sélectionner à l’entrée pour permettre aux enseignants de se consacrer plus à chaque étudiant ; de permettre de mettre plus de moyens vers les étudiants issus de familles modestes afin qu’ils n’aient plus à travailler à coté et leur permettre de se consacrer pleinement à leurs études ; pour orienter les jeunes n’ayant pas le niveau vers des filières plus techniques, mesure qui aura pour bénéfice de permettre à plus de jeunes de trouver un emploi et réduire ainsi le chômage qui les touchent… A la fin 2012, le chômage des moins de 25 ans ayant atteint le pic historique de 25,7%. Bref ce sont là des mesures faciles à mettre en place, peu coûteuse et qui seront efficaces !

« De la vérité en politique » de François Bayrou

De la vérité en politique

Le nouvel opus Bayrou est arrivé ! Bon comme à son habitude il traite de l’actualité politique à sa façon, et une fois de plus met en lumière un problème fondamental avant même que la réalité rattrape la fiction. Dans ce livre consacré à la vérité en politique (paru en Mars) tout tourne autour de la moralisation de la vie politique, de la rénovation nécessaire de nos institutions pour mettre un terme aux changemenst incessant entre le PS et l’UMP dus à un système tourné autour de la bipolarisation de la vie politique qui engage les candidats à faire des promesses qu’ils savent intenables d’une élection à l’autre à l’exemple de François Hollande qui déclarait alors en tant que candidat à la primaire socialiste « qu’un excès d’imposition serait un signal négatif, que cela n’apporterait rien au budget… » et qui une fois devenu candidat à la Présidentielle, nous promet « la taxe à 75% sur les hauts revenus » au risque de l’inconstitutionnalité.

Tout est une question d’affirmation d’une vérité dite, d’une stratégie clairement assumée et de la réunion d’hommes et de femmes conscients et responsables qui conservent leur identité politique – au delà des partis et courants internes – comme condition du redressement de notre pays, avec comme unique visée l’intérêt supérieur du pays… la réalité et que le système électoral en lui même nous y éloigne, par le simple fait d’un élection à deux tours donnant une majorité écrasante d’un mastodonte contre un autre en niant au passage les autres partis, qui de l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant par le centre, représentent 40% des voix au premier tour et n’obtiennent que 2% des élus !

François Bayrou appel à une mobilisation à la réflexion des citoyens pour les encourager à ne pas laisser se laisser trimbaler dans un jeu devenu stérile de bipartisme, qui n’est pas qu’une question de vertu  mais aussi une condition d’adhésion du citoyen à son devoir d’exerce utile et efficace du pouvoir politique. Il faut parler aux citoyens comme à des adultes. la vérité n’est pas un langage de pessimisme, mais plus on affirme la vérité, plus il faut animer le courage, la volonté, l’envie de vivre, qui seuls permettent de saisir le réel pour le changer. Nos difficultés actuelle sont françaises. Elle ne viennent pas de l’extérieur car on constate qu’à conditions égales de conjoncture (de taux de change de l’euro, de rythme de croissance…) le France fait moins bien que ses voisins européens. Nos handicaps, blocages et freins sont nationaux, français, hexagonaux, intérieurs. Ils nous appartient de les identifier pour les résoudre… « L’essentiel de l’exercice démocratique devrait être consacré à éclairer le peuple souverain avant qu’il ne prenne sa décision ». François Bayrou affirme que derrière la vérité, c’est un citoyen devenu co-décideur de son destin et la fin de la domination démocratique du fort sur le faible… Car il n’y a point de cap connu quand la vérité est dissimulée.

Au passage d’un regret historique, lointain et tenace dans la mésentente des deux courants historiques centristes (les radicaux réformistes et les démocrates chrétiens), qui avaient fait résistance ensemble face au nazisme. ceux qui croyaient au ciel, comme ceux qui n’y croyaient pas, avaient le même amour de la patrie et de la vérité. « Leur entente auraient été une bénédiction », affirme t-il. Faut-il y voir là une main tendue pour l’union du PRG de l’UDI et du MODEM ?

Face aux mensonges des dernières décennies  » le citoyen se voit ainsi conduire à considérer qu’il n’y a nulle adéquation entre la promesse et la réalité »… Donc à partir de là, il n’y a aucune raison de s’étonner que les Français entonnent le chant du tous menteurs, tous pourris… Qui profite électoralement surtout à l’extrême droite. Le cynisme actuel est devenu insupportable en temps de crise, car les peuples exigent de savoir, de comprendre, d’être informé et de participer. Le temps des « Universités populaires » est revenu à tous les étages de manière électronique… Ce virus de la démocratie directe est l’héritage de la révolution Française qui légitime cette revendication de responsabilité directe que le système actuel à confisque au profit de castes. Les fonctionnaires (en particulier de l’Education Nationale) prenant les postes à gauche, les avocats d’affaires et chef de grandes entreprises, les prenant à droite… Et au milieu ?

Dans un travail de vérité, il est temps de mettre un terme aux mesurettes qui donnent lieu à des lois éphémères qu’un ministre met en place sur le même principe qu’il a critiqué sauvagement chez son prédécesseur et qu’il réécrit en le présentant comme révolutionnaire, à l’exemple des lois d’encouragement à l’investissement locatif Quélès devenant Mehaignerie, Besson, Robien, Périssol, Scellier et aujourd’hui Dufflot… Sur un autre plan, combien de candidats ont promis des gouvernements resserrés à 15 ministres alors que l’on reste toujours aux alentours de 40 ? Sans oublier les cabinets, l’appareil qui les entoure, les frais qui vont avec… 

François Bayrou profite de ce nouveau livre pour expliquer longuement et pourquoi il à choisi de favoriser l’alternance au travers de deux priorités selon lui : « La moralisation de la vie publique » et le choix de lutte contre « la division du pays, de l’excitation des Français des uns contre les autres » qui avait cours durant la dernière campagne présidentielle. Le second point reposant essentiellement sur la haine des profiteurs (chômeurs et immigrés). Il dit s’être opposé à cette stratégie par lucidité et besoin de défendre l’unité citoyenne qui, elle seule, peut permettre de mettre en place, comme il l’explique tout au long de ce livre, à l’effort de redressement nécessaire. Il s’interroge au passage sur l’absence plus que marquante de réaction des humanistes autoproclamés et humanistes de l’UDI qui avaient apporté leur soutient à Nicolas Sarkozy, face au discours de haine qui est pourtant contraire à leurs valeurs… Mais que pèsent les valeurs face à un siège confortable d’élu ?

Sur 26 pays de l’Europe continentale, 25 ont choisi l’équité dans la représentation démocratique par la proportionnelle, tous sauf un : « La France » ! Le pluralisme est un droit pour tous. La démocratie se reconnait par la protection des droits des minorités. Face à la situation du Pays, comme de l’UE, il convient de mettre en place une politique dirigiste avec une vision sur les décennies à venir (L’UE réfléchi sur 4 ans, la Chine, les USA, le Brésil à 30 ans…). En somme il faut recréer les forces de création et de production, au delà des intérêts partisans à l’interne de chaque pays et des intérêts particuliers de chaque nation ! Au niveau Français cela passe par l’encouragement au « Made in France » car il suffirait de 15 à 20% de la consommation française dirigé la production nationale pour relancer la croissance et effacer le déficit de la balance commerciale où en l’encouragent vers l’importation. Au niveau Européen, il est grand temps de créer les institutions qui garantirons une continuité de vision sur des décennies qui résisterait aux changements incessants de représentants par un calendrier électoral différencié d’un pays à l’autre qui fait que l’UE est en élection permanente et ne dispose de fait d’aucune stabilité.

Un livre que je vous recommande chaudement.

Amateurisme ou blocage du Conseil Constitutionnel

https://i0.wp.com/www.ouest-france.fr/photos/2012/12/29/121229113746868_25_000_apx_470_.jpgAvec la décision d’annuler la disposition sur la taxation à 75% des revenus supérieurs de un million d’euros, la majorité annonce qu’elle va proposer un nouveau texte de loi, quand l’opposition appuie sur l’amateurisme du gouvernement, du coup la majorité dénonce un parti pris partisan du conseil constitutionnel dénonçant que son président (nommé par Jacques Chirac, ainsi que 3 anciens Présidents de la République siégeant de droit (tous de droite) constitue 1/3 des douze membres de ce dernier.

Qui a tort ? Qui a raison ?

Faisons le bilan des promesses de campagne… Depuis son arrivée au pouvoir François Hollande en est de loin à sa première censure du Conseil constitutionnel :

La taxe à 75% a été censurée le 29 Décembre 2012

Droit des parties non assistées par un avocat et expertise pénale rejeté le 27 Décembre 2012

La loi sur le logement social a été censurée le 24 Octobre 2012

Rappelons également le blocage législatif :

La loi sur la transition énergétique rétorquée par le sénat le 29 Octobre 2012

Rappelons également les rejets du Conseil Constitutionnel quand le PS était dans l’opposition :

Cession gratuite de terrains public à des constructeurs censuré le 11 Octobre 2011

Interdiction du mariage entre personnes de même sexe reconnue conforme le 28 Janvier 2011

Alors que sous Nicolas Sarkozy :

La loi sur le travail le dimanche censurée le 5 Août 2011

La loi sur la loi fixant le nombre des conseillers territoriaux de chaque département et de chaque région a été censurée le 26 Juillet 2011

La loi sur la taxe Carbone censuré en Août 2007

Retour sur une opposition contestée par le Conseil constitutionnel 

On constate vite avec ce simple examen que le PS, dans la majorité, comme dans l’opposition a échoppé de pas moins 7 censures sur ces promesses de campagne en moins d’un an, quand Nicolas Sarkozy n’en a connu que 3 majeures en 5 ans…

On se souvient toutes et tous des mobilisations massives et des manifestations multiples dans les rues durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais là où le soulèvement populaire était censé incarner une prétendue justice, ce sont les sages qui auront rendus des avis de conformité à l’encontre de chaque lois attaquées par l’opposition devant le conseil Constitutionnel.

Même les dispositions dénoncées de toutes part comme les test ADN pour des candidats au regroupement familial (Validée en Novembre 2007), Loi sur la participation des citoyens au fonctionnement de la justice pénale (validée en Août 2011), Loi relative à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité (Validée en juin 2011), Loi sur le service minimum dans le transport aérien (Validée en Mars 2011), Loi de réforme des collectivités territoriales (Validée en décembre 2010), Loi portant réforme des retraites (Validée en Novembre 2010), Loi interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public (Validée en Octobre 2010), Loi relative à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet (Validée en Octobre 2009), Loi portant réforme de l’hôpital et relative aux patients, à la santé et aux territoires (Validée en Juillet 2009), Loi relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile (Validée en Novembre 2007), La loi en faveur du travail de l’emploi et du pouvoir d’achat appelée paquet fiscal (a été validé en Août 2007), et aussi Loi renforçant la lutte contre la récidive des majeurs et des mineurs (Validée en Août 2007).

A chacun de juger de la pertinence des attaques des uns et des autres !

Changement du calendrier électoral contestable

FRANÇOIS HOLLANDE DEMANDE LE REPORT DE DEUX SCRUTINS EN 2015Devant « les états généraux de la démocratie territoriale » organisés par le Sénat, le chef de l’Etat a promis la présentation début 2013 du texte préparé par le gouvernement sur la décentralisation, et annoncé une loi sur la limitation du cumul des mandats qui sera débattue au Parlement au printemps.

Il a proposé le report d’un an, à 2015, des élections cantonales et régionales. 2014 serait réservée aux municipales, européennes et sénatoriales. Le secrétaire général et candidat à la présidence de l’UMP Jean-François Copé y a vu une « manipulation électorale ».

« Pour le respect de nos concitoyens et de nos assemblées concernées, il est préférable de reporter à 2015 l’organisation des deux consultations régionales et départementales », a déclaré le chef de l’Etat.

L’opposition fait entendre sa voix 

L’opposition n’a pas apprécié les propositions formulées ce vendredi matin par le président François Hollande lors « les états généraux de la démocratie territoriale ». « Ça y est, la machine à manipulation électorale est lancée », a déclaré le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé, au sujet du report d’un an, à 2015, des élections cantonales et régionales. »Comme on pouvait le craindre après la dégringolade massive de François Hollande dans les sondages, il ne reculera devant rien pour protéger la situation de ses amis politiques au pouvoir », a-t-il estimé.  

L’Élysée justifie le report des élections estimant qu’ « on ne pouvait pas, la même année, avoir des élections sur des modes de scrutin différents, et quatre campagnes électorales qui se succèdent, c’était illisible ». François Hollande a prévu de demander au gouvernement d’arrêter une décision en concertation avec les associations d’élus.

Il est des moments où la manipulation est visible

Quand on repense au quinquennat de Nicolas Sarkozy, l’a t-on vu inverser le calendrier électoral des Législatives ou des Régionales pour éviter une vague rose ? L’a t-on vu changer la forme de scrutin avant les élections ? Non… Il proposa des réformer les élections Cantonales et Régionales en 2014, absorbant au passage l’inévitable vague rose du à l’exercice du pouvoir… On ne peut constater que d’ores et déjà le PS n’a pas se courage !

On nous affirme que l’on ne peut pas passer 2014 à ça ! Bon je veux bien qu’on se pose des questions quand la même année on devra renouveler les municipalités, les départements, les Régions, l’Europe et une moitié du Sénat (qui rappelons le ne concerne pas les électeurs), soit la totalité des pouvoirs hors Assemblée Nationale et la Présidence. Cela peut faire beaucoup !

Mais soyons clair, qu’il y ai 1 ou 4 élections dans une même année ne changera rien, un abstentionniste ne se déplacera pas plus.

Tout au plus on aurait compris un regroupement de scrutins pour ramener le tout en 2 élections en regroupant les municipales et cantonales d’une part ; les régionales et européennes de l’autre… ou tout autre rassemblement jugé utile, afin que les électeurs ne soient pas obligés de multiplier les déplacements… Mais ce n’est pas ce choix qui est fait ! 

Du coup (même si je me comprenais parfaitement cet argument), cette attitude légitimera d’avantage la campagne de refus du droit de vote aux étrangers, qui votent massivement à gauche, comme étant une tentative d’élargir le spectre électoral de la gauche (il suffit de regarder les résultats dans les quartiers les plus démunis pour s’en convaincre)… Mais au delà de ça, cette demande de report électoral, montre le choix qui est fait d’éviter une branlée électorale sous couvert de ne pas en demander trop aux électeurs la même année à cause d’une prétendue crainte de forte abstention… Mais ne soyons pas dupes, il ne s’agit là que d’éviter une vague bleue !